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CHANGEMENT CLIMATIQUE: Les femmes, essentielles dans l’adaptation, l’atténuation

Posted on 01 December 2009 by admin

Nastasya Tay

PORT ELIZABETH, Afrique du Sud, 24 nov (IPS) – Les femmes pauvres porteront le plus grand ‘fardeau climatique’, déclare le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) dans son rapport 2009 sur l’état de la population mondiale, publié le 18 novembre.

Le rapport souligne que le changement climatique est plus qu’une question d’efficacité énergétique ou d’émissions industrielles de carbone; c’est aussi une question de dynamique de la population, de pauvreté et d’équité de genre.

Les populations pauvres et vulnérables à travers le monde sont celles qui seront plus durement touchées par le changement climatique, malgré leur contribution relativement infime à l’émission de carbone dans le monde – les milliards de gens les plus pauvres sur la terre ne contribuent que de trois pour cent trois à l’émission totale de carbone dans le monde.

Le rapport de l’UNFPA, sous-titré “Faire face à un monde en mutation: les femmes, la population et le climat”, tente de déplacer le centre des débats sur le changement climatique loin du ‘quoi’ et de ‘où’ vers le ‘qui’.

Le rapport note que les membres des ménages pauvres sont particulièrement vulnérables, puisque bon nombre vivent dans des zones rurales et dépendent de la terre et la mer pour leurs moyens de subsistance. Leur maigre revenu offre peu de sécurité pour les protéger contre les menaces des conditions changeantes, et l’accès limité aux services de santé.

Bunmi Makinwa, directeur du bureau régional de l’UNFPA pour l’Afrique subsaharienne, a parlé à IPS de trois défis susceptibles d’exacerber les effets du changement climatique pour les populations africaines.

Il a noté que l’Afrique abrite une grande proportion des personnes pauvres et vulnérables dans le monde – qui sont susceptibles d’être les plus gravement touchées par le changement climatique.

En plus de cette pression, a-t-il affirmé, “l’Afrique a beaucoup d’autres problèmes avec lesquels elle est contrainte de se débattre, notamment le VIH/SIDA, le manque d’industrialisation… et aura davantage besoin de ressources pour relever les défis du changement climatique”.

Troisièmement, Makinwa a identifié la disparité entre les hommes et les femmes comme étant plus aiguë en Afrique que dans certaines autres régions du globe. “Une attention particulière doit être accordée aux questions de genre… Les femmes ont le potentiel d’apporter une contribution énorme. Elles doivent être consultées et intégrées dans la discussion”.

Parmi les plus pauvres et les plus vulnérables, ceux qui porteront le plus lourd fardeau climatique sont les femmes.

Pourquoi? Les femmes constituent la majorité des fermiers dans le monde, et ont accès à des opportunités de revenu plus faibles. Elles gèrent les ménages et partant, ont une mobilité limitée, les rendant plus vulnérables aux catastrophes naturelles.

Les femmes sont en moyenne plus pauvres; elles ont moins de pouvoir, moins de reconnaissance de leur productivité économique et épaulent un fardeau disproportionné dans la reproduction et l’éducation des enfants.

Bien qu’elles puissent être les plus durement touchées par le changement climatique, les femmes représentent également une part essentielle de la solution. Le secrétariat de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) a déclaré que “les femmes sont des acteurs importants pour assurer la capacité de leurs communautés à faire face et à s’adapter au changement climatique. Elles peuvent être des agents efficaces de changement et sont souvent celles vers qui on se retourne en temps de besoin et peuvent jouer un rôle dans des situations de crise”.

Le rapport de l’UNFPA concorde. Une croissance démographique plus lente, indique-t-il, peut aider dans la tâche de ramener les émissions mondiales à l’équilibre, et permettre une adaptation plus immédiate au changement déjà en cours.

Les femmes jouent encore un rôle clé ici – et le rapport indique ensuite que si les besoins pour le planning familial volontaire et les soins de santé de reproduction sont satisfaits, la stabilisation de la population se produira naturellement, sans coercition ou contrôle.

La Banque mondiale, dans un document de 2007, avait noté que les femmes et les couples les plus pauvres sont les moins susceptibles d’être en train d’utiliser la contraception, malgré le désir d’éviter une grossesse. La disponibilité des installations de planning familial aura un impact direct sur la croissance démographique et partant, sur les émissions.

L’UNFPA fait cinq recommandations pour nous ramener “du bord”. Il suggère qu’une meilleure compréhension de la dynamique démographique, de genre et de la santé de la reproduction constitue une base pour le changement climatique et les discussions environnementales à tous les niveaux.

Il plaide pour des services de planning familial et des produits contraceptifs entièrement financés dans le cadre de la santé de la reproduction et des droits, pour s’assurer que le faible revenu ne sera pas une barrière à l’accès. Un planning familial volontaire en résultera.

Il propose que la recherche et la collecte des données soient priorisées afin d’améliorer la compréhension du genre et de la dynamique de la population dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. La recherche existante est fortement basée sur des projections et des estimations, et elle est nécessaire pour combler les lacunes.

Il avertit que nous devons maintenant nous préparer pour des accroissements des mouvements de population découlant du changement climatique, et améliorer la ventilation des données selon le sexe, qui est liée aux flux migratoires influencés par des facteurs environnementaux.

Enfin, il souligne que nous devons faire des efforts conscients pour intégrer les considérations de genre dans les efforts mondiaux visant à atténuer et s’adapter au changement climatique.

Le rapport demande aux gouvernements de supprimer les obstacles à la participation des femmes au débat sur le changement climatique – non seulement au sein des organes législatifs, mais également à travers l’amélioration des conditions de vie des femmes – notamment celles liées à l’éducation, à la santé et aux opportunités – leur permettant d’atteindre et de réaliser des objectifs personnels et collectifs.

Une représentation plus grande des femmes dans la société civile, au cours des négociations formelles sur le changement climatique, est une première étape cruciale, mais le rapport ajoute que “Les voix des femmes auront besoin d’être énergiques et entendues, des conseils de tribu en passant par les ministères nationaux de l’Energie, jusqu’aux salles des Nations Unies”.

Thoraya Ahmed Obaid, directrice exécutive de l’UNFPA, suggère dans la préface que les solutions les plus efficaces au changement climatique “seront celles qui viennent du bas, qui sont basées sur les connaissances des communautés de leur environnement immédiat, qui autonomisent – et non persécutent ou accablent – ceux qui doivent s’adapter à un nouveau monde… La seule solution durable sera celle qui met les population à son centre”.

Le rapport porte fondamentalement sur les populations, et la façon dont les populations – non seulement à travers le développement des technologies qui visent à faire face au changement climatique, mais également à travers l’exploitation de tout le potentiel des populations, y compris les pauvres et les vulnérables – peuvent avoir un effet positif sur l’environnement et les résultats de développement.

Makinwa invite les négociateurs à Copenhague à se concentrer consciencieusement sur les populations vulnérables, tenant surtout compte de la dimension genre du changement climatique. Il insiste que “les femmes doivent être prises en compte à tous les niveaux… Cela ne se produira pas au hasard – il doit être délibéré”.

“Puisque nous sommes au bord du désastre, notre avenir, en tant que humanité, dépend de la libération de l’ensemble du potentiel de tous les êtres humains, et de toute la capacité des femmes, pour apporter un changement”, a déclaré Makinwa à IPS.

“Les gens causent le changement climatique. Les gens en sont touchés. Les gens doivent s’y adapter. Et seuls les gens peuvent l’arrêter”. (FIN/2009)

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