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AFRIQUE DE L’EST: Des femmes franchissent les barrières commerciales

    By Claire Ngozo

    LILONGWE, 22 avr (IPS) – Depuis 12 ans maintenant, les femmes autour de Tsangano, dans le district de Ntcheu (sud du Malawi), ont mis ensemble leurs récoltes de tomates, vendant environ 20 tonnes sur les marchés en plein air à Lilongwe, la capitale. Mais elles ont très peu de choses à montrer pour leur dur labeur.

    Ntcheu et ses districts voisins, Dedza et Salima, renferment beaucoup de petits agriculteurs avec de grands jardins débordés de tomates et d’autres légumes, tels que des choux, des oignons, des carottes, du poivron vert et de la laitue. Ces districts sont les grands producteurs de tomates au Malawi.

    "Nous utilisons une grande partie de l’argent obtenu de la vente des tomates pour subvenir aux besoins de nos ménages. Une partie de l’argent va vers le paiement des frais scolaires", a déclaré à IPS, Virginia Kandiado, un membre de la coopérative agricole de Tsangano.

    Kandiado et ses 29 collègues dans la coopérative possèdent également des pépinières sur lesquelles elles produisent des plans de tomates, qu’elles vendent à d’autres fermiers dans le district.

    Mais aujourd’hui, les membres de la coopérative de Tsangano veulent aller plus loin et passer de la vente à la transformation des légumes. Elles pensent qu’elles pouvaient gagner plus si elles mettaient en conserve les tomates et faisaient de la confiture et des jus.

    "Nous pourrions gagner plus d’argent si nous transformions les produits. Nous cherchons les moyens d’obtenir un prêt auprès de la banque, qui nous permettrait d’acheter des machines pour notre nouvelle entreprise", a indiqué Kandiado, avec enthousiasme.

    Les membres de la coopérative ne sont pas les seuls à faire ce rêve.

    Le gouvernement du Malawi cherche à assister des femmes comme Kandiado: à la fin de mars 2011, le pays a accueilli une rencontre régionale de consultation visant à intégrer les femmes dans les activités commerciales dans le secteur de l’agriculture comme un moyen d’améliorer la production et de renforcer la sécurité alimentaire dans la région.

    La Fédération des associations nationales des femmes d’affaires en Afrique orientale et australe (FEMCOM), une organisation faîtière des femmes d’affaires, et l’Alliance pour le commerce des produits en Afrique orientale et australe (ACTESA), ont organisé la rencontre.

    L’ACTESA coordonne le Programme régional des intrants agricoles du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMRAP) et travaille avec la FEMCOM pour assurer une intégration appropriée des femmes dans ces initiatives.

    Cette rencontre a été organisée pour promouvoir l’intégration des femmes dans les activités commerciales et de développement dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, du commerce, des services, de la pêche, de l’exploitation minière, de l’énergie, des transports, des communications et des ressources naturelles, selon Emiliana Tembo, directrice des affaires féminines et sociales au Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA).

    Le secrétaire par intérim du ministère de l’Agriculture du Malawi, Erica Maganga, a confié à IPS que le gouvernement cherche les moyens de renforcer les réseaux de femmes parmi les agriculteurs, les vendeurs de produits agricoles, les représentants et les producteurs au niveau national et régional.

    Le ministère veut que les femmes du Malawi apprennent auprès des femmes d’affaires des autres pays dans la région la façon de mieux renforcer leurs efforts commerciaux.

    "En tant que gouvernement, nous continuerons à appuyer toutes les initiatives visant à aider les femmes à exceller dans les affaires et renforcer la sécurité alimentaire", a déclaré Maganga.

    Les pays qui ont participé à cette rencontre étaient le Burundi, la République démocratique du Congo, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, Madagascar, le Malawi, l’Ile Maurice, le Rwanda, les Seychelles, le Swaziland, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

    La directrice intérimaire de la FEMCOM, Katherine Ichoya, a dit que la rencontre a sensibilisé sur la façon dont les femmes d’affaires peuvent travailler directement avec d’autres femmes entrepreneurs dans la région afin de participer effectivement au commerce régional.

    Elle a encouragé les femmes à utiliser entre elles la FEMCOM comme un intermédiaire dans leurs efforts commerciaux.

    "La FEMCOM est destinée à agir comme un forum d’échange d’idées et d’expériences parmi les femmes d’affaires. Le partage d’informations sur les opportunités de marchés est essentiel pour toutes les femmes commerçantes dans la région", a souligné Ichoya.

    La rencontre de Lilongwe a défini des stratégies pour accroître des partenariats parmi les femmes commerçantes à travers la région et harmoniser les programmes de renforcement des réseaux des agricultrices.

    Les questions abordées comprenaient les compétences pour faire face au commerce transfrontalier, les petites et moyennes entreprises et les politiques agraires.

    Les membres de la coopérative agricole de Tsangano n'ont pas participé à la rencontre, mais elles sont impatientes de savoir les opportunités qu’offre la réunion aux femmes commerçantes au Malawi.

    "Nous demanderons à l'organisation faîtière des femmes commerçantes et au gouvernement de faire une présentation à nos membres afin que nous puissions bénéficier de ce qui se passe dans la région", a déclaré Kandiado.

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    AFRIQUE DE L’OUEST: Lutter durablement et efficacement contre les criquets pèlerins

      By Koffigan E. Adigbli

      DAKAR, 2 avr (IPS) – Une lutte durable contre les criquets pèlerins est un souci majeur des autorités de sept pays d’Afrique de l’ouest dont les actions déjà menées par chacun d’eux pour combattre le péril acridien, ne sont pas toujours efficaces, d’où la tenue d’un atelier régional à Dakar, la capitale sénégalaise.

      Les mesures prises par les gouvernements des pays envahis par les criquets de 2004 jusqu’à nos jours, pour limiter la dévastation des champs, ne les ont pas empêchés de s’attaquer aux plantes et vergers, a déclaré Bouraïma Koné, membre de la cellule départementale des opérations techniques au Centre national de lutte contre les criquets pèlerins du Mali, au cours de cet atelier régional organisé les 27 et 30 mars.

      La rencontre de partage des rapports d’achèvement du Projet africain de lutte contre le criquet pèlerin (PALUCCP), visait à échanger sur les résultats acquis dans la lutte contre le péril acridien, les expériences et les leçons apprises, et faire des recommandations en vue de consolider ces acquis et d’assurer la durabilité du projet.

      Les participants à l’atelier ont recommandé aux Etats de renforcer les capacités des organisations de la société civile dans le domaine du plaidoyer pour une meilleure gestion des invasions acridiennes. Le plaidoyer consiste à sensibiliser les populations sur le bien-fondé des opérations de lutte contre les criquets pèlerins.Ils ont également recommandé de partager les informations sur les expériences de lutte antiacridienne en Afrique, particulièrement en Afrique de l’ouest, d’identifier les éléments de stratégies de gestion de la lutte et d’établir les bases d’une meilleure collaboration entre les différents acteurs de ce combat et les paysans.

      Les échanges d'informations porteront sur la position des criquets dans chaque zone. Les techniciens des différents pays doivent travailler en synergie, notamment lorsque les criquets sont en position de franchir la frontière entre deux pays voisins.

      Au plan régional, les stratégies adoptées recommandent également «d’améliorer les conditions de stockage des pesticides dans chaque pays, avec la construction d’un magasin et le traitement des pesticides, d’élaborer un plan national de gestion de la crise» Par exemple, un pays peut fournir de pesticides à un autre dont les stocks sont épuisés.

      Les participants recommandent, en outre, aux Etats «de restaurer les capacités productives des ménages agricoles bénéficiaires des dons d’intrants agricoles et de vivres pour la période de soudure, et de financer des microprojets productifs».

      L’invasion acridienne compromet les récoltes de mil et de sorgho, et provoque des dégâts importants sur les cultures et les pâturages, sans compter les conséquences qui n’épargnent pas l’environnement, la santé humaine et animale des pays sahéliens, souligne Jérôme Ilboudo, membre de l’Institut agricole du Burkina Faso.

      «Il s’agit de transférer les expériences et connaissances, et assurer la durabilité des acquis, partager les expériences et les leçons apprises dans le cadre de l’exécution du PALUCCP. Au Burkina, nous avons une méthode consistant à surprendre les criquets en les localisant la nuit profonde pour les tuer ensuite. Ce que les autres pays ne font pas. Donc nous avons échangé nos expériences respectives», explique-t-il à IPS.

      Des représentants des ministères de l’Agriculture et des services techniques de recherches agricoles, ainsi que ceux des partenaires au développement, venus du Mali, de Mauritanie, de Gambie, du Burkina Faso, du Sénégal, du Niger et du Tchad ont participé à cet atelier et se sont fixé pour objectif de coordonner leurs efforts pour lutter efficacement contre le péril acridien en Afrique par un travail en synergie.

      Le ministre de l’Agriculture du Sénégal, Khadim Guèye, a rassuré les paysans que le pays est loin de toute présence de criquets pèlerins et que les dispositions de lutte sont prises. «Il s’agit de prévoir, d’anticiper et de savoir là où ils sont pour les empêcher de se multiplier de manière exponentielle en les écrasant là où ils se reproduisent», déclare-t-il.

      «Nous avons renforcé le dispositif national de lutte et d’amélioration des conditions de stockage des pesticides, avec la construction d’un magasin d’une capacité de 9.000 tonnes et le traitement des contenants vides de pesticides», affirme-t-il.

      Guèye ajoute: «Un plan national de gestion de la crise acridienne et la restauration des capacités productives des 12.040 ménages agricoles, bénéficiaires de dons d’intrants et de vivres de soudure, et le financement de 305 microprojets productifs sont en cours d’élaboration».

      Selon le représentant de la Banque mondiale au Sénégal, Denis Jordy, l’objectif du projet est de prévenir les infestations actuelles et futures des criquets pèlerins dans les sept pays. Il a contribué, avec l’appui de l’expertise technique du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin, à stopper la menace acridienne et mieux préparer les équipes à prévenir et faire face à de nouvelles invasions.

      «Le but des six milliards de francs CFA (environ 13 millions de dollars) pour une durée de quatre ans, débloqués par la Banque mondiale, est de renforcer les capacités institutionnelles et techniques des Etats à mettre en place et consolider des unités nationales de lutte antiacridienne», explique Jordy."Il faut aussi… aider financièrement et matériellement les populations qui ont été envahies (par les criquets)", souligne Jordy, invitant les Etats d’Afrique de l’ouest à "coordonner aussi avec les pays du Maghreb qui ont des expériences dans la lutte contre les criquets".

      Malgré tout, certains paysans restent sceptiques. Selon Ibrahima Diaw, membre de conseil rural de Kaffrine, dans le centre du Sénégal, la situation, dans les champs de cultures, est catastrophique après le passage des criquets, entre mai et août, et il faut plus de moyens pour venir à bout des insectes voraces. «C’est bientôt le moment, ils peuvent arriver et cela nous hante l’esprit», déclare-t-il, inquiet.

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      AFRIQUE DE L’OUEST: Renforcer la lutte contre les médicaments contrefaits

        By Koffigan E. Adigbli

        DAKAR, 15 mars (IPS) – La contrefaçon des médicaments constitue un problème croissant qui nuit au travail des laboratoires pharmaceutiques. Mais à elles seules, les mesures en vigueur pour combattre le phénomène ne peuvent pas mettre fin à cette pratique en Afrique de l’ouest, affirment des experts.

        Les mesures de dissuasion prises par les gouvernements des pays ouest-africains, pour limiter ce commerce illicite, n’ont pas empêché les contrebandiers de vendre des médicaments contrefaits, a déclaré Steve Allen, directeur général de la sécurité mondiale de Pfizer, au cours d’un atelier régional les 9 et 10 mars à Dakar, la capitale sénégalaise. La rencontre visait à élaborer des stratégies pour lutter efficacement contre les médicaments contrefaits dans la sous-région.

        Les participants ont recommandé aux Etats de renforcer d'abord les stratégies de lutte existantes et d’adopter ensuite des lois punissant plus sévèrement les contrevenants. Pour cela, les Etats devraient réformer leur Code pénal afin d'alourdir les sanctions prévues dans cette lutte pour permettre à chaque pays de mieux surveiller l’entrée des médicaments de mauvaise qualité et de mettre en place localement un instrument d’intervention efficace.

        Au plan régional, les stratégies adoptées recommandent également "d'améliorer les appareils de détection au niveau des frontières et de travailler en synergie avec les autres unités de la sous-région".Les médicaments contrefaits peuvent entraîner la mort du patient, souligne le représentant de Pfizer qui est une firme de produits pharmaceutiques basée en France. Allen a indiqué qu’il était important de renforcer la compréhension de l’impact de ces médicaments et des outils servant à lutter contre les acteurs des contrefaçons.«Plus de 40 médicaments de Pfizer sont contrefaits dans 95 pays du monde dont certains pays africains tels que Bénin, le Sénégal, le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et l’Ouganda», révèle Allen. «Bien qu’il soit difficile, au niveau des pays en voie de développement, d’obtenir des données précises et détaillées sur les contrefaçons des médicaments, les estimations se situent dans une fourchette d’un pour cent des ventes à plus de 10 pour cent».Des fonctionnaires des ministères de la Santé, des services de police, de douane, ainsi que des membres d’associations pharmaceutiques et médicales, venus du Nigeria, Ghana, Sénégal, Burkina Faso, Cameroun, Togo et du Bénin participer à cet atelier, se sont fixé pour objectif de bouter la pratique de la vente des médicaments illicites hors de leur région.Le colonel Amadou Diop, directeur des opérations douanières au Sénégal, souligne des milliers de personnes meurent par an en Afrique à cause des médicaments contrefaits, notamment parmi les gens atteints de paludisme et qui auraient pu être sauvés par un traitement médical normal.«Cette situation s’explique par le fait que les médicaments contrefaits, vendus à un prix plus bas, sont de plus en plus nombreux sur le marché, et la population n’est pas bien sensibilisée par rapport à ce problème», dit-il à IPS. «Malgré la saisie, par la douane sénégalaise, de nombreux produits contrefaits et la fermeture de 'Keur Serigne Bi', ancien lieu de vente de produits pharmaceutiques contrefaits au Sénégal, le pays est toujours victime de cette pratique car les peines prévues (par la loi) ne sont pas lourdes».Diop a ajouté qu’au Sénégal, les saisies de médicaments pharmaceutiques et vétérinaires contrefaits ont été estimés à plus de 145 millions de francs CFA (plus de 300.000 dollars) en 2010.Le directeur de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), Dr Placido Cardoso, estime que l’objectif de la rencontre est de donner des moyens aux pays africains pour bien contrôler la qualité des médicaments. «Un médicament de mauvaise qualité coûte finalement beaucoup plus cher au patient et à l’ensemble de la communauté que celui de bonne qualité».

