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	<title>IPS - TerraViva World Social Forum 2011 &#187; Français</title>
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		<title>«Que tous ceux qui veulent combattre le capitalisme soient solidaires»</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Feb 2011 13:47:12 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Boubacar Buuba Diop affirme que la crise économique, financière et écologique actuelle est une conséquence du système capitaliste.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Souleymane Faye s’entretient avec BOUBACAR BUUBA DIOP, un des facilitateurs du comité d&#8217;organisation du Forum social mondial de Dakar.</strong></p>
<p><strong>DAKAR, 11 fév (IPS/TerraViva) – Boubacar Buuba Diop, professeur d’histoire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, affirme que la crise économique, financière et écologique actuelle est une conséquence du système capitaliste.</strong><span id="more-2966"></span>Dans une interview avec IPS dans le cadre du Forum social mondial (FSM), Diop estime que le capitalisme, qui est défait par les peuples qui luttent contre son système, est en train de se redéployer pour résister.</p>
<p><strong>Q: Certains accusent le capitalisme d’être à l’origine de la crise économique, financière et écologique mondiale. A votre avis, quel est l&#8217;impact du système capitaliste sur la situation financière, économique et écologique du monde?<br />
</strong><br />
R: L’ampleur du système capitaliste sur la crise actuelle est réelle. Certaines certitudes ont été ébranlées. Aujourd’hui, on sait que certains pays en Europe expriment la volonté de sortir de la zone euro&#8230; On voit que le chômage prend des proportions inquiétantes. La pauvreté et le désarroi, dans les pays en voie de développement comme dans les pays dits riches, sont dans un contexte de crise approfondie, d’où la nécessité de trouver des alternatives.</p>
<p><strong>Q: C&#8217;est comme si vous voulez dire que le capitalisme est effectivement à l’origine de cette crise multidimensionnelle?<br />
</strong><br />
R: Bien sûr! En Afrique, nous sommes bien placés pour le dire. S’il y a un continent qui a le plus souffert de cette lourde tendance d’exploitation et d’oppression des êtres humains, c’est l’Afrique. Le système a étalé ses tentacules partout. Et, puisqu’il n’y a plus de richesses à exploiter sans que les populations ne réagissent, ce système-là est confronté à des difficultés énormes.</p>
<p>La crise actuelle est une crise du système capitaliste qui a atteint ses limites. On a pensé qu’avec la crise, c’est la fin du système capitaliste et la baisse du profit, mais le capitalisme réussit encore à se redéployer.</p>
<p><strong>Q: A vous entendre parler, on a l’impression que la recherche de solutions consistera à déraciner le système capitaliste.<br />
</strong><br />
R: L’essentiel, c’est créer un espace de solidarité. Que tous ceux qui veulent alterner le système capitaliste soient solidaires. Il faut une tendance arc-en-ciel, avec plusieurs tendances et plusieurs vitesses. Que tous ceux qui veulent changer les choses se soutiennent les uns les autres.</p>
<p>C’est cela qui est essentiel.</p>
<p><strong>Q: L’argent aura-t-il un rôle à jouer dans la résolution de la crise?<br />
</strong><br />
R: L’argent fait partie, comme les cultures et les technologies de l’information et de la communication, des choses inventées par l’homme. L’être humain peut l’utiliser dans une bonne direction, comme dans une mauvaise direction.</p>
<p>Donc, l’essentiel, c’est suivre les bonnes pratiques et aller vers le bien-être des populations.</p>
<p>C’est cela l’essentiel. L’argent, ça peut faciliter les échanges dans le sens des intérêts des peuples.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>Les mouvements paysans africains opposés aux pesticides</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Feb 2011 06:30:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les mouvements paysans africains préfèrent le modèle traditionnel de production agricole, sans pesticides, ainsi que le système de petites exploitations familiales.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p>Par Koffigan E. Adigbli</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>DAKAR, 11 fév (IPS) &#8211; Les mouvements paysans africains préfèrent le modèle traditionnel de production agricole, sans pesticides, ainsi que le système de petites exploitations familiales.</strong> <span id="more-2916"></span></p>
<div id="attachment_2917" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110211_BoyFarming_ManoocherDeghatiIRIN.jpg"><img class="size-full wp-image-2917" title="20110211_BoyFarming_ManoocherDeghatiIRIN" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110211_BoyFarming_ManoocherDeghatiIRIN.jpg" alt="" width="200" height="156" /></a><p class="wp-caption-text">«Je préfère les méthodes ancestrales, c’est-à-dire l’utilisation des engrais naturels qui permettent de pérenniser les cultures.»</p></div>
<p>Ils pensent également que le concept de sécurité alimentaire doit aller de pair avec celui de la souveraineté alimentaire ou de l’autosuffisance alimentaire. Ils l’ont exprimé au Forum social mondial de Dakar où des questions de l’agriculture et de hausse des prix des denrées de première nécessité sont débattues.</p>
<p>Selon Diakéba Kaba, membre de l’Association guinéenne pour l’allègement des charges féminines, il y a une corrélation entre sécurité alimentaire et autosuffisance alimentaire, parce qu’une fois qu’une population produit suffisamment ses aliments, elle ne payera plus d&#8217;autres denrées de l&#8217;extérieur.</p>
<p>Kaba n’accepte pas qu’on introduise au niveau des petites exploitations paysannes l’utilisation de pesticides, mais c’est ce que soutient plutôt l’Alliance pour une révolution verte en Afrique dirigée par l’ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Koffi Anan.</p>
<p>«L’introduction des pesticides dans les petites exploitations paysannes appauvrit davantage les sols. Le pauvre paysan va utiliser son argent pour payer les pesticides, or il suffisait pour lui de retourner le sol pour composer le composte pour ses plantes. Sur le plan environnemental, l’utilisation de pesticide dégrade le sol», soutient-elle.</p>
<p>Mais, Kaba constate qu’au nom de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la pauvreté, des pesticides sont fournis à outrance aux paysans. «Ces produits détruisent les terres», affirme-t-elle, dénonçant, par ailleurs, les «semences à base d’organismes génétiquement modifiés qui sont carrément des poisons».</p>
<p>«La sécurité alimentaire est un bourratif qui risque de nous pousser à manger tout ce qui nous tombe sur la main, tandis qu’avec la souveraineté alimentaire, nous mangeons ce que nous voulons et nous avons la responsabilité de ce que nous produisons et de ce que nous consommons», ajoute-t-elle.</p>
<p>Kaba invite à cet effet les gouvernements africains à suivre l’exemple de la Thaïlande où les petits paysans bénéficient d’un fort soutien de leur gouvernement. « La Thaïlande est un des plus grands exportateurs de riz vers l’Afrique, pourtant son sol n&#8217;est pas du tout favorable à l&#8217;agriculture comme chez nous en Afrique», déclare-t-elle.</p>
