DEVELOPPEMENT: Un accord sur un nouveau traité pour réduire les émissions

Posted on 14 December 2011 by admin

Stephen Leahy

 

DURBAN, Afrique du Sud, 12 déc (IPS) – Le monde s’engage de plus en plus à des niveaux dangereux de réchauffement climatique avec déjà une autre incapacité des nations du monde à accepter des réductions nécessaires des émissions de carbone ici à Durban, en Afrique du Sud.

Cependant, puisque la 17ème Conférence des parties (COP 17) s’est achevée tôt dimanche matin, les membres ont convenu de parler d’un nouveau traité mondial visant à réduire les émissions.

 

Après deux semaines et 29 heures supplémentaires d’intenses et âpres négociations, les 193 nations participant aux négociations des Nations Unies sur le climat ont convenu d’un ensemble complexe et technique de documents appelés la “Plateforme de Durban”. Ces documents comprennent la poursuite du Protocole de Kyoto, une structure formelle pour un Fonds vert pour le climat, de nouveaux mécanismes de marché, et plus.

 

Le plus grand développement parvenu à l’aube du dimanche (11 décembre) est un accord pour négocier un nouveau traité mondial visant à réduire les émissions d’ici à 2015. Bien que cela puisse ressembler tout simplement à accepter davantage de rencontres, c’est la première fois que toutes les nations ont accepté d’être régies par un nouveau traité mondial de réduction des émissions conformément à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

 

Actuellement, les réductions des émissions promises par les pays industrialisés et celles de la Chine, du Brésil, d’Afrique du Sud, de l’Inde et autres, en vertu de l’Accord de Copenhague en 2009, garantissent un monde qui est au moins à 3,5 degrés Celsius en moyenne plus chaud, selon la science du climat. Ce sera le double de cela dans de grandes parties du monde. Certaines analyses indiquent que cette moyenne mondiale pourrait être encore plus élevée pour atteindre quatre ou cinq degrés Celsius, menaçant notre espèce d’anéantissement.

 

En dépit de la roublardise politique des Etats-Unis, du Canada et même de l’Union européenne, le fait est que les réductions promises par les pays en développement sont plus importantes que celles du monde industrialisé qui est responsable de 75 pour cent des émissions humaines totales dans l’atmosphère.

 

“Il n’y a toujours pas de nouvelles promesses sur la table, et le processus convenu à Durban vers l’augmentation de l’ambition et l’intensification des réductions des émissions, est incertain dans ses résultats”, a déclaré Bill Hare, directeur de ‘Climate Analytics’ (Analytique climatique), un groupe consultatif scientifique sur le climat, à but non lucratif, basé en Allemagne.

 

Le président de la COP 17, le Sud-Africain Maite Nkoana-Mashabane et d’autres ont supplié les pays de mettre leurs propres intérêts de côté “pour le plus grand bien de la planète et de ses habitants”. Les pays riches comme les Etats-Unis, le Canada et l’Arabie Saoudite ont bloqué les progrès et plusieurs fronts, laissant les nations plus petites furieuses et frustrées.

 

“La mauvaise nouvelle est que les bloqueurs dirigés par les Etats-Unis ont réussi à introduire une clause de sortie vitale qui pourrait facilement empêcher le prochain grand accord sur le climat d’être juridiquement contraignant”, a affirmé Kumi Naidoo, directeur exécutif de ‘Greenpeace International’.

 

Même si un traité fort juridiquement contraignant est accepté en 2015, il devra être ratifié par les gouvernements avant d’entrer en vigueur. Il a fallu plusieurs années pour ratifier le Protocole de Kyoto que les Etats-Unis ont soutenu et ont ensuite refusé de ratifier à la suite de l’élection de George W. Bush.

 

Attendre jusqu’en 2020 avant d’opérer d’importantes réductions signifie que ces réductions devront être beaucoup plus profondes et beaucoup plus coûteuses pour avoir le moindre espoir de maintenir les températures en dessous de deux degrés Celsius, a précédemment souligné Hare à IPS.

 

“Le niveau collectif d’ambition du monde pour les réductions des émissions doit être considérablement augmenté, et sous peu”, a déclaré Alden Meyer, directeur de la stratégie et de la politique à la ‘Union of Concerned Scientists’ (Union des scientifiques préoccupés).

 

Diverses analyses montrent que les émissions mondiales devraient atteindre un maximum entre 2015 et 2020 pour gagner une chance raisonnable de moins de deux degrés Celsius à un coût supportable. Si ce pic et cette baisse surviennent plus tard, les coûts et les risques de dépasser deux degrés Celsius grimperont en flèche.

 

“Des discours vigoureux et des décisions soigneusement rédigées ne peuvent pas modifier les lois de la physique. L’atmosphère répond à une chose, et une chose seulement – les émissions”, a indiqué Meyer.

 

Il était clair que nos gouvernements, au cours de ces deux dernières semaines, ont écouté les sociétés polluantes à forte intensité de carbone au lieu d’écouter les populations, a déclaré Naidoo dans un communiqué.

 

La “Plateforme de Durban” comprend une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto qui commencera à partir de janvier 2013, évitant un vide à la fin de la première période d’engagement, qui finit l’année prochaine. La durée de la deuxième période d’engagement doit être décidée à la COP 18, au Qatar.

 

Les pays en développement ont insisté sur cette condition parce que Kyoto est le seul accord juridiquement contraignant de réduction des émissions. Cependant, il a seulement demandé de petites réductions aux pays industrialisés comme ceux d’Europe, le Canada, l’Australie, le Japon et quelques autres. Les Etats-Unis se sont désengagés et le Canada a ignoré ses obligations et a augmenté les émissions de 24 pour cent. Et maintenant, le Canada, le Japon et la Russie ont déclaré qu’ils ne participeront pas à la deuxième période d’engagement.

 

La poursuite de Kyoto “est très importante”, a indiqué Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la CCNUCC. Les pays participants doivent soumettre leurs offres de réduction des émissions d’ici à mai 2012.

 

Il n’existe aucune adoption formelle d’une deuxième période d’engagement selon les termes mêmes des documents, a déclaré Pablo Solón, ancien négociateur en chef de l’Etat plurinational de Bolivie. “La décision réelle a été simplement reportée à la prochaine COP”. Kyoto demeure “en agonie”, a-t-il affirmé.

 

Le seul progrès par rapport au Fonds vert pour le climat (FVC) a été dans sa conception et sa gouvernance. Le FVC est censé réunir 100 milliards de dollars d’aide annuellement à partir de 2020 pour assister les nations en développement à réduire les émissions et les aider à s’adapter aux changements climatiques. Il n’y avait pas d’engagements sur la provenance de cet argent. Ce qui a été convenu, c’est de mettre en place un “plan de travail” pour mobiliser d’importants fonds pour le climat auprès des sources publiques et privées à la fois. (FIN/11)

 

 

 

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