        Dr Johanna Austin Benjamin, directrice de l’OOAS en charge des soins de santé primaires et du contrôle des maladies, renchérit, déclarant que la qualité d’un bon produit pharmaceutique n’a pas de prix et qu’il faudra se donner les moyens et la peine de contrôler la qualité des médicaments destinés à l’Afrique.

        Alain Djonlaï, fonctionnaire du service de la pharmacie au ministère de la Santé du Cameroun, explique à IPS que malgré la faiblesse des peines d’emprisonnement prévues (de six jours à six mois) à l’encontre des trafiquants de médicaments contrefaits, la sanction "n’a jamais été appliquée".

        Mais, Abdou Diagne, vendeur ambulant de médicaments contrefaits au marché de Sandaga à Dakar, ne partage pas l’opinion des experts. Selon lui, il n’est pas honnête de dire que le gros des médicaments vendus est d’origine douteuse. «Nous n’avons probablement pas les compétences requises pour vendre les médicaments, mais les produits que nous servons aux populations les soulagent plus qu’ils ne leur causent du tort», déclare-t-il à IPS.Pour sa part, Ami Ndiaye Diouf, secrétaire de direction dans une entreprise à Dakar, affirme avoir souvent eu recours aux médicaments vendus sur le trottoir. «Ce sont des médicaments de bonne qualité que les pharmacies font écouler par le secteur informel pour échapper à toute contribution fiscale et réaliser des bénéfices au-delà des attentes», dit-elle à IPS.

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        AFRIQUE DE L’OUEST: Incertitude sur les OMD de l’eau et l’assainissement

          By Brahima Ouédraogo

          OUAGADOUGOU, 18 fév (IPS) – Seule l’implication des collectivités locales pourra permettre d’atteindre le point 7 des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), relatif à l’eau et l’assainissement, estiment des organisations non gouvernementales (ONG) et leurs partenaires œuvrant dans ces secteurs.

          L’ONG 'WaterAid' et les autres partenaires dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, ainsi que des responsables des collectivités locales de pays d’Afrique de l’ouest, se sont retrouvés à Ouagadougou, au Burkina Faso, dans la deuxième semaine de février. Ils reconnaissent que les pays de la sous-région font des efforts concernant l’eau potable, cependant le volet assainissement est à la traîne et les pays d’Afrique subsaharienne ne pourraient réduire de moitié ceux qui vivent sans latrines qu’en 2076, soit 61 ans après la date butoir de 2015.«Nous cherchons quel type d’appui nous devons donner aux pays pour atteindre des objectifs au niveau local. La seule façon de réussir, c’est la décentralisation dans laquelle les maires sont les maîtres d’œuvre dans la réalisation de ces ouvrages», déclare à IPS, Kossi Wozuamé, chargé de programme à 'WaterAid' au Burkina.«Nous devons nous focaliser au niveau de la commune; une fois que les objectifs sont atteints au niveau des communes, on pourra dire qu’ils sont atteints au niveau des pays», ajoute Wozuame.Selon les ONG, plusieurs pays pourront atteindre les OMD dans le secteur de l’eau où il y a eu des avancées, mais des incertitudes demeurent concernant l’assainissement.«Au niveau de l’eau potable, il y a eu des avancées. On peut dire que le Burkina Faso et le Ghana s’approchent des objectifs, mais pour l’assainissement, tous les pays sont tellement en retard qu’il faut aider les communautés à comprendre que l’assainissement est une priorité, à comprendre l’utilité de ces ouvrages», martèle Wonuzan.

          Le Burkina Faso veut porter son taux actuel pour l’assainissement de 10 pour cent à 54 pour cent en 2015 alors que le taux de personnes ayant accès à l’eau a déjà atteint les 80 pour cent exigés par les OMD.

          Le gouvernement burkinabè a cependant lancé en décembre 2010 une initiative visant la réalisation de 54.000 latrines par an.Selon Emmanuel Ikpe, chargé de la planification à Birim nord, au Ghana, cette décentralisation des OMD au niveau collectivités a permis d’accroître le niveau de prise de conscience des acteurs de la commune sur ces objectifs au sein des communautés concernées.«Les communes étant proches et en contact direct avec les populations, la mise en œuvre des interventions en vue de l’atteinte des OMD devient plus facile», affirme Ikpe à IPS.L’un des acquis de cette décentralisation des OMD est la collecte des données sur les infrastructures réalisées dans les différentes communes et qui ont permis aux techniciens de justifier leur implantation sans trop de pression politique, souligne Ikpe.«On aurait dû commencer par la gouvernance locale, peut être vers 2025, on aura atteint des chiffres acceptables», déclare à IPS, moins optimiste, Fally Badian, sociologue à 'Enda Tiers Monde', une ONG basée à Dakar, au Sénégal.Badian, qui estime que les OMD sont un cadre de référence, reste convaincu qu’en dehors des pays d’Afrique du nord, aucun pays d’Afrique subsaharienne n’atteindra les objectifs dans les secteurs d’eau et d’assainissement en raison de la faible participation des populations locales à la sensibilisation et aux prises de décision sur la question.«Il y a la nécessité de privilégier l’approche participative de faire en sorte que la communauté puisse participer à tous les niveaux pour permettre une véritable prise en charge. Il faut une véritable prise en charge communautaire avec une obligation de rendre compte de ce qui est fait et de ce qui doit être fait», soutient Badian.En 2010, la directrice de la santé publique et de l’environnement à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Maria Neira, avait mis en garde contre la négligence des questions d'assainissement et d'eau potable, qui pourrait entraver la bataille des communautés contre la pauvreté et les problèmes de santé.Par ailleurs, la consommation d'eau insalubre, un assainissement inadéquat et le manque d'hygiène sont à l'origine d'un nombre annuel de décès d'enfants de moins de cinq ans estimé à 2,2 millions. Et 1,5 million de ces décès sont dus à la diarrhée, deuxième cause du fardeau mondial de la maladie.Selon Prince Kreplah, le président du groupe de travail des organisations de la société civile (OSC) pour l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement du Libéria, le gouvernement libérien a développé le processus d’assainissement total porté par les communautés dans 200 communautés du pays suite à la tenue des forums entre les populations, les ONG et les OSC locales.L’un des résultats de cette collaboration est la décision du gouvernement libérien d’investir 0,5 pour cent de son produit intérieur brut (PIB) dans l’assainissement, affirme Kreplah à IPS.En 2008, les taux d’accès à l’eau et à l’assainissement au Libéria étaient de 25 pour cent et 14 pour cent respectivement, et le gouvernement espérait les amener à 50 pour cent et 35 pour cent à la fin de cette année.

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          AFRIQUE DE L’OUEST: Des organisations s’unissent contre le trafic d'enfants

            By Ousseini Issa

            DAKAR, 14 fév (IPS) – Des organisations luttant contre le trafic des enfants en Afrique de l’ouest ont décidé d’unir leurs forces pour une meilleure efficacité de leurs interventions, affirme Moussa Sidikou, qui a été porté à la tête de l’Union des coalitions ouest-africaines (UCOA – pour l’enfance).

            Cette coalition a été créée lors du 11ème Forum social mondial (FSM) tenu du 6 au 11 février 2011 à Dakar, la capitale sénégalaise.

            Ce regroupement, qui comprend des associations et ONG des 15 pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest, constitue «une initiative majeure permettant de mieux lutter contre ce trafic qui prend de plus en plus de l’ampleur en Afrique et dans l’espace CEDEAO en particulier», déclare Sidikou, coordonnateur national de l’ONG 'Ecole-parrainage & actions de développement' (EPAD Niger), basée à Niamey, la capitale.

            «Plusieurs dizaines de milliers d’enfants, en situation de vulnérabilité, sont actuellement menacés par ce trafic dans la sous région», indique à IPS, Mamadou Sissako, un activiste malien des droits humains ayant participé au FSM.Selon Zeinabou Hammadou, une assistante sociale à Niamey, «la paupérisation de plus en plus croissante des familles contribue grandement au développement de ce trafic ignoble».

            «Quand au sein d’un foyer, les parents n’arrivent pas à satisfaire aux besoins les plus élémentaires de leurs enfants comme la nourriture, l’habillement, l’éducation, le risque est grand que ces derniers quittent le foyer pour la rue où ils sont à la merci des trafiquants», explique-t-elle à IPS.

            Pour Sissako, «seule une lutte concertée des organisations intervenant dans nos différents pays permettrait de déjouer les stratégies de plus en plus affinées déployées par les trafiquants d’enfants pour passer entre les mailles des filets».

            «En janvier dernier seulement (2011), vous vous souvenez qu’une fillette nigérienne de cinq ans (Maïmouna) a échappé in extremis à une vente à Sokoto (nord du Nigeria), grâce notamment à la collaboration de la 'National Agency for the Prohibition of Traffic in Persons' (NATIP), une organisation de lutte contre le trafic humain basée au Nigeria», rappelle à IPS, Sidi Abdou, un activiste nigérien des droits humains.

            L’opération de vente, montée par le propre père de la fillette, du nom de Nassirou Mahamadou, a échoué à cause notamment d’une mésentente autour du montant de la transaction fixé à sept millions de francs CFA (environ 16.300 dollars), indique Abdou à IPS.

            En général, les enfants vendus servent d’ouvriers mal payés dans des plantations agricoles ou dans des carrières où ils cassent des pierres en petits morceaux vendus par leurs maîtres aux entreprises de travaux de bitumage de routes.

            «Cette nouvelle structure (sous-régionale) permettra d’élargir, de diversifier et de renforcer les interventions que nous menons déjà, à travers le Réseau Afrique de l’ouest (RAO) pour la protection de l’enfance, créé depuis 2005 par des organisations du Burkina Faso, de Côte d’Ivoire, de Gambie, de Guinée Conakry, de Guinée-Bissau, du Mali, du Niger et du Sénégal», souligne Sidikou.

            «Grâce à cette initiative, des associations de pays comme le Bénin, le Cap Vert, le Ghana, le Libéria, la Sierra Leone, le Nigeria sont officiellement impliquées dans la dynamique de collaboration sous-régionale pour mettre fin à la traite des enfants», ajoute-t-il.

            Selon Lassina Zampou, coordonnateur du RAO-Burkina Faso, le réseau travaille sur deux axes principaux : la récupération et la réinsertion, dans leur communauté, des enfants victimes de la traite, mais aussi la prévention de la pratique.

            D’après Ramatoulaye Bâ, animatrice à 'Enda Jeunesse Action', une organisation non gouvernementale locale basée à Dakar et membre du RAO, l’accent est mis notamment sur les «enfants en rupture familiale», dans le cadre des actions de prévention.

            «Notre travail consiste à aller dans les points de chute de cette catégorie d’enfants pour les identifier, les écouter pour savoir d’où ils viennent et instaurer un climat de confiance entre eux et nous en vue de faciliter leur réinsertion familiale. Nous privilégions cette démarche pour leur éviter d’être tentés par l’aventure hors des frontières», explique Bâ à IPS.

            «Au Burkina Faso, des champs communautaires sont même octroyés aux familles des enfants identifiés afin que celles-ci produisent et génèrent des ressources leur permettant de scolariser leurs enfants», souligne Zampou.

            «L’opération en cours d’expérimentation couvre actuellement trois villages et touche 80 familles. Elle vise à sortir les familles identifiées de la précarité à l’origine de l’abandon des enfants à eux-mêmes», ajoute-t-il.

            Selon Sidikou, la réinsertion de chaque enfant dans sa communauté coûte au RAO au moins 300.000 FCFA (environ 690 dollars).

            «Du démarrage des activités du RAO à cette date (2005 à 2011), nous avons réinséré quelque 1.300 enfants et jeunes au niveau de l’ensemble des pays membres», indique-t-il.

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            AFRIQUE DE L’OUEST: Vigilance malgré une production agricole excédentaire

              By Brahima Ouédraogo

              OUAGADOUGOU, 12 nov (IPS) – Le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) estime que la maîtrise de l’eau est un préalable pour ne pas retomber dans les crises alimentaires en cas de déficit de précipitations.

              Le CILSS lance cet appel à la vigilance malgré la bonne production agricole cette année dans les pays du Sahel et en Afrique de l’ouest, qui est en hausse de 12 pour cent par rapport à l’an dernier.

              La production céréalière prévisionnelle dans la région, sans les statistiques du Sénégal et du Mali, est de 51.031.000 tonnes en 2010 contre 45.486.000 tonnes en 2009, selon le rapport du CILSS sur les productions vivrières, publié le 5 novembre à Ouagadougou."C’est vrai que cette année, nous avons un excédent mais si l’année prochaine, il n’y a pas d’eau, il y aura sécheresse. Donc pour éviter le cycle, il faut maîtriser l’eau. Il est important que tous les pays y pensent", déclare à IPS, Maty Badiao, chef du département information et recherche au Centre AGRHYMET de Niamey, au Niger. Le Centre pour l’agriculture, la recherche hydraulique et météorologique (AGRHYMET) est une agence spécialisée du CILSS.

              Le CILSS dote aujourd’hui les pays membres de plus de 60 pour cent de cadres qui opèrent dans la météorologie, l’agriculture et la sécurité alimentaire pour les innovations technologiques et les politiques visant à mieux affronter les changements climatiques dans la région.

              Selon le CILSS, les hausses significatives de production céréalière sont prévues au Tchad, au Niger et au Burkina Faso.La production de riz qui est estimée à 9.850.000 tonnes est en hausse de cinq pour cent par rapport à la saison écoulée, indique le CILSS. Des baisses de production de riz sont cependant prévues au Bénin, au Togo et au Niger.Selon le CILSS, la production de maïs estimée à 15.439.000 tonnes est en hausse de trois pour cent. Les autres cultures dont l’igname et le manioc se chiffrent respectivement à 55.462.000 tonnes et 76.304.000 tonnes.Les efforts consentis par les Etats et leurs partenaires pour la relance des productions vivrières ainsi que la bonne pluviométrie sont les facteurs de bons résultats de la campagne agricole, souligne le rapport du CILSS.Les pluies irrégulières de 2009 ont causé de graves pénuries d'eau, des récoltes insuffisantes et l'assèchement des zones de pâturages, estime l’ONG britannique Oxfam, entraînant une crise alimentaire pour plus de 10 millions de personnes en Afrique de l'ouest.Le pays le plus durement touché est le Niger où 7,1 millions de personnes ont souffert de famine. Les récoltes ont chuté de 26 pour cent par rapport à l’année précédente et certaines régions, particulièrement à Diffa, dans l’est du pays, et à Tillabéry dans l’ouest, n’ont obtenu aucune récolte, indique Oxfam.Au Tchad, les récoltes ont chuté de 34 pour cent, et près de deux millions étaient menacées de famine. Des régions du Mali, du Nigeria et du Burkina Faso ont été également touchées par la crise alimentaire liée à la sécheresse, selon Oxfam.Le centre AGRHYMET prévoit que d’ici à 2020 et 2050, une baisse de 10 à 50 pour cent de certaines variétés de sorgho et de mil serait due aux changements climatiques."Dans le cadre de la gouvernance globale du climat il faut des structures, des réunions périodiques, au niveau des Etats, qui mettent ensemble toutes les interventions", déclare à IPS, Mohamed Ould Mohamed Mahmoud, directeur général du Centre AGRHYMET.

