Maurice: Une île verte dans l’océan Indien

Posted on 13 December 2009 by editor

Une plage de Maurice, prise dans le nord de l'île. Crédit: Domaine public

Une plage de Maurice, prise dans le nord de l'île. Crédit: Domaine public

Par Nasseem Ackbarally

COPENHAGUE (IPS/TeraViva) Canne à sucre, soleil, eau, vents, vagues et déchets ménagers sont autant d’éléments naturels que les Mauriciens ont commencé à utiliser pour produire de l’énergie et rendre ainsi leur île durable. Maurice, moins de 2 000 kilomètres carrés de superficie, située dans le sud de l’océan Indien,  est elle aussi menacée par la montée du niveau de la mer.

“Notre île séquestre énormément de gaz à effet de serre avec sa plantation de cannes à sucre. Elle est d’une grande aide au monde dans ce combat contre le changement climatique”, déclare de Port-Louis, la capitale mauricienne, Kheshwar Beeharry-Panray, responsable de ‘Environmental Protection and Conservation Organisation’ (EPCO), une organisation non gouvernementale (ONG) locale.

Mais, déplore-t-il, “les cyclones nous attaquent déjà avec des vents violents, les inondations causent des pertes de vies humaines, et les nouvelles maladies comme le chikungunya, et autres, ont apparu dans l’île”.

Comme de nombreux Mauriciens qui suivent les événements de Copenhague depuis Port-Louis, il dit craindre pour son avenir et celui de la jeune génération.

A Maurice, le concept de changement climatique est nouveau. Il n’est pas encore bien compris par la population qui continue, en dépit du projet Maurice île durable (MID) lancé depuis bientôt deux ans par le gouvernement. “Nous devons éduquer les Mauriciens, mais là n’est pas le problème car ils ne peuvent rien faire pour renverser la situation, même si le MID est une démarche valable qui va leur permettre de s’adapter et de mitiger les conséquences du changement climatique”, explique Beeharry-Panray.

Selon lui, la clé du problème se trouve dans les coffres des grands pays.

D’autres ONG et associations des agriculteurs rapportent que ces derniers ont déjà commencé à sentir les effets de ce changement climatique.

Kritanand Beeharry, président de la ‘Mauritius Cooperative Agricultural Federation’ (MAMCF), estime, pour sa part, que ses membres ne peuvent pas s’adapter à ce changement car c’est énorme avec la température élevée, les pluies torrentielles qui balayent les terres fertiles et aussi les eaux qui s’accumulent dans les champs.

“Nous essayons de trouver des moyens pour investir dans les tunnels à faibles coûts. Nous avons commencé également à reboiser les bords des rivières et autres cours d’eau. J’ai personnellement demandé à mes 3.000 membres de planter chacun une dizaine d’arbres d’ici à l’année prochaine”, déclare-t-il.

Rajen Awotar anime l’ONG Maudesco (Mauritius Development Enviroment Sustainability and Conservation Organisation) à Maurice. Il rapporte que les agriculteurs utilisent davantage de pesticides pour combattre les maladies et les insectes qui s’attaquent aux plantes et qui prolifèrent à cause du changement climatique.

Présent à Copenhague, il dit espérer que Maurice va vendre son projet MID, qui concerne également le mode de vie de la population, pour que les grands pays s’y intéressent et l’aide à réussir.

En attendant que les choses se précisent à Copenhague, Maurice a déboursé une somme d’environ 44 millions de dollars pour le MID, dont l’élément principal est la production de l’électricité à partir de sources renouvelables.

La facture pétrolière de l’île est insoutenable avec 2,2 milliards de dollars par an, soit près du tiers de son Produit intérieur brut (PIB). L’utilisation de produits pétroliers cause un tort immense à l’environnement de l’île dont les plages et les côtes  sont des atouts touristiques importants. L’île souhaite ramener la part du pétrole dans la production d’électricité à 35 pour cent d’ici à 2015.

D’autres actions concrètes ont été lancées dans ce pays insulaire. Une partie de l’électricité consommée sur l’île est déjà produite à partir des déchets de la canne à sucre dans des centrales thermiques et bientôt, les Mauriciens produiront leur propre électricité avec des panneaux solaires photovoltaïques.

Une usine qui va produire de l’électricité est en bonne voie. La population est encouragée à utiliser les ampoules à basse consommation, l’énergie solaire est utilisée pour chauffer l’eau; l’eau de pluie est récupérée par quelques grandes entreprises dans le textile et le tourisme pour certaines utilisations, comme à l’usine ‘Richfield Tang Knits Ltd’, à quelques kilomètres de Port-Louis, qui a mis en place une ’stratégie verte’ visant à réduire ses coûts de production.

Cette usine recycle l’eau, collecte les eaux de pluies, utilise la lumière naturelle et produit un certain volume d’électricité à partir de panneaux solaires dans le but d’atteindre l’émission la plus basse en carbone par vêtement produit. Certains établissements hôteliers le font également, le tourisme étant devenu, depuis quelques années déjà, la première industrie de l’île.

Par ailleurs, une usine de production de compost, avec des ordures ménagères, a été lancée.

Pour leur part, les Mauriciens disent qu’ils apprécient le MID, mais hésitent encore sur la production de l’électricité avec l’incinération des 400.000 tonnes d’ordures qui sont collectées chaque année. Ils ne veulent pas d’un incinérateur près de leurs maisons par crainte d’une pollution à la dioxine. Cet incinérateur devrait être fonctionnel bientôt.
(FIN/2009)

Comments are closed.


 

 

 

 

Photos from our Flickr stream

See all photos

With the support of

 

 
 

View Posts by Date

September 2014
M T W T F S S
« Dec    
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

  

 

Arabic