<p>Des centaines de mouvements sociaux regroupant des écologistes, des paysans, des syndicats, des enseignants et des migrants ont, cours de ce débat, souhaité que les paysans africains soient plus soutenus par les autorités et qu’une réelle politique agricole soit leur priorité.</p>
<p>Pour y parvenir, Les Etats africains «doivent financer le secteur agricole, investir dans la recherche pour trouver les solutions techniques les mieux adaptées à la situation africaine, en assurant notamment la maîtrise de l&#8217;eau», estime Meissa Faye, un agriculteur sénégalais de la région de Thiès.</p>
<p>«Nos Etats doivent définir les marges réelles du développement de l’agriculture. Cela va de l’intérêt de tous. Il faut un budget conséquent et bien géré pour le développement de ce secteur, car la majeure partie de nos populations reste rurale», souligne également Hervé Mounvunba, un délégué agricole venu du Gabon.</p>
<p>Faye pense que l’avenir est aujourd’hui incertain et qu’avec l’utilisation des pesticides, on est en train de tuer les petits producteurs au profit des grands industriels, sans oublier la pression foncière causée par l’urbanisation.</p>
<p>Selon Faye, l’Afrique aurait pu atteindre la sécurité alimentaire depuis longtemps dans la mesure où l’écrasante majorité des populations évolue dans le secteur agricole. En France, par exemple, deux pour cent seulement de la population sont des agriculteurs et nourrissent tout ce pays.</p>
<p>«L’autosuffisance alimentaire passe par une vraie politique d’encouragement de l’agriculture familiale et non pas par ces grands industriels qui, en terme de production, privilégient les consommateurs des pays du Nord», soutient-il.</p>
<p>Bouna Sako, producteur malien de riz à Kayes, s’érige contre l’utilisation des engrais et l’accaparement des terres arables par des industriels.</p>
<p>«Je préfère les méthodes ancestrales, c’est-à-dire l’utilisation des engrais naturels qui permettent de pérenniser les cultures. Les paysans de mon pays sont confrontés aux problèmes de manque criant de pluie et à la pauvreté des sols, mais l’Etat ne prend pas de mesures d’accompagnement pour faire face au déficit de pluviométrie», affirme Sako.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>Les prostituées se sont invitées pour la circonstance</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Feb 2011 23:55:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[«Nous sommes conscients de la situation. Nous faisons tout pour distribuer des capotes à tous les participants au FSM», dit Alima Diagne, infirmière.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Koffigan E. Adigbli</strong></p>
<p><strong>DAKAR, 10 fév (IPS) &#8211; Si le Forum social mondial (FSM) de Dakar est d’abord l’affaire des altermondialistes qui réfléchissent aux différentes questions de développement des pays pauvres, il y a également des prostituées de la capitale sénégalaise qui se sont programmées pour y participer à leur manière afin de se faire de l’argent.</strong><span id="more-2906"></span></p>
<p>«Les étrangers aiment les Sénégalaises, on le sait. C’est pourquoi chaque soir, je vais dans les lieux où ils sont logés pour m’exhiber. Dimanche dernier, j’ai couché avec un Malgache qui m’a remis 20.000 francs CFA (environ 43 dollars). Un autre dans un hôtel de la place, un Nigérien, m’a donné 30.000 FCFA (64 dollars). Je profite bien de ce FSM», déclare, toute joyeuse, Absa, (nom d’emprunt), 23 ans, étudiante à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), qui exerce le plus vieux métier du monde.</p>
<p>Selon Absa, tout les soirs, à partir de 20 heures, après avoir mis ses produits de beauté dans son sac à main, elle se rend à l’UCAD ou dans un des hôtels dans un quartier chic de la capitale sénégalaise.</p>
<p>«Lorsque je finis de sillonner les grands hôtels, je retourne aux environs de 2 heures du matin à l’UCAD où certains jeunes m’attendent aussi. Je ne vais pas le cacher, je gagne bien ces temps-ci. Pour vous dire, je suis rentrée à la maison lundi avec 120.000 FCFA (environ 258 dollars)», explique-t-elle, ajoutant toutefois qu’elle se fait discrète pour ne pas être repérée par ses camarades étudiants.</p>
<p>Absa est l’une des milliers de jeunes travailleuses sexuelles qui arpentent les escaliers des hôtels, les rues, les bars et les night-clubs de Dakar en cette période du FSM. Elles avouent être entrées dans ce travail de prostitution à cause de la pauvreté et du chômage, mais aussi pour n’avoir pas trouvé des opportunités de réussir dans la vie.</p>
<p>En fait, la prostitution n’est plus un mot tabou à Dakar. Les coins de rencontre des prostituées sont connus du grand public et les prix de passe varient du client sénégalais à l’étranger qui paie toujours un prix plus élevé. La majorité des ces jeunes filles ont leur carte d’adhésion à ce vieux métier.</p>
<p>Nkiéna, une Nigériane de 27 ans, affirme qu’elle est arrivée dans la capitale sénégalaise pour chercher de l’argent à travers la prostitution. «Ici, j’ai beaucoup plus de chances qu’au Nigeria. Les hommes s’intéressent aux prostituées et en général, ils payent ce que vous demandez», dit-elle. «Depuis le début de ce forum, j’ai fait un peu de sous. Les gens, pour 15 ou 30 minutes au plus, vous donnent sur le champ 50.000 à 60.000 FCFA (environ 107 à 129 dollars). Les étrangers qui sont venus à ce forum ne sont pas avares», ajoute-t-elle.</p>
<p>Pourtant, Nkiéna trouve que les étrangers venus des pays d’Afrique de l’ouest sont pingres. «J’ai rencontré mardi un Béninois qui, après m’avoir longtemps gardée dans sa chambre, m’a remis seulement 10.000 FCFA (environ 21 dollars). J’étais énervée. Le lendemain matin, je l’ai vu et il a fait semblant de ne pas me connaître; mais moi je l’ai reconnu», explique-t-elle.</p>
<p>Nkiéna souligne qu’elle passe toutes ses nuits à l’UCAD. «Je participe des fois aux débats, pas pour apprendre quelque chose, mais pour trouver un client potentiel. Je me faufile entre les gens et lorsqu’il y a un déjeuner, je le prends aussi comme une participante au forum».</p>
<p>En fait, la prostitution est légale et réglée depuis trois décennies au Sénégal. Selon des responsables de santé, cette légalisation permet de suivre les prostituées sur le plan sanitaire, et un grand nombre se fait régulièrement contrôler dans les centres de santé publics. Mais certains pensent que cette légalisation est un moyen d’attirer les touristes au Sénégal à la recherche de relations sexuelles exotiques.</p>
<p>L’article 233 du texte juridique sénégalais stipule à son alinéa 2 : « Peut devenir prostituée, toute femme ayant 21 ans ou plus, à condition toutefois d’être enregistrée en tant que telle par la police, de se faire régulièrement contrôler dans des centres de santé officiels, de faire preuve de discrétion et d’avoir une carte sanitaire valide montrant des tests négatifs concernant les maladies sexuellement transmissibles».</p>
<p>Edwige, une autre prostituée rencontrée à l’UCAD, n’a pas caché son amertume, car le FSM ne lui a pas fait gagner grand-chose. «Je viens ici, mais je ne trouve pas de client friqué. Je couche avec les étrangers, mais ils ne payent pas assez. Peut être parce que je suis intransigeante. Si un homme veut coucher avec moi sans préservatif, je refuse», explique-t-elle.</p>