              Sur les neuf pays membres du CILSS, seul le Cap Vert se situe en deçà du seuil de pénurie d’eau – au-dessous de 1.000 mètres cubes d’eau – renouvelable par an et par personne et en dessous du seuil du stress qui est de 1.700 mètres cubes d’eau par an par personne, indique le CILSS.Initiatives régionales nécessairesCréé au lendemain de la grande sécheresse de 1973, le CILSS critique les neuf pays du Sahel qui ne comptent au total que 20 grands barrages sur les 110 recensés dans l’ensemble des 16 pays d’Afrique de l’ouest et où moins de trois pour cent des terres arables sont irriguées malgré leur niveau élevé de vulnérabilité aux aléas climatiques.La majorité de la population des pays sahéliens vit toujours de l’agriculture pluviale qui occupe 78 pour cent de la main-d’oeuvre contre 61 pour cent dans les pays ouest-africains non-membres du CILSS, souligne l’institution.Le CILSS a formulé deux initiatives qui sont le Programme régional d’appui au développement de la petite irrigation au Sahel; et le Programme régional sur les pluies provoquées, qui souffrent d’un manque d’investissement.Seuls le Mali et le Burkina font déjà l’ensemencement des nuages. Pour Badiao, ce programme devrait exister à l’échelle régionale car, explique-t-elle à IPS, "vous pouvez ensemencer les nuages et les pluies tombent chez le voisin".Par ailleurs, pour mettre les populations à l’abri de l’insécurité alimentaire liée aux aléas climatiques, le CILSS propose aux Etats la reconstitution des stocks nationaux et communautaires de sécurité alimentaire en opérant des achats dans les zones excédentaires."II ne faut pas oublier que nous venons d’une période difficile dans des zones comme le Niger, le nord-est du Mali, le Tchad et le nord du Nigeria. Donc il faut la vigilance pour les populations qui ont perdu leur cheptel, et voir comment elles peuvent avoir accès aux productions car les populations pastorales ne produisent pas ces céréales", avertit Salif Sow, représentant régional du Programme d’alerte précoce contre la faim.

              Sow justifie ses inquiétudes par la hausse des prix des céréales malgré les bonnes prévisions et surtout l’offre limitée du riz qui entraîne une augmentation de 10 à 20 pour cent du prix sur le marché international. Ce qui pourrait "fragiliser" la situation alimentaire des plus démunis.

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              AFRIQUE DE L’OUEST: La dolique à œil noir, une solution pour le développement économique

                By Busani Bafana

                DAKAR, 14 oct (IPS) – La dolique à oeil noir, communément appelée dolique, est le petit nouveau qui fait l’évènement quand il s’agit d’améliorer le bien-être des femmes et de leurs familles en Afrique de l’ouest, selon les chercheurs.

                Les scientifiques réunis à Dakar, au Sénégal pour la cinquième Conférence mondiale de recherche sur la dolique, ont pensé que la dolique à œil noir a le potentiel pour le développement économique et pour l’allègement de la pauvreté dans la région.La conférence, qui a pris fin le 1er octobre, a également appris que la valeur ajoutée de la dolique a la possibilité d’améliorer le bien-être des agriculteurs, des transformateurs et des distributeurs dans la chaîne de valeur de la dolique.La recherche conduite par Miriam Otoo, une étudiante doctorante au département d’économie agricole de l’université de Purdue aux Etats-Unis a présenté une étude sur les entreprises d’alimentation de rue à base de dolique au Niger et au Ghana.L’étude d’Otoo a porté sur les ventes d’akara ou kossaï comme on l’appelle également (un gâteau bien frit vendu sur les marchés de rue). Ce gâteau frit est produit presque entièrement par les femmes et vendu comme un aliment de rue. Les données ont été recueillies au Ghana et au Niger en 2009 à travers des entretiens personnels avec 336 femmes entrepreneurs.Les résultats de l’étude ont indiqué que la production de l’akara ou kossaï est très importante pour le développement économique pour plusieurs raisons.Par exemple, l’étude a révélé que les vendeuses de kossaï gagnent quatre à 16 fois plus de revenus qu’elles n’auraient gagné à partir d’un emploi avec un salaire minimum au Niger et au Ghana, respectivement.La recherche a révélé que les femmes entrepreneurs, dont la majorité n’a eu aucune éducation formelle, ont également utilisé les revenus de leurs affaires pour contribuer directement à la santé, à l’éducation et à d’autres besoins fondamentaux.En outre, plus de 1,2 million de kilogrammes (kg) de dolique sont demandés par les vendeurs de kossaï chaque année à Niamey, au Niger seul, créant ainsi une croissance du marché pour les producteurs locaux de dolique."Etant donné toutes les différentes composantes de la chaîne de valeur de la dolique, les vendeurs de dolique dans les rues utilisent d’importantes quantités de dolique, pourtant c’est un secteur qui est en train d’être négligé en grande partie par les chercheurs", a déclaré Otoo à IPS.Elle a souligné la nécessité d’accroître l’accès des entrepreneurs de dolique au crédit, à l’espace du marché et à de meilleures technologies de transformation afin d’augmenter la production des aliments à base de dolique et de répondre à la demande croissante des consommateurs."Là où le crédit a été accessible aux entrepreneurs d’alimentation de rue, il y a eu un "record enviable de succès" dans leurs entreprises", a noté le rapport.Il est également stipulé qu’il y a présentement très peu de pays africains où les ONG (organisations non gouvernementales) ont fait des efforts pour accorder des prêts de fonds de roulement aux vendeurs de rue. Le rapport a donc recommandé la nécessité d’une intervention du gouvernement.L’étude a également identifié que, pendant que la transformation industrielle de la dolique est pratiquement inexistante en Afrique de l’ouest, la transformation existe dans le secteur informel – surtout dans le secteur de l’alimentation de rue. Et cela a créé une importante demande en dolique.L’entreprise de mouture de l’entrepreneuse Aissatou Diagne Deme produit par mois 800 kg de farine de dolique, tournant à son avantage l’importance croissante de la légumineuse comme une source de nutrition et de revenu."Je fournis de la farine aux boulangers et aux personnes qui l’utilisent pour préparer des repas aux enfants", a déclaré Deme à IPS, lors d’une visite à son entreprise tapie au cœur de Dakar. "J’ai de bonnes commandes et j’aimerais agrandir le marché parce qu’il y a un intérêt croissant pour la farine de dolique".La société de Deme, Les Entreprises de Kumba, est une affaire de réussite en matière de valeur ajoutée à la dolique ou dolique à œil noir, communément appelée niébé, dans la plupart des pays de l’Afrique occidentale francophone.Deme emploie 52 femmes et elle a démarré l’entreprise à la maison en 1994 avec un investissement de 12.000 dollars. Elle a l’œil sur le marché d’exportation de la farine de dolique, mais ce qu’elle produit présentement ne satisfait pas la demande locale. Deme produit déjà la farine du mil qu’elle exporte en Europe et elle est en discussion avec son représentant pour vendre aussi la farine de dolique.Selon l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), plus de quatre millions de tonnes de dolique sont consommées chaque année dans le monde. En Afrique seule, 70 pour cent de cette quantité est consommé. La dolique, ignorée depuis de nombreuses années à cause de la production et de la commercialisation faibles, est revenu comme 'une culture prodige' à cause de sa teneur élevée en protéine, sa capacité d’adaptation face au changement climatique et son importance en tant que fourrage pour le bétail en Afrique.L’Institut de technologie alimentaire de DAKAR, travaillant en collaboration avec le gouvernement du Sénégal, est en train de développer le pain enrichi pour réduire la carence en protéine parmi les écoliers. Le pain enrichi est fabriqué avec du blé, de la dolique et de l’arachide.Mais malgré les nouvelles opportunités offertes par un intérêt nouveau pour la dolique, les approvisionnements en dolique sont faibles pour une utilisation commerciale. Une raison étant le coût de production et la vulnérabilité de la dolique face aux insectes et aux maladies. Selon la revue R4D de septembre 2010 de l’IITA, les ravageurs comme les pucerons et les bruches, attaquent la plante de dolique pendant son cycle de vie; cette plante est aussi endommagée par les bactéries, les champignons et les virus qui causent des maladies."La quantité de dolique produite présentement est insuffisante pour la consommation", a déclaré à IPS Christian Fatokun, un sélectionneur de semences à IITA.Bussie Maziya-Dixon, un spécialiste en utilisation de culture à IITA, est du même avis. "En termes d’utilisation de la farine de dolique, nous avons fait très peu, simplement parce que nous n’avons pas assez de dolique produite pour fournir un surplus en vue de la diversification de son utilisation. Quand elle est disponible, elle est insuffisante pour la fabrication des produits traditionnels auxquels les gens sont habitués".Actuellement, a déclaré Maziya-Dixon, la farine de dolique est utilisée en compléments alimentaires où elle est mélangée avec des céréales comme le mil, le sorgho ou le maïs, pour l’amélioration de la qualité nutritionnelle de ces derniers pour les enfants. La recherche est en train d’aider à renforcer le rôle de la dolique à œil noir en trouvant de solution aux contraintes liées à la production et au stockage.Un physiologiste végétal à l’université de Purdue, Dr. Larry Murdock, a déclaré à IPS qu’il y avait une possibilité de produire des variétés améliorées de dolique qui pourraient offrir une meilleure qualité de mouture étant donné que la dolique aurait différentes caractéristiques nutritionnelles et physiques."Certaines variétés seraient peut-être meilleures que d’autres pour la mouture et ceci pourrait être une opportunité pour les sélectionneurs de dolique", a déclaré Murdock.

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                AFRIQUE DE L’OUEST: Un nouveau vaccin contre la méningite fait ses débuts

                  By Brahima Ouedraogo

                  OUAGADOUGOU, 23 sep (IPS) – Quelque 1,2 million de personnes au Mali, au Niger et au Burkina Faso vont recevoir avant la fin de ce mois de septembre les doses d’un nouveau vaccin conjugué A contre la méningite (MenAfricVac) dans le cadre de la phase pilote d’introduction de ce vaccin.

                  Les trois pays concernés par cette phase pilote sont désignés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme endémiques à la méningite. Contrairement au vaccin qui était jusque-là utilisé et dont la durée de protection n'excédait pas trois ans, le nouveau vaccin immunise pour dix ans les personnes de un à 29 ans.«C’est un ouf, car maintenant le vaccin est disponible, il est homologué par les agences de régulation du pays qui le produit, il est certifié par l’OMS ce qui fait que maintenant on peut l’utiliser», se réjouit Dr Djamila Cabral, la représentante de l’OMS au Burkina.Produit par le Serum Institute of India (SII), le vaccin a pu voir le jour grâce au Projet de vaccination contre la méningite (MVP) d’un coût de 70 millions de dollars financé par la Fondation Melinda et Gates.Le MVP dont le siège est au Burkina Faso est le fruit d’un partenariat entre l’OMS et le Programme pour l’Adaptation des technologies dans la Santé (PATH). Son objectif est d’éliminer les épidémies de méningite en tant que problème de santé publique en Afrique subsaharienne.«C’est une grande victoire de pouvoir lancer aujourd’hui ce test. On est dans la ceinture méningitique et cette campagne va permettre de maîtriser les épidémies de méningite, ce qui est une contribution énorme à la lutte contre [les décès] des enfants de moins de cinq ans et même des plus vieux», se félicite le représentant de l’Unicef au Burkina, Hervé Periés.La méningite, explique l’OMS, est une infection de la fine membrane enveloppant le cerveau et de la moelle épinière. En général, cinq à 10 pour cent des patients atteints de la maladie succombent dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des premiers symptômes et 10 à 20 pour cent de ceux qui s’en sortent présentent de graves séquelles neurologiques, une perte de l’ouïe et des troubles de l’apprentissage.C'est dans la ceinture de la méningite, qui s'étend en Afrique subsaharienne du Sénégal à l'ouest jusqu'à l'Éthiopie à l'est, que l'on enregistre les taux les plus élevés de prévalence de cette maladie. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso appartiennent à cette ceinture.Selon l’OMS, au cours de la saison épidémique de 2009, 14 pays africains ont mis en œuvre une surveillance renforcée qui a permis d'enregistrer un total de 78.416 cas suspectés, dont 4.053 décès, le nombre le plus élevé depuis l'épidémie de 1996.Entre 1995 et 1997, l’épidémie de méningite a fait 25.000 morts sur les quelque 250.000 cas.Le SII doit fournir 25 millions de doses dans les dix prochaines années. Selon le MVP, la dose du nouveau vaccin va coûter 200 francs CFA (environ 0,4 dollar) l’unité, contre 10 à 20 dollars ailleurs dans le monde ou 100 dollars la dose du vaccin tétravalent aux Etats Unis.Selon l’OMS, 500 millions de dollars seront nécessaires pour vacciner les populations de 0 à 29 ans de l’Afrique subsaharienne. L’OMS travaille pour mobiliser ces fonds avec les pays donateurs et les institutions.En décembre prochain, 70 pour cent des 15 millions de Burkinabè seront vaccinés contre la méningite lors du lancement officiel du MenAfricVac par le président Blaise Compaoré, parrain du nouveau vaccin, en présence de la directrice générale de l’OMS.Le ministère de la santé estime que les 30 pour cent restants de la population seront protégés de facto car, selon lui, ce sont les 70 pour cent qui propagent le gène. Le Burkina Faso seul a besoin de 14 millions de dollars pour immuniser sa population cible.Mais déjà quelque 400.000 personnes âgées de zéro à 29 ans vont recevoir cette semaine au Burkina les doses du MenAfricVac dans le cadre de la phase pilote d’introduction du vaccin.«Aujourd’hui est un grand jour car nous l’attendions depuis cinq ans ce nouveau vaccin contre le sérogroupe A», se réjouit le ministre Burkinabé de la Santé Seydou Bouda.Pour Dr Mété Boukoungou, directeur de la Prévention par la vaccination (DPV) au ministère de la santé du Burkina, c’est un réel espoir pour la population et une véritable révolution.La phase pilote de la campagne de vaccination lancée dans ces trois pays d’Afrique de l’ouest doit permettre d'évaluer les effets et l'efficacité du vaccin sur la population et la meilleure organisation pour une vaccination à grande échelle.

