ENVIRONNEMENT: L’eau – une victime des changements climatiques

Posted on 02 December 2011 by admin

Busani Bafana

DURBAN, Afrique du Sud, 2 déc (IPS) – La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) veut que l’eau soit présentée comme un point distinct dans les négociations sur les changements climatiques – la décrivant comme étant trop importante pour être laissée à la périphérie.

L’eau – dont l’agriculture est le plus grand consommateur – a été identifiée par des scientifiques comme une victime des changements climatiques. La croissance démographique, la pollution et la distribution inéquitable en ont également rajouté au stress de l’eau en Afrique australe.

“L’adaptation est la principale priorité”, a déclaré le ministre sud-africain de l’Eau et des Affaires environnementales, Edna Molewa, aux délégués lors du lancement de la ‘SADC Climate Change Adaptation (CCA) Strategy for Water’ [Stratégie d’adaptation de la SADC aux changements climatiques (CCA) pour l'eau] durant la 17ème Conférence des parties (COP 17) des Nations Unies à Durban, en Afrique du Sud.

“Nous savons que les discussions sur l’atténuation sont importantes, mais nous croyons que nous devons faire beaucoup plus de travail par rapport à l’adaptation afin qu’en tant que continent et en tant que SADC, nous puissions nous adapter aux effets des changements climatiques dont nous commençons à voir les impacts quotidiennement”, a indiqué Molewa.

Molewa a appelé pour des actions globales et intégrées afin de s’attaquer à l’effet des changements climatiques sur la précieuse ressource en eau. Certaines de ces actions comprennent la gestion des inondations et l’utilisation de l’eau.

La stratégie de la SADC sur l’eau est destinée à améliorer la résistance aux changements climatiques dans la région et guidera les Etats membres dans les négociations à la COP 17 où la pression monte sur les dirigeants du monde pour qu’ils mettent un frein au réchauffement de la planète en réduisant les émissions de dioxyde de carbone.

“Nous ne pouvons pas rester derrière et dire que nous voyons les effets des changements climatiques sans pouvoir faire quelque chose”, a déclaré Molewa, ajoutant que “quelque chose doit être faite dans les négociations, la COP 18, et la COP 19 et… nous espérons que nous n’atteindrons pas la COP 28 sans une solution. Mais, en attendant, nous devons nous adapter”.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est responsable du cadre global des efforts intergouvernementaux visant à faire face au défi des changements climatiques. Elle reconnaît que le système climatique est une ressource partagée dont la stabilité peut être affectée par les émissions industrielles et autres de dioxyde de carbone et de gaz à effet de serre. Après 17 années de discussions, les émissions de carbone continuent d’augmenter.

Le professeur Mark New, directeur de la ‘Africa Climate and Development Initiative’ (Initiative sur le climat et le développement en Afrique), à l’Université du Cap, a déclaré que bien que l’eau soit importante et doive être mise en évidence, elle doit être intégrée dans d’autres questions.

“Je pense que le désir de séparer la question de l’eau découle d’une perspective importante que l’eau est l’un des facteurs importants autour de l’adaptation aux changements climatiques. La rendre distincte signifie que l’eau est séparée de beaucoup d’autres questions auxquelles elle est liée”, a souligné New à IPS.

“L’eau est importante pour l’énergie et l’agriculture. En Afrique, spécialement en termes de maîtrise de l’évolution démographique pendant que nous passons d’une société rurale à une société plus urbaine, nous devons être en train de penser de manière intégrée à la façon dont les changements climatiques affecteront (l’eau) et comment les décisions que nous prenons dans un domaine, autour de l’eau, interagiront avec d’autres secteurs qui nous intéressent”.

New a indiqué que le principe fondamental de la convention sur le climat est d’éviter des changements climatiques dangereux et que l’eau était donc implicitement prise en compte parce que les effets des changements climatiques auront une incidence sur l’eau, ensemble avec tous les autres secteurs.

Au cours de septembre 2011, les ministres de la SADC chargés de l’Eau ont instruit le secrétariat de l’organisation de faire pression pour que l’eau soit un point distinct dans les négociations avec la CCNUCC. Il y a un débat sur les défis et les possibilités d’avoir l’eau comme un élément séparé dans les négociations.

Phera Ramoeli, directeur des programmes, des infrastructures et des services de l’eau au sein du secrétariat de la SADC, a déclaré à un groupe de discussion, après le lancement de la stratégie de la CCA, que le fait d’avoir l’eau comme un point distinct pour les négociateurs de la CCNUCC, renforcerait son profil pour attirer des financements pour l’adaptation.

“Nous pensons qu’il est important que l’eau soit un point spécifique dans le débat sur les changements climatiques, car l’eau est un moteur et un catalyseur pour le développement socioéconomique et est liée au PIB (produit intérieur brut) dans la plupart de nos pays où le PIB augmente de trois pour cent là où il y a plus d’eau, et de moins d’un pour cent là où il y en a moins”, a souligné Ramoeli. (FIN)

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