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AFRIQUE AUSTRALE: Assouplir les règles bancaires pour une expansion à travers la SADC

    By John Fraser/Michelle Chifamba

    JOHANNESBURG/HARARE, 24 août (IPS) – Vivian Zivira, 40 ans, une négociante de produits agricoles à Nyanga, dans la province du Manicaland au Zimbabwe, affirme que beaucoup de femmes comme elle, ayant une terre communale, font face à d'importants défis pour obtenir des prêts pour démarrer des projets générateurs de revenus.

    C’est parce que les banques mettent trop de temps pour traiter leurs demandes, et exigent des taux d'intérêt élevés.

    "Il m'a fallu environ six mois pour accéder à mon premier prêt parce que les banques voulaient des garanties, que j'ai finalement fournies grâce à mon mari. Elles m'ont donné 5.000 dollars avec 25 pour cent d'intérêt. Malgré un très bon dossier de remboursement, la banque n’a pas pu augmenter le second prêt", a déclaré Zivira à IPS.

    Les principaux banquiers sont préoccupés par le fait que l'environnement réglementaire dans certains Etats d'Afrique australe les empêche d'offrir une gamme complète de services aux particuliers et aux entreprises à travers la région.

    Des services financiers efficaces et abordables sont essentiels à la fois pour le développement des entreprises et des projets infrastructurels à l’intérieur de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) – et pour élargir l’accès, à la banque, de millions de personnes qui sont actuellement en dehors du système.

    Le directeur général du groupe 'BancABC', Douglas Munatsi, a déclaré à IPS qu’en surface, les règles bancaires dans les Etats de la SADC sont similaires d'un pays à l'autre, puisqu’elles découlent toutes des directives internationales de Bâle.

    "Cependant, la réalité est que certains régulateurs n'appliquent pas les règles de la même façon, sur des questions telles que la capitalisation minimale d'une banque", a-t-il expliqué.

    "Parfois, le processus n'est pas aussi transparent qu'il devrait être. Un pays peut avoir des règles d'investissement très positives, mais les lois sur le travail peuvent être très rigides, telles que celles qui couvrent les expatriés au Botswana".

    Il a expliqué que si une banque doit étendre sa portée à travers la région, elle doit être en mesure de déployer des gens dans de nouveaux territoires, mais cela n'est pas toujours facile.

    "Cela nous affecte, puisque nous trouvons des compétences limitées dans certains endroits, mais nous sommes seulement autorisés à déplacer un certain nombre de personnel", a-t-il prévenu.

    Mike Brown, le directeur général de la Nedbank, l'une des plus grandes banques d'Afrique du Sud, est d’accord qu'il existe des incohérences.

    "La mesure par rapport à laquelle les services bancaires sont librement disponibles entre les Etats de la SADC diffère à travers les différents produits offerts et les clients servis par les banques", a-t-il indiqué à IPS.

    "Dans le système bancaire de gros (les services bancaires pour les entreprises), par exemple, la croissance des échanges entre les pays de la SADC a donné lieu à des banques qui développent des solutions de financement des échanges pour faciliter le commerce intra-régional".

    Brown a noté qu’il a eu des progrès "plus limités" dans la fourniture des services bancaires aux clients ordinaires – appelés "la banque de détail" – en raison de l'incapacité à ce jour à harmoniser les règlements à travers la SADC. Il a également cité les contrôles des changes comme un obstacle à l'expansion.

    Brown a souligné que les travailleurs migrants, tels que les mineurs en provenance des pays voisins qui travaillent en Afrique du Sud, doivent pouvoir envoyer des fonds à travers les frontières pour soutenir leurs familles restées au pays.

    "Des entreprises qui fournissent des solutions transfrontalières de transfert de fonds ont émergé. Il s'agit des opérateurs mobiles et des entreprises de transfert d'argent (tels que Western Union et Moneygram). Toutefois, le coût de ces services est encore élevé et prohibitif pour beaucoup de gens – et ne sont pas très utilisés", a-t-il averti.

    Cas Coovadia, le directeur général de l'Association pour les services bancaires d'Afrique du Sud, a affirmé qu’il croyait qu'il n’y avait pas de problèmes majeurs qui affectent l'offre des services bancaires entre les Etats.

    "L'Association pour les services bancaires de la SADC travaille avec le Comité des gouverneurs de Banque centrale de la SADC pour développer un système intégré de paiements et de règlement, qui améliorera considérablement le système bancaire à travers les Etats" a-t-il dit à IPS.

    Cependant, il a prévenu que "l'environnement réglementaire dans certains pays est encore relativement faible. Les infrastructures constituent un autre problème, en particulier les télécommunications. L'incertitude politique dans des pays comme le Zimbabwe est un autre sujet de préoccupation".

    Le chargé des opérations de la banque 'FNB Africa', Leonard Haynes, est d’accord que de bonnes infrastructures jouent un grand rôle dans la capacité d'une banque à rendre ses services disponibles, et il a souligné l'importance des télécommunications et de la stabilité de l'électricité.

    Il a également insinué que l'indisponibilité, dans certains endroits "de documents d'identification personnelle ou de fiches d'identification similaires fiables, fait qu’il est difficile de se conformer aux exigences de 'connaissez votre client'".

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