DEVELOPPEMENT: De petits pas vers un accord de réduction des émissions

Posted on 09 December 2011 by admin

Kristin Palitza

DURBAN, Afrique du Sud, 9 déc (IPS) – Les économies émergentes - la Chine, l’Afrique du Sud et le Brésil – ont manifesté leur ouverture aux objectifs légalement contraignants de réduction des émissions de carbone à partir de 2020 lors du sommet des Nations Unies sur les changements climatiques à Durban.

Les experts du climat affirment que la volonté des trois pays d’envisager des engagements juridiquement contraignants, même s’ils ne prendront pas un effet immédiat, était potentiellement “un grand pas” pour débloquer l’une des grandes questions politiques des négociations de cette année sur les changements climatiques.

Seule l’Inde continue à refuser de s’engager.

L’Union européenne (UE) a proposé, il y a une semaine, une “feuille de route”, qui stipule que toutes les grandes économies, y compris les pays émergents comme l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde et la Chine, généralement dénommé le groupe BASIC – et non uniquement les nations industrialisées, comme sous le Protocole de Kyoto actuellement – seront soumises aux objectifs juridiquement contraignants de réduction des émissions de carbone.

Les pays du BASIC sont tous confrontés aux défis de développement, mais sont en même temps de grands contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre. Les grandes économies émergentes et d’autres nations en développement émettent déjà plus de la moitié des émissions actuelles de carbone. Dans les 20 prochaines années, on prévoit qu’elles en émettront les deux-tiers.

Les négociations des 194 nations sur les changements climatiques, qui prennent fin ce 9 décembre, grouillent de spéculations sur la perspective des économies émergentes de s’accorder sur la feuille de route proposée.

Dans une démarche qui a surpris beaucoup après une semaine difficile de négociations qui ont mis en évidence de grands écarts entre les exigences et attentes des différents pays, la Chine a annoncé pour la première fois qu’elle accepterait un accord juridiquement contraignant sur le climat après 2020, au moment où les engagements volontaires actuels expireront. Après avoir d’abord insisté que les exigences de la feuille de route de l’UE étaient “trop élevées”, la Chine semble désormais ouverte pour trouver un terrain d’entente, spécialement avec l’Europe.

“Mais il existe des conditions préalables”, a déclaré Xie Zhenhua, le principal négociateur pour la Chine sur le climat. “Une deuxième période d’engagement de Kyoto est obligatoire pour les nations riches. A la fin (de cette deuxième période), nous devons examiner ce qui a été fait. Sur la base de cette évaluation, nous pouvons commencer à négocier ce dont nous devrons convenir après 2020″.

La Chine a posé cinq conditions dans lesquelles elle envisagerait un accord juridiquement contraignant de réduction de carbone. En dehors des promesses d’une deuxième période d’engagement de réduction de carbone, prises par les nations industrialisées conformément au Protocole de Kyoto, elles comprennent des centaines de milliards de dollars de financement à court et à long terme du climat pour les pays en développement.

La Chine veut également voir le Fonds vert pour le climat signé pendant le sommet et exige la mise en œuvre d’une série d’accords présentés au sommet de Copenhague en 2009, qui ont été intégrés dans la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) lors de la rencontre sur le climat à Cancun l’année dernière. Ces accords comprennent des initiatives pour le transfert de technologie, l’adaptation aux changements climatiques et de nouvelles règles permettant de vérifier la tenue des promesses de réduction de carbone.

L’Afrique du Sud et le Brésil – deux pays plus vulnérables aux effets néfastes du réchauffement climatique, concernant en particulier l’agriculture et la biodiversité – ont également manifesté leur intérêt pour la feuille de route.

Le ministre sud-africain de l’Environnement, Edna Molewa, a déclaré que la feuille de route de l’UE était “vue de manière favorable”, mais a indiqué que l’Afrique du Sud, comme la Chine, veut mettre des “conditionnalités” sur tous les accords contraignants.

“Nous aimerions œuvrer pour une issue juridiquement contraignante. En tant qu’Afrique du Sud, nous pensons que le sérieux, avec lequel nous traiterons le niveau des contributions que l’Afrique du Sud peut apporter dans l’arène mondiale, est compris dans le contexte des articles 4.1 et 2 de la CCNUCC”, a confirmé Xolisa Ngwadla, le deuxième négociateur pour l’Afrique du Sud.

L’article 4.1 de la CCNUCC porte sur des “responsabilités communes et différenciées”, selon le produit intérieur brut de chaque pays, tandis que l’article 2 se réfère à la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre à un niveau qui permet aux écosystèmes de s’adapter naturellement aux changements climatiques, de s’assurer que la production alimentaire n’est pas menacée et de permettre au développement économique de se poursuivre de manière durable – un point important pour les pays qui ressentent fortement les effets des changements climatiques.

“Nos engagements futurs dépendront aussi du financement, des transferts de technologie et du renforcement des capacités”, a ajouté Ngwadla.

Contrairement à l’Afrique du Sud, le Brésil a déclaré qu’il ne pose aucune condition avant de s’engager à un instrument international juridiquement contraignant visant à réduire les émissions de carbone tant qu’un tel traité permet de lutter contre les changements climatiques sur la base des études scientifiques.

“Nous pourrions nous accorder dès aujourd’hui sur un instrument international juridiquement contraignant, mais pas sur n’importe lequel. Il doit être solide, répondre à ce que la science juge nécessaire pour nous et donc quelque chose qui fera une différence dans la lutte contre les changements climatiques”, a expliqué l’ambassadeur Luiz Alberto Figueiredo, chef de la délégation brésilienne. “Nous n’adapterions pas un instrument juridiquement contraignant pour la forme”.

Actuellement, le Brésil a défini des objectifs volontaires de réduction de carbone, qui ont été promulgués comme loi nationale. Figueiredo a affirmé qu’il est conscient que cet engagement devra augmenter au fil du temps.

“Nous comprenons que ce régime devra évoluer avec le temps. Nous pensons que les actions volontaires seules ne signifient généralement pas un niveau de réponse internationale que la science juge nécessaire pour nous. Nous sommes prêts à jouer notre rôle dans l’évolution future de la lutte internationale contre les changements climatiques”, a-t-il ajouté. (FIN)

Leave a Reply

Download Terraviva PDF File       Download Terraviva PDF File
Download Terraviva PDF File       Download Terraviva PDF File
 

Busan and Durban | News from the other negotiation
 

Photos from our Flickr stream

See all photos

With the support of

 
 
       

 

 

SOCIAL MEDIA