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AFRIQUE AUSTRALE: Pas de soumissionnaires pour le plan des infrastructures de la SADC

    By John Fraser et Collins Mtika

    JOHANNESBURG, 27 août (IPS) – La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) a dû revoir son traité fondateur visant à développer un mécanisme de financement initial pour son Plan directeur ambitieux de développement des infrastructures régionales (RIDMP) de 500 milliards de dollars US.

    Cette décision a été prise suite à une méprise de la part des pays occidentaux et des institutions multilatérales de financement.

    Toutefois, des experts en développement se sont demandé si la SADC est suffisamment mature pour gérer des projets ambitieux.

    "Personne ne s'est manifesté pour financer aucun des projets que nous avons présentés. J'ai été, entre autres pays, au Japon, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni", a déclaré à TerraViva, Joao Samuel Cahol, secrétaire exécutif adjoint de la SADC pour l'intégration régionale.

    "Ce qui nous retarde en tant que SADC, c’est notre incapacité à financer nos propres priorités et programmes. Par conséquent, un mécanisme de financement durable devait être mis en place si nous voulons montrer que nous sommes déterminés et progressons".

    Le RIDMP vise à faire face au déficit de la région en termes de routes, chemins de fer, ports, énergie, communication, infrastructures d'eau et de météorologie.

    "La SADC a le potentiel et nous demandons la bonne volonté de tous les Etats membres. Qu'ils fournissent le capital de départ", a indiqué le secrétaire exécutif adjoint sortant.

    Sur le modèle de la Banque européenne d'investissement et d'autres entreprises régionales de financement, les pays de la SADC pomperont d'abord 1,2 milliard de dollars dans le fonds de la SADC. Sur ce montant, 51 pour cent seront des contributions des Etats membres, 37 pour cent doivent être financés par le secteur privé et 12 pour cent par des partenaires internationaux.

    Les contributions de la SADC se feront sur une période de cinq ans à partir de 2013 sur la base des moyens des pays, la capacité institutionnelle et d’autres critères, que le secrétaire exécutif adjoint sortant hésitait à divulguer.

    "Si après cinq ans, un pays ne parvient pas à payer sa contribution, ses parts seront rappelées et réparties entre les Etats à jour afin que la participation de 51 pour cent par les Etats africains soit maintenue", a expliqué Cahol.

    Toutefois, un Etat membre pourra toujours accéder aux fonds pour ses projets de développement, tel que c'est énoncé dans le RIDMP.

    Eltie Links, professeur et président de 'Doing Business in Africa' à la Faculté des études de commerce de l'Université de Stellenbosch, en d'Afrique du Sud, a déclaré à TerraViva que "la SADC en tant qu'organisme régional, devrait réfléchir sur les objectifs et la gestion d'une nouvelle branche de financement".

    "Le fait que la région englobe un certain nombre de pays ayant des niveaux de développement variés fait qu’il est essentiel qu'une certaine forme d'assistance ou autre soit accordée aux économies qui souffrent pour le développement. Cela peut, néanmoins, se faire s'il y a un muscle économique et financier suffisant dans l'organisme régional".

    Il a affirmé qu'il n'y a aucun doute au sujet du besoin de plus de développement des infrastructures dans la région, mais que l'aide au développement acheminée à travers la SADC "sera toujours au détriment de l'appui bilatéral accordé par ces mêmes Etats (donateurs) aux pays nécessiteux de la région. Ce pool de financement de l'aide a toujours été limité".

    Et il a insinué que les donateurs auront besoin d’être convaincus que la SADC est désormais à un stade où elle peut gérer des projets de plusieurs milliards de dollars.

    "Les antécédents de la SADC comme une institution qui est bien organisée et bien gouvernée ont été mis en cause par le passé. Dans la mesure où les perceptions d'un organisme qui a des défis de gouvernance persistent encore, elle n’obtiendra pas le type d’appui nécessaire pour une branche de financement des projets".

    "Elle devra également démontrer sa capacité à administrer et gérer de tels fonds et projets; quelque chose qu'elle n'a pas été en mesure de prouver sans aucun doute".

    Ce point de vue a été repris par Dr Martyn Davies, directeur général du cabinet-conseils 'Advisory Frontier', qui a estimé que le secrétariat de la SADC ne devrait pas être l'organe qui vise à financer des projets, mais devrait plutôt se concentrer sur la coordination et amener les projets jusqu’à la bancabilité.

    "La SADC, malheureusement, ne fait pas assez dans l'harmonisation des efforts vers l'intégration régionale, et doit faire l'essentiel dans le sens de la promotion de la facilitation des échanges et du flux des capitaux dans la région", a-t-il indiqué à TerraViva.

    "Les donateurs travaillent régulièrement avec la SADC, mais l'engagement le plus important devrait être avec de grandes entreprises, et cela est actuellement insuffisant. Il doit y avoir une communication plus grande de la part de la SADC quant à son rôle et aussi sa capacité à atteindre et à s'engager avec des entreprises afin de mieux mettre en œuvre ces objectifs".

    Consultant en commerce, John Mare, est d’accord qu’au début, la SADC devrait jouer beaucoup plus un rôle de coordination.

    Il a déclaré à TerraViva qu’aucune nouvelle institution n’est nécessaire car "il en existe déjà beaucoup d'autres – mais la SADC peut aider à définir des projets bancables et à les rapporter aux priorités de la SADC".

    "Il faut de meilleures capacités à l'intérieur de la SADC pour travailler sur de tels projets et, en particulier, un besoin plus grand pour des mécanismes de coordination entre tous les acteurs aux niveaux national et régional".

    "Un défi majeur est d’améliorer la coordination de la SADC avec d'autres organisations régionales auxquelles appartiennent également beaucoup de membres de la SADC".

    "Il est extrêmement important que cela se produise – et la tragédie est qu’il est affirmé que la SADC a plus de capacité que beaucoup d’autres organisations régionales en Afrique".

    "Il y a beaucoup de projets potentiels en Afrique, mais ce qui manque, ce sont des mécanismes forts pour ces projets et pour des projets tels que l'agriculture durable qui peut se rapporter à ceux des infrastructures".

    Davies a admis qu'il ne manque pas de projets, mais a insinué que "le défi réside dans l’encouragement de la coopération entre les gouvernements respectifs et la conduite des projets jusqu’à la bancabilité".

    "Je n'ai jamais vu un bon projet qui ne puisse pas bénéficier de financement lorsque la politique est alignée".

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