Unité de transformation de produits agricoles offerte aux femmes

Posted on 20 January 2011 by editor

Koffigan E. Adigbli

THIES, Sénégal , 18 jan (IPS TerraViva) – Des champs de mil, de maïs, de manguiers et d’oseille s’étendent sur plus de 10 hectares dans la localité de Thiès, à 70 kilomètres à l’est de Dakar, la capitale sénégalaise. Malgré la sécheresse, les champs irrigués procurent une certaine humidité aux jeunes plantes.

«Depuis plus de trois ans, les jeunes plants de tomate, de maïs, de mil ou encore de bissap (oseille) produisent. Ce qui nous permet de vendre et d’avoir de l’argent pour notre association», déclare Ndéye Fatim Fall, présidente du Réseau des femmes en agriculture et le commerce équitable de Thiès (REFACE).

«Nous disposons d’autres parcelles dans notre localité où nous produisons de l’arachide et du riz, et on a une rizière de plus d’un hectare», explique-t-elle à IPS.

Mais, Fall souhaite que les femmes de son association puissent bénéficier de plus de formation sur les techniques de transformation des produits locaux produits. «L’Etat, avec sa politique de soutien aux associations de femmes exerçant dans la transformation des produits locaux, avait organisé des sessions de formation à l’intention des femmes entrepreneuses du Sénégal, mais cela reste insuffisant», affirme-t-elle.

Selon le ministère de l’Agriculture, les activités agricoles des associations de femmes au Sénégal absorbent environ 50 pour cent de main-d’œuvre de l’économie informelle.

L’organisation non gouvernementale (ONG) belge ‘Autre terre’, pour promouvoir l’agriculture et le commerce équitable, a offert une unité de transformation des produits locaux à l’Association des femmes pour le développement (AFD) ‘Keury Souf’ (qui signifie ‘la maison de la terre’ en Wolof).

Inaugurée en décembre 2010, cette unité de transformation, une machine d’un montant de plus 50 millions de francs CFA (environ 100.000 dollars), donne un nouvel élan aux associations de cette localité. Le REFACE coordonne les activités de plusieurs associations féminines dont l’AFD.

Selon Famara Diédhiou, chargée du programme de l’AFD, depuis l’inauguration de l’unité, la transformation de certaines céréales se fait rapidement, favorisant ainsi une vente rapide des produits transformés.

«Avant, on avait de difficultés pour transformer le mil en couscous traditionnel, mais avec l’unité, cela se fait rapidement et la population apprécie. On transforme le mil en Thiakry, une sorte de farine que les Sénégalais aiment prendre avec du lait», déclare-t-elle. «On fait aussi les brisures de maïs pour la bouillie. Le gingembre, l’oseille, et le pain de singe sont transformés en cocktail de jus, nous faisons même de la pâte d’arachide pour les femmes».

«On prenait plus d’une semaine pour transformer environ 500 kilogrammes de mil en Thiakry, mais avec l’unité de transformation, lorsqu’on a de l’électricité, on prend une seule journée pour le faire. D’autres associations de femmes environnantes demandent aussi nos services», explique-t-elle.

Selon Awa Faye, trésorière de l’AFD, leurs recettes se sont accrues. «Durant une semaine, on a fait une recette de plus de d’un million de francs CFA (environ 2.000 dollars). Notre unité est souvent sollicitée pour aider d’autres groupements de femmes», dit-elle à IPS.

«Je ne suis plus fatiguée comme avant, la transformation des produits se fait vite. Au marché, les gens payent mieux qu’avant. Les Sénégalais changent leur habitude et consomment les produits locaux transformés», déclare Awa Ndiaye, une autre femme membre de l’AFD. «Nous avons des commandes qui viennent de Dakar. On a envoyé mercredi passé (12 janvier) plus de 8.000 bouteilles de jus de pain de singe à Dakar, commandées par un hôtel».

Toutefois, la gestion de l’unité pose problème. Les femmes ne maîtrisent pas l’appareil, ce qui met parfois l’unité en panne. Pour cela, Ami Traoré, une responsable d’AGRECOL Afrique, une ONG basée à Dakar, a ouvert un atelier de formation le 13 janvier à Thiès pour renforcer les capacités des femmes dans la gestion de l’unité de transformation. Cette ONG apporte un appui technique aux femmes.

«Nous les femmes, devrons suivre le cours normal de l’évolution des nouvelles techniques de l’information et de la communication. Ce n’est pas parce qu’on est agricultrice qu’on doit ignorer ces choses», a souligné Aminatou Sarr de l’Association sénégalaise pour le leadership des femmes dans l’agriculture et l’environnement. «Nous avons fait venir des experts qui ont outillé les femmes sur comment utiliser certains appareils de transformation des produits locaux. Cela a été enrichissant», indique-t-elle, ajoutant que d’autres sessions suivront au cours de l’année.

Selon le ministre sénégalais de l’Agro-alimentaire, Abdoulaye Baldé, le gouvernement veut appuyer les femmes qui s’activent dans le domaine de la transformation des produits alimentaires. Il a annoncé l’installation prochaine de 500 unités polyvalentes de transformation de produits agricoles. «Tous ces équipements seront mis à la disposition des acteurs de la transformation parmi lesquels les groupements de femmes vont occuper une place importante», affirme-t-il. (FIN/2011)

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