<p>Selon Alima Diagne, une infirmière d’Etat distribuant des capotes à l’UCAD, il n’existe pas de chiffres officiels sur le nombre actuel de travailleuses sexuelles au Sénégal. Mais citant certains rapports, elle indique que Dakar est l’une des capitales de l’industrie du sexe en Afrique, avec des travailleuses sexuelles provenant de l’Afrique subsaharienne, mais aussi de l’Afrique du nord et du Moyen-Orient.</p>
<p>«Nous sommes conscients de la situation, c’est pourquoi nous faisons tout pour distribuer des capotes à tous les participants au FSM», ajoute Diagne.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>«Ne pas laisser les organisations parler au nom des migrants»</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Feb 2011 13:46:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La Charte mondiale des migrants est la première déclaration sur la question de la migration, qui avait été fait par les migrants eux-mêmes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Souleymane Faye s’entretient avec SARAH KLINGEBERG, membre de la Coordination européenne de la Charte mondiale des migrants adoptée sur l’Ile de Gorée, au large de Dakar</strong></p>
<p><strong>DAKAR, 8 fév (IPS/TerraViva) &#8211; Sarah Klingeberg, membre de la Coordination européenne de la Charte mondiale des migrants, participe au 11ème Forum mondial social (FSM) à Dakar. Adoptée le 4 février sur l’Ile de Gorée, près de la capitale sénégalaise, cette charte vise à définir et défendre les droits des migrants dans le monde.<span id="more-2737"></span></strong></p>
<div id="attachment_2738" class="wp-caption alignleft" style="width: 220px"><strong><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110208_QAKlingeberg_PierreHoltzIRIN.jpg"><img class="size-medium wp-image-2738 " title="20110208_QAKlingeberg_PierreHoltzIRIN" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110208_QAKlingeberg_PierreHoltzIRIN-300x213.jpg" alt="Expulsion des migrants sénégalais. Crédit: Pierre Holtz/IPS" width="210" height="149" /></a></strong><p class="wp-caption-text">Expulsion des migrants sénégalais. Crédit: Pierre Holtz/IPS</p></div>
<p><strong>Q: C’est quoi la Charte mondiale des migrants?</strong></p>
<p>R: La Charte mondiale des migrants est un projet né en 2006 à Marseille, en France, à partir d’un groupe de migrants sans-papiers. Ils avaient constaté qu’il existait beaucoup de conventions et de déclarations sur la question de la migration, qui avaient été faites, toutes, par des Etats&#8230; Ils avaient constaté que rien n’avait été fait par les migrants eux-mêmes. Il était temps que les migrants prennent la parole et donnent leurs avis sur la question de la migration et sur les droits à respecter par les Etats.</p>
<p>Ils ont décidé d’élaborer cette proposition de charte revendicative sur la situation des migrants. Et à partir de là, ils ont commencé à diffuser cette proposition de charte à travers les forums sociaux. De là, la charte s’est diffusée à Madrid, en Espagne, et dans d’autres villes. Et d’autres migrants ont commencé à participer au processus.</p>
<p><strong>Q: Quels sont les objectifs de la Charte mondiale des migrants?</strong></p>
<p>R: L’idée de base est de redonner la parole aux migrants et ne pas laisser des institutions parler au nom des migrants. Et, à partir de ce premier brouillon sont nées plusieurs autres propositions de charte. La première version était très liée au contexte français. Donc, il fallait une charte valable pour tous les migrants de toutes les parties du monde.  A partir de là, on a retenu quatre propositions de charte entre 2006 et 2010. Et a été élaboré en 2010 une synthèse de toutes ces chartes. Et en septembre 2010, elle a été diffusée auprès de tous les groupes ayant participé aux discussions de la charte. Des groupes de travail, au niveau local, ont apporté des propositions. Et une charte finale a été élaborée par consensus.</p>
<p><strong>Q: Combien d’organisations ou d’associations ont-elles signé la Charte mondiale des migrants à Gorée?</strong></p>
<p>R: Le principe de base de la charte, comme je viens de le dire, c’est que ses membres sont des individus, des migrants. Ce ne sont pas des organisations ni des associations qui ont participé à son élaboration. L’approbation a été faite par les migrants. Pour le moment, la charte est un produit des migrants, pas des associations ou des organisations. Des organisations et des associations ont toutefois soutenu le processus.</p>
<p>Maintenant que la charte est approuvée, on est dans la deuxième phase consistant à discuter sur que faire avec cette charte. Est-ce qu’elle doit être signée par les migrants ou les organisations? Est-ce que cette charte doit être portée auprès de l’Organisation des Nations Unies pour être approuvée et signée? Tout cela sera décidé à partir de maintenant.</p>
<p><strong>Q: Après son adoption, qu’allez-vous faire immédiatement de cette charte?</strong></p>
<p>R: Pour le moment, il y a encore des échanges à faire. Maintenant, on a commencé la discussion sur ce qu’il faut faire avec et comment procéder. Des gens ont proposé de recueillir des signatures par les migrants d’abord, les organisations de soutien des migrants ensuite, ainsi que les militants et personnes intéressés par la question migratoire. Tout cela sera décidé. Il faut aussi mettre en place un organisme qui puisse coordonner les discussions.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>Dakar à Dhaka</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Feb 2011 12:57:14 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Est-il plus important de nouer des liens avec les groupes de la société civile africaine ou de se concentrer sur les réseaux existants dans la région de l’Asie du Sud? ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2749" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/mumbai1.jpg"><img class="size-medium wp-image-2749" title="mumbai1" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/mumbai1-300x126.jpg" alt="" width="300" height="126" /></a><p class="wp-caption-text">Forum social mondial, Mumbai, 2004. Crédit: IPS TerraViva</p></div>
<p>Ranjit  Devraj</p>
<p><strong>NEW DELHI, 8 fév (IPS TerraViva) &#8211; Est-il plus  important de nouer des liens avec les groupes de la société civile africaine ou  de se concentrer sur les réseaux existants dans la région de l’Asie du Sud?  C’est le dilemme dans lequel sont les délégués indiens qui participent au Forum  social mondial (FSM) de Dakar, au Sénégal, et certains qui ont choisi de ne pas  y participer. <span id="more-2723"></span></strong></p>
<p>&#8220;Les deux options sont importantes&#8221;, a déclaré Amit  Sen Gupta de &#8220;Delhi Science Forum&#8221; (DSF &#8211; Forum scientifique de Dheli) à IPS.  &#8220;Aujourd’hui plus que jamais auparavant, un monde toujours sous le choc de  l’impact de crises multiples a besoin des alternatives aux niveaux mondial,  national et local&#8221;.</p>
<p>Ceux qui participent à l’évènement qui se tient du 6  au 11 février à Dakar, comme Sen Gupta et son collègue activiste, D.  Reghunandan, ont l’œil sur une réunion qui s’y tiendra le 10 février et qui vise  à se préparer pour le Forum social d’Asie du Sud prévu pour novembre 2011 à  Dhaka, au Bangladesh.</p>
<p>&#8220;Cela ne signifie pas, cependant, que les  mouvements indiens se sont retirés du FSM&#8221;, a souligné Sen Gupta. &#8220;Depuis que le  FSM s’est tenu à Bombay en 2004, l’Inde a eu une place spéciale dans sa  chronologie de 10 ans et la plupart soutiennent encore que le FSM de 2004 a fait  partie des chapitres les plus glorieux du FSM&#8221;.</p>
