SIERRA LEONE: L’aide chinoise apporte le sourire aux agriculteurs

Posted on 05 November 2010 by admin

Weeding a demonstration rice plot at Lumley. Credit: Mohamed Fofanah/IPS.

Mohamed Fofanah

FREETOWN, 5 nov (IPS/TerraViva) – “Je pense que je réussis maintenant”, déclare Fanta Jabbah. “Je peux prendre soin de mes trois enfants et soutenir mon mari; maintenant j’ai mon mot à dire dans au foyer”.

Jabbah est la présidente d’une organisation d’agriculteurs de 26 membres à Lumley, juste à la sortie de Freetown, la capitale sierra léonaise.

Avec le soutien de la Coopération étrangère de la municipalité de Wuhan (WMFC), elle est passée de la position d’une agricultrice produisant juste pour nourrir sa famille à celle d’une agricultrice qui a vendu du riz au gouvernement pour soutenir les agriculteurs des autres parties du pays.

La WMFC est un projet d’aide du gouvernement chinois qui est en train d’améliorer le rendement agricole des groupes comme celui de Jabbah à Freetown, et des groupes situés autour des villes de Bo et de Kenema. Le projet a fourni du riz hybride et de l’engrais, ainsi que l’accès à des motoculteurs, à des moissonneuses-batteuses et à un moulin à riz.

Un traducteur est un élément essentiel de l’équipe, et le gouvernement de la Sierra Leone a pris soin d’organiser davantage la traduction dans les langues locales afin de faciliter le partage des techniques agricoles.

“Les Chinois nous ont donné ce nouveau riz et sont venus avec de grosses machines pour labourer la terre”, déclare Jabbah. “Ils nous ont ensuite dit que lorsque nous semons les semences, nous devons les couvrir et que nous ne devons pas faire des buttes mais semer sur le terrain plat”.

Le groupe de Lumley avait des doutes, mais cela a pris seulement une saison culturale pour surmonter la difficulté.

“Nous étions sceptiques car, nous faisions plusieurs buttes auparavant, ensuite, nous jetions les semences de riz sur ces dernières et nous les laissions pousser, puis nous espérions et priions que ça se passe bien. Mais quand nous avons expérimenté la manière chinoise de faire les choses, nous avons réalisé que le riz était en train de réussir mieux que ce que nous avions l’habitude de semer à notre manière”, a déclaré Jabbah.

Prise en charge totale

Xie Yu Fei, qui coordonne la WMFC à Freetown, a déclaré à IPS que l’idée est de soutenir totalement les groupes avec lesquels ils travaillent. “Nous les prenons en charge pendant la saison culturale jusqu’aux étapes de post récolte”.

Les techniques qui sont en train d’être partagées sont des techniques de base, déclare-t-il. “Nous leur montrons comment utiliser les engrais, comment espacer leurs cultures – surtout le riz – et comment désinfecter leurs fermes. Auparavant, ils enlevaient simplement les mauvaises herbes qu’ils laissaient avec d’autres débris autour de la ferme et ceci amène des bactéries qui détruisent leurs cultures.

Les techniciens de la WMFC conseillent aussi les agriculteurs locaux sur le meilleur moment pour cultiver les divers produits agricoles.

Claudius Farnnel, directeur de l’extension du ministère de l’Agriculture pour la région urbaine de Freetown, déclare que d’autres partenaires au développement ont exploité des écoles agricoles de terrain similaires aux fermes de démonstration chinoises. “Cependant leurs projets ne sont pas durables; ils commencent et évoluent pendant trois ou quatre mois; ils engagent les agriculteurs, ensuite tout s’arrête, et leur appui, en termes d’intrants, est relativement faible”, a-t-il déclaré.

Il a ajouté que les Chinois se sont montrés prêts à fournir un appui à long terme et à cibler les associations locales d’agriculteurs. La WFMC a investi un peu moins de 800.000 dollars d’aide.

Il espère qu’un tel appui pourra réduire la dépendance de la Sierra Leone des importations du riz. Le riz est l’aliment de base du pays et le gouvernement est en train d’encourager sa production pour préserver des devises étrangères précieuses pour d’autres besoins et pour réduire le prix payé par les consommateurs dans le pays. Un sac de 50 kg de riz est présentement vendu à 120 leones – environ 45 dollars.

Farnnel a noté que dans les régions périurbaines de Freetown, le problème de trouver de terre appropriée à la culture extensive du riz demeure.

Les hybrides à fort rendement contribuent à tirer parti d’un espace limité. L’année dernière, déclare Farnnel, le terrain de démonstration, situé à l’emplacement de la ferme d’Ogoo à Freetown, a été cultivé avec une variété de riz appelée Yanshualuohao. Le rendement de ce dernier a été remarquable avec une production de 4,5 tonnes par hectare – deux à trois fois plus qu’un rendement normal.

Cette variété est maintenant distribuée largement aux agriculteurs des environs de la capitale.

Au-delà de la ferme

L’aide chinoise dans la transformation du riz récolté a été également essentielle.

“Cela aurait été un grand problème pour nous si nous n’avions pas le moulin à riz”, a déclaré Aminata Mandowa, une autre bénéficiaire de la ferme agricole de Lumley. “Avec la récolte exceptionnelle, la grande partie du riz serait gâtée, mais les Chinois [ont blanchi] le riz pour nous sur la base du recouvrement du coût et cela nous a permis de l’amener au marché et de le vendre facilement”.

Fei a déclaré que l’appui de son programme n’est pas limité aux organisations d’agriculteurs. Chaque année, depuis 2005, au moins 30 agriculteurs et responsables du ministère de l’Agriculture sont envoyés en Chine pour étudier l’agronomie et acquérir des compétences pratiques.

“Les Chinois ont eu un impact énorme sur le secteur agricole du pays”, a déclaré le chargé d’information publique au ministère de l’Agriculture, Mohamed Conteh. “Ils sont en train de faire fonctionner un centre de recherche sur le riz à Rokupr [ORTHOGRAPHE CORR] dans le district de Kambia. Et ce centre de recherche était en train d’aider à façonner la production du riz du pays”.

Il a déclaré à IPS que les experts agricoles chinois sont présents dans tout le pays et qu’ils sont en train d’aider également le gouvernement et les agriculteurs individuels dans la production de la canne à sucre au complexe sucrier de Magbass à Magburaka au nord du pays.

“Cette aide chinoise est en train de toucher réellement la vie des Sierra léonais”, déclare Jabbah. “Je suis actuellement à la recherche d’un terrain plus grand à [acheter] avec les bénéfices des rendements précédents afin d’augmenter ma culture de riz. Je remercie beaucoup les Chinois pour m’avoir aidé à me débrouiller, j’espère qu’ils continueront à rester et à aider beaucoup d’autres Sierra léonais”. (FIN/2010)

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