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AFFAIRE DSK-FEMMES: La femme de chambre dans l’affaire DSK est toujours victime

    NEW YORK, 03 juillet (IPS) – Il peut y avoir des interrogations au sujet de la crédibilité des accusations de la femme de chambre au Sofitel à l’encontre de M. Dominique Strauss-Kahn, elle n’en reste pas moins une victime dans cette affaire et devrait être traitée comme telle, rappelle son avocat. D'autres experts émettent également des réserves quant à la pertinence de la fausse déclaration lors de la demande d’asile de la femme de chambre de 32 ans.

    « La victime a commis quelques erreurs, mais cela ne signifie pas qu'elle n’est plus la victime d’un viol », a déclaré l’avocat Kenneth Thompson.

    Selon l’avocat de la victime, le procureur chargé de l'affaire veut classer l’affaire en espérant sauver sa propre face.

    Vendredi dernier, l’assignation à résidence de l'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a été levée après que le tribunal ait reçu des documents mettant en cause la crédibilité de la femme de chambre.

    Selon les avocats de M. Strauss-Kahn, cette dernière aurait reconnu avoir falsifié certains détails de son dossier lors de sa demande d’asile. Ils affirment aussi qu’elle aurait menti à propos de ses sources de revenus et d’une prétendue agression sexuelle d’avant son arrivée sur le sol américain.

    Human Rights Watch
    Beaucoup d’observateurs mettent en doute la pertinence de ces « aveux ». « Toutes ces choses n'ont rien à voir avec le fait qu'elle aurait été violée ou non », a déclaré Marianne Mollman de l’organisation Human Rights Watch. « Montrez-moi quelqu'un qui n'a jamais dit un mensonge ».

    Thompson reconnaît l'importance des dernières informations. «Sa crédibilité est importante, la crédibilité de chaque victime de viol est importante.

    Mais vous ne pouvez pas être aveugles sur les preuves matérielles dans le dossier. »
    Déchiré par Dominique Strauss-Kahn
    Elle souligne la présence de photographies des blessures sur la victime, le rapport médical d'une blessure à l'épaule et une paire de chaussettes que Strauss-Kahn aurait déchirée quand la femme de chambre a tenté d’échapper à l’acte.

    « Lorsqu’il l’a jetée à terre, il lui a déchiré un ligament à l'épaule.

    C'est un fait », insiste Thompson. « Dominique Strauss-Kahn a déchiré les bas de la femme de chambre. Il y avait des trous dans ses bas, le procureur connaît ses détails. Elle a craché son sperme dans la chambre, elle en a craché sur le sol et quand son patron est arrivé, il a vu tout ça… Les agents de la police de New York l'ont vu également ».
    Selon la fille de la femme de chambre, des représentants du parquet ont crié à plusieurs reprises sur la victime. « La façon dont ils ont interrogée la victime n'est pas une manière de traiter avec une personne qui a été victime d’un viol", a déclaré Thompson.

    Statut de réfugié
    Selon Joseph Chamie, directeur de recherche du Center for Migration Studies à New York, la plupart des migrants sont prêts à tout pour obtenir un titre de séjour aux États-Unis. « Beaucoup de gens sont désespérés pour avoir accès aux pays développés dans l’espoir d’y pouvoir vivre et travailler ».

    Mais la pauvreté n'est pas une condition permettant d’obtenir le statut de réfugié. « Si vous venez d'un pays pauvre, vous ne pouvez pas prétendre au statut de réfugié », précise l’expert.

    C'est pourquoi certaines personnes déforment les récits lors de la demande d’asile introduite auprès des services d’immigration. Et une fois qu'ils sont dans le pays, ils font tout pour y rester. Beaucoup de migrants, en particulier ceux en situation irrégulière, risquent d’être exploiter par leurs employeurs mais « ces migrants ont tendance à ne pas en parler parce qu'ils peuvent être identifiés et donc être rapatriés dans leur pays d’origine ». Les femmes prennent souvent plus de risques que les hommes, estime Chamie.

    Affaire de viol
    L’avocat Thompson a souligné que son client « n'a pas changé un seul élément » dans son accusation de viol et Mollman est d’accord avec cette affirmation. « Il est alarmant de constater que nous ne parlons plus des preuves relatives au viol mais d’autres épisodes de la vie de la victime pour mettre en doute l’accusation. Il y a déjà eu auparavant beaucoup d'excuses scandaleuses avancées pour justifier ou minimiser un viol. Je pense que nous devons être prudents afin de ne pas ajouter à cette liste de la honte l’argument selon laquelle un viol n’est plus un viol si la victime est une immigrée ou si la victime a menti lors de sa déclaration d’impôt. Je veux dire qu’on ne peut pas invoquer de tels arguments pour défendre une affaire de viol ».

    (FIN/IPS/2011)

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