<p>Qu’est-il donc arrivé à  la vitalité particulière du mouvement indien et à la volonté qu’il a montrée  pour travailler ensemble en vue de renforcer le FSM ?</p>
<p>Sen Gupta a  expliqué à IPS que la situation en Inde en 2001 – au commencement du mouvement  du FSM – et celle en 2011 sont très différentes. &#8220;L’unité des mouvements  démocratique et de la gauche demeure fracturée et cela a entraîné la baisse  d’investissement des mouvements indiens dans le processus du FSM – en Inde et  dans le monde&#8221;, a-t-il dit.</p>
<p>&#8220;Ce qu’attendent fondamentalement les  Indiens à Dakar est, peut-être, que la gauche indienne guérisse encore une fois  les fractures récentes et fasse partie de la voix mondiale qui combat le  néo-libéralisme&#8221;, a expliqué Sen Gupta. &#8220;Une grande partie de cela doit être  prise en compte de retour en Inde, mais Dakar est une occasion où la nécessité  de l’unité sera définie plus nettement&#8221;.</p>
<p>Meena Menon, écrivain et  activiste qui participe à la réunion de Dakar, est d’accord avec Sen Gupta, mais  elle ajoute que le fait qu’il n’y ait pas un mouvement de gauche fort en Afrique  de l’ouest a été aussi un refroidisseur pour les groupes indiens.</p>
<p>&#8220;Evidemment, les groupes africains déclarent que c’est précisément  pourquoi ils souhaitent une forte participation indienne à Dakar&#8221;, a-t-elle  expliqué. &#8220;La réalité est que si le lieu avait été en Afrique du Sud ou même  dans le Maghreb, là où les groupes indiens ont des liens, la participation  aurait été peut-être beaucoup plus forte&#8221;.</p>
<p>Toutefois, elle a ajouté que  tous les liens qui pourraient être noués avec les groupes africains à Dakar  seraient de valeur à cause des intérêts communs dans ces domaines comme la  sécurité alimentaire et l’agriculture.</p>
<p>Comme d’autres délégués indiens,  Menon attend aussi avec impatience l’occasion pour renforcer le Forum social  d’Asie du Sud de Dhaka. &#8220;Il y a un intérêt mondial pour les événements récents  au Pakistan, au Sri Lanka et au Népal et l’actuel régime du Bangladesh offre  l’espace démocratique pour abriter le forum de novembre&#8221;.</p>
<p>Gopal Krishna,  organisateur à &#8216;Toxic Watch&#8217; et militant contre les industries toxiques, a  déclaré qu’il ne pouvait pas trouver un temps libre pour participer au FSM de  Dakar.</p>
<p>&#8220;En ce moment même, nous suivons une mission venue du Québec  conduite par Clement Gignac, le ministre du Développement économique, en visite  en Inde dans la semaine, et nous essaierons de l’empêcher de signer tout accord  qui agrandira l’industrie en Inde&#8221;, a-t-il expliqué.</p>
<p>Les propositions,  dit Krishna, révèlent &#8220;l’indifférence totale des sociétés minières québécoises  d’amiante et des sociétés indiennes de fabrication de produit à base d’amiante,  à la santé des Indiens&#8221;.</p>
<p>Krishna a souligné qu’il attendait avec  impatience le forum de Dhaka parce que, explique-t-il, &#8220;nous avons vraiment  besoin de bâtir la solidarité régionale d’abord &#8221; et qu’il y a eu &#8220;des problèmes  et des approches très communs&#8221;.</p>
<p>Selon Sen Gupta, il y a un sentiment  général – régional ou mondial &#8211; selon lequel le FSM doit évoluer à partir d’une  plateforme de débat sur &#8220;la mondialisation néolibérale&#8221; à celle qui puisse  fournir d’espace pour l’établissement d’alliances fortes qui seraient les  éléments constitutifs d’un &#8220;autre monde&#8221;.</p>
<p>&#8220;Bien que le format du FSM ait  connu des changements pour s’adapter à ces nouvelles attentes, il reste un  format largement non testé en termes de sa capacité à jouer le rôle attendu de  lui&#8221;, a dit Sen Gupta.</p>
<p>&#8220;De récentes révélations faisant état de ce que  les Indiens riches avaient caché des millions de dollars dans les banques  suisses renforcent la logique selon laquelle les mouvements indiens doivent  renforcer la solidarité et combattre la mondialisation néolibérale&#8221;, a déclaré  Sen Gupta.</p>
<p>Les plus grands économistes indiens estiment que plus le pays  se libéralise plus important est l’argent– qui aurait pu être affecté au  développement &#8211; détourné vers des comptes secrets à l’étranger.</p>
<p>&#8220;Bien  que les mouvements en Inde soient en train d’affronter l’actuel gouvernement sur  ces problèmes&#8221;, a-t-il ajouté, &#8220;le FSM est une occasion pour méditer sur la  nécessité d’une unité beaucoup plus étendue&#8221;. (FIN/2011)</p>
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		<title>Lula et Wade, deux discours différents</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Feb 2011 12:39:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a déclaré que les doctrines libérales imposées aux pays les plus pauvres n’ont plus leur place dans les sociétés modernes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Koffigan E. Adigbli</strong></p>
<p><strong>DAKAR, 8 fév (IPS/TerraViva) &#8211; L&#8217;ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a déclaré lundi à Dakar, aux côtés du chef de l’Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, que les doctrines libérales imposées aux pays les plus pauvres n’ont plus leur place dans les sociétés modernes.</strong><span id="more-2719"></span></p>
<div id="attachment_2720" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110208_Lula_AbdullahVawdaIPS.jpg"><img class="size-medium wp-image-2720  " title="20110208_Lula_AbdullahVawdaIPS" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110208_Lula_AbdullahVawdaIPS-300x214.jpg" alt="Ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Crédit: Abdullah Vawda/IPS" width="240" height="171" /></a><p class="wp-caption-text">Ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Crédit: Pepe Petos / WSFTV</p></div>
<p>Lula da Silva, qui intervenait au Forum social mondial (FSM) de Dakar et qui a souvent participé aux rencontres des altermondialistes depuis le premier FSM au Brésil en 2001, a prononcé un discours dans lequel il s’est montré résolument optimiste par rapport aux données économiques actuelles. «L&#8217;ordre économique mondial ne sera plus façonné par quelques économies dominantes», soutient-il.</p>
<p>«En Amérique du Sud, mais surtout dans les rues de Tunis et du Caire et de tant d&#8217;autres villes africaines, renaît l&#8217;espoir d&#8217;un monde nouveau. Des millions de personnes sont en mouvement contre la pauvreté à laquelle elles sont soumises, contre la domination des tyrans, contre la soumission de leur pays à la politique des grandes puissances», déclare Lula.</p>
<p>Il a également appelé l&#8217;Afrique à prendre conscience de sa force et de l&#8217;avenir extraordinaire qui l&#8217;attend avec ses 800 millions d&#8217;habitants et son territoire immensément riche, qui pourrait lui permettre d’assurer prioritairement son indépendance dans le domaine de la production alimentaire.</p>
<p>«Trop longtemps, les pays riches nous ont considérés comme des périphéries problématiques et dangereuses, mais ceux qui, avec arrogance, donnaient des leçons sur la façon dont nous devions gérer notre économie, n&#8217;ont pas été capables d&#8217;éviter la crise née au centre du capitalisme mondial», indique-t-il.</p>