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                  AFRIQUE DE L’EST: Mesures d’espoir pour l’avenir des perches du lac Victoria

                    By Arnaud Bébien

                    MWANZA, Tanzanie, 27 août (IPS) – Si la baisse des réserves de perches du Nil dans le lac Victoria n’est pas nouvelle, certaines politiques visant à l’endiguer donnent des résultats encourageants, même si les pêcheurs n’en sont pas encore satisfaits.

                    En cette fin de journée, des pêcheurs reviennent à Mwanza, une ville du nord-ouest de la Tanzanie, sur les bords du lac Victoria. La pêche, comme depuis un certain temps déjà, n’est plus fructueuse dans le plus grand lac d’Afrique. Ils étalent sur la plage la cinquantaine de poissons, qui sont vendus en très peu de temps.

                    Paul Johaiven, 26 ans, est l’un des pêcheurs. Comme nombre d’entre eux, il n’a pas été plus loin que l’école primaire. Faute d’autres débouchés et originaire de la région, il a rejoint les bords du lac Victoria, il y a quelques années, afin de gagner sa vie.

                    Tout le monde ne cherche que la perche du Nil, le seul poisson du lac exportable à l’étranger. Bien qu’à l’origine d’un véritable désastre écologique depuis son introduction dans les années 1950 par les colons britanniques, ce poisson apporte des revenus substantiels à des milliers de pêcheurs de la sous-région.

                    Environ 200.000 tonnes de perches sont exportées chaque année à l’étranger pour un montant proche de 250 millions de dollars sur l’ensemble des trois pays riverains du lac : le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie.Mais le conte de fées est terminé comme le constate Johaiven. «Je ramène toujours moins de poissons. Je dois aussi passer plus de temps sur l’eau, et il m’arrive de pêcher une partie de la nuit», a-t-il dit à IPS.

                    De son côté, Geofrey Rubanza, 32 ans, a déclaré à IPS : «Il n’y a pas si longtemps, on attrapait beaucoup plus de poissons. Maintenant, on doit aller loin du rivage, lancer mille fois nos filets et parfois, on rentre sans rien. Il y a trop de pêcheurs sur le lac, et donc moins de poissons».

                    Les statistiques, fournies par l’Organisation des pêches du lac Victoria (LVFO), vont aussi dans ce sens. Tout d’abord, la taille moyenne des prises tend à se réduire : de 50 centimètres avant 2007, elles ne sont plus que de 25 cm aujourd’hui. Une autre statistique illustre encore mieux la disparition lancinante des poissons du lac Victoria : alors que les pêcheurs rapportaient chaque jour 300 kilos de poissons en 2005, ils n’en ramenaient plus que 80 kilos en 2008, selon la LVFO.

                    Le rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), publié en 2009, est aussi très préoccupant sur les réserves de ce poisson. Entre 1998 et 2008, les stocks de perches du Nil dans le lac ont été divisés par cinq.

                    Mais heureusement, des politiques, menées depuis plusieurs années dans les trois pays riverains du lac, ont donné des résultats positifs. Les derniers relevés réalisés par la LVFO indiquent une augmentation des stocks de perches du Nil. Ainsi, de 340.000 tonnes en 2008, les stocks atteignent aujourd’hui 400.000 tonnes.

                    Même si l’on est encore loin du niveau des stocks de 750.000 tonnes en 2005, cette remontée est encourageante et prometteuse, a déclaré à IPS, John Magufuli, le ministre des Pêches de la Tanzanie. «La tolérance zéro est appliquée au Kenya et en Tanzanie contre la pêche excessive et les méthodes de pêche inappropriées, notamment sur la taille des filets. Je suis persuadé que sur les six prochains mois, les stocks vont continuer de remonter».En Ouganda, les mêmes mesures sont appliquées. De nouvelles mesures vont être introduites bientôt, comme il en a été décidé lors d’une rencontre en juin dernier à Kampala, la capitale ougandaise. Par exemple, lorsque ces mesures entreront en vigueur, les pêcheurs devront payer la location de la partie des plages qu’ils occupent. Ce qui sera totalement nouveau puisque les plages du lac Victoria sont encore publiques et libres d’accès.

                    En outre, comme l’écrivait à la mi-juillet le quotidien ougandais 'New Vision', le nombre de pêcheurs et de bateaux sera limité par l’obtention d’une licence, afin de lutter contre la pêche illicite.

                    «La pêche illicite est l’une des causes de la chute des stocks de poissons dans le lac Victoria. Le manque de contrôles donne une opportunité à certains d’exploiter de manière abusive les ressources du lac», déclarait dans le journal, Nsimbe Bulega, directeur de cabinet du ministère ougandais de la Pêche, qui envisage d’éradiquer le fléau avant la fin de l’année.

                    Mais, un autre problème pointe à l’horizon : celui de l’aquaculture de morues dans certains pays européens, qui réduit les exportations de poissons du lac Victoria. Selon la LVFO, les exportations en tonnages ont chuté de 40 pour cent entre 1999 et 2009. La Belgique, la Grande-Bretagne et la Norvège se sont en effet lancées dans la production de morues qui rencontrent un grand succès.

                    «Nous devons, nous aussi, briller en aquaculture», estime Wilson Mwanja, le commissaire ougandais des pêches, indiquant que «Les stocks de perches du Nil diminuent faute de bons managements».

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                    AFRIQUE DE L’EST: Un cactus mortel mais bon pour nourrir les animaux, selon les recherches

                      By Isaiah Esipisu

                      LAIKIPIA et NAIROBI, Kenya, 20 août (IPS) – Joseph Ole Morijo est déçu par les résultats des recherches selon lesquels le cactus peut être utilisé comme fourrage pour les animaux pendant la sécheresse.

                      Il a du mal à y croire. Surtout après avoir perdu tout son troupeau de 152 chèvres et moutons du fait de cette plante."C'est une plante dangereuse. Je la connais bien et je l'ai vu détruire notre bétail. Elle doit être éradiquée complètement", a déclaré Ole Morijo qui est originaire de Laikipia, sur les terres arides dans le nord du Kenya.Même après l’avoir convaincu qu'il existait d'autres types de cactus qui n'ont pas d'épines, cet éleveur ne pouvait pas accepter de nourrir ses animaux avec une plante qu'il a vu entraîner la mort de son bétail. "Je ne peux pas le croire, avant de le voir", a-t-il dit.L’espèce particulière de cactus dans la région, dont le nom scientifique est Opuntia megacantha, a été introduite à Laikipia et dans d'autres zones arides par les colons au début des années 1960 principalement pour clôturer leurs fermes. Mais dans les parties humides du pays, elle est utilisée à des fins ornementales.Les fruits de cette espèce particulière sont comestibles à la fois par les humains et les animaux. Mais ils ont plusieurs épines pointues, vitreuses, fortes et élégantes qui sont facilement enlevées par les gens avant de consommer la chair juteuse. Cependant, la plupart des animaux avalent les épines, causant ainsi des blessures internes."Les épines blessent tout le canal digestif, de la bouche aux intestins en passant par la gorge et l'estomac", a expliqué John Saikom, un expert vétérinaire à Laikipia. "A cause des blessures surtout dans la bouche, les animaux concernés ont du mal à se nourrir, et dans la plupart des cas ils meurent de faim".Mais une étude publiée en mai par les experts en recherche de l'Institut de recherche agricole du Kenya (KARI) indique que si les bonnes espèces de cactus non épineux sont sélectionnées, elles peuvent offrir l’alimentation indispensable pour le bétail pendant les extrêmes saisons sèches."Il existe deux principaux types d'Opuntia: ceux ayant des fruits épineux, et ceux non épineux. Bien que les deux présentent la même valeur nutritive, le type épineux constitue un défi pour les agriculteurs", a déclaré John Kang'ara, l'un des principaux chercheurs."Cela signifie que si les types épineux doivent être utilisés comme fourrage pour les animaux, les agriculteurs doivent prendre leur temps pour enlever les épines par incinération ou en les raclant avec une machette avant de les donner aux animaux", a expliqué ce chercheur et expert en alimentation animale.Le rapport du KARI, qui a été présenté à la Conférence sur le pastoralisme et l’adaptation au changement climatique en Afrique, à l'Université Egerton, au Kenya, indique que les agriculteurs doivent embrasser les espèces d'Opuntia non épineuses qui comprennent les variétés O. ficus-indica, O. vulgaris et O. leucotricha.Mais il y a très peu d'espèces de ce type qui restent dans le pays. Selon l'étude, les types non épineux se font plus rares en raison de la forte demande. On a constaté que les cactus non épineux et épineux survivent dans des conditions climatiques difficiles, et se reproduisent très généreusement dans différents types de sol. Les cactus – épineux ou non épineux – une fois introduits dans une zone, se multiplient naturellement comme des espèces envahissantes."Les plus courants sont les cactus épineux, qui sont évidemment difficiles à domestiquer à cause de leur nature épineuse", a déclaré Kang'ara. "Il y a par conséquent un besoin pour le gouvernement et les fermiers d’investir dans la propagation de l'espèce sans épines pour remplacer celles qui sont épineuses"."Nous nous sommes intéressés à l’étude de cette plante comme un fourrage potentiel en période de sécheresse après que des responsables du ministère de la Santé du Kenya ont demandé à connaître sa valeur nutritive. C'était après une observation faite dans un endroit appelé Nyeri, où des vaches la mangeaient de plus en plus pendant que la sécheresse de l'année 2008 s’intensifiait", a indiqué Kang'ara.Pendant l'étude, on a noté que les agriculteurs au centre du Kenya qui nourrissaient leur bétail laitier avec le cactus non épineux n’ont perdu aucun de leurs animaux au cours de la dure sécheresse de 2008-2009. Leur bétail produisait toujours du lait et était à même d’être régulièrement en chaleur.Par contre, les habitants de Laikipia North ont dit qu’une grande partie de leur bétail qui se nourrissait des cactus épineux développait des blessures internes, surtout dans la bouche, qui les faisaient mourir de faim."Toutefois, nous avons constaté que la plupart des agriculteurs au centre du Kenya pratiquaient le zéro pâturage et rendaient plus facile la sélection des espèces de cactus sans danger pour leurs animaux. Mais à Laikipia où les animaux étaient rassemblés en troupeau sur la prairie, ils se nourrissaient de toutes les plantes de cactus qu'ils trouvaient, y compris celles épineuses", a déclaré Kang'ara.Selon les chercheurs, utiliser ce qui peut naturellement se développer dans les zones arides est l'une des meilleures méthodes d'adaptation au changement climatique. "Avoir des cactus pour l'alimentation animale évitera à nos animaux de mourir de faim pendant les sécheresses. Les moutons par exemple peuvent survivre avec les cactus pendant 500 jours sans un supplément de n’importe quel autre pâturage ou même de l'eau", a souligné Kang'ara.Les climatologues ont déjà donné un avertissement sonore selon lequel les terres arides sont susceptibles de devenir plus sèches à cause du réchauffement de la planète. Selon un rapport paru dans la revue scientifique 'The Lancet Scientific Peer Reviewed Journal', le Kenya a perdu 40 pour cent de son bétail, 27 pour cent des moutons et 17 pour cent des chèvres du fait de la sécheresse qui a ravagé le pays entre 2005 et 2006.Le KARI a lancé un appel pour des efforts conjugués entre les trois ministères de l'Elevage, de l'Agriculture et des Terres arides dans le nord du Kenya afin de développer, de promouvoir et de commercialiser les cactus tant pour l'alimentation du bétail que des humains."Nous devons sensibiliser les communautés qui ont déjà abandonné les cactus après la mauvaise expérience avec les espèces épineuses", a déclaré Kanga'ra.

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                      AFRIQUE DE L’OUEST: Le nouvel accord sur le cacao est favorable, selon les producteurs

                        By Isolda Agazzi

                        GENEVE, 9 juil (IPS) – Le nouvel accord international sur le cacao provoquera un changement positif sur le marché international de cacao et garantira de meilleurs prix pour les parties prenantes, y compris les petits agriculteurs.

                        Il renforcera également la participation de la société civile et du secteur privé dans l’industrie du cacao, selon Guy-Alain Emmanuel Gauze, ambassadeur représentant permanent de la Côte d’Ivoire aux Nations Unies à Genève et président de la Conférence des Nations Unies sur le cacao.La conférence, qui a pris fin le 25 juin à Genève, a débouché sur la négociation d’un accord qui remplacera l’actuel en 2012. La valeur globale de l’exportation des fèves de cacao pour 2009-2010 est estimée à environ 10 milliards de dollars. La Côte d’Ivoire en est le principal producteur dans le monde – 40 pour cent de la production globale – suivie du Ghana.Gauze estime que le nouvel accord est autant "objectif et équilibré" qu’il renforce le rôle de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) et qu’il établit des mesures permettant de parvenir à des prix équitables pour les fournisseurs, y compris les petits agriculteurs, les transporteurs, les exportateurs et les consommateurs, ainsi que ceux qui apportent de la valeur ajoutée, les importateurs, les industriels, les négociateurs et les acheteurs.L’ICCO est l’organisation qui gère et supervise la mise en application de l’accord.Le Ghana partage les mêmes sentiments que la Côte d’Ivoire concernant le nouvel accord : "Je suis heureux et satisfait. J’espère que les pays membres vont ratifier le traité le plus tôt possible", déclare Anthony Nyame-Baafi, ministre conseiller à la mission permanente du Ghana aux Nations Unies à Genève."Les préoccupations des pays producteurs ont été prises en compte. L’accord contient des objectifs bien définis sur l’économie durable du cacao et promeut des projets de développement. Et, ce qui est très important, il renforce la transparence du marché".Gauze met l’accent sur le fait que "vous ne pouvez pas définir une stratégie de marketing si les règles du marché ne sont pas claires. Vous avez besoin des informations sur la production et la consommation mondiales, les variations de stocks, et le commerce des produits dérivés tels que le beurre, la poudre et la liqueur".Par conséquent, les pays ont convenu de créer un comité économique qui examinera les données statistiques, la consommation, la production, les stocks et tout autre chose qui contribue à la détermination des prix. Les pays producteurs et consommateurs, les organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur privé seront représentés dans le comité. Gauze appelle cela "une grande nouveauté".Le cacao a été l’un des rares produits avantageux, avec le café, qui a résisté aux effets de la crise économique et financière de 2008-2009. En 2009, les prix ont connu une augmentation variant entre 30 et 60 pour cent sur les marchés de Londres et New York.

