DEVELOPPEMENT: Protocole de Kyoto – les espoirs pour des résultats concrets restent faibles

Posted on 14 December 2011 by admin

Kristin Palitza

 

DURBAN, Afrique du Sud, 10 déc (IPS) – Les dernières heures du 17ème sommet des Nations Unies pour les changements climatiques à Durban ont commencé. Depuis l’arrivée de près de 150 ministres et chefs d’Etat mardi, les négociations ont atteint le niveau politique.

Les délégations devraient débattre de la voie à suivre jusqu’à vendredi soir tard, ou même samedi matin.

 

Les espoirs d’une percée, ou tout au moins de résultats tangibles, sont faibles. Presque personne ne croit qu’une deuxième période d’engagement global du Protocole de Kyoto, le seul instrument international juridiquement contraignant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, qui comprend tous les principaux émetteurs, soit encore possible.

 

Pour que cela arrive, des économies émergentes comme la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, le Mexique et l’Afrique du Sud devraient s’y impliquer, ainsi que les Etats-Unis, un pays qui n’a même pas ratifié la première période du protocole. D’autres grands émetteurs, comme le Canada, la Russie et le Japon ont déjà manifesté leur désintérêt pour une deuxième période d’engagement.

 

La première période d’engagement du Protocole de Kyoto, en vertu de laquelle 37 pays industrialisés se sont engagés à une moyenne de cinq pour cent de réductions des émissions de carbone par rapport aux niveaux d’émission en 1990, expirera à la fin de 2012.

 

Au début de cette semaine, les négociations semblaient brièvement quelque peu prometteuses, lorsque le négociateur principal pour la Chine, Xie Zhenhua, a annoncé que son pays était ouvert à des accords internationalement et juridiquement contraignants. Mais sa déclaration s’est rapidement avérée être une partie d’un jeu stratégique. Mais Zhenhua n’a pas dit que la Chine était prête à “faire partie de” ces accords contraignants aussi.

 

Beaucoup d’experts du climat croient que les Américains ont joué un rôle particulièrement important dans le ralentissement des progrès réalisés dans les négociations.

 

“L’administration Obama est apparemment venue à Durban pour ne pas être constructive, mais pour retenir d’autres pays. Leurs excuses pour l’inaction montent et baissent comme une marée. Dès qu’une excuse est retirée, une autre émerge”, a déploré Caroline Behringer, la porte-parole du Fonds mondial pour la nature.

 

Même le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a refroidi les attentes lors de l’ouverture du segment de haut niveau du sommet mardi. Un accord global juridiquement contraignant “pourrait ne pas être obtenu”, a-t-il indiqué.

 

Tandis que les négociateurs tentent de parvenir à une décision, l’ambiance dans les couloirs du centre de conférence de Durban, où se tient le sommet, demeure tendue. Les ministres et chefs de délégation se sont repliés dans des salles de conférence afin de débattre davantage du contenu du document de 131 pages, la base de toutes les négociations. Loin des portes fermées, les délégués parlent à voix basses. Jusqu’à l’annonce officielle du résultat final, tout le monde cache son jeu.

 

La possibilité d’aboutir à une feuille de route en vue d’un accord pour négocier des réductions d’émissions à partir de 2015, qui comprendra les principaux émetteurs et les économies émergentes, n’est pas aussi plausible. Selon cet accord, tous les grands émetteurs de carbone accepteraient des réductions internationalement et juridiquement contraignantes d’ici à 2020 au plus tard.

 

“Ce que nous voyons, c’est un manque de volonté politique de la part de certains grands émetteurs de parvenir à un résultat à Durban qui soit juste et ambitieux et qui sauve la vie et les moyens de subsistance des millions de gens pauvres et vulnérables qui sont touchés par les changements climatiques aujourd’hui”, explique Tonya Rawe, principal défenseur des politiques de CARE, une organisation humanitaire mondiale.

 

“Certaines parties disent déjà vouloir retarder les décisions sur un accord juridiquement contraignant jusqu’à 2020. C’est une catastrophe, puisque cela peut créer toute une décennie de zéro progrès”, a-t-il ajouté.

 

Des délégués craignent que seule une déclaration non contraignante ne soit obtenue, par laquelle les pays annonceront vaguement leur volonté d’accepter des objectifs contraignants de réduction à un certain moment dans l’avenir.

 

Jusque-là, seule l’Union européenne (UE) et certains autres pays européens, comme la Suisse, ont promis de continuer à faire pression pour des engagements de la part des grands émetteurs de carbone qui ne font pas actuellement partie de l’accord de Kyoto, durant les dernières heures du sommet.

 

“Toutes les grandes économies doivent s’engager, bien sûr en respectant les responsabilités communes mais différenciées. Si elles ne s’engagent pas à un accord dans un avenir prévisible, elles prennent une responsabilité insoutenable”, a averti Connie Hedegaard, commissaire pour l’action pour le climat à la Commission européenne, qui a parlé au nom de l’UE.

 

Les négociations ne tournent pas seulement autour d’une extension des termes du Protocole de Kyoto. L’autre sujet important, c’est l’adoption du Fonds vert pour le climat (FVC) à travers lequel l’appui financier pour l’atténuation des changements climatiques et les efforts d’adaptation seront dirigés vers les pays en développement. D’ici à 2020, 100 milliards de dollars devraient être mobilisés annuellement auprès des fonds publics et privés.

 

Mais les discussions autour du FVC, également, titubent après que plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Bolivie, l’Arabie Saoudite et le Venezuela ont annoncé qu’ils n’étaient pas satisfaits du projet de document et souhaiteraient rouvrir le texte pour des amendements.

 

En outre, la crise financière mondiale a ralenti les progrès sur le fonds: les pays riches, qui sont censés financer partiellement le FVC, hésitent à prendre des engagements budgétaires. A voir les choses, le fonds est susceptible d’être conclu à Durban, voire pas du tout, mais comme une “coquille vide”, sans des plans concrets sur la façon dont il sera financé.

 

“Nous n’avons plus de temps à perdre pour sauver ceux qui sont les plus menacés par les changements climatiques”, a exhorté Mizanur Rahman Bijoy, un chercheur au ‘Network on Climate Change’ (Réseau contre les changements climatiques) au Bangladesh. “Mais au lieu d’agir, les gouvernements sont essentiellement préoccupés par leurs économies nationales. De cette façon, aucune décision importante et nécessaire ne sera prise”. (FIN/11)

 

 

 

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