<p>De son côté, le président Wade s&#8217;est clairement présenté comme un défenseur de l’économie libérale. Il a même révélé qu&#8217;il n&#8217;était pas d&#8217;accord avec les altermondialistes, même s&#8217;il partage avec eux l&#8217;idée de changer le monde qui, reconnaît-il, va mal.</p>
<p>«Je suis un partisan de l&#8217;économie de marché et non de l&#8217;économie d&#8217;Etat qui a fait faillite partout ou presque dans le monde», déclare-t-il, ajoutant qu’il réclamait depuis longtemps un siège pour l&#8217;Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies.</p>
<p>«Si vous qui êtes là, vous aviez soutenu cette idée, l&#8217;Afrique serait déjà au Conseil de sécurité. Depuis 2000, je suis votre mouvement et je me pose toujours la question, excusez ma franchise: est-ce que vous avez réussi à changer quelque chose au niveau mondial?», demande-t-il pour chahuter les altermondialistes.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>Les banquiers continuent quand même</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 21:36:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le Forum économique mondial (FEM) est devenu cette année une plateforme pour les banquiers qui cherchent à réaffirmer leur pouvoir traditionnel.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Julio Godoy</p>
<p><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/WEF.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2335" title="WEF" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/WEF-300x208.jpg" alt="" width="300" height="208" /></a>BERLIN, 7 fév (IPS) &#8211; Le Forum économique mondial (FEM) est devenu cette année une plateforme pour les banquiers qui cherchent à réaffirmer leur pouvoir traditionnel. Et une fois encore, c’est devenu un forum – contrairement, et même à l’opposé du Forum social mondial qui a démarré dimanche, 6 février à Dakar, la capitale sénégalaise.</p>
<p><span id="more-2656"></span>En effet, au FEM de Davos, en Suisse, les effets néfastes de la mondialisation et les conséquences environnementales de la croissance effrénée ont été mis de côté.</p>
<p>&#8220;Ce que nous avons vu à Davos, c’est le retour de l&#8217;autosatisfaction du monde des entreprises&#8221;, a déclaré à IPS, Rainer Falk, expert en mondialisation économique et éditeur du bulletin hebdomadaire d&#8217;information basé au Luxembourg &#8216;World Economy and Development&#8217; (Economie mondiale et le développement).</p>
<p>&#8220;Il est clair que malgré ses conséquences désastreuses pour la stabilité internationale et le bien-être commun, l’idée d’un profit à court terme continue d&#8217;être le principe économique directeur au FEM et dans la plupart des grandes entreprises&#8221;, a indiqué Falk.</p>
<p>Bien que le FEM affirme qu&#8217;il est le rassemblement de l&#8217;élite économique et politique du monde industrialisé, et en tant que tel de la sagesse mondiale, la vérité embarrassante est qu&#8217;il n&#8217;a pas prévu la crise financière et économique qui a amené l&#8217;économie mondiale au bord de la destruction.</p>
<p>Cette année, le FEM a été de nouveau surpris par les rébellions violentes dans les pays du Maghreb, qui ont conduit au renversement du dictateur tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, et la fin imminente du gouvernement de Hosni Moubarak en Egypte.</p>
<p>Malgré ces défauts, le FEM est retourné aux affaires comme d&#8217;habitude. Au lieu de faire face aux conséquences d&#8217;une économie mondiale déréglementée, et plaider pour des contrôles internationaux sur des activités spéculatives dévastatrices, certains participants à la réunion, dans les Alpes suisses, ont appelé à cesser de &#8220;taper sur les banquiers&#8221;, comme l’ont indiqué certains des participants.</p>
<p>Par exemple, Jamie Dimon, directeur général de la banque d&#8217;investissement, JP Morgan, a affirmé qu’une raclée contre les banquiers &#8220;est une chose terrible à faire&#8221;. Dimon a expliqué au public à Davos que c&#8217;était une &#8220;énorme idée erronée&#8221; de dire que toutes les banques ont été insolvables au cours de la crise financière actuelle.</p>
<p>&#8220;Toutes (les banques d&#8217;investissement et sociétés d’investissement) ne sont pas les mêmes, tous les directeurs ne sont pas les mêmes. Nous essayons de faire de notre mieux tous les jours&#8221;, a-t-il déclaré.</p>
<p>Dimon, ainsi que pratiquement tous les autres directeurs généraux de grandes banques internationales, se sont également opposés à l’idée d’une réglementation approfondie des marchés financiers. &#8220;Je peux reconnaître la nécessité d’opérer des réformes après ce qui s&#8217;est passé&#8221;, a déclaré Dimon. &#8220;Mais dire que nous sommes censés de nous baisser et de l&#8217;accepter seulement parce que nous sommes des banques &#8211; cela n&#8217;est pas juste&#8221;.</p>
<p>D&#8217;autres banquiers présents au FEM à Davos ont exprimé des inquiétudes selon lesquelles des déficits publics élevés peuvent contribuer à un renouvellement de la crise financière, et ont appelé à des plans d&#8217;austérité serrés et à des réductions massives des dépenses publiques.</p>
<p>Le FEM continue également d&#8217;ignorer les contraintes que le réchauffement climatique devrait imposer aux activités économiques. Au lieu de donner des incitations aux sources d&#8217;énergie innovatrices et d’envisager des modèles économiques alternatifs, les discussions au FEM ont touché la question de l&#8217;efficacité écologique seulement de façon marginale.</p>
<p>Falk affirme que le FEM n&#8217;a pas pu aborder les questions les plus importantes. &#8220;Le FEM s’est contenté de quelques mots sur l&#8217;efficacité écologique. Evidemment, la plupart des personnes participant à la réunion à Davos, soit croient encore que le réchauffement climatique peut être arrêté par quelques légères réparations du système, soit répriment cette réalité désastreuse&#8221;.</p>
<p>Kerstin Sack, coordinateur allemand du Groupe ATTAC, a déclaré que le FEM n’est pas parvenu à des solutions aux &#8220;problèmes urgents de notre époque, tels que la pénurie alimentaire, l&#8217;injustice sociale mondiale, et les conflits internationaux sur les matières premières&#8221;.</p>
<p>Sack a indiqué que le slogan principal du FEM pour le sommet de cette année était trompeur. Le sommet a eu lieu sous la bannière de &#8216;Règles communes pour un nouveau monde&#8217;. &#8220;Mais les gens qui viennent à Davos ne sont pas disposés à accepter des règles valables pour tout le monde&#8221;, a-t-il dit à IPS.</p>
<p>Sack a également critiqué les appels lancés par les directeurs généraux des banques et sociétés d&#8217;investissement internationales, réunis à Davos, pour réduire sensiblement les déficits publics.</p>
<p>&#8220;C&#8217;est la limite de l&#8217;hypocrisie du monde des entreprises&#8221;, a souligné Sack. &#8220;Les actuels chefs des entreprises sauvées de la faillite avec l&#8217;argent des contribuables appellent maintenant à une réduction des déficits et aux coupures massives des dépenses sociales publiques&#8221;.</p>
<p>La futilité du FEM contraste avec l’attention d&#8217;autres sommets alternatifs internationaux, tels que le FSM &#8211; qui a commencé dimanche, 6 février, à Dakar.</p>
