L’Afrique observe: Côte d’Ivoire

Posted on 10 December 2009 by editor

Albertine Dramé

Albertine Dramé (38 ans, agricultrice) : "J’aurais voulu arroser Copenhague

By Fulgence Zamblé
ABIDJAN (IPS/TerraViva) Dans un bas-fond situé à environ cinq kilomètres de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, Albertine Dramé (38 ans), est occupée à arroser ses plants de tomates, d’aubergines et de patates. Selon elle, la maîtrise du cycle des pluies est devenue impossible, ce pourquoi elle a abandonné la culture de masse (riz, igname) pour se consacrer aux bas-fonds. Mais là aussi, l’eau manque souvent.

IPS: Savez-vous que le monde entier est réuni actuellement au Danemark pour discuter de la question du changement climatique ?

Albertine Dramé: Je ne sais véritablement rien d’où se tient cette réunion, encore moins du contenu de ce qui se discute. Je ne pense pas aussi que cela puisse m’apporter grand-chose. La saison des pluies, la saison sèche, la chaleur, la fraîcheur… Tout leurs cycles ont commencé à changer depuis quelques années et cela m’a personnellement causé d’énormes désagréments. J’ai laissé tomber la culture de riz et d’igname pour me consacrer à des choses qui n’ont aucune certitude à la production parce qu’il manque de la régularité à la pluie. Mon lendemain est chaque fois fait de craintes et de peur. Je n’attends que ce qui peut me permettre de sauver la situation.

IPS: C’est pourtant ce qui se discute à Copenhague…

AD: Peut-être parce que je ne suis pas une décideuse que j’ai été ignorée et donc pas suffisamment informée de la chose. Mais je dis qu’il urge de trouver des solutions aux problèmes que nous vivons.

Par le passé, à cette période, nous étions dans la période de l’harmattan en décembre qui débouchait sur une courte saison sèche (entre fin janvier de mars) et nous entrions dans la petite saison des pluies. Aujourd’hui, il pleut sans arrêt. Et après c’est une forte chaleur qui s’empare de nous.

De l’autre côté, c’est le niveau de la mer qui ne cesse de grimper et détruire les habitations en bordure. Nous ne maitrisons plus rien et c’est très inquiétant.

Alors qu’attendez-vous de cette rencontre ?

AD: Je l’ai dit, je n’attends pas grand-chose, pas par pessimisme. Nos gouvernants, eux  sont allés au Danemark, sans passés me voir avant. S’ils l’avaient fait, je leur aurais remis mon arrosoir pour arroser les discussions. Mais, il faut espérer que chacun fasse l’effort au niveau des pays puissants pour sauver le monde. Il ne s’agit pas d’un problème unique aux pays pauvres pour que l’on traîne les pieds.

Chaque continent à au moins une fois subit les conséquences du changement climatique et je crois que les différentes alertes en Amérique, en Asie, en Afrique (Burkina Faso, Côte d’Ivoire) vont faire réfléchir plus d’une fois. S’ils pensent que des décisions judicieuses et applicables peuvent être prises pour atténuer les effets du changement, il n’y a pas de raison à hésiter.

1 Comments For This Post

  1. Edouard Says:

    Monsieur Zamblé,

    Merci de votre excellent article qui dépeint l’indifférence générale vécue en Afrique alors que se décide l’avenir de la planète terre, notre avenir. J’en profite pour vous informer que LEAD Africa a fait la différence en organisant dans 5 villes africaines des séances de visualisation en direct de Copenhague suivies d’exposés et de débats en ligne et hors ligne. Ainsi des ivoiriens et ivoiriennes issus de toutes les couches socio-professionnelles et tous les secteurs ont pu vivre la COP 15, voire y participer en direct via le net, au CIRES Cocody, les 7, 8, 9 et 14 décembre. Une rencontre bilan de ces activités est prévue pour le samedi 19 à l’Agence Nationale de l’Environnement – ANDE à 9h. Vous pouvez visiter notre blog conçu à cet effet: http://leadinafrica.org/leadafricacop15onlive

    Je vous remercie


 

 

 

 

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