Q&R: Pourquoi l’Afrique doit rester unie à Durban

Posted on 30 November 2011 by admin

Dr. Tomaz Salomão. Credit: Isaiah Esipisu/IPS

Isaiah Esipisu s’entretient avec DR TOMAZ SALOMÃO, le secrétaire exécutif de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC)

DURBAN, Afrique du Sud, 29 nov (IPS) – Les dirigeants africains ont exhorté la communauté internationale à amener les négociations des Nations Unies sur les changements climatiques, qui ont commencé lundi à Durban, en Afrique du Sud, à un niveau différent, et à prioriser l’adaptation pour le continent.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a indiqué que l’Afrique a fait du chemin depuis que des négociations similaires ont eu lieu à Copenhague et à Cancun, au cours des deux dernières années. Il a déclaré que Durban doit amener le monde vers une “solution qui sauve l’avenir dès aujourd’hui”.

Bon nombre d’experts en environnement se sont réunis à Durban, espérant que la conférence décidera du sort du Protocole de Kyoto. Ce protocole, qui expire en 2012, fixe des objectifs contraignants pour 37 pays industrialisés et la Communauté européenne, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Dr Tomaz Salomão, le secrétaire exécutif de la SADC, était à la 17ème Conférence des parties (COP 17).

Il a expliqué à IPS pourquoi il était important que la COP 17 s’organise en Afrique, et ce que la région attend de cette plateforme de négociation.

Voici des extraits de l’entretien:

Q: Quelle est l’importance de l’organisation de la 17ème Conférence des parties dans la région d’Afrique australe?

R: Le continent, et en particulier la région d’Afrique australe, est menacé par les effets du changement des conditions climatiques. Les experts ont tout dit. Ils ont prédit une augmentation des conditions météorologiques extrêmes, et les sécheresses sont manifestement devenues plus fréquentes que par le passé récent. Tout le monde est conscient des changements dans les précipitations, qui ont (eu) un effet dévastateur sur des millions de personnes qui dépendent de l’agriculture pluviale, spécifiquement en Afrique.

C’est donc d’un exploit louable pour l’Afrique, pour la région de la SADC, et aussi pour l’Afrique du Sud de faire organiser la COP 17 dans cette région. C’est une indication claire que nous, Africains, savons où nous en sommes, les défis auxquels nous sommes confrontés, et comment les relever. Ce qui est requis, c’est de renforcer nos capacités afin que nous soyons dans une meilleure position pour affronter par nous-mêmes ces défis.

Q: Quelle est l’attente régionale de cette conférence?

R: L’attente est que des recommandations seront formulées pour fournir l’appui financier qu’il faut afin que l’Afrique soit dans une meilleure position pour affronter les défis qui accablent actuellement le continent. C’est mon espoir, et c’est notre espoir.

Q: Y a-t-il une nouvelle approche en termes de position régionale par rapport à la COP 17?

R: Je pense que nous ne pouvons pas changer de position de temps en temps. Nous devons nous concentrer sur les positions que nous avons adoptées lors de la conférence de Copenhague, appelée aussi COP 15. Pour la première fois, les pays africains se sont réunis pour avoir une voix commune, et cela a constitué la position africaine. J’espère que le même esprit prévaudra à Durban.

Q: De quoi l’Afrique a-t-elle besoin pour le moment, afin de lutter contre les changements climatiques?

R: Nous avons besoin de développement. Et nous ne pouvons pas être davantage pénalisés du fait des changements climatiques, qui se présentent comme une conséquence des problèmes qui ont été causés par d’autres. C’est notre point de départ. Et c’est pourquoi nous disons que nous avons besoin de soutien pour relever ces défis. Avec cela, nous ne demandons pas trop.

Q: Pourquoi les négociateurs mettent-ils du temps à conclure un accord qui durera?

R: Ce n’est pas une chose facile à faire parce que le sujet est assez compliqué. Il aborde d’autres aspects très importants qui sont fondamentaux pour la vie. Ils comprennent, entre autres, l’agriculture et la sécurité alimentaire, les questions de santé, et l’emploi. Au même moment, demander aux pays de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre effleure directement leurs voies de développement.

 Il existe actuellement un argument selon lequel les voies de développement des pays en développement ne devraient pas être arrêtées à cause des émissions créées par d’autres pays il y a plusieurs années, alors qu’ils étaient sur leur chemin de développement.

Q: Que se passera-t-il si le Protocole de Kyoto n’arrive pas à survivre après la COP 17?

R: Non, je ne pense pas que l’accord de Kyoto soit dans une position de mourir à l’instant. Ce dont nous devons nous rendre compte est que les gens doivent s’unir pour sauver l’humanité, la terre et s’assurer que les générations futures auront un avenir meilleur. (FIN)

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