<p>Alors que les participants au FEM sont retournés à leurs activités habituelles, le FSM débattra des thèmes que les directeurs généraux à Davos ont ignorés &#8211; la pénurie alimentaire, les changements climatiques et l&#8217;approche néolibérale.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>Plaidoyer pour une éducation inclusive pour tous</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 17:10:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[«Les enfants ont droit à l’éducation, nous devons tout faire pour qu’ils aillent à l’école. Ils ne doivent plus rester dans les rues comme nous le voyons ici à Dakar», déclare Cheikh Mbow.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Par Koffigan E. Adigbli</strong></p>
<div id="attachment_2617" class="wp-caption alignright" style="width: 250px"><strong><strong><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110207_CasamanceClassroom_MamadouAlphaDialloIRIN.jpg"><img class="size-medium wp-image-2617 " title="20110207_CasamanceClassroom_MamadouAlphaDialloIRIN" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110207_CasamanceClassroom_MamadouAlphaDialloIRIN-300x222.jpg" alt="Un enseignant dans une classe de fortune à  Madina  Daffé, un village de Casamance. Crédit: Mamadou Alpha Diallo/IRIN" width="240" height="178" /></a></strong></strong><p class="wp-caption-text">Un enseignant dans une classe de fortune à  Madina  Daffé, un village de Casamance. Crédit: Mamadou Alpha Diallo/IRIN</p></div>
<p><strong>DAKAR, 7 fév (IPS/TerraViva) &#8211; La Coalition en synergie des organisations de défense de l’école publique au Sénégal (COSYDEP) a tenu, mardi à Dakar, une rencontre sur l’éducation inclusive, soulignant l’urgence de garantir l’accessibilité de l’école pour tous les enfants du Sénégal et des pays en voie de développement.<span id="more-2616"></span></strong>Cheikh Mbow, coordonnateur de la COSYDEP, qui tenait cette rencontre dans le cadre du Forum social mondial (FSM) organisé depuis dimanche dans la capitale sénégalaise, affirme que des milliers d’enfants sénégalais sont toujours exclus du système scolaire, alors que c’est leur droit d’être instruits.</p>
<p>«Il faut que les choses changent. Les enfants ont droit à l’éducation, nous devons tout faire pour qu’ils aillent à l’école. Ils ne doivent plus rester dans les rues comme nous le voyons ici à Dakar», déclare-t-il. «Ils ne doivent plus mendier ou accompagner leur parent non-voyant ou sourd-muet à travers les quartiers. Les autorités de nos pays doivent prendre à bras le corps ce problème pour qu’on ait dans le futur des cadres pour notre développement», ajoute-t-il.</p>
<p>Mbow a plaidé également pour la gratuité de l’école, seul gage, selon lui d’une massification des effectifs dans les écoles.</p>
<p>Abstou Traoré, la représentante d’Aide et Action, une organisation non gouvernementale (ONG) intervenant dans le domaine de l’éducation, a souhaité que les autorités des pays du Tiers monde s’investissent davantage dans l’éducation, notamment dans celle des enfants issus des couches vulnérables.</p>
<p>«En encourageant les parents à instruire leurs enfants dans les écoles où la scolarité est gratuite, nos autorités luttent sans le savoir contre le banditisme des jeunes. Parce que les enfants non instruits deviennent pour la plupart des délinquants ou des dangers pour la société», explique-t-elle.</p>
<p>Les enfants qui ont pris part à la rencontre ont souligné les violences de toutes sortes dont ils sont victimes. Les enfants ont établi une liste incluant notamment la pauvreté, les violences corporelles, et d’autres freins sociaux qui sont des handicaps pour eux, insistant qu’ils aspirent à une éducation inclusive et achevée.</p>
<p>Ami Konté, une fillette de 11 ans, élève à l’école primaire de Guinauw Rails, une banlieue lointaine de Dakar, qui a participé à la rencontre, affirme que les enfants ont aussi des droits que les adultes doivent respecter.</p>
<p>«Nous avons droit à l’éducation, à la nourriture, à l’habillement et à la santé. Nous n’avons pas demandé à venir sur cette terre, alors nos droits ne doivent pas être bafoués. La gratuité de l’école ne peut que nous aider, nous les enfants dont les parents sont pauvres», ajoute-t-elle.</p>
<p>Louis Sagna, 13 ans, un autre élève ayant pris part à la rencontre, venu de la Casamance, dans le sud du Sénégal, a plaidé pour le désenclavement de certaines localités afin que les écoles soient plus proches des maisons.</p>
<p>«Pour aller à l’école, je fais plus de cinq kilomètres à pied. Je souhaite que les établissements scolaires ne soient pas loin de nos maisons», indique-t-il.</p>
<p>Selon les organisations de défense des droits des enfants, le FSM est l’occasion d’accentuer le plaidoyer à l’endroit des décideurs. Ainsi, elles comptent mettre à profit la présence des sommités nationales d’envergure internationale comme les professeurs Amadou Makhtar Mbow, ancien directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l&#8217;éducation, la science et la culture (UNESCO).</p>
<p>Ces organisations appellent également les parents à croire en l’éducation, un secteur incontournable pour le développement d’un pays.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>Un espace pour réfléchir aux problèmes du monde</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Feb 2011 21:55:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[«Dakar vous ouvre largement les bras. Qu’au soir du 11 février prochain, qu’on puisse mettre en place des jalons pour la résolution des différents problèmes politiques, économiques et environnementaux.»]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Koffigan E. Adigbli</p>
<div id="attachment_2575" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110206_MarcheALOuverture3_AbdullahVawdaIPS.jpg"><img class="size-medium wp-image-2575 " title="20110206_MarcheALOuverture3_AbdullahVawdaIPS" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110206_MarcheALOuverture3_AbdullahVawdaIPS-300x223.jpg" alt="A Kankurang masquerade joined thousands of marchers in Dakar. Credit: Abdullah Vawda/IPS" width="270" height="201" /></a><p class="wp-caption-text">A Kankurang masquerade joined thousands of marchers in Dakar. Credit: Abdullah Vawda/IPS</p></div>
<p>DAKAR, 6 fév (TerraViva) &#8211; Une marche dans les rues de la capitale sénégalaise a marqué, dimanche 6 février, l’ouverture du Forum social mondial (FSM). L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a abrité la cérémonie, en présence des responsables politiques du pays et des représentants de la société civile venus de toute la planète.</p>
<p>Regroupant les organisations citoyennes du monde entier, ce forum, qui va durer jusqu’au 11 février, vise à faire le bilan des progrès réalisés au cours des dernières années par l’idée fondatrice selon laquelle un «autre monde est possible». Ensuite, le FSM tentera de définir de nouvelles stratégies de résistance contre l’ordre néolibéral du 21ème siècle, avant de concevoir des alternatives démocratiques populaires.</p>
<p>Khassim Diaw, membre du comité d’organisation du FSM à Dakar, a affirmé que la mobilisation autour de certaines dérives néfastes de la mondialisation financière, a sensiblement transformé la culture politico-économique dominante de ces dernières années. «Les crises récentes du capitalisme poussent aussi à s&#8217;interroger plus profondément sur notre civilisation. Afin de continuer à agir efficacement en faveur d&#8217;un monde plus juste socialement et plus respectueux de l&#8217;environnement, il est nécessaire de repenser le développement des mouvements sociaux et citoyens alternatifs», a-t-il expliqué.</p>