                        "Les marchés financiers ont investi dans les produits agricoles et les prix ont grimpé", explique Gauze. "Cela est dû en partie à la baisse de l’offre des pays producteurs et à l’augmentation de la demande dans les économies émergentes".Gauze considère l’investissement dans les produits de base comme "une bonne chose car il fait monter les prix. Mais la spéculation à outrance est dangereuse puisqu’elle peut fait descendre les prix. Nous devons voir comment réagir à la spéculation à outrance, peut-être en régulant les marchés".La Côte d’Ivoire a mis en place des mesures pour s’assurer que les augmentations des prix profitent aux petits producteurs aussi."En Côte d’Ivoire, le cacao représente 35 pour cent des exportations nationales. Lorsque les prix sont favorables, le pays gagne beaucoup d’argent, ainsi les petits producteurs doivent-ils aussi bénéficier d’une compensation. Dans tous les pays producteurs, les gouvernements sont conscients de cela. Les prix payés aux petits producteurs sont en hausse depuis les quatre à cinq dernières années", affirme Gauze.Nyame-Baafi ajoute que "cet accord devrait garantir aux producteurs ghanéens des prix plus équitables parce que les pays importateurs ont donné l’assurance qu’il y aura de la transparence dans les informations, à partir des sources à la fois publiques et privées. Nos producteurs auront des informations actualisées sur la consommation du cacao et sur l’utilisation et les prix des principaux produits".Son espoir est que cette nouvelle évolution renforcera le revenu des producteurs et contribuera même à la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement.Une autre avancée significative est que cet accord interdit l’utilisation de produits alternatifs, non seulement du beurre de cacao, comme le permet l’actuel accord, mais aussi de tout autre dérivé – liqueur et poudre – ainsi que de la fève de cacao.Les pays producteurs sont particulièrement satisfaits de cette disposition, poursuit Gauze, puisqu’elle permet de relancer la production et d’augmenter les prix. "Sur le marché international, le prix du beurre de cacao est déjà trois fois plus élevé que celui du beurre de karité et quatre fois plus élevé que celui de l’huile de palme".L’accord renforce la coopération entre les pays membres, les ONG, le secteur privé, les agences de financement telles que les institutions de Bretton Woods, et les agences de développement telles que 'Common Fund for Commodities' (Fonds commun pour les produits de base), une institution financière intergouvernementale établie dans le cadre de l’ONU.Le cacao n’est plus une affaire des gouvernements seuls, déclare Gauze. "Tous ceux qui ont de l’expertise en durabilité sont les bienvenus tant qu’ils apportent des contributions valables. Les pays producteurs, en acceptant le concept de durabilité et la proposition des pays consommateurs d’inclure les ONG, ont prouvé leur courage politique".

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                        Home » Afrique, Developpement, Headlines, Reportage d'Afrique, Santé »

                        AFRIQUE DE L’EST: Des acteurs mondiaux derrière la campagne pour la loi anti-contrefaçon

                          By Wambi Michael*

                          KAMPALA, 31 mai (IPS) – La pression internationale derrière la Loi kényane de 2008 sur les produits contrefaits, une loi controversée, remonte à octobre 2006 lorsque l’Organisation mondiale des douanes a tenu son premier séminaire sur les droits de propriété intellectuelle (DPI).

                          Tenu à Kampala, la capitale de l'Ouganda voisin, le séminaire s’est focalisé sur l’application de ces droits par les gouvernements d'Afrique de l’est.Cette loi kényane était la première d'une série de mesures législatives similaires en Ouganda, en Zambie et au Malawi ainsi qu’au niveau régional dans la Communauté d’Afrique de l’est. Les militants des droits à la santé ont fait campagne contre ces mesures étant donné qu’elles menacent l'accès aux médicaments génériques légitimes qui représentent actuellement environ 90 pour cent des médicaments consommés dans ces pays.Le séminaire de 2006 a été parrainé par les sociétés pharmaceutiques multinationales – GlaxoSmithKline (GSK), basée en Grande-Bretagne et Procter & Gamble, basée aux Etats-Unis – et par d'autres sociétés multinationales.Le cabinet des DPI, Spoor & Fisher, basé en Afrique du Sud, et Channel Islands ont été engagés pour fournir des conseils techniques au cours du séminaire.Peter Malinga, commissaire de l'Ouganda pour la douane, qui est également le président de l'Organisation mondiale des douanes (OMD) en Afrique orientale et australe, a reconnu en parlant à IPS que la réunion de 2006 à Kampala a influencé l’élaboration de la loi du Kenya."Les aspects de ce qui est décrit dans le modèle de loi de l'Organisation mondiale des douanes font partie de la loi kényane récemment promulguée. Mais vous devriez savoir qu'un modèle de loi donne juste des principes directeurs. Il appartient à chaque pays d'appliquer la loi ou non", a-t-il ajouté.L'OMD se décrit comme un "organisme intergouvernemental indépendant dont la mission est d'améliorer l'administration des douanes".Le "modèle de loi" est un document de l’OMD qui contient "des modèles de dispositions pour que la législation nationale mette en application des mesures frontalières justes et efficaces, conformes à l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle touchant au commerce (ADPIC)".Certains contenus de la Loi du Kenya sur les produits contrefaits et le Projet de loi de l'Ouganda sur les produits contrefaits sont semblables à ceux du modèle de loi de l'OMD.Le modèle de loi définit, en particulier, "les biens violant les droits de propriété intellectuelle" comme "tout produit qui est fabriqué, reproduit, mis en circulation ou utilisé en violation des lois sur la propriété intellectuelle et sans le consentement du titulaire des droits ou d'une personne dûment autorisée à le faire par le titulaire des droits".Le modèle de loi de l’OMD indique que le Cycle d'Uruguay de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (le prédécesseur de l'Organisation mondiale du commerce – OMC) avait en partie pour objectif "d’assurer que les mesures et procédures pour mettre en application les droits de propriété intellectuelle ne deviennent pas des obstacles au commerce légitime".La justification pour le modèle de loi, selon le document, est d'aider les gouvernements dans la mise en œuvre des dispositions de l'ADPIC dans les mesures frontalières.Toutefois, cela n'est pas corroboré par sa définition précitée des produits violant les DPI. Cette définition contredit la Déclaration de Doha de l'OMC qui a confirmé que l’ADPIC autorise des mesures telles que l'importation parallèle pour résoudre les problèmes de santé publique.L'importation parallèle implique l'importation de produits non piratés sans l'autorisation du titulaire des droits.Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), "la justification pour l'importation parallèle est de permettre l'importation de produits brevetés dont les prix sont plus bas. L'importation parallèle peut être un outil important permettant l'accès à des médicaments abordables, parce qu’il y a d’importants écarts de prix entre le même produit pharmaceutique vendu sur des marchés différents".Par conséquent, l'importation parallèle est un outil essentiel et légitime pour les pays pauvres s’ils doivent éviter les crises de santé publique.Les politiciens d’Afrique de l’est ont justifié les mesures juridiques de lutte contre les produits contrefaits comme étant nécessaires pour assurer la qualité des médicaments. Mais les promoteurs des droits à la santé considèrent l'usage des autorités douanières comme un signe selon lequel le programme porte sur l'application des DPI plutôt que sur les normes de qualité."Les acteurs engagés [sont] les autorités douanières et la police dont le rôle principal n'est pas la réglementation des médicaments. Les organismes de normalisation sont laissés de côté", a déclaré à IPS, dans un entretien, Sisule Musungu, président de IQsensato, basée à Genève.IQsensato est une organisation de recherche à but non lucratif servant de plate-forme pour les chercheurs du monde en développement afin d'influencer la prise de décisions internationales sur le développement.Selon Musungu, la police et la douane "sont plus faciles à utiliser (pour servir un programme sur les DPI), parce que si vous allez dans les organismes de réglementation des médicaments, ils connaissent les enjeux et vous ne pouvez pas juste leur dire ce qu’il faut faire. Mais si vous allez à la douane, une fois que vous lui donnez la loi, elle l’applique seulement."Elle n’est pas préoccupée par les effets de ce qu'elle fait, alors qu'une personne de la santé saura ce à quoi elle a affaire parce qu'elle connaît la différence entre un produit générique et un produit contrefait et la façon d’y faire face."Si vous êtes vraiment préoccupés par les questions de qualité des médicaments, les personnes vers qui vous allez sont les agences de réglementation des médicaments, le ministère de la Santé et l'OMS".Malinga a confirmé que l’OMD travaille avec les titulaires de propriété intellectuelle pour lutter contre le commerce transfrontalier des produits contrefaits. Il a toutefois nié que l'institution a été utilisée par des entreprises multinationales, y compris les sociétés pharmaceutiques, pour imposer un programme d'application des DPI sous prétexte de la lutte contre les produits contrefaits."Ces personnes qui disent cela, seraient-elles heureuses d'utiliser des médicaments contrefaits ou de faux médicaments pour leurs familles? Et elles affirment que nous essayons d'utiliser cela pour lutter contre les médicaments génériques et l’ADPIC? Je ne pense pas que cela soit vrai", a-t-il confié.Les participants au séminaire ont convenu d'augmenter leur engagement aux organismes internationaux tels que la Chambre de commerce internationale (ICC), qui dirige un programme mondial sur l'application des DPI à travers son Action commerciale pour arrêter la contrefaçon et la piraterie (BASCAP), lancée en 2004. La BASCAP milite également pour le modèle de loi de l'OMD.*Avec un reportage supplémentaire de Christi van der Westhuizen

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                          AFRIQUE DE L’EST: L’UE impatiente fait pression pour un progrès sur l’accord commercial des APE

                            By Adam Robert Green

                            BRUXELLES, 17 mai (IPS) – La Commission européenne est en train d’augmenter la pression sur la Communauté des Etat d'Afrique de l’est (EAC) pour qu’elle signe l'accord de libre échange appelé accord de partenariat économique avec l'Union européenne.

                            Jacques Wunenburger, chef de l’Unité de l'accord de partenariat économique (APE) à la Commission européenne (CE), a déclaré à IPS: "Si aucun APE n’est conclu, ces pays seraient alors logés soit sous "le Système de préférences généralisé" ou sous l’option "Tout sauf les armes", puisqu’il n'existe aucun autre instrument commercial disponible".Ces deux options entraîneraient plus de règles d'origine strictes et des droits plus élevés sur les importations de l'UE qu’un APE, a-t-il affirmé, accablant les entreprises qui achètent des machines et des biens d'équipement de l'Europe.L'APE provisoire, également appelé APE-cadre (FEPA), est la première étape juridiquement contraignante vers un APE complet, un nouveau cadre commercial qui remplace le système commercial préférentiel, non réciproque entre l'UE et les Etat d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) qui a expiré en 2007.Les négociations sont bloquées à cause des craintes de l’EAC concernant la réduction de l'espace politique, la baisse des recettes tarifaires, et les dommages causés à l'industrie locale du fait des importations de l'UE. L'aide de compensation a été également une source de conflit.L'accord demanderait au Burundi, au Kenya, au Rwanda, à la Tanzanie et à l'Ouganda de libéraliser les droits de douane sur 82,6 pour cent des produits importés de l'UE d'ici à 2033, tandis que l'UE libéralise tous les droits de douane sur les biens importés de l’EAC, avec des périodes de transition pour le riz et le sucre.David Hachfeld d'Oxfam-Allemagne a déclaré à IPS que la libéralisation tarifaire pourrait entraîner d’importantes pertes de recettes pour l’EAC.Mais Wunenburger soutient que de telles craintes sont exagérées: "Les commentateurs se réfèrent souvent aux coûts de l'APE, tels que les pertes fiscales à cause de la baisse des droits de douane, sans considérer que le démantèlement tarifaire pourrait attirer plus de commerce, et que l'augmentation des volumes pourrait partiellement compenser la réduction des droits".Les baisses des recettes tarifaires seront progressives.Hachfeld estime par ailleurs que les APE pourraient réduire l'industrie locale. "Les pays de l’EAC ne seraient jamais capables d'augmenter l'industrie dans la concurrence avec l'UE, et ne pourraient pas voir une hausse des exportations, à l'exception des produits alimentaires de base", confie-t-il à IPS.Finalement, il a critiqué la clause controversée de la Nation la plus favorisée (NPF), selon laquelle l’EAC devrait offrir à l'UE les mêmes conditions d’échange que celles qu’elle offre à d'autres régions et pays plus grands."La NPF est importante pour l'UE parce qu’elle voit les économies émergentes telles que l'Inde et la Chine, ou des blocs comme le Mercosur (Marché commun du Sud) en Amérique du sud, comme des concurrents", a-t-il indiqué. "Mais elle limite la flexibilité des pays de l’EAC pour négocier avec différents partenaires et tirer le meilleur parti de chaque accord".Marc Maes, une critique des APE de la coalition des organisations non gouvernementales (ONG) de Belgique, connue sous le code 11.11.11, affirme qu’une autre clause, interdisant des augmentations des taxes à l'exportation, suscite une inquiétude similaire parce qu’elle empêche les gouvernements de contenir le flux de certains produits sortant du pays et qui peuvent être nécessaires pour la construction de l'industrie locale.La CE veut cette clause parce que l'accès aux matières premières est important pour l'industrie de l’UE.La compensation de l'aide pour régler les contraintes imposées au commerce, comme les infrastructures, a été un autre point clé de discorde."Certains pays de l’EAC souhaitent que l'UE promette de l'argent frais, mais l'UE a refusé, affirmant qu'il existe beaucoup d'argent déjà disponible à travers le Fonds européen de développement et l'aide des Etats-membres de l'UE", explique Dr Sanoussi Bilal, chef du programme de coopération économique et commerciale au Centre européen pour la gestion des politiques de développement (ECDPM).L'UE est aussi catégorique "que les négociations des APE ne portent pas sur une nouvelle aide pour des engagements commerciaux", ajoute Bilal. Bruxelles a accepté d'examiner une liste de demandes de financement, mais on ne sait pas encore clairement si cela entraînera de l’argent "frais".Jusque-là, seulement un APE a été finalisé, avec le bloc des Caraïbes, la Communauté des Caraïbes (Caricom). Ailleurs, des négociations ont vu d’importantes différences d'opinion."En Afrique, seuls le Botswana et l’île Maurice sont d'accord avec l’approche globale de l'UE", déclare Maes. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) veut libéraliser environ 67 pour cent de ses marchés en 25 ans plutôt que 80 pour cent, par exemple, en raison des inquiétudes au sujet de la souveraineté alimentaire et du développement économique.Les partisans des APE font remarquer que la part des pays ACP du commerce avec l'UE a baissé sous le système de préférences unilatérales, passant de sept pour cent en 1975 à 2,9 pour cent en 2006, et qu’elle est restée concentrée sur un petit nombre de produits tels que le pétrole, les diamants, le cacao et le bois.Ils soulignent également la nécessité d'un système prévisible, transparent et simplifié, avec des mécanismes appropriés de règlement des différends à travers l'arène de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), plutôt qu'un geste unilatéral élargi par les largesses de l'UE.Ben Bennett, économiste principal à l'Institut des ressources naturelles (NRI), note qu’en dépit du fait que l'accès préférentiel au marché ait été un outil puissant pour générer de la croissance, les pays ayant un avantage comparatif sous-jacent, tel que le Kenya dans l’horticulture, peuvent prospérer sous un APE. Le NRI est un centre de recherche multi-disciplinaire.Les institutions du secteur privé en Afrique de l'est sont de plus en plus impatientes avec les retards. "Une incertitude signifie une politique imprévisible, ce qui freine l'investissement", a déclaré Godwin Muhwezi, porte-parole du Conseil des Entreprises d’Afrique de l’est (EABC).La frustration de la CE est croissante. En février, l’ambassadeur de l'UE en Tanzanie, Timothy Clarke, a déclaré dans un communiqué: "La situation, telle qu'elle se présente actuellement, est intenable. Les pays de l’EAC, malgré la non signature de l'APE, bénéficient d’un libre accès aux marchés de l'UE de la même manière que les autres pays ACP qui ont eu des engagements juridiquement contraignants en signant".Ronnie Hall, une consultante indépendante travaillant avec la Coalition mondiale des forêts et les Amis de la terre, critique cette approche agressive: "L'UE a été assez implacable en opposant différentes régions ACP les unes contre les autres, même en négociant de façon bilatérale avec différents pays au sein des régions de l'APE", a-t-elle déploré.Mais John Clancy, porte-parole de la CE sur le commerce, nie que la CE soit en train d’appliquer une pression excessive. "L'année dernière, l’EAC a présenté un certain nombre de préoccupations et l'UE les a examinées afin de trouver des solutions appropriées et réalisables. N'oublions pas que nous sommes maintenant en 2010, plus de deux ans après avoir paraphé le FEPA, qui n'a pas encore été signé", a-t-il dit.Bruxelles espérait que l'APE provisoire aurait été signé en mars 2009, pour fournir une base juridique solide aux négociations pour des APE complets sur des questions fortement contestées d’investissement, de services et de droits de propriété intellectuelle.

