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ZAMBIE: La pauvreté répandue menace de compromettre les acquis des OMD

Posted on 31 October 2010 by admin

Strong GDP growth has not overcome poverty in Zambia, threatening achievement of development goals such as access to clean water. Credit: Kelvin Kachinwe/IPS.

Kelvin Kachingwe

LUSAKA, 31 oct (IPS/TerraViva) – A moins que la Zambie s’attaque aux niveaux élevés de pauvreté, les grands progrès déjà accomplis par le pays dans la réalisation de certains des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) pourraient être compromis, préviennent les organisations de la société civile.

A première vue, l’économie zambienne paraît prometteuse: le Fonds monétaire international (FMI) a prévu que le produit intérieur brut (PIB) du pays augmenterait de 6,6 pour cent cette année. La Zambie a également annoncé une abondante récolte de maïs en septembre ainsi qu’un rebond dans le tourisme, dans les exportations de cuivre et dans le bâtiment.

Mais les experts en économie déclarent que la croissance économique du pays ne profitera pas aux pauvres. Professeur Venkatesh Seshamani, enseignant au département d’économie de l’Université de la Zambie à Lusaka, note que le gouvernement n’est pas en train de réussir à utiliser l’économie en pleine croissance pour aider au développement social et économique des pauvres – la majorité des citoyens.

“Nous devons avoir des objectifs concernant le développement humain et nous devons être en mesure d’indiquer le pourcentage de réduction de la pauvreté en 2009, en 2010 et ainsi de suite. Nous devons examiner les niveaux de chômage, les groupes de personnes à faible revenu, etc.”, suggère Seshamani, notant que l’évaluation du PIB n’est pas suffisante pour apprécier la pauvreté.

Sylvester Bwalya, directeur exécutif de l’Alliance pour le développement, qui milite pour le développement humain durable, est d’accord avec Seshamani. Bien que le pays ait remporté des succès dans de nombreux domaines des OMD, tels que l’éducation, déclare-t-il, ceux-ci pourraient se révéler vides de sens à moins qu’on trouve de solutions aux niveaux élevés de pauvreté.

Sans la réduction de la pauvreté, la Zambie ne sera pas en mesure de maîtriser la mortalité maternelle, le VIH ou le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, ajoute-t-il.

“Oui, nous sommes en train de réussir dans d’autres domaines, tels que l’accès à l’éducation primaire, où nous avons connu une augmentation du nombre des inscriptions. Mais le plus gros défis demeure la recherche de solutions aux niveaux élevés de pauvreté au sein de notre population”, insiste Bwalya.

Bien que la pauvreté ait été en baisse, de 68,1 pour cent de la population incapable de répondre aux besoins fondamentaux en 1996 à 59,3 pour cent en 2009, selon le Bureau central des statistiques de la Zambie (CSO), elle demeure un grave problème dans ce pays d’Afrique australe.

“L’économie réussit très bien, mais notre population n’a pas encore commencé à voir les avantages de cette croissance économique. Nous avons besoin de voir passer ces avantages au Zambien moyen, par exemple, à travers l’augmentation des opportunités d’emploi et la réduction des impôts”, suggère Bwalya.

Frederick Tembo, père de cinq enfants qui gagne sa vie de la vente des légumes qu’il achète aux agriculteurs locaux, déclare que le niveau de vie de sa famille ne s’est pas amélioré au cours des quelques dernières années, peu importe le niveau de réussite économique du pays.

“Nos tarifs d’électricité viennent d’être augmentés, ainsi que les coûts du transport public. Et même avec l’abondante récolte de maïs [cette saison], les prix de la farine de maïs n’ont pas beaucoup diminué. Nous gagnons à peine assez d’argent pour nous accorder une vie décente”, se lamente-t-il.

La Société civile pour la réduction de la pauvreté (CSPR), un réseau de plaidoyer contre la pauvreté, composé de plus de 140 organisations et basé à Lusaka, qui travaille pour le développement en faveur des pauvres dans les différentes parties du pays, estime que la pauvreté ne peut être réduite en Zambie que si le secteur agricole reçoit un coup de pouce.

Le réseau suggère que le gouvernement doit attirer des investissements gérés par le secteur privé pour faire en sorte que les fermes soient gérées comme des entreprises – grandes ou petites –, au lieu d’essayer principalement de stimuler le secteur par des méthodes artificielles, telles que les subventions.

En Zambie, où la plupart de la population rurale vivent de l’agriculture à petite échelle, le Programme d’appui en engrais du gouvernement – lancé en 2002 et permettant à 200.000 agriculteurs d’acheter de l’engrais à 75 pour cent du prix du marché – ne va pas assez loin, se plaint le CSPR. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels sur le nombre de petits agriculteurs, ces derniers sont estimés à environ un million, en plus de leurs familles, sur une population de 12,5 millions d’habitants environ.

“Le gouvernement doit concevoir des systèmes qui attirent plus d’investissement dans les divers secteurs. Sans l’investissement du secteur privé dans l’industrie agricole, il est difficile que le gouvernement seul fournisse toutes les solutions nécessaires destinées à la résolution du problème de pauvreté”, explique le directeur exécutif du CSPR, Patrick Mucheleka.

Le consultant indépendant basé à Lusaka, David Punabantu, pense également que les subventions ne sont pas la réponse pour la création à long terme de l’autonomisation des petits agriculteurs et des pauvres. Les politiques agricoles et les investissements du secteur privé, déclare-t-il, doivent plutôt permettre aux petits agriculteurs – et pas seulement aux agriculteurs commerciaux – d’accéder directement aux marchés et de vendre leur produit à un prix compétitif.

“Si on payait aux agriculteurs le prix juste pour leur maïs, alors chaque maison construite dans les zones urbaines de la Zambie aurait pu être construite dans les zones rurales de la Zambie, chaque nouvelle voiture achetée dans les zones urbaines de la Zambie aurait pu être un tracteur ou un camion ou un équipement d’usine pour la transformation de produits agricoles”, déclare Punabantu, présentant la manière dont l’allègement de la pauvreté réduira le fossé entre la zone urbaine et celle rurale.

Il déclare que cela serait économiquement beaucoup plus compréhensible si le gouvernement faisait en sorte que les agriculteurs puissent gagner de vrais moyens d’existence, au lieu de les rendre dépendants des subventions toutes ces quatre dernières décennies.

“Ils auraient pu acheter leurs propres tracteurs et leur propre engrais et ils auraient pu investir dans la transformation de produits agricoles, qui en retour aurait pu créer des emplois dans la transformation alimentaire”, explique Punabantu.

Avec un revenu plus élevé, les pauvres des régions rurales seraient également en mesure d’envoyer leurs enfants à l’école et auraient un meilleur accès aux soins de santé, à l’électricité, à l’eau potable et à l’assainissement. (FIN/2010)

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