<p>Selon le maire de Dakar, Khalifa Sall, ce forum permettra de trouver des solutions aux incessantes crises qui minent le monde. «Dakar vous ouvre largement les bras. Ici, vous êtes chez vous. Qu’au soir du 11 février prochain, qu’on puisse mettre en place des jalons pour la résolution des différents problèmes politiques, économiques et environnementaux qui minent nos pays», a-t-il déclaré.</p>
<p>Jusqu&#8217;au 11 février, quelque 60.000 personnes &#8211; intellectuels, syndicalistes, parlementaires, écologistes, représentants d&#8217;organisations non gouvernementales (ONG) ou de partis politiques et autres activistes de toutes obédiences &#8211; se rencontreront dans la capitale sénégalaise pour débattre des «crises du système et des civilisations» à travers une centaine de table rondes et ateliers de travail consacrés, entre autres, à la justice sociale, au financement solidaire, aux diasporas d&#8217;Afrique, au post-colonialisme, à la coopération Sud-Sud, au commerce équitable, au réchauffement climatique, à la protection des peuples autochtones ou encore à la sécurité alimentaire.</p>
<div id="attachment_2555" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110206_MarcheALOuverture2_AbdullahVawdaIPS.jpg"><img class="size-medium wp-image-2555" title="20110206_MarcheALOuverture2_AbdullahVawdaIPS" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/20110206_MarcheALOuverture2_AbdullahVawdaIPS-300x194.jpg" alt="" width="300" height="194" /></a><p class="wp-caption-text">Marching at the opening of the World Social Forum. Credit: Abdullah Vawda/IPS</p></div>
<p>Les événements politiques en Tunisie et en Egypte seront aussi largement débattus. La question des flux migratoires sera abordée en lien avec la Charte mondiale des migrants, initiée en 2006 par des familles de sans papier vivant à Marseille, et officiellement adoptée cette semaine sur l&#8217;île de Gorée (Sénégal), qui fut l&#8217;un des hauts lieux du commerce des esclaves noirs au 15ème et au 17ème siècles.</p>
<p>Parmi les invités les plus connus du Forum social mondial de Dakar, figurent notamment le chef de l&#8217;Etat bolivien Evo Morales, le président du Venezuela, Hugo Chavez, l&#8217;ex-président brésilien Ignacio Lula da Silva, et la socialiste française Ségolène Royal, ancienne candidate à l&#8217;Elysée. Sont attendus également l&#8217;ancien président malien Alpha Omar Konaré, le nouveau président guinéen Alpha Condé, et le président de la Commission de l&#8217;Union africaine, Jean Ping.</p>
<p>Après Nairobi (Kenya) en 2007, c&#8217;est la deuxième fois que l&#8217;Afrique accueille le Forum social mondial. Bamako (Mali) avait organisé, en 2006, un forum régional, comme d’autres capitales, ailleurs dans le monde.</p>
<p>Le Forum social mondial est né à Seattle (Etats-Unis) en 1999, à la suite de violentes manifestations organisées contre une réunion de l&#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC). Depuis sa première édition à Porto Alegre (Brésil), en 2001, le FSM a lieu chaque année, généralement à la même période que le Forum économique mondial (FEM) dit Forum de Davos, en Suisse, qui réunit les grands dirigeants politiques et économiques de la planète.</p>
<p>(FIN/2011)</p>
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		<title>«On n’a pas besoin de renverser le système capitaliste»</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Feb 2011 12:18:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[WSF 2011]]></category>

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		<description><![CDATA[«Les peuples du monde sont à côté de ces dirigeants là où se tiennent les rencontres de ces gouvernants mondiaux... les discours des gouvernants mondiaux commencent à changer.»]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2524" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.ips.org/TV/wsf/library/josehine1.gif"><img class="size-full wp-image-2524" title="josehine1" src="http://www.ips.org/TV/wsf/library/josehine1.gif" alt="" width="150" height="157" /></a><p class="wp-caption-text">Joséphine Ouédraogo, Secrétaire Exécutive, Enda Tiers-Monde. Credit: Courtoisie Enda.</p></div>
<p>Souleymane Faye s’entretient avec JOSEPHINE OUEDRAOGO, secrétaire exécutive de l’ONG Enda Tiers-Monde</p>
<p>DAKAR, 5 fév (IPS/TerraViva) – Joséphine Ouédraogo est, depuis  septembre 2007, la secrétaire exécutive d’Enda Tiers-Monde, une  organisation non gouvernementale (ONG) basée à Dakar. Cette ONG veut  promouvoir les droits économiques des pauvres, la protection de  l’environnement&#8230;<br />
<span id="more-2512"></span><br />
Outre l’Afrique, Enda Tiers-Monde est présente en Amérique latine,  en Europe et en Asie. A l’occasion du 11ème Forum social mondial (FSM)  réuni dans la capitale sénégalaise, du 6 au 11 février 2011, Ouédraogo,  sociologue de formation, explique, dans un entretien avec IPS, les  enjeux de ce rendez-vous des  altermondialistes.</p>
<p>Q: Avez-vous le sentiment que le combat contre la crise économique  et écologique a suffisamment impliqué les populations à la base?</p>
<p>R:  Je crois que font partie du combat contre la crise économique et  écologique les luttes menées depuis très longtemps par des populations  organisées à la base. Ces populations, à leur propre échelle, expriment  les contraintes qu’elles vivent et souhaitent que les politiques se  préoccupent d’elles.</p>
<p>Les ONG qu’on voit à la tête des mouvements sociaux, les grandes  associations internationales et les réseaux donnent aussi des points de  vue et font des propositions. Ces ONG-là sont les relais du combat des  pêcheurs, des agriculteurs et d’autres segments professionnels. Elles  permettent l’accès de ces associations de base dans les arènes où se  prennent les décisions.</p>
<p>Quand on prend l’exemple de ce qui s’est passé à la conférence de  l’OMC (Organisation mondiale du commerce) à Cancun, au Mexique, la  question du coton a été relayée, pas seulement par des Etats africains  et asiatiques, mais aussi par les cotonniers du Mali, du Burkina, etc.  Ils étaient là pour échanger leurs points de vue et sensibiliser les  décideurs. Evidemment, comme dans tout système de leadership, de combat  et d’expression, on a aussi des associations qui parlent pour  elles-mêmes et finissent par s’éloigner de la base.</p>
<p>Q: La gouvernance mondiale est encore dominée par le système  capitaliste, à travers des institutions multilatérales – FMI et Banque  mondiale en tête. Cette situation donne l’impression que le mouvement  altermondialiste n’a pas encore porté ses fruits, après une décennie de  rencontres du forum.</p>
<p>R: Il y a eu beaucoup d’acquis qu’on oublie peut-être. Les  mouvements altermondialistes, mais aussi des mouvements qui ne font pas  formellement partie de la mouvance altermondialiste, ont eu à défendre  la même cause. Il y a eu des dénonciations et des démonstrations ont été  faites par la société civile pour faire comprendre aux Etats et aux  institutions financières internationales que ces programmes d’ajustement  structurel (PAS) n’apportent pas des solutions à la pauvreté ni aux  échecs des politiques nationales.</p>
