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AFRIQUE AUSTRALE: Là où les banques ont besoin de moins de réglementation

    By John Fraser

    JOHANNESBURG, 14 août (IPS) – Les principaux banquiers sont préoccupés par le fait que l'environnement réglementaire dans certains Etats d'Afrique australe les empêche d'offrir une gamme complète de services aux particuliers et aux entreprises à travers la région.

    Des services financiers efficaces et abordables sont essentiels à la fois pour le développement des entreprises et des projets infrastructurels à l’intérieur de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) – et pour élargir la portée du système bancaire à des millions de personnes qui sont actuellement en dehors du système.

    Ces préoccupations sont soulevées en prélude à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de la SADC à Lilongwe, au Malawi, du 17 au 18 août.

    Le directeur général du groupe 'BancABC', Douglas Munatsi, a déclaré à IPS que les règles bancaires dans les Etats de la SADC sont similaires en surface, puisqu’elles découlent toutes des directives internationales de Bâle (Suisse), un cadre réglementaire international pour les banques.

    "Cependant, la réalité est que certains régulateurs n'appliquent pas les règles de la même façon, sur des questions telles que la capitalisation minimale d'une banque", a-t-il expliqué.

    "Parfois, le processus n'est pas aussi transparent qu'il devrait être. Un pays peut avoir des règles d'investissement très positives, mais les lois sur le travail peuvent être très rigides, telles que celles qui couvrent les expatriés au Botswana".

    Il a expliqué que si une banque doit étendre sa portée à travers la région, elle doit être en mesure de déployer des gens dans de nouveaux territoires, mais cela n'est pas toujours facile.

    "Cela nous affecte, puisque nous trouvons des compétences limitées dans certains endroits, mais nous sommes seulement autorisés à déplacer un certain nombre de personnel", a-t-il dit.

    Mike Brown, le directeur général de la Nedbank, l'une des plus grandes banques d'Afrique du Sud, a convenu qu'il existe des incohérences.

    "La mesure dans laquelle les services bancaires sont librement disponibles entre les Etats de la SADC diffère à travers les produits variés offerts et les clients servis par les banques", a-t-il indiqué à IPS.

    "Dans le système bancaire de gros [les services bancaires pour les entreprises] par exemple, la croissance des échanges entre les pays de la SADC a donné lieu à des banques qui développent des solutions de financement des échanges pour faciliter le commerce intra-régional".

    Brown a noté qu’il y a eu des progrès "plus limités" dans la fourniture des services bancaires aux clients ordinaires en raison de l'incapacité à harmoniser les règlements à travers la SADC. Il a également cité les contrôles des changes comme un obstacle à l'expansion.

    Brown a déclaré que les travailleurs migrants, tels que les mineurs en provenance des pays voisins qui travaillent en Afrique du Sud, doivent pouvoir envoyer des fonds à travers les frontières pour soutenir leurs familles restées au pays.

    "Les entreprises qui fournissent des solutions transfrontalières de transfert de fonds ont émergé. Il s'agit des opérateurs mobiles et des entreprises de transfert d'argent (tels que Western Union et Moneygram). Toutefois, le coût de ces services est encore élevé et prohibitif pour beaucoup de gens – et ne sont pas très utilisés", a-t-il prévenu.

    Et dans certains cas, les banques ne sont pas enclines à fournir des services aux femmes des zones rurales.

    Vivian Zivira, 40 ans, une négociante de produits agricoles à Nyanga, dans la province du Manicaland au Zimbabwe, affirme que beaucoup de femmes comme elle qui ont une terre communale, font face à d'importants défis pour obtenir des prêts afin de démarrer des activités génératrices de revenus.

    Elle indique que c’est parce que les banques zimbabwéennes mettent trop de temps pour traiter leurs demandes, et imposent des taux d'intérêt élevés.

    "Il m'a fallu environ six mois pour accéder à mon premier prêt parce que les banques voulaient des garanties, que j'ai finalement fournies grâce à mon mari. Elles m'ont accordé 5.000 dollars avec 25 pour cent d'intérêt. Malgré un très bon dossier de remboursement, la banque n’a pas pu augmenter le deuxième prêt", a déclaré Zivira à IPS.

    Mais Cas Coovadia, le directeur général de l'Association pour les services bancaires d'Afrique du Sud, a affirmé qu’il croyait qu'il n’y avait pas de problèmes majeurs qui affectent l'offre des services bancaires entre les Etats.

    "L'Association pour les services bancaires de la SADC travaille avec le Comité des gouverneurs de banque centrale de la SADC pour développer un système intégré de paiements et de règlement, qui améliorera considérablement le système bancaire à travers les Etats", a-t-il indiqué à IPS.

    Cependant, il a averti que "l'environnement réglementaire dans certains pays est encore relativement faible. Les infrastructures constituent un autre problème, en particulier les télécommunications. L'incertitude politique dans des pays comme le Zimbabwe est un autre sujet de préoccupation".

    Le chargé des opérations de la banque 'First National Bank Africa', Leonard Haynes, a convenu que de bonnes infrastructures jouent un grand rôle dans la capacité d'une banque à rendre ses services disponibles, et il a souligné l'importance des télécommunications et de la stabilité de l'électricité.

    Il a également insinué que l'indisponibilité, dans certains endroits, "de documents d'identification personnelle ou de fiches d'identification similaires fiables fait qu’il est difficile de se conformer aux exigences de 'connaissez votre client'".

    "Les bureaux de crédit dans certains de ces pays n’existent généralement pas, ou ne sont pas encore fiables comme point de référence, pour fournir des informations à la clientèle par rapport au crédit sur lequel les décisions peuvent être basées", a-t-il souligné à IPS.

    Brown a affirmé que les différents environnements réglementaires dans divers Etats "représentent un défi dans la gestion des opérations régionales, en limitant les économies d'échelle qui peuvent être réalisées à travers la frontière".

    "Par exemple, certains pays exigent que les systèmes technologiques bancaires soient situés dans ces pays. Cela entraîne la nécessité de reproduire ces infrastructures à travers un certain nombre de pays, et augmente les coûts d'exploitation et les coûts éventuels pour les clients", a expliqué Brown.*Avec un reportage supplémentaire de Michelle Chifamba à Harare.

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