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                            AFRIQUE DE L’OUEST: Manœuvres militaires sous-régionales contre le terrorisme

                              By Brahima Ouédraogo

                              OUAGADOUGOU, 5 mai (IPS) – Les Etats-Unis et leurs alliés européens impliquent davantage les pays ouest-africains voisins du Sahara dans la lutte anti-terroriste à travers un Partenariat transsaharien contre le terrorisme.

                              Nombre de pays de la sous-région et d’autres sont associés aux manœuvres militaires 'Flintlock 2010' qui se déroulent du 3 au 22 mai dans la région.Les Etats sahéliens ont été, depuis ces dernières années, le théâtre d’actions attribuées à des groupes armés qui se réclament du réseau Al-Qaïda au Maghreb islamique. Dans cette zone, sont également présents des groupes criminels qui y pratiquent un trafic et une contrebande de toutes sortes.«Le but de l’exercice est d’améliorer la coopération et l’interopérabilité des forces ouest-africaines, des Etats-Unis et des forces européennes, permettre la communication et la coordination entre plusieurs forces d’une dizaine de pays», a déclaré, Anthony Holmes, commandant adjoint des activités civilo-militaires du Commandement militaire américain pour l’Afrique (AFRICOM).

                              Les manœuvres sont planifiées à partir du Centre de coordination multinationale (MCC) de Ouagadougou, la capitale burkinabé, et sont synchronisées avec des opérations militaires dans d’autres pays. Les manœuvres qui sont supervisées par des officiers américains, impliquent des forces du Burkina Faso, du Mali, du Niger, d’Algérie, du Maroc, de Mauritanie, du Nigeria, du Sénégal, du Tchad et de Tunisie.

                              Des contingents venus de pays européens comme la France, la Belgique, l’Espagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, prennent également part aux manœuvres.Quelque 1.200 militaires, dont 600 membres des forces spéciales américaines, 400 Africains et 150 Européens, participent à l’opération. «Il s’agit d’établir une confiance, de créer des relations avec les forces militaires d’autres pays», a confié Holmes à IPS.L’opération 'Flintlock' a pour objectif d’arrêter les effets négatifs du terrorisme qui nuisent aux pays, mais aussi aux citoyens», a expliqué Max Blumenfeld, chargé des communications du groupement tactique interarmées pour les opérations spéciales dans la région transsaharienne.

                              «La tâche qui est la nôtre est d’autant plus grande que la prolifération des armes et les crises régionales ouvrent des brèches dans lesquelles les organisations terroristes s’engouffrent volontiers pour perpétrer leurs actes meurtriers», a déclaré aux journalistes, le ministre burkinabé de la Défense, Yéro Boly, à l’occasion du lancement des manœuvres, le 3 mai à Ouagadougou.

                              Les forces spéciales américaines participent à la lutte contre Al-Qaïda depuis plusieurs années aux côtés de l’armée algérienne dans le Sahel. Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) est constituée de groupes mobiles qui se déplacent dans une région aride très vaste et impossible à contrôler, selon des observateurs.Washington forme périodiquement des soldats maliens à la lutte contre le terrorisme dans le cadre d’un programme lancé au début des années 2000 et englobant plusieurs pays sahéliens.«C’est aussi une grande chance pour nous de tirer le maximum d’expériences et d’être davantage aguerris pour faire face aux défis nouveaux que nous connaissons de plus en plus dans ce monde», se réjouit Boly.

                              AQMI est accusé d’avoir lancé, ces dernières années, plusieurs attaques en Mauritanie, et détient actuellement deux otages espagnols. Ce groupe est en outre suspecté d’être l’auteur de l’enlèvement, en avril dernier, d’un ressortissant français au Niger.Toutefois, souligne Holmes, les manœuvres militaires actuelles ne chercheront pas à libérer des otages. «Il ne s’agit pas de résoudre le problème des otages. C’est une responsabilité des pays où la prise d’otages a eu lieu», a expliqué le commandant adjoint des activités civilo-militaires d’AFRICOM.

                              En avril, l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger ont installé un centre de commandement militaire dans le sud de l’Algérie pour coordonner leurs efforts contre le terrorisme.

                              «L’éradication du défi terroriste et ses corollaires sont pour la communauté internationale une nécessité impérieuse. Il s’agit d’une exigence morale autant que d’un besoin essentiel de sécurité humaine», a affirmé Boly.Le ministre burkinabé de la Défense estime, par ailleurs, que le succès dans la lutte contre le terrorisme dépend également de l’éradication des fléaux dont se nourrit le terrorisme tels que les crises régionales et la grande pauvreté.Récemment, des députés présents dans la région de Kidal, dans le nord du Mali, ont mis en garde les autorités contre le recrutement des habitants des tribus arabes et touareg par Al Qaida.En exposant la situation sécuritaire dans le nord du mali, notamment l’activité des groupes terroristes, les parlementaires ont déclaré préférer l’option de développement de cette région à la solution militaire. Ils soutiennent que le développement empêcherait l’organisation d’Al-Qaida d’influencer matériellement les jeunes Maliens.«La solution contre le terrorisme ne peut pas être que militaire uniquement étant entendu que le terrorisme n’est pas un ennemi indentifiable; il y a aussi les moyens économiques, car il faut lutter contre certaines causes profondes du terrorisme qui se trouvent dans la pauvreté et les inégalités dans le partage des ressources au niveau des Etats», explique Boly.Pour sa part, Pagomziri Alexandre Ouédraogo, chargé de la bonne gouvernance et des droits de l’Homme au Centre d’études stratégiques pour l’Afrique (CESA), une organisation non gouvernementale, déclare à IPS : «La lutte (contre le terrorisme) est très importante, mais la manière dont elle procède peut décourager les pays africains qui voient cette lutte comme celle des grandes puissances qui ne se retrouvent pas dans la gestion du monde».

                              Les pays africains, ajoute-t-il, sont préoccupés par la pauvreté et la misère. «Il faut davantage dans la lutte contre le terrorisme, intégrer la réduction de la pauvreté et l’amélioration des conditions de vie des pays africains».Mais, l’opération 'Flintlock' a déjà intégré dans ses manœuvres quelques activités civilo-militaires comme les soins en faveur des populations et du bétail dans les zones concernées, selon les organisateurs.

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                              AFRIQUE DE L’OUEST: Ivoiriens et Ghanéens cherchent un accord à leur différend pétrolier

                                By Fulgence Zamblé

                                ABIDJAN, 4 mai (IPS) – Les relations entre la Côte d’Ivoire et le Ghana sont tendues depuis deux mois par la découverte d'un gisement pétrolier offshore au large des côtes ghanéennes. La Côte d’Ivoire en réclame une part en raison du partage de l’espace maritime, mais le Ghana ne semble pas être de cet avis.

                                Le gisement offshore a été découvert par les compagnies pétrolières russe 'Lukoil' et américaine 'Vanco Energy'. Selon les estimations des analystes, le gisement pourrait produire environ 100.000 barils par jour dans le courant de cette année pour atteindre les 200.000 barils par jour au bout de cinq ans. Ce qui ferait du Ghana le 7ème pays africain producteur de pétrole.

                                La Ligue ivoirienne des droits de l'Homme (LIDHO), basée à Abidjan, a souhaité ce mardi 4 mai, que le différend pétrolier qui oppose actuellement la Côte d'Ivoire au Ghana sur la découverte d'un gisement pétrolier aux frontières maritimes des deux Etats, "ne soit pas amplifié" pour donner l'impression qu'un conflit armé peut naître entre ces deux voisins d'Afrique de l'ouest.

                                "Lorsque les faits sont présentés, nous avons l'impression d'être en face d'une crise de grande ampleur. Nous croyons qu'il ne faut pas amplifier les choses, car les deux pays sont suffisamment armés au niveau politique et diplomatique pour s'accorder sur leurs intérêts", a indiqué à IPS, André Kamaté, président de la LIDHO.

                                Les deux pays ont déjà saisi la commission de l’Organisation des Nations Unies en charge des délimitations maritimes sur la question en vue de parvenir à un règlement pacifique. Ils ont également mis en place une commission mixte de délimitation des frontières.

                                La commission mixte a entamé, le 27 avril dernier à Accra, au Ghana, ses travaux pour fixer les modalités des négociations entre ces deux pays voisins, l’objectif principal étant de trouver un accord pour éviter un conflit pétrolier.

                                Le ministre ivoirien de l’Intérieur, Désiré Tagro, qui a pris part à la première rencontre de la commission mixte dans la capitale ghanéenne, a présenté la proposition ivoirienne pour la résolution du différend. Selon le texte publié le 27 avril par le quotidien pro gouvernemental, 'Fraternité Matin', il faudrait employer la méthode du méridien géographique compte tenu de la configuration géométrique de la zone frontalière (les côtes ivoiriennes ont l’allure d’une courbe sortante, alors que celles du Ghana ont une forme convexe).

                                Cette méthode conduirait à utiliser le méridien moyen, situé entre le méridien le plus à l’est du territoire ivoirien et le méridien le plus à l’ouest du Ghana pour aboutir à une délimitation en deux parts égales et un partage équitable de l’espace maritime.

                                Mais, les autorités ghanéennes s’opposent à cette idée, soulignant que la frontière maritime doit épouser la limite utilisée actuellement par les deux compagnies pétrolières nationales que sont la PETROCI (Pétrole de Côte d’Ivoire) et le GNPC (Ghana National Petroleum Corporation).

                                Cette limite, selon le ministre ghanéen des Ressources naturelles, Collins Dauda, "est utilisée et respectée par les deux Etats depuis longtemps grâce à une ligne médiane déjà établie". Les deux Etats n’ont pas encore établi de frontière maritime, selon le ministre.

                                "Quels que soient les arguments techniques et juridiques qui peuvent être développés par les parties en présence, des solutions économiques consensuelles sont envisageables pour la préservation des intérêts mutuels des deux pays frères", a déclaré le ministre ivoirien des Mines et de l’Energie, Augustin Comoé.

                                Pour Maurice Kablan, un historien chercheur, si la Côte d’Ivoire et le Ghana veulent parvenir à un accord rapide et efficace, il leur faudra s’appuyer notamment sur leur histoire qui ne leur a pas permis de tracer, depuis de nombreuses années, les frontières maritimes entre ces deux principaux producteurs mondiaux de cacao.

                                "Ils n’ont pas défini tôt des frontières parce que liés par l’histoire. Ils ont toujours eu le souci de tout partager. Aujourd’hui, les peuples frontaliers des deux pays sont quasiment identiques et partagent certaines cultures", explique Kablan à IPS. "Les accords internationaux sont ce qu’ils sont, mais dans ce cas de figure, il y a des détails culturels à ne pas négliger", souligne-t-il.

                                "Il y a un intérêt particulier pour chacun des deux pays dans cette découverte dans la mesure où ils ont l’intention de se servir des retombées de ce pétrole pour donner un coup d’accélérateur à leur développement", affirme à IPS, Martinien Gadou, un économiste basé à Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

                                Gadou estime qu’au moment où les discussions sont engagées pour trouver un accord, il est important de savoir que "les deux pays ont admis de ne pas se livrer une guerre de pétrole comme on en a connu entre certains Etats africains. Car l’or noir est devenu un enjeu stratégique dans la projection des puissances des Etats".

                                "Si l’on ne tient pas compte des liens politiques et socioéconomiques entre les deux pays, on peut affirmer que la Côte d’Ivoire a fait preuve de laxisme parce que sa politique énergétique et pétrolière n’a pas anticipé sur la recherche de pétrole dont elle commence à dépendre de plus en plus", déclare à IPS, Michel Badou, étudiant en sciences économiques de l’Université de Cocody-Abidjan.

                                Selon Badou, "les difficultés énergétiques auxquelles le pays est confronté depuis quelques années auraient pu permettre aux gouvernants de se lancer beaucoup plus vite à la recherche de ressources pétrolières. Il aurait été certainement le premier à découvrir ce gisement pour être le maître du jeu. Malheureusement, il va devoir subir les règles du jeu".

                                "Que l’accord se fasse dans des discussions directes entre les parties, ou se fonde sur la tradition ou encore que cela soit conclu sur la base des accords internationaux, les deux pays ont intérêt à s’entendre pour éviter le risque de voir s’ouvrir un nouveau foyer de tension", prévient Badou.

