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AFRIQUE AUSTRALE: Peu 'extraordinaire' ce dernier sommet de la SADC

    By Servaas van den Bosch*

    WINDHOEK, 24 mai (IPS) – Malgré un programme couvrant les élections au Zimbabwe, l'impasse politique à Madagascar, la suspension de la cour régionale et des allégations de corruption, le sommet extraordinaire de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a pris des mesures rapides et décisives juste contre des activistes demandant à la SADC d’agir selon ses propres résolutions.

    "Nous étions occupés à distribuer nos communiqués de presse avec des exigences à la SADC de mettre pleinement en œuvre les résolutions de sa Troïka à Livingstone, notamment une préparation totale du Zimbabwe pour des élections démocratiques", a déclaré à IPS, Dewa Mavhinga, "lorsque des agents de sécurité du Zimbabwe et la police armée namibienne se sont jetés sur nous – confisquant nos rapports et nos déclarations ainsi que nos caméras avant de nous obliger à quitter les lieux du sommet de la SADC sous la menace d’armes à feu".

    Mavhinga et d'autres activistes étaient à Windhoek pour exiger que la SADC prenne des mesures fermes à la lumière du communiqué publié le 31 mars à Livingstone, en Zambie, par la Troïka – le médiateur désigné par la SADC pour le Zimbabwe, le président sud-africain, Jacob Zuma, le président des politiques de la SADC, le président des questions de défense et de sécurité, respectivement le président zambien, Rupiah Banda, et le président mozambicain, Armando Guebuza.

    Cette Troïka a appelé à "la fin [sic] des violences, des discours d’intimidation, de haine, de harcèlement… qui contredisent la lettre et l'esprit de l’APG [Accord politique global du Zimbabwe]".

    Malgré des arrestations, l’activiste Macdonald Lewanika était néanmoins "prudemment content" de la décision du sommet extraordinaire sur la médiation au Zimbabwe avant d’éventuelles élections.

    "La SADC devrait jouer un rôle clé dans les prochaines élections au Zimbabwe, en vertu de sa signature à l'APG, et également en raison du fait qu'il est clair que seul le Zimbabwe ne dispose pas d’instruments et ingrédients nécessaires pour assurer un scrutin libre, équitable et crédible", a-t-il indiqué.

    Le tribunal de la SADC

    Le sommet a également examiné la suspension du Tribunal de la SADC. Le tribunal a statué contre l'expropriation des terres des fermiers par le Zimbabwe, et a renvoyé l'affaire devant les dirigeants de la SADC pour une action. Les chefs d'Etat avaient refusé de forcer le Zimbabwe à agir, suspendant plutôt le tribunal régional en août 2010, en attendant une révision de ses compétences.

    Cette révision a été achevée, et a approuvé la décision du tribunal, mais dans un communiqué, le sommet a déclaré qu'il avait chargé les ministres de la Justice de se préparer à amender les termes de référence du tribunal, en soumettant un rapport final au cours du sommet de la SADC d’août 2012.

    L'effet immédiat est que d'autres affaires importantes – dans lesquelles des sociétés de diamants demandent à être dédommagées par les gouvernements du Zimbabwe, du Lesotho et d'Afrique du Sud – ne peuvent pas évoluer.

    Prié de dire si les recommandations des ministres seraient rendues publiques, Tomaz Salomão, le secrétaire exécutif de la SADC, a déclaré aux journalistes que ni les médias ni les citoyens de la SADC n’avaient vraiment besoin de savoir ce qui était dans le rapport. Il est probable que le champ d'action du tribunal soit révisé pour empêcher les individus d’y amener des affaires.

    "C’est clair que les dirigeants de la SADC n'ont aucun respect pour leur propre cour régionale ou leurs propres normes juridiques internationales, et estiment qu'ils peuvent violer en toute impunité l'indépendance du tribunal, l’Etat de droit et le droit des gens d’Afrique australe à accéder à la justice", a expliqué Nicole Fritz, directeur du Centre sud-africain des litiges (SALC), dans un communiqué: "Au lieu de sanctionner le Zimbabwe, nos dirigeants ont imposé des sanctions juridiques sur nous tous – nous empêchant de demander réparation légitime légale à un niveau régional".

    Partage de pouvoir à Madagascar

    La SADC a également du mal à tracer une voie vers un retour à l'ordre constitutionnel pour Madagascar. Cette île de l'océan Indien a été suspendue de la SADC après qu’un coup d'Etat en mars 2009 a amené Andry Rajoelina au pouvoir; l'institution régionale a organisé une série de réunions de médiation entre les parties.

    Une feuille de route pour un gouvernement de transition avait été soumise aux principaux acteurs politiques de Madagascar par le médiateur de la SADC, l'ancien président mozambicain, Joaquim Chissano, mais elle avait été rejetée par ceux qui se sont ralliés aux trois anciens présidents influents.

    Le sommet a seulement décidé qu'il "faut un processus politique qui inclut tout le monde en vue de trouver une solution durable aux défis que connaît le pays", et a prévu une autre réunion à cette fin, qui se tiendra à Gaborone, au Botswana, dans un proche avenir.

    Cette décision aura été bien accueillie par les opposants de Rajoelina, comme une occasion d'exiger qu'il démissionne six mois avant l’organisation de toute élection.

    Des allégations de corruption

    Le sommet a également examiné les allégations de corruption rampante au secrétariat de la SADC, basé à Gaborone. L’hebdomadaire namibien 'Windhoek Observer' a révélé que le personnel de la SADC a invité l’actuel président de la SADC, le président namibien, Hifikepunye Pohamba, à conduire un audit du secrétariat.

    Des allégations de détournement très répandu de l'argent des donateurs et des fonds des Etats membres, avec une direction qui s’est accrue "mordue de grandes dépenses", auront été mal appréciées à la fois par les ministres d'Afrique australe et les représentants de l'Union européenne, qui fournit un appui financier important à la SADC.

    L'enlisement de la médiation sur l'impasse politique dans deux Etats membres, le musellement de la cour régionale, et le silence par rapport à certaines arrestations à l'approche du sommet: les résultats semblent loin des nobles idéaux de la SADC. Si l'intégration régionale, basée sur la liberté, la justice sociale, la paix et la sécurité, doit être réalisée, les mois à venir exigeront un leadership décisif et fondé sur des principes.

    *Stanley Kwenda à Harare, au Zimbabwe, et Lovasoa Rabary-Rakotondravony à Antananarivo, à Madagascar, ont contribué à ce reportage.

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