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Les femmes rêvent de l’indépendance

Posted on 17 January 2011 by editor

South Sudanese expatriate voting in Kampala, Uganda. Credit: James Siya/IPS TerraViva

Rosebell Kagumire

KAMPALA, 14 jan (IPS TerraViva) – John Garang, le défunt chef vénéré du Mouvement populaire de libération du peuple du Soudan, avait déclaré une fois que les femmes sont “les plus pauvres des pauvres et les marginalisées des marginalisés”.

Pendant que la réalité d’une indépendance du Sud-Soudan approche, les femmes de la région ont juré qu’elles ne resteront pas des citoyennes de seconde classe.

Margaret Michael Modi, qui est à la tête des affaires féminines dans le ‘Central Equatorial State’, a voté le premier jour, le 9 janvier 2011.

“Le premier jour (du vote), nous n’avons pas dormi. Je suis allée au bureau de vote et les femmes pleuraient pendant qu’elles votaient”, a-t-elle déclaré à IPS au téléphone depuis Juba, la capitale du Sud-Soudan.

“Pour nous, la séparation sera de la libération. Pendant longtemps, nous étions soumises aux lois islamiques qui limitaient notre liberté de plusieurs façons, et [sous ces lois] couplées avec les valeurs traditionnelles du sud, [les femmes] sont restées au bas de la société”.

Comme beaucoup d’autres, Modi espère que dans un Sud-Soudan indépendant, les femmes seront en meilleure position pour mettre en cause les entraves à leurs droits à la liberté.

Mary Nawai Martin, une femme membre de l’Assemblée législative du Sud-Soudan, originaire du comté de Ibba, dans le ‘Western Equatorial State’, espère que la séparation apportera une nouvelle ère de respect des droits des femmes.

“Les femmes sont avides de séparation. Il n’y a pas de femme que j’ai rencontrée qui n’ait pas dit qu’elle a voté pour la séparation. Sous l’autorité du nord, les femmes avaient moins de droits, elles étaient les pires victimes de la guerre”, a-t-elle indiqué.

Il n’existe pas de statistiques complètes sur le viol dans le sud pendant le conflit, mais les chercheurs sont d’accord qu’une telle violence était répandue. Une enquête réalisée auprès de plus de 250 femmes dans le comté de Juba par ‘ISIS-Women’s International Cross Cultural Exchange’, a révélé que 36 pour cent avaient été victimes de viols collectifs, 28 pour cent avaient été violées au cours de l’enlèvement; d’autres femmes ont déclaré avoir été forcées à avoir des relations sexuelles contre la nourriture.

“Il y a eu de violences sexuelles et les femmes vivent encore avec le traumatisme. Donc pour nous, cette séparation constitue notre première étape vers la liberté et est considérée comme apportant la dignité et le respect aux femmes du Sud-Soudan”.

Les violences basées sur le genre continuent depuis l’accord de paix de 2005. Les femmes du ‘Western Equatorial State’ ont été vulnérables à une nouvelle menace du groupe rebelle ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur.

Et plus près de leur maison, les femmes du Sud-Soudan sont confrontées à des niveaux élevés de violence conjugale, ainsi qu’aux mariages précoces forcés. Les femmes sont défavorisées par des normes culturelles comme le paiement de la dot et la pratique de la remise d’une fille à la famille endeuillée pour compenser un meurtre.

Une analyse du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) met l’accent sur le fait que les femmes du Sud-Soudan n’ont pas accès à la justice sur des questions de violences sexuelles et de droits en matière de reproduction, de divorce et de garde des enfants.

“Plus de 90 pour cent des affaires pénales et civiles quotidiennes sont réglées en vertu du droit coutumier, qui est en grande partie non seulement incompatible avec les droits humains internationaux, mais aussi favorise les hommes”, indique le rapport.

Ces genres d’inégalité devront figurer parmi les premières priorités d’un nouvel Etat.

Le Sud-Soudan a déjà élaboré une nouvelle constitution provisoire qui définit une Déclaration des droits et reconnaît le droit à un traitement égal pour les hommes et les femmes. Toutefois, la mise en application de ces lois dans un pays, dont le système judiciaire est presque inexistant, constitue un énorme défi.

“Les droits des femmes – notamment la protection des femmes contre les violences sexuelles et la réhabilitation de celles qui ont souffert de la guerre – auront besoin de beaucoup d’attention”, affirme Nawai.

“Avec la guerre, nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour faire pression pour d’autres droits. Etre en vie était ce qui importait. Nous ne nous attendons pas à ce que le gouvernement réponde à tout cela sur-le-champ, mais nous continuerons d’espérer une amélioration des efforts”, ajoute-t-elle. (FIN/2011)

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