<p>Grâce aux réactions des ONG et des associations, la Banque mondiale  elle-même a fait son autocritique sur les PAS, au début de la décennie  2000. La Banque mondiale a arrêté ces PAS, même si elle agit autrement  que ne souhaitaient ces Etats, ces ONG et ces associations. Il a été  reconnu que la recherche absolue des équilibres macroéconomiques et la  politique de gestion budgétaire orthodoxe ne résolvent pas le problème  de la pauvreté. Je pense quand même qu’il y a eu certains acquis tout au  long des décennies et ce sont des éléments dont on va faire le bilan à  l’occasion du Forum social mondial de Dakar.</p>
<p>Q: A votre avis, des pays africains ont-ils connu des succès ou  ont-ils été des modèles dans la résolution de la crise économique et  écologique?</p>
<p>R: J’ai peur de parler de modèle ou de succès parce  que je crois que si un pays est un modèle, c’est certainement sur un  domaine. On ne peut pas être un modèle en tout. Il y a eu, certainement,  de fortes avancées sur l’éducation dans certains pays et pas dans  d’autres.</p>
<p>Certains pays sont des modèles en matière de démocratie. Et souvent,  ce ne sont pas les gouvernants qui mènent ces avancées. Ils les  conduisent sous la pression de leurs populations. On ne peut pas parler  de modèles que l’on peut reproduire, d’autant plus que les parcours des  pays et des sociétés ne sont pas les mêmes partout. Ensuite, à cause de  la souveraineté, des Etats se gardent de dire: «Chez moi, ça ne vas. Je  vais copier ce qui se fait ailleurs.»</p>
<p>Q: Quels sont, à votre avis, les clés du succès enregistré dans  certains pays, comme la réussite économique du Botswana? Comment les  autres peuvent-ils s’en inspirer?</p>
<p>R: On peut parler du  Botswana. C’est un pays intéressant parce qu’il a réussi. Selon les  indicateurs économiques et sociaux universels, ce pays a fait des bonds  en avant extraordinaires. Il a une gouvernance démocratique et  transparente que beaucoup d’autres pays africains n’ont pas. Le Botswana  a un système démocratique représentatif: cela veut dire que les  populations délèguent leur pouvoir à des personnes qu’elles-mêmes, à  l’échelle de leurs collectivités, désignent pour avoir eu confiance en  elles.</p>
<p>Au Botswana, les populations délèguent des gens qui représentent une  région, une zone ou une catégorie de personnes là où on décide «les  grands chantiers» de l’Etat. Il y a contrôle de la gouvernance et des  décisions&#8230; Il y a des pays qui sont plus riches&#8230; et n’ont pas réussi  ce que le Botswana a réussi.</p>
<p>Les Botswanais sont arrivés à asseoir le mode de gouvernance qu’ils  veulent pour leur pays. Ils ont des résultats extraordinaires dans  l’éradication du VIH/SIDA, par exemple. Il y avait une situation  lamentable dans ce pays à cause du SIDA; c’était vraiment terrible il y a  15 ou 20 ans. Le pays a enregistré des progrès sociaux dans la lutte  contre la pauvreté aussi.</p>
<p>Pour que des pays s’inspirent de l’expérience des autres, il faut  que les peuples rendent visitent les uns aux autres. Il faut que les  peuples sénégalais, burkinabé et malien soient informés de ce qui se  fait chez les autres. Il faut qu’ils soient intéressés et aillent voir  et échanger.</p>
<p>Q: Quel a été l’impact du mouvement altermondialiste dans la promotion de la gouvernance mondiale?</p>
<p>R:  Personnellement, je ne crois pas à la gouvernance mondiale. Je sais  qu’il y a, actuellement, une gouvernance mondiale sur le plan  économique, parce que le monde est gouverné par les grandes puissances  économiques, militaires, etc. Ce sont elles qui pilotent la gestion des  grandes ressources du monde et décident d’une guerre ou d’une autre,  selon leurs intérêts. On a cette gouvernance-là. Peut-on la changer  aujourd’hui? Je ne sais pas.</p>
<p>Il faut surtout se rendre compte que les peuples du monde sont à  côté de ces dirigeants là où se tiennent les rencontres de ces  gouvernants mondiaux: les conférences internationales ou régionales sur  des sujets sociaux ou économiques – l’environnement, la lutte contre la  pauvreté, la santé, etc. On ne s’en rend pas compte, mais les discours  des gouvernants mondiaux et des grandes puissances commencent à changer.  Ils parlent de transparence, de moralisation du capitalisme, de  néo-gouvernance. Leurs discours commencent à changer parce qu’ils  entendent les sociétés civiles.</p>
<p>Q: Certaines personnalités s’entêtent à rester à la tête de  certaines ONG, en violant parfois les règles qui régissent ces  structures. A votre avis, cette tendance ne légitime-t-elle pas le  comportement des hommes politiques qui s’éternisent au pouvoir et sont  souvent paradoxalement critiqués par les ONG?</p>
<p>R: Même s’ils ne sont pas administrateurs de services publics, les  hommes et les femmes qui dirigent ces ONG ont souvent les mêmes tâches  que n’importe quel gouvernant. Si à l’intérieur d’une ONG, il n’existe  pas un contrôle du pouvoir et des décisions, s’il n’existe pas de  système qui impose la transparence et la reddition de comptes, alors il y  a forcément les mêmes dérives dans les ONG que dans les services  publics. On n’a pas le droit de dire que les ONG doivent être plus  transparentes que les structures publiques. Elles sont toutes  administrées par des personnes.</p>
<p>Q: Le mouvement altermondialiste a-t-il les moyens de son combat?  Quel a été l&#8217;impact de l&#8217;action des ONG dans la lutte contre la  gouvernance capitaliste?</p>
<p>R: Cela dépend de quel combat on parle.  Si c’est le combat contre le système ultralibéral et capitaliste, c’est  un combat très dur. Parce que le système ultralibéral et capitaliste n’a  pas d’état d’âme. C’est un système puissant, qui a beaucoup d’argent, a  des objectifs très clairs et cherche du profit et de la richesse à tous  les prix, à l’échelle nationale comme au plan international. Quitte à  faire des guerres pour cela et à bafouer les droits des peuples.</p>
<p>Peut-être y a-t-il d’autres types de combats à mener, parce qu’il  n’y a pas que le système ultralibéral. Il y a d’autres systèmes tout  aussi inhumains et injustes, qui écrasent aussi les gens. Il y a  d’autres systèmes économiques, culturels et de gestion de la société qui  bafouent et écrasent les droits des sociétés. On ne peut pas tout  mettre sur le dos du système capitaliste.</p>
<p>Q: Avez-vous l’espoir que le mouvement altermondialiste arrivera à renverser l’ordre libéral?</p>
<p>R:  Le problème ne se pose pas en ces termes. Il s’agit de faire en sorte  que dans chaque pays, l’Etat n’accepte plus de manière inconditionnelle  toutes les conventions qu’on lui propose pour ouvrir la porte à des  investisseurs privés qui viennent prendre des parties du territoire pour  exploiter des ressources minières, pétrolières ou agricoles. Tout cela  peut-être mis à nu pendant le forum social de Dakar.</p>
<p>Il s’agit aussi de faire en sorte que nos gouvernants comprennent  qu’ils n’ont plus le droit de bazarder nos ressources naturelles et nos  biens publics à des investisseurs privés et à des multinationales contre  des enveloppes de corruption. Qu’ils arrêtent de vendre des parts  entières de notre foncier&#8230; On n’a pas besoin de renverser le système  international ultralibéral. Il faut mener le combat là où il est. C’est  comme cela qu’on va arriver à rendre le monde vivable. Il faut que les  paysans s’organisent pour aller demander des comptes aux pouvoirs  publics&#8230; C’est comme cela qu’on va avancer.</p>
<p>(FIN/11)</p>
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