AFRIQUE: Les gouvernements exhortés à investir dans la protection sociale

Posted on 06 November 2010 by admin

Busani Bafana

WINDHOEK, 6 nov (IPS/TerraViva) – L’affectation d’un pour cent seulement du PIB (produit intérieur brut) à la protection sociale pourrait changer beaucoup la vie des enfants les plus pauvres du continent.

Selon Jonathan Bradshaw, professeur de politique sociale à l’Université de York au Royaume-Uni, les pays africains doivent investir dans des systèmes de protection sociale. Il soutient que la pauvreté a un effet à long terme sur les enfants, les privant souvent d’opportunités de réussir leur vie d’adulte.

“Tous les pays d’Europe ont un système de prestations sociales pour les enfants”, a déclaré Bradshaw à IPS, en marge d’un atelier régional des parlementaires tenu en Namibie du 20 au 22 octobre.

“La dépense moyenne comme portion du PIB dans les avantages en espèces pour la garde des enfants est de 2,3 pour cent. Si les pays africains dépensent un pour cent de leur PIB dans les allocations destinées aux enfants, cela fera une grande différence en termes d’allègement de la pauvreté. Mais aucun d’eux ne le fait”.

Bradshaw a effectué des travaux approfondis sur les avantages sociaux existants destinés aux enfants en Afrique orientale et australe. Sa conclusion est que presque tous les avantages en espèces destinés aux enfants sont utilisés par les parents sur l’éducation et la santé. Il a cité l’exemple de l’Afrique du Sud où les subventions en espèces ont conduit à un meilleur accès et à une meilleure participation à l’école, et ont renforcé la santé des mères.

Une autre recherche, réalisée par des institutions universitaires et des organisations de développement en Afrique, confirme que la protection sociale, dans ses diverses formes, y compris les transferts de fonds aux ménages pauvres, les subventions pour soutenir les enfants et les personnes âgées, le fonds national d’assurance maladie, les bons de participation, les dispenses de frais pour la santé et l’éducation, fait une différence positive dans la vie des populations pauvres et vulnérables.

Cependant, prioriser et mettre en oeuvre des systèmes de protection sociale, restent souvent secondaires par rapport à d’autres priorités dans les budgets nationaux.

“C’est une question d’accessibilité puisque les gouvernements doivent faire des choix et l’espace budgétaire est limité. Mais nous ne demandons pas des programmes très coûteux – des programmes bien orientés qui coûteraient un pour cent du PIB feront l’affaire”, a déclaré Bradshaw.

“La Banque mondiale continue de soutenir que tout investissement dans les services publics est susceptible de nuire à la réussite de la croissance mais nous savons que la croissance n’a pas chuté. Maintenant, les organisations internationales soutiennent que la prochaine étape la plus importante dans le développement est l’introduction de la sécurité sociale, notamment la protection sociale pour les enfants”.

La Namibie est un pays qui a été un chef de file dans la promotion de la protection sociale depuis qu’elle a introduit son programme de transfert de fonds en 2004. Plus de 100.000 enfants bénéficient actuellement des subventions d’aide sociale qui ont aidé à réduire la pauvreté des ménages affectés par le VIH et le SIDA.

Des systèmes de protection sociale comme celui-là, soutiennent les chercheurs, doivent être développés à travers le continent avec l’appui financier des gouvernements ainsi que la mise en œuvre de politiques en faveur des enfants. Cependant, les priorités budgétaires de l’Afrique sont ailleurs.

Par exemple, des statistiques provenant des Nations Unies montrent que l’Afrique débourse près de quatre milliards de dollars sur les dépenses militaires chaque année. Les dépenses militaires de 2009 ont augmenté de 10,2 pour cent par rapport à l’année précédente, selon la dernière analyse de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm.

L’Union africaine estime que la corruption coûte aux économies africaines plus de 148 milliards de dollars par an, ce qui représenterait un quart du PIB total de l’Afrique. Une action efficace permettant de s’attaquer à la corruption pourrait dégager des ressources pour le développement de la protection sociale.

La commissaire aux affaires sociales de l’Union africaine, Bience Gawanas, a déclaré à IPS que la protection sociale peut être utilisée pour garantir les droits humains, soutenant que si les pays africains ont des politiques macroéconomiques, ils doivent également avoir des politiques macro sociales. Elle a affirmé que sa commission est en train de faire pression pour amener les pays africains à adopter des politiques à tous les niveaux permettant de s’attaquer à la pauvreté et que la protection sociale était une solution.

“Quand les gens meurent du VIH et du SIDA, ou du paludisme: combien ça coûte à nos gouvernements?”, a demandé Gawana. “Si nous calculons le coût de décès, sans doute que le dollar supplémentaire qu’ils donnent pour maintenir une personne en vie est beaucoup plus significatif. C’est une question de priorités. Mais ce n’est pas une situation désespérée, si un pays peut montrer le chemin, d’autres peuvent sûrement suivre”.

L’Afrique du Sud a des subventions de soutien aux enfants; le Kenya a des transferts de fonds pour les orphelins et les enfants vulnérables; le Lesotho a introduit une subvention pour les personnes âgées. Au Malawi le gouvernement, en collaboration avec le Programme alimentaire mondial, a introduit le programme d’alimentation scolaire; au Mozambique, il y a le programme de bons de nourriture et en Zambie, un projet pilote de transferts de fonds – pour les personnes âgées qui s’occupent des orphelins – a amélioré la fréquentation scolaire. (FIN/2010)

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