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                                AFRIQUE DE L’EST: L’agriculture verte connaît une croissance très rapide

                                  By Isolda Agazzi

                                  NAIROBI, 27 avr (IPS) – L'agriculture biologique utilisant les méthodes de culture naturelles au lieu des engrais et des pesticides a connu des succès importants dans les pays africains – non seulement parmi les agriculteurs, mais aussi chez les consommateurs.

                                  L’Afrique a besoin de tripler sa productivité agricole d’ici à 2050 afin de suivre le rythme de la croissance démographique. Selon un rapport de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture écrit par 400 chercheurs, les petits fermiers et l’agriculture biologique constituent la meilleure façon d’assurer la sécurité alimentaire du continent.Le rapport poursuit que l’agriculture à grande échelle pourrait aider, pourvu qu’elle n’appauvrisse pas les sols et qu’elle ne contribue pas aux changements climatiques. En outre, le commerce doit devenir l’exception et non la règle.Environ 52 pays étaient d’accord et ont adopté en 2008 le rapport appelé l’Evaluation internationale des connaissances agricoles, de la science et de la technologie pour le développement (IAASTD).Il est difficile de dire le niveau exact de la sécurité alimentaire d’un pays, a déclaré Hans Herren, coprésident de l’IAASTD, mais si un pays pouvait assurer au moins 50 pour cent des calories dont sa population a besoin, il vivrait dans l’aisance.Herren, agronome suisse et ancien directeur du Centre international de la physiologie des insectes et de l’écologie (ICEPE), participait à une table ronde organisée à Nairobi par 'Media 21 Global Journalism Network' et qui a pris fin le 16 avril.L’ICEPE est un institut de recherche basé à Mbita, au Kenya, qui étudie les insectes puisqu’ils "entraînent souvent la perte de toutes les cultures et détruisent environ la moitié de tous les produits vivriers récoltés et stockés".L'IAASTD semble être largement oubliée, probablement parce qu'elle appelle à un changement radical de paradigme dans l'agriculture. Le rapport soutient que le monde a besoin d'une nouvelle "révolution verte", mais complètement différente de celle d'Asie, opérée il y a 40 ans, qui a augmenté la productivité agricole avec la mécanisation, les pesticides et les engrais.Cette piste s'est avérée non durable. "L'agriculture est responsable de 32 pour cent des émissions à effet de serre", a fait remarquer Herren. "Aujourd'hui, avec les changements climatiques et l'appauvrissement et l'érosion des sols, nous ne pouvons pas continuer à travailler comme d'habitude. Nous avons besoin de nous tourner vers l'agriculture biologique durable".Eustace Kiarii, directeur général du Réseau d'agriculture biologique du Kenya (KAON), ajoute: "Nous devons changer le modèle agricole industriel guidé par l’exportation et reposant sur le libre-échange des grandes fermes au lieu de développer des marchés locaux, nationaux et régionaux durables". KAON est l'organe national de coordination pour les activités d’agriculture biologique.Dans un pays où 99 pour cent des fermiers possèdent entre un quart et deux hectares de terre et sont incapables d'acheter des pesticides et des engrais, l'agriculture biologique semble être la porte de sortie.Le professeur Zeyaur Khan, un chercheur indien de l’ICEPE, est de cet avis. Pour accroître la productivité agricole, il a développé la "technologie push-pull", une technique pour lutter contre les insectes nuisibles. Une plante appelée desmodium "pousse" la mauvaise herbe striga et les foreurs de tiges hors du champ où ils sont "attirés" (neutralisés) par le napier, une herbe.Kahn explique: "La révolution verte en Afrique passera par l'adoption de technologies à faible coût comme push-pull qui exploitent la science élémentaire et appliquée. Ces technologies règleront la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des petits fermiers sans nécessiter des ressources supplémentaires pour des semences hybrides, la protection des cultures et l'amélioration des sols".Mais d’autres voient autrement. L'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), une organisation non gouvernementale financée par les fondations Rockefeller et Bill Gates, fait la promotion des engrais et des semences pour produire rapidement plus de vivres."Mais si la production alimentaire augmente trop rapidement, dans deux ans, nous aurons trop de vivres et les prix baisseront", a affirmé Herren. "Nous avons besoin du contraire: pour que les agriculteurs obtiennent un revenu suffisant, les prix des produits agricoles doivent augmenter".Kahn estime que les fermiers doivent gagner au moins deux dollars par jour pour rester dans l'agriculture – un revenu réalisable à travers la technique "push-pull".Joan Kagwanja de l’AGRA a confirmé que son organisation "veut accroître l'utilisation des engrais en Afrique". Elle précise: "Sur ce continent, les fermiers utilisent huit kilogrammes d'engrais par hectare, contre 300 à 500 kg par hectare en Europe et en Amérique du nord. C’est toujours très faible".Font-ils également la promotion des organismes génétiquement modifiés (OGM)? "Je ne peux pas répondre par oui ou par non. Nous ne faisons pas la promotion de l'utilisation des OGM, mais de la technologie fondée sur la preuve. Nous appuyons la recherche pour augmenter la productivité. Nous ne sommes pas opposés aux OGM et nous aiderions les pays ou organisations qui demandent de l'aide dans ce domaine", a-t-elle répondu.Mais Nick Nuttall, le porte-parole du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) à Nairobi, a mis en garde contre une "approche selon laquelle une seule taille convient à tous dans l'agriculture". "L’on n'a pas à choisir entre la petite et la grande agriculture. Certes, l'agriculture durable ou biologique emploie plus de personnes que l'agriculture intensive."Dans le passé, l'agriculture biologique était considérée comme un luxe, non pas comme quelque chose pour les petits agriculteurs. Mais la productivité a augmenté: en Afrique de l'est, les rendements ont augmenté de 128 pour cent. L'agriculture biologique permet une meilleure rétention de l'eau et améliore la fertilité du sol. Nous devons être intelligents et ne pas déverser beaucoup de produits chimiques sur les sols fragiles d'Afrique".Su Kahumbu, fondatrice de 'Green Dream Ltd' qui promeut l'agriculture biologique, ajoute: "La demande pour les produits biologiques à Nairobi augmente. Elle permet un meilleur revenu pour les agriculteurs. Toutefois, le défi est d’ajouter de la valeur aux produits en les transformant en jus de fruits ou en confitures, par exemple".Est-ce que son organisation cible le marché étranger? "Notre responsabilité première c’est de nourrir la population du Kenya. L'exportation peut venir plus tard", a-t-elle répondu.La décision des chefs d'Etat africains en 2000 d'allouer 10 pour cent du produit intérieur brut à l'agriculture n'a été mise en œuvre que par quatre pays, dit Herren."Cette question concerne la gouvernance, ici et de l'autre côté de l'océan". Il pense que le principal problème est que le monde occidental dépense un milliard de dollars par jour pour subventionner l'agriculture.

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                                  AFRIQUE DE L’EST: Des lois anti-contrefaçon menacent l’OMD six

                                    By Wambi Michael

                                    ARUSHA, Tanzanie, 8 avr (IPS) – :

                                    Les pays d’Afrique de l'est risquent de ne pas atteindre l'objectif du millénaire pour le développement (OMD) sur le traitement universel des personnes vivant avec le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies si le parlement de la région adopte la politique de lutte contre les produits contrefaits et le projet de loi actuellement à l'étude.

                                    Des représentants de la société civile, des responsables du gouvernement et des experts en propriété intellectuelle annoncent que la région n’atteindrait pas l’OMD six si elle adoptait la politique et le projet de loi proposés, car ils bloqueraient la production et l'importation de médicaments génériques utilisés par les services de soins de santé pour traiter des maladies. Les pays touchés sont l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi et le Kenya.Ce projet de loi et cette politique pourraient saper les progrès récents dans l’augmentation du nombre de cas de traitement des personnes vivant avec le VIH et le SIDA, a déclaré Tenu Avafia, spécialiste des politiques sur la propriété intellectuelle, le commerce et le VIH/SIDA au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).Il a parlé à IPS au cours d’une réunion régionale organisée du 25 au 26 mars par 'Open Society Institute', 'Health Action International Africa' (HAI-Africa) et le PNUD pour discuter de la prolifération des lois contre les produits contrefaits au sein de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC) et ses conséquences pour la santé publique et le développement."Au cours des quatre ou cinq dernières années, nous avons fait de grands progrès dans l’augmentation du nombre de cas de traitement. Nous avons réussi à avoir trois millions de personnes sous traitement dans le monde en 2007. Vers la fin de l'année dernière, il y avait quatre millions de personnes sous traitement. Disposer d’une loi qui limiterait l'utilisation de médicaments génériques dans la région, en particulier les ARV (anti-rétroviraux), aurait pour effet d'étouffer les grands progrès qui ont été faits dans le domaine de l’OMD six", a-t-il déclaré.L’OMD six vise à arrêter la propagation du VIH et du SIDA d'ici à 2015 et à réaliser l'accès universel au traitement pour le VIH et le SIDA d'ici à 2010. Il vise également à freiner et inverser la propagation du paludisme et de la tuberculose d'ici à 2015.Avafia a indiqué à IPS que la Loi anti-contrefaçon de 2008 au Kenya, le projet de loi contre les produits contrefaits en Ouganda et maintenant le Projet de loi contre les produits contrefaits de l’EAC poseraient des problèmes de santé publique en limitant la production locale et l'importation de médicaments génériques."Outre le VIH et le SIDA, nous pensons également qu'il existe d'autres OMD liés à la santé dont la réalisation pourrait être mise en danger par des lois qui entravent l'accès aux médicaments", a-t-il ajouté.Sangeeta Shashikant, conseillère juridique au Réseau du tiers-monde (TWN), a déclaré à IPS que le projet de loi de l’EAC semble réduire tous les produits médicaux génériques à la contrefaçon."La définition indique que [les produits contrefaits] sont fondamentalement des copies identiques des biens protégés [produits] sans l'autorisation du titulaire des droits de propriété intellectuelle de ces produits protégés. Ceci est dangereux pour les pays qui dépendent des médicaments génériques dans le système de soins de santé", a-t-elle dit. Le TWN est "un réseau indépendant international à but non lucratif d’organisations et d’individus impliqués dans les questions relatives au développement, aux affaires du tiers-monde et aux affaires entre le Nord et le Sud".Cette définition va à l'encontre des gains remportés par les pays en développement dans la Déclaration de Doha de l'Organisation mondiale du commerce qui a confirmé l'octroi d'importation parallèle pour résoudre les problèmes de santé publique de l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle touchant au commerce (ADPIC). L'importation parallèle implique l'importation de produits non piratés sans l'autorisation du détenteur du droit d’auteur.Selon l'Organisation mondiale de la santé, "la raison sous-tendant l'importation parallèle est de permettre l'importation de produits brevetés dont les prix sont plus bas. L'importation parallèle peut être un outil important permettant l'accès à des médicaments abordables, parce qu’il y a des différences de prix considérables entre les mêmes produits pharmaceutiques vendus sur des marchés différents".Pour Christa Cepuch, directrice de HAI-Africa, basée à Nairobi au Kenya, "la question de l'accès aux médicaments est essentielle pour faire face au VIH et au SIDA. Au lieu de poursuivre les progrès réalisés jusqu'à présent, ces lois sont maintenant en train de mettre des barrières à l'accès aux médicaments génériques qui ont constitué l'épine dorsale du traitement du VIH au Kenya et en Afrique de l'est en général", a-t-elle expliqué. HAI-Africa est un réseau d'organisations et d'individus impliqués dans des questions de santé et de produits pharmaceutiques qui défendent la santé comme étant un droit humain fondamental.Dr Thomas Walter, directeur de projet pour la promotion de l’ADPIC et des produits pharmaceutiques en Afrique de l'est à la 'Deutsche Gesellschaft Technische for Zusammenarbeiten' (GTZ), a déclaré: "L’interdiction des médicaments génériques en les définissant comme étant des produits contrefaits sera un désastre en termes d’accès aux médicaments et également pour les fabricants locaux que nous encourageons à fabriquer davantage de médicaments génériques. Le projet de loi doit être ajusté".La GTZ est une organisation qui a un mandat du gouvernement allemand pour promouvoir le renforcement des capacités dans les pays en développement.

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                                    AFRIQUE DE L’OUEST: Stopper la circulation du virus de la polio

                                      By Brahima Ouédraogo

                                      OUAGADOUGOU, 15 mars (IPS) – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses partenaires espèrent éliminer la circulation du virus de la poliomyélite dès juin prochain en Afrique de l’ouest en lançant au cours de ce mois les premières journées nationales de vaccination synchronisées de l'année conte cette maladie handicapante.

                                      Seul le Nigeria pourrait aller jusqu’en 2011 pour l’arrêt de la circulation du virus causant la poliomyélite, selon l’OMS. «Nous voulons obtenir dans la région ouest-africaine l’arrêt de circulation du polio virus sauvage dès la fin du mois de juin 2010», espère Dr Bokar Touré, coordonnateur de l’équipe inter-pays de l’OMS pour l’Afrique de l’ouest.

                                      Pour s’assurer un meilleur ratissage de l’opération qui touche plus de 85 millions d’enfants de moins de cinq ans dans 19 pays d’Afrique de l’ouest et du centre dont le Tchad, la Centrafrique et le Cameroun, l’OMS mobilise plus de 400.000 vaccinateurs bénévoles. Et l’OMS travaille en collaboration avec la Fédération des sociétés internationales de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et Rotary International.«Pendant cette période, il y aura beaucoup de rounds synchronisés car la vaccination permet de toucher les populations transfrontalières et les mouvements de populations», ajoute Touré à IPS.Selon les responsables de l’équipe inter-pays de l’OMS, les espoirs d’éradication de la poliomyélite se fondent sur des signes positifs au Nigeria où il a été constaté une amélioration au niveau des enfants non vaccinés qui ont été couverts par le programme et du fait que toutes les résistances socioculturelles à la vaccination sont en train de tomber grâce aux leaders religieux et communautaires.Le Nigeria, reste l’un des pays les plus touchés au monde et l’un des foyers de l’épidémie avec 388 cas représentant 70 pour cent des cas de poliomyélite de la sous-région. Pendant des années, les pesanteurs socioculturelles ont empêché la conduite des opérations de vaccination contre la poliomyélite dans le pays.L’OMS espère, avec les rounds de vaccination synchronisés, combler les insuffisances des séances de vaccinations de routine auxquelles échappent beaucoup de personnes en âge d’être vaccinées. L’organisation onusienne attribue à ces faiblesses l’apparition de 13 et trois cas respectivement en Mauritanie et au Sénégal en 2009.«C’est le rôle des vaccinateurs, des agents de santé d’organiser toute la chaîne de vaccination afin que les enfants qu’on ne voit pas soient enfin vaccinés, et de retourner chercher et retrouver les enfants dont les parents sont réticents», lance Djamila Cabral, la représentante de l’OMS au Burkina Faso. Elle regrette une recrudescence du poliovirus depuis 2008 dans les pays de la sous-région dont le Burkina.

