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DROITS-RD CONGO: ‘Une occasion pour dire plus jamais’

Posted on 26 October 2010 by admin

Gender activists in the DRC hope to make gender-based violence an election issue. Credit: UNIFEM.

Baudry Aluma

BUKAVU, RD Congo, 26 oct (IPS/TerraViva) – La sociĂ©tĂ© civile dans la province orientale du Sud-Kivu, en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), est dĂ©terminĂ©e pour que des mesures significatives suivent la publication du Projet de cartographie de l’ONU, un rapport dĂ©taillant certaines des plus graves violations des droits humains par des acteurs Ă©tatiques et non-Ă©tatiques en RDC entre 1993 et 2003.

Les conflits armĂ©s au cours de cette pĂ©riode ont Ă©tĂ© accompagnĂ©s par l’utilisation systĂ©matique et gĂ©nĂ©ralisĂ©e du viol et d’agressions sexuelles. Comme faisant partie d’une campagne de terreur, les combattants ont commis des viols publics, des viols collectifs, l’inceste forcĂ©, la mutilation sexuelle, l’éventrement, la mutilation gĂ©nitale et le cannibalisme contre la population civile.

Le contenu du rapport, qui a Ă©galement Ă©voquĂ© la nĂ©cessitĂ© Ă  la fois de traduire les auteurs en justice et d’un processus vĂ©ritĂ© et rĂ©conciliation, a connu une fuite en aoĂ»t, provoquant une forte condamnation de la part des gouvernements de l’Ouganda et du Rwanda, dont les forces armĂ©es ont Ă©tĂ© impliquĂ©es dans les crimes sur lesquels des enquĂŞtes ont Ă©tĂ© effectuĂ©es.

La sociĂ©tĂ© civile congolaise a cependant fortement soutenu la version officielle. Le 3 septembre, une coalition de 220 organisations congolaises de dĂ©fense des droits de l’Homme a publiĂ© une dĂ©claration accueillant favorablement le rapport et demandant que des systèmes judiciaires soient mis en place afin que les auteurs de ces crimes puissent rĂ©pondre de leurs actes.

Les Ă©vĂ©nements dans le rapport n’Ă©taient pas auparavant inconnus, mais six mois de recherche par une Ă©quipe d’enquĂŞteurs rĂ©partis sur l’ensemble du pays fournissent une documentation minutieuse des crimes. La sociĂ©tĂ© civile est en train de mettre en place une sĂ©rie de mesures pour assurer un suivi.

“Pour l’instant, ce rapport est en train d’ĂŞtre examinĂ© page par page par une commission du Groupe de coordination de la sociĂ©tĂ© civile du Sud-Kivu”, a dĂ©clarĂ© DieudonnĂ© Sango, un membre de la commission. “Après l’avoir lu, nous ferons des recommandations au gouvernement congolais, et aux Nations Unies”.

Il existe des plans pour organiser la traduction en swahili d’un rĂ©sumĂ© et des faits saillants pertinents du rapport. “Nous sommes Ă  la recherche de fonds pour cela. Nous traduirons ce rapport dans tous les dialectes de la province afin que les habitants puissent le lire”, a indiquĂ© Sango.

“Après une visite de tous les huit territoires par nos membres afin de mobiliser les gens autour de cela, nous accorderons plusieurs semaines Ă  la lecture du rapport, et demanderons aux gens d’Ă©laborer leurs recommandations individuelles. C’est une occasion de dire plus jamais de tels crimes”.

Solange Lwashiga, secrétaire exécutive du Bloc des femmes pour la paix au Sud-Kivu, a dit que la publication du rapport était venue juste au moment où les femmes à travers le monde préparaient la Marche mondiale des femmes, organisée du 13 au 17 octobre à Bukavu, la capitale provinciale du Sud-Kivu.

Parmi les événements, figurait une visite du site où 15 femmes ont été enterrées vivantes en novembre 1999 après avoir été torturées, violées et soumises à un autre traitement cruel, inhumain et dégradant, selon le rapport des Nations Unies. La Marche des femmes du monde est un mouvement mondial pour lutter contre les inégalités et la discrimination basée sur le genre.

Lwashiga estime que compte tenu de l’ampleur des crimes documentĂ©s dans le rapport, de leur complexitĂ© et de leur caractère transnational, les tribunaux congolais n’auront pas l’autoritĂ© pour rendre justice aux milliers de victimes.

“C’est pourquoi nous demandons Ă  la communautĂ© internationale, avec le soutien actif des autoritĂ©s congolaises, de se mobiliser pour rendre justice aux victimes oubliĂ©es des diffĂ©rents conflits qui ont ensanglantĂ© le pays et d’aider Ă©galement Ă  mettre fin au cycle d’impunitĂ© et d’insĂ©curitĂ© en RDC”.

Pour Agnès Sadiki, vice-prĂ©sidente de l’Association des femmes des mĂ©dias (AFEM), une association de femmes journalistes en RDC, l’objectif est de rĂ©unir les femmes avant les Ă©lections de 2011 pour exiger un mĂ©canisme de justice, pratique et crĂ©dible, ainsi que des rĂ©parations pour les crimes commis en RDC, et d’empĂŞcher l’Ă©lection de tous ceux qui ne sont pas prĂŞts Ă  s’impliquer dans cette lutte.

“Le rapport sera utile parce que c’est la reconnaissance par la communautĂ© internationale que les femmes ont beaucoup souffert. Ce rĂ©veil, tardif, de la part des Nations Unies, doit ĂŞtre cĂ©lĂ©brĂ©”, a dĂ©clarĂ© Sadiki, qui travaille pour la RTN, la chaĂ®ne publique de radiodiffusion et de tĂ©lĂ©vision.

“D’une certaine façon, les informations sont connues, les femmes renforceront leurs arguments en allant dans toutes les rĂ©gions de la province, en parlant Ă  d’autres qui ne peuvent pas lire ou Ă©crire dans diffĂ©rents dialectes et leur demanderont de signer une pĂ©tition pour montrer au monde que c’est assez et que le monde doit s’impliquer dans l’arrĂŞt d’un cycle qui a trop durĂ©”.

La Coalition congolaise pour la justice transitionnelle (CCJT) animera une conférence nationale pour soutenir le rapport de cartographie en février 2011. (FIN/2010)

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