«Ne pas laisser les organisations parler au nom des migrants»

Posted on 08 February 2011 by admin

Souleymane Faye s’entretient avec SARAH KLINGEBERG, membre de la Coordination européenne de la Charte mondiale des migrants adoptée sur l’Ile de Gorée, au large de Dakar

DAKAR, 8 fév (IPS/TerraViva) – Sarah Klingeberg, membre de la Coordination européenne de la Charte mondiale des migrants, participe au 11ème Forum mondial social (FSM) à Dakar. Adoptée le 4 février sur l’Ile de Gorée, près de la capitale sénégalaise, cette charte vise à définir et défendre les droits des migrants dans le monde.

Expulsion des migrants sénégalais. Crédit: Pierre Holtz/IPS

Expulsion des migrants sénégalais. Crédit: Pierre Holtz/IPS

Q: C’est quoi la Charte mondiale des migrants?

R: La Charte mondiale des migrants est un projet né en 2006 à Marseille, en France, à partir d’un groupe de migrants sans-papiers. Ils avaient constaté qu’il existait beaucoup de conventions et de déclarations sur la question de la migration, qui avaient été faites, toutes, par des Etats… Ils avaient constaté que rien n’avait été fait par les migrants eux-mêmes. Il était temps que les migrants prennent la parole et donnent leurs avis sur la question de la migration et sur les droits à respecter par les Etats.

Ils ont décidé d’élaborer cette proposition de charte revendicative sur la situation des migrants. Et à partir de là, ils ont commencé à diffuser cette proposition de charte à travers les forums sociaux. De là, la charte s’est diffusée à Madrid, en Espagne, et dans d’autres villes. Et d’autres migrants ont commencé à participer au processus.

Q: Quels sont les objectifs de la Charte mondiale des migrants?

R: L’idée de base est de redonner la parole aux migrants et ne pas laisser des institutions parler au nom des migrants. Et, à partir de ce premier brouillon sont nées plusieurs autres propositions de charte. La première version était très liée au contexte français. Donc, il fallait une charte valable pour tous les migrants de toutes les parties du monde. A partir de là, on a retenu quatre propositions de charte entre 2006 et 2010. Et a été élaboré en 2010 une synthèse de toutes ces chartes. Et en septembre 2010, elle a été diffusée auprès de tous les groupes ayant participé aux discussions de la charte. Des groupes de travail, au niveau local, ont apporté des propositions. Et une charte finale a été élaborée par consensus.

Q: Combien d’organisations ou d’associations ont-elles signé la Charte mondiale des migrants à Gorée?

R: Le principe de base de la charte, comme je viens de le dire, c’est que ses membres sont des individus, des migrants. Ce ne sont pas des organisations ni des associations qui ont participé à son élaboration. L’approbation a été faite par les migrants. Pour le moment, la charte est un produit des migrants, pas des associations ou des organisations. Des organisations et des associations ont toutefois soutenu le processus.

Maintenant que la charte est approuvée, on est dans la deuxième phase consistant à discuter sur que faire avec cette charte. Est-ce qu’elle doit être signée par les migrants ou les organisations? Est-ce que cette charte doit être portée auprès de l’Organisation des Nations Unies pour être approuvée et signée? Tout cela sera décidé à partir de maintenant.

Q: Après son adoption, qu’allez-vous faire immédiatement de cette charte?

R: Pour le moment, il y a encore des échanges à faire. Maintenant, on a commencé la discussion sur ce qu’il faut faire avec et comment procéder. Des gens ont proposé de recueillir des signatures par les migrants d’abord, les organisations de soutien des migrants ensuite, ainsi que les militants et personnes intéressés par la question migratoire. Tout cela sera décidé. Il faut aussi mettre en place un organisme qui puisse coordonner les discussions.

(FIN/2011)

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