                                      Au Burkina Faso, 15 cas ont été notifiés en 2009 dont le dernier cas en octobre dernier malgré six rounds de vaccination. Or selon l’OMS, chaque cas notifié constitue un risque de contamination de 200 enfants.«On est prêt du but, mais il y a encore des enfants qui échappent à la vaccination et nous devons retrouver tous ces enfants pour les vacciner», déclare Cabral à IPS.Trois millions d’enfants sont concernés par la vaccination cette année au Burkina.

                                      "Tous mes trois enfants sont vaccinés depuis que les journées de vaccination ont commencé; dans notre quartier nous (un groupe de femmes), nous faisons le porte à porte pour rechercher tous les enfants et aider les agents à les vacciner", explique à IPS, Pauline Zampaligré, du quartier Nagrin, dans la banlieue de Ouagadougou, la capitale burkinabé.

                                      "Tous les enfants de la cour sont vaccinés; d'ailleurs nous les faisons vacciner systématiquement dès que les messages à la radio et à la télé annoncent le passage des agents", confie à IPS, Aïssata Nonguierma, une autre ménagère du même quartier. Selon elle, la mobilisation de la population s'explique par la découverte, il y a quelques années, d'un cas de poliovirus dans le quartier.

                                      Selon Dr Kolonpiaré Apiako de la direction régionale de la santé du sud-ouest de pays, «pour une cible de 223.118 enfants attendus, dans les quatre districts sanitaires, nous avons pu vacciner plus de 225.000 enfants, soit 101 pour cent», confie-t-il à IPS.«Il existe tous les moyens d’éradiquer la poliomyélite aujourd’hui. Les moyens financiers sont là; les moyens matériels sont là; les ressources humaines sont la; l’engagement de la communauté et des leaders politiques, tout est là pour que la polio soit boutée hors de notre région», affirme à IPS, le ministre de la Santé du Burkina, Seydou Bouda.La poliomyélite touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Les symptômes initiaux sont la fièvre, la fatigue, des céphalées, des vomissements, une raideur de la nuque et des douleurs dans les membres. Dans un petit nombre de cas, la poliomyélite entraîne une paralysie, souvent définitive. La vaccination est le seul moyen de prévention, selon l’OMS.Une infection sur 200 entraîne une paralysie irréversible, généralement des jambes. Parmi les enfants paralysés, cinq à 10 pour cent meurent par suite de la paralysie de leurs muscles respiratoires, indique l’OMS.

                                      Les cas de poliomyélite ont néanmoins diminué de plus de 99 pour cent entre 1998 et 2006, passant de 350.000 à 1.997 cas déclarés. En 2008, il ne restait plus au monde que quatre pays d’endémie (l’Afghanistan, l’Inde, le Nigeria et le Pakistan), alors qu’ils étaient plus de 125 en 1988.

                                      Lancée en 1988, l'Initiative mondiale pour l'éradication de la polio (GPEI) avait permis de vacciner deux milliards d'enfants, réduisant de 99 pour cent l'incidence de la poliomyélite. Mais l'arrêt des vaccinations en 2004 au Nigeria a largement contribué à la résurgence de la maladie. En 2009, 1.595 enfants dans 24 pays ont été paralysés après avoir contracté la poliomyélite.L’OMS compte réaliser cette année au moins deux journées de vaccination synchronisées contre la poliomyélite. Le deuxième passage des premières journées est prévu à la fin avril.«IL y a beaucoup de mouvements de populations, les pays sont très proches, très ouverts; donc en mettant les populations ensemble (à travers la synchronisation) on arrive à vacciner le maximum, ce qui permet de maximiser les efforts faits par les bailleurs de fonds et les gouvernements des pays affectés», souligne Cabral à IPS.Pour assurer le succès des journées nationales de vaccinations, Dr Touré de l’OMS annonce la formation des agents de terrain, des responsables des programmes élargis de vaccination, et le développement des capacités de renforcement des logistiques car, explique-t-il, les vaccins exigent une chaîne de froid.

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                                      AFRIQUE DE L’EST: Améliorer l’accès local au planning familial

                                        By Isaiah Esipisu

                                        KAMPALA, 1 mars (IPS) – Une grave pénurie de personnel médical hautement qualifié constitue l'un des nombreux défis à relever pour fournir des soins de santé au niveau local dans toute l'Afrique. Le transfert de tâches – permettant aux gens moins spécialisés d’assumer certaines fonctions – est une proposition pour surmonter cela, mais il se heurte à une résistance.

                                        En Ouganda, les agents de santé communautaire peuvent être bientôt autorisés à administrer des contraceptifs injectables dans le cadre d’une stratégie orientée vers la satisfaction des besoins de planning familial. Le même plan a été jusque-là rejeté par les institutions médicales du Kenya.Au Kenya et en Ouganda, des milliers d'infirmiers ou infirmières formés sont soit au chômage ou travaillent dans des secteurs qui n’ont pas de rapport avec leur profession. Les données du gouvernement kényan montrent que le pays a plus de 8.000 infirmiers ou infirmières au chômage – au même moment, le système de santé publique signale un déficit de 44.000 infirmiers ou infirmières."Nous sommes préoccupés par le besoin de plus d’agents de santé dans nos établissements de santé", déclare Dr Francis Kimani, directeur des services médicaux du Kenya, expliquant que les contraintes financières ont conduit à des vacances de postes."Mais le gouvernement a mis en œuvre un arrangement appelé Programme de stimulation économique, à travers lequel 4.200 infirmiers et infirmières ont déjà été interviewés et seront employés cette année au plus tard en mars. En janvier, nous avons recruté 400 infirmiers et infirmières et ils seront maintenant affectés à divers postes incessamment".Mettre les injections entre les mains d’agents formés?Mais, affirme Kimani, le gouvernement ne permettra pas que les agents communautaires assument une fonction auparavant réservée aux infirmiers et infirmières, malgré la grave pénurie de professionnels formés dans les établissements de santé dans tout le pays.Kimani estime que permettre à des non professionnels d'administrer des injections contraceptives pourrait compromettre la prestation de service; l'infection par la stérilisation inappropriée est un risque, ne pas pouvoir reconnaître quand le contraceptif est contre-indiqué en est un autre.Mais selon l’argumentation des organisations non gouvernementales travaillant dans le secteur de la santé, tout indique que la meilleure et la moins coûteuse méthode pour prodiguer efficacement des soins de santé au niveau local est le transfert des tâches aux agents de santé communautaire.C'est l’information donnée par une étude-pilote réalisée par le secrétariat de la Communauté pour la santé d’Afrique de l'est, du centre et du sud (ECSA-HC) pour savoir si les agents de santé locaux, qui distribuent déjà des préservatifs et des pilules contraceptives, pourraient également donner des injections en toute sécurité.L’étude-pilote dans le district de Nakasongola en Ouganda a démontré que les agents de santé communautaire formés, encadrés par un professionnel plus hautement formé, peuvent gérer la procédure.Les résultats correspondent à des essais dans certaines parties de l'Asie. Les premières conclusions d'une étude-pilote similaire en cours dans le district de Tharaka au Kenya montrent des résultats positifs similaires.L’Ouganda examine le transfertLe directeur des services de santé de l'Ouganda, Dr Kenya-Mugisha Nathan, est réceptif à la proposition."En tant que professionnels, nous ne pouvons que prendre une décision fondée sur des preuves. Et les preuves reposent sur les conclusions des recherches. Nous sommes en train d'étudier le rapport de l’ECSA-HC avant de présenter une déclaration de politique à nos décideurs pour la mise en œuvre", avance Dr Nathan.Il estime que la formation des agents de santé communautaire sur la façon d'administrer des contraceptifs injectables est précisément la manière d'éviter de compromettre les services. "Quand nous incluons le mot 'formation', cela signifie doter un individu des compétences nécessaires pour effectuer une tâche donnée", explique-t-il.Au cas où la pratique est approuvée en Ouganda, les agents de santé communautaire, affirme-t-il, seront surveillés et supervisés à toutes les étapes afin de minimiser les risques d'erreur.Apprendre par expérienceToutefois, les cadres du gouvernement kenyan fondent leur résistance sur l'expérience qu’ils ont eue dans le passé avec le transfert de tâches dans un domaine similaire.Les accoucheuses traditionnelles, qui sont les premières personnes appelées pour aider les femmes enceintes rurales et à faible revenu au Kenya, ont reçu une formation pour les aider à identifier les complications précoces et renvoyer ces cas vers des centres de santé mieux équipés et dotés d’un meilleur personnel.Mais dans plusieurs cas, ces accoucheuses utilisaient plutôt le fait de leur formation pour se présenter comme des médecins qualifiés, choisissant de tenter de faire face aux complications elles-mêmes et mettant les mères et les enfants en grand danger en les orientant, désespérément tard, vers les hôpitaux."Tant que nous apprécions le bon travail qui est en train d’être fait par les agents de santé communautaire, nous devons aussi apprendre par expérience", déclare Dr Josephine Kibaru du ministère de la Santé publique et de l'Assainissement du Kenya. "Nous avons beaucoup fait confiance aux accoucheuses traditionnelles, et en conséquence, elles ont fini par faire courir aux femmes des risques plus grands au lieu de les sauver".Elle a toutefois noté que le gouvernement du Kenya reconnaît la communauté comme étant le premier niveau de soins de santé. "Nos ministères de Santé ont mis en place une stratégie communautaire visant à donner des conseils pour la fourniture des services particuliers au niveau communautaire", dit-elle.Des cadres de l’ECSA-HC disent qu'ils continueront à plaider pour qu’une législation soit appliquée dans les pays qui la considèrent comme une démarche positive."Cela ne signifie pas que nous sommes en train de mettre le Kenya à la touche. Non. Le Kenya est toujours un Etat-membre de l'ECSA, et nous avons plusieurs autres choses que nous faisons ensemble pour améliorer la fourniture de santé dans les pays", clarifie Dr Odiyo Odongo, le directeur du Programme de santé familiale et de la santé de reproduction de l'ECSA-HC.

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                                        AFRIQUE DE L’EST: Les femmes veulent la visibilité dans l’union régionale

                                          By Evelyn Matsamura Kiapi

                                          KAMPALA, 19 fév (IPS) – Alors que la Communauté de l'Afrique de l’est (EAC) se dirige progressivement vers une confédération politique, des groupes de défense des droits de la femme des cinq Etats membres font pression en vue d’un protocole d'Afrique de l'est sur le genre et le développement pour combler les fossés entre les sexes dans le processus d'intégration.

                                          Ce protocole, actuellement sous forme de projet, vise à créer des chances égales pour les femmes et aborder les implications du Traité de l’EAC – y compris la formation d'une union douanière, d’un marché commun, d’une union monétaire et de la libre circulation des personnes – à partir d'une perspective liée au genre.Etabli en novembre 1999, ce groupement régional cherche à approfondir la coopération sociale, économique et politique entre ses cinq Etats membres – l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi. Les membres de l’EAC ont formé une union douanière en 2005 et envisagent de créer un marché commun cette année, une union monétaire d'ici à 2012 et une confédération politique d’ici à 2015.Bien que le traité reconnaisse le genre comme l'un des fondements de l'intégration de l’EAC, il existe toujours un grand fossé entre les sexes, déclare Marren Akatsa-Bukachi, directrice exécutive de l'Initiative est-africaine d’appui sous-régional pour la promotion de la femme (EASSI), une organisation féminine qui dirige les activités de la société civile dans la rédaction de l’avant-projet du protocole dans les cinq Etats membres."L’EAC est en voie de se fédérer dans le domaine de la politique, du commerce et des douanes, mais en termes des droits de l’Homme, ces questions ne sont pas abordées. Et en particulier sur les droits de la femme, il y a beaucoup de disparité entre les pays d'Afrique de l’est. Sur la participation des femmes à la prise de décisions politiques, par exemple, le Rwanda a déjà atteint 56 pour cent de représentation des femmes, l'Ouganda est à 33 pour cent et le Kenya à 18 pour cent.Réduire les écarts"Cela (cette disparité) nous a motivés à voir si nous pouvions disposer d'un document unitaire qui pourrait être utilisé pour faire pression en vue d’un traitement uniforme des femmes dans tous les cinq pays. Nous voulons que chaque pays soit comme le Rwanda. Tel est notre idéal", souligne Akatsa-Bukachi. Le protocole veut parvenir à un engagement régional à 50/50 pour cent de représentation des femmes parmi les dirigeants.Les fossés entre les sexes dans les organes de prise de décisions de l’EAC constituent un autre domaine préoccupant. Le sommet des chefs d'Etat et la Cour de justice d’Afrique de l’est sont dominés par les hommes et bien que le conseil des ministres pour les affaires d’Afrique de l'est soit dirigé par une femme, ses membres restants sont tous des hommes."Il est remarquable qu'aucune femme n’a été nommée juge à la Cour de justice de l’EAC malgré l’existence des femmes juges qualifiées dans les pays membres", regrette Akatsa-Bukachi.Le protocole vise à régler d'autres questions communes aux Etats membres de l’EAC telles que les violences faites aux femmes, l'autonomisation économique et la sécurité alimentaire. Il mettra également l'accent sur les questions de santé des femmes, des groupes marginalisés – y compris les personnes handicapées, les jeunes et les médias.Un accord contraignantUne fois approuvé, le protocole deviendra un accord juridique contraignant que tous les Etats membres s'engagent à mettre en œuvre."Nos accords contraignants en termes du processus sensible au genre et d'intégration seront liés par les instruments internationaux dont nous sommes tous signataires, mais également par nos politiques nationales sur le genre et nos constitutions. Nous allons travailler dans les cadres qui existent et les améliorer pour répondre aux normes du processus d'intégration de l’EAC", déclare Lydia Wanyoto, la députée et présidente de la Commission pour le genre et de la Commission des objectifs généraux à l'Assemblée législative d’Afrique de l’est (EALA).Alors que les pays d'Afrique de l’est traînent en termes d’une législation sensible au genre, Wanyoto a grand espoir que cela n'affectera pas les buts et les objectifs du protocole parce que les politiques sont plus importantes que les lois."Les plus grands fossés ne sont pas en réalité dans les lois", dit-elle. "Les interventions stratégiques de base sur le genre sont vraiment politiques. C'est la politique qui mettra en œuvre ce que vous voulez. Par conséquent, les lois que vous mettez en place visent simplement à permettre à cette politique de faire son travail".Intégrer le genre dans l’EACWanyoto affirme qu'un audit est nécessaire à toutes les quatre étapes du processus d'intégration de l’EAC pour éviter d’oublier les droits de la femme: "Nous ne voulons