DEVELOPPEMENT: Des appels croissants pour une priorité à l’eau

Posted on 14 December 2011 by admin

Joshua Kyalimpa

 

DURBAN, Afrique du Sud, 10 déc (IPS) – Les efforts visant à placer l’eau comme un point distinct dans les négociations sur les changements climatiques s’intensifient à Durban, en Afrique du Sud, où se déroule le 17ème sommet des Nations Unies sur les changements climatiques.

 

Des experts de l’eau estiment que faire cela conduira à une attention plus grande sur le développement d’une politique, et attirera davantage de ressources dans le secteur de l’eau à travers des programmes d’adaptation.

 

“Pour chacun d’entre nous, la première chose que vous utilisez quand vous vous réveillez le matin, c’est l’eau, et quand nous allons au lit, c’est l’eau. Pourtant, elle est considérée comme une chose acquise”, déclare Chris Moseki, directeur de recherche à ‘Water Research Commission’ (Commission de recherche sur l’eau – WRC) en Afrique du Sud. La WRC est un membre du Partenariat mondial de l’eau (PME) – une alliance mondiale d’organisations travaillant sur les questions de l’eau.

 

L’accès à l’eau est une question urgente ici dans la région d’Afrique australe, où près de 100 millions de personnes n’ont pas suffisamment accès à l’eau. Une présentation réalisée par le ‘Council for Scientific and Industrial Research’ (Conseil de la recherche scientifique et industrielle – CSIR) en Afrique du Sud montre que la région deviendra plus chaude et plus sèche au cours des 50 à 100 prochaines années, mettant en danger les fermes, l’industrie, l’approvisionnement en eau domestique et les écosystèmes naturels.

 

Des experts internationaux de l’eau et des décideurs politiques craignent que le fait de prévoir des changements dans la disponibilité de l’eau ne bénéfice pas de l’importance qu’il mérite. Bai-Mass Taal, le secrétaire exécutif du Conseil des ministres africains de l’Eau (CMAE), affirme qu’ils travaillent à rehausser le profil de l’eau dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

 

“Nous disons aux parties, écoutez: nous apprécions ce que vous faites dans d’autres secteurs, mais sans aborder directement l’eau, tout cela sera vain”, déclare Taal.

 

A ce stade, les questions de l’eau sont actuellement en train d’être examinées par les négociateurs des traités dans le cadre d’une planification, d’une priorisation et d’une mise en œuvre de l’adaptation aux changements climatiques, plus larges.

 

Dr Ania Grobicki, secrétaire exécutive du PME, affirme qu’avec un nombre croissant de pays censés souffrir d’une pénurie d’eau, la position actuelle visant à avoir l’eau dans les négociations sur le climat est inappropriée.

 

“Le PIB (produit intérieur brut) de nombreux pays les moins avancés dépend de l’eau. Plus de 50 pour cent de la nourriture pour le monde viendra d’Afrique dans l’avenir, et cela dépend de la disponibilité de l’eau”, dit-elle. “C’est pourquoi cette discussion devrait aller au-delà de là où elle est maintenant”.

 

Plus de 70 pour cent de la population de la Communauté de développement d’Afrique australe dépend directement de l’agriculture, en grande majorité de l’agriculture pluviale. Les projections du CSIR font partie de bon nombre d’autres qui attirent l’attention sur la façon dont des changements prévus de pluviométrie, les ressources limitées pour l’adaptation et un manque d’institutions et de capacité à réguler le débit des fleuves laisseront des populations en Afrique australe et à travers le continent extrêmement vulnérables.

 

Des défis similaires sont prévus non seulement pour l’Afrique, mais aussi à travers le monde puisque les conditions météorologiques changent, mais le manque d’irrigation et d’autres infrastructures en Afrique est un facteur qui renforce la nécessité d’une intervention urgente.

 

La réponse de l’Afrique

 

Comme les précipitations changent, l’Afrique est confrontée à de grandes crises. Des millions de personnes ont été confrontées à la famine au Niger et au Mali en 2010 après que la sécheresse a frappé les agriculteurs et les éleveurs. Cette année, la Corne de l’Afrique est confrontée à sa pire sécheresse depuis 50 ans et des millions de personnes souffrent de faim. Selon le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, quelque 12,3 millions de personnes dans la Corne ont besoin d’une aide d’urgence.

 

Rhoda Peace, la commissaire de l’Union africaine pour l’économie rurale et l’agriculture, souligne que lorsque les dirigeants africains parlent de changement climatique, ils parlent invariablement des sécheresses et des inondations, ce qui montre que l’eau est déjà une grande priorité.

 

En 2008, les chefs d’Etat africains ont convenu de faire de l’eau et de l’assainissement une priorité.

 

“Les dirigeants ont convenu d’allouer au moins 0,5 pour cent de leur budget national à l’eau”, souligne Peace. “Aujourd’hui, la météo, qui est effectivement le cas, constitue une autre histoire, mais certains pays font de très bons efforts et peuvent atteindre leurs objectifs”.

 

Fournir un accès adéquat à l’eau à travers l’Afrique coûtera des milliards de dollars. Et ces nombreux gouvernements africains, qui ne parviennent pas à honorer les engagements antérieurs, ne seront pas en mesure de réunir les montants requis sans un appui.

 

Simon Thuo, le coordinateur du PME pour l’Afrique de l’est, affirme être surpris du fait que malgré ce besoin évident, même les propositions du groupe africain de négociation mentionnent uniquement l’eau au passage. Ensemble avec d’autres experts, il estime que si les négociations sur le climat n’abordent pas la gestion de cette denrée essentielle de façon spécifique, elle ne bénéficiera pas de l’attention et du financement nécessaires. (FIN/11)

 

 

 

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