MALAWI: Des sols plus riches assurent la première défense contre les changements climatiques

Posted on 26 October 2010 by admin

Granary in Mchinji: in the face of declining harvests, farmers are adopting adaptation strategies within their limited means. Credit:FISD/IPS.

Claire Ngozo*

MCHINJI DISTRICT, 26 oct (IPS/TerraViva) – Le Malawi a demandé aux cadres des gouvernements locaux d’élaborer des stratégies d’intervention locale contre les effets des changements climatiques.

En septembre, la ministre de la Gouvernance locale et du Développement rural du pays, Anna Kachikho, a demandé aux commissaires de district, qui sont les principaux responsables en charge des assemblées de district, d’élaborer des stratégies d’intervention locale contre les changements climatiques.

“Les communautés rurales souffrent plus des effets des changements climatiques que quiconque et nous devons les aider à s’adapter”, a déclaré Kachikho. Elle a cité la sécheresse, les pluies irrégulières et les inondations comme quelques-uns des effets des changements climatiques qui s’intensifient dans ce pays d’Afrique australe.

Jusqu’à 60 pour cent des 13,1 millions d’habitants du Malawi vivent en dessous du seuil de pauvreté d’un dollar par jour, selon les Nations Unies. Environ 65 pour cent de la population dépendent de l’agriculture pour leurs moyens de subsistance.

Le district de Mchinji, à la frontière avec la Zambie, a fait mieux que la plupart: les agriculteurs parvenaient ici à produire de bons rendements alors que d’autres régions dans ce pays d’Afrique australe souffraient de la sécheresse dans les années 1990.

Mais ces derniers temps, les rendements de Mchinji ont commencé à baisser, quand bien même un programme gouvernemental de subvention de l’agriculture a relancé la production globale de maïs dans le pays.

“Nous avons remarqué une baisse de la fertilité des sols et également des précipitations irrégulières qui ne sont pas très favorables à la production de maïs”, a confié à IPS, lizbet Chagunda, un agriculteur originaire du village de Kochilira. “Bon nombre d’entre nous n’arrivent pas à produire suffisamment pour permettre à nos familles de survivre durant toute l’année et nous ne sommes plus en mesure de vendre le grain aux gens des autres districts”.

Chagunda, aujourd’hui 37 ans, cultive dans la région depuis 20 ans.

“Ma famille cultive sur le même lopin de terre depuis très longtemps. En 2004, j’ai récolté jusqu’à 120 sacs de maïs mais le rendement ne fait que baisser depuis ce temps. J’ai réussi à cultiver seulement 79 sacs dans la dernière saison agricole. La récolte continue de baisser chaque année qui passe”, s’est inquiété Chagunda.

Avec l’aide des agents de vulgarisation du gouvernement, les agriculteurs de Mchinji ont adopté une gamme de stratégies pour s’adapter à la situation, notamment l’irrigation et le renforcement de la fertilité des sols avec du compost au lieu de l’engrais chimique.

La dégradation des sols, accélérée par une augmentation des températures moyennes et des inondations fréquentes, est une partie importante du problème, selon la Fondation pour l’irrigation en vue du développement durable (FISD), une organisation non gouvernementale qui travaille avec les petits agriculteurs.

“Nous faisons la promotion de l’utilisation du compost chez les agriculteurs comme l’une des méthodes d’adaptation aux effets des changements climatiques”, a déclaré à IPS, Moses Chirambo, directeur de la FISD. Son organisation travaille aux côtés des agents de vulgarisation agricole à travers le pays pour soutenir les populations rurales qui dépendent de l’agriculture comme moyen de subsistance.

Chirambo a expliqué que le compost ne coûte pas beaucoup puisqu’il est fabriqué bon marché à partir de ce qui pourrait être généralement considéré comme déchets tels que l’herbe, des feuilles sèches, des tiges de plantes, les matières fécales animales, le sable et l’eau.

“Toutes ces choses sont laissées se décomposer pendant quelques mois et les agriculteurs utilisent le mélange pour renforcer la fertilité des sols dans leurs champs. Si ce n’est pas que la production de compost prend beaucoup de temps, même pendant ce temps, les agriculteurs sont capables de faire d’autres travaux tels que le défrichement de leurs champs tout en attendant que le fumier soit prêt”, a indiqué Chirambo.

Il a dit que le compost est plus utile que l’engrais chimique, maintenant que les pluies deviennent plus erratiques, et aussi à cause des changements climatiques, parce que le fumier permet au sol de conserver l’eau. “Le compost contient de l’eau et il transfère cette eau au sol une fois qu’il est appliqué”, a expliqué Chirambo.

La collecte de l’eau et l’irrigation font également partie de la stratégie en cours de promotion par la FISD comme une méthode d’adaptation aux changements climatiques. Les agriculteurs locaux dans beaucoup de districts bénéficient depuis de l’initiative de la FISD.

Les agriculteurs, selon Chirambo, sont encouragés à stocker l’eau dans des barrages pour être utilisée pendant la sécheresse. Lorsque les ruisseaux coulent, les fermiers sont encouragés à utiliser l’eau du ruisseau.

Ben Chilanga, dont la ferme relativement grande à Kochilira le disqualifie du programme de subvention nationale, ne peut pas acheter de l’engrais aux prix du marché, et il s’est tourné avec gratitude vers le compost.

“L’engrais est très cher. Je ne peux pas l’acheter mais je suis toujours capable de produire des rendements exceptionnels parce que j’utilise du fumier qui ne me coûte rien”, a déclaré Chilanga.

Au cours de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, au Danemark, en décembre 2009, les demandes de l’Afrique pour un financement important afin de contrer les effets du réchauffement de la planète n’ont pas été satisfaites. L’Accord de Copenhague comprenait un fonds d’adaptation accélérée beaucoup plus faible que celui prévu par la position africaine unifiée.

Indépendamment de ce qui sortira de la prochaine table ronde sur les négociations au Mexique, les stratégies d’adaptation qui reposent sur les ressources locales joueront un rôle important dans la sauvegarde des moyens de subsistance des fermiers africains.

* Cet article de IPS fait partie d’une série d’articles, soutenus par le ‘Climate and Development Knowledge Network’ (Réseau des connaissances sur le climat et le développement) dont le site web est: http://www.cdkn.org

(FIN/2010)

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