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AFRIQUE AUSTRALE: Traverser la frontière en faisant du commerce

    By John Fraser et Mantoe Phakathi

    JOHANNESBURG/MBABANE, 19 août (IPS) – Les experts conviennent qu'un outil clé pour libérer le potentiel économique de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) réside dans la facilitation des flux transfrontaliers des personnes, biens, capitaux et des services.

    Mais, même si les restrictions frontalières peuvent être levées, il reste encore beaucoup à faire en termes d'amélioration des voies, chemins de fer, de la fourniture d'électricité et d'autres infrastructures au sein de la région.

    Directrice générale du cabinet-conseil 'Africa @ Work', Dianna Games, a déclaré à IPS que bien que des démarches soient entreprises pour faire tomber les barrières physiques à la circulation transfrontalière, les obstacles informels les remplacent souvent.

    "Pendant que les barrières tarifaires ont baissé, il y a eu une multiplication des obstacles non-tarifaires – entraînant des retards dans les postes frontières et des postes frontières inefficaces, le pire étant la traversée de la frontière de 'Beit Bridge' entre l'Afrique du Sud et le Zimbabwe", a-t-elle indiqué.

    "Cette situation aurait dû être réglée depuis longtemps – et elle suggère que bien qu'il existe un semblant de grande attention politique accordée à la libéralisation des échanges, les pays sont aussi protectionnistes que jamais".

    Même les commerçants transfrontaliers du Swaziland affirment qu’ils sont à peine capables de joindre les deux bouts en raison des taxes élevées et des droits de douane qu'ils doivent payer lorsqu’ils importent des marchandises par les postes-frontières de ce pays d'Afrique australe. Alors que le Trésor du Swaziland (SRA) impose une taxe de 14 pour cent de la valeur ajoutée (TVA) pour les marchandises provenant d'Afrique du Sud, une formule différente s'applique à celles qui sont importées du Mozambique.

    Dudu Fakudze vend des vêtements d’occasion à Mbabane, la capitale du Swaziland, et va au Mozambique chaque semaine pour s’approvisionner.

    "C'est toujours frustrant d’amener le stock du Mozambique parce que les douaniers ne considèrent pas la valeur à laquelle vous avez acheté le produit", a déclaré Fakudze à IPS.

    "Nous sommes obligés de payer soit E450 (46 dollars) par balle ou de débourser entre E3 et E5 (30 et 50 cents) par article pour les habits d’occasion", a indiqué Fakudze. "Je fais de bénéfice à peine à cause du montant que je paie à la frontière".

    Le directeur de la communication du SRA, Vusi Dlamini, a admis que les importateurs paient plus pour les marchandises à partir du Mozambique par rapport à ceux provenant d'Afrique du Sud. Il a attribué cela au fait que le Mozambique ne fait pas partie de l'Union douanière d'Afrique australe (SACU), dont sont membres le Swaziland, l'Afrique du Sud, la Namibie, le Lesotho et le Botswana.

    Dlamini a déclaré que selon le Livre tarifaire harmonisé utilisé par tous les pays de la SACU, on devrait prélever E25/kg (2,50 dollars/kg) de droits seulement sur les vêtements d’occasion provenant des pays qui ne font pas partie de la SACU, plus 14 pour cent de TVA. On prélève seulement 14 pour cent de TVA sur les marchandises provenant des pays de la SACU.

    Mais il a indiqué qu’il apparaissait que l'application de cette disposition sortirait les commerçants des affaires.

    "Après beaucoup de contacts avec le représentant des vendeurs ambulants, il a été décidé qu'un tarif forfaitaire qui inclut à la fois des droits de douane et la TVA à l'importation soit utilisé pour une gamme de produits généralement importés", a-t-il dit.

    Dr Rose Phillips, la directrice générale du cabinet-conseil en gestion 'Accenture', basé en Afrique du Sud, a souligné l’importance de la collaboration entre les pays de la SADC pour faire face aux défis de la région à travers des accords entre les gouvernements".

    "Ils jouent un rôle clé dans la promotion et la facilitation de la création de nouvelles opportunités industrielles étant donné, par exemple, que l'Angola et le Nigeria connaissent les taux de croissance les plus élevés en Afrique".

    "La Banque mondiale, le FMI [Fonds monétaire international] et l’OMC [Organisation mondiale du commerce] devraient promouvoir activement les lois gouvernementales qui réduisent la corruption, améliorant le flux des investissements étrangers et de ceux effectués dans la région, ainsi que la création d’une plateforme consolidée pour la croissance sectorielle".

    Elle a expliqué que plus de facilitation des échanges et moins de dépendance de l’aide sont nécessaires pour accélérer un développement économique durable sur le contient. "Tout simplement, nous avons vraiment besoin d'une Afrique qui marche".

    "L'intégration économique régionale et le commerce intra-africain sont conçus pour bénéficier aux pays de la SADC et aux entreprises en offrant des économies d'échelle et des compétences, la prévisibilité, des normes et règlements communs ainsi que la transparence des informations dans la région – des ingrédients importants pour un secteur privé fort qui soit concurrentiel. Plus d'harmonisation des politiques commerciales, une gouvernance forte et la coopération régionale commune ainsi que des investissements ne sont que quelques-unes des mesures à prendre".

    Elle a souligné le besoin pour des investissements plus ciblés dans la construction et l'entretien des infrastructures, telles que les routes, les technologies de l'information et de la communication, les chemins de fer, l'approvisionnement en eau et en électricité.

    Et elle a également appuyé l’accent de la SADC sur les corridors de développement.

    "Les coûts de transport routier de marchandises (en Afrique) sont deux à quatre fois plus élevés par kilomètre qu’aux Etats-Unis, et les temps de voyage le long des corridors clé d'exportation sont deux à trois fois plus longs que ceux d'Asie".

    Consultant sud-africain en commerce, John Mare, a déclaré à IPS que bien que l’appui des donateurs pour le développement des infrastructures des organismes tels que la Banque africaine de développement soit opportun, "les fonds doivent être ciblés et gérés de façon efficace".

    "Personnellement, je soutiens la création d'organismes qui sont destinés et liés à certains projets infrastructurels, puisqu’ils peuvent aider à gérer tous les aspects de la réalisation de tels projets – avec la gestion du financement et l'inclusion du secteur privé dans les structures de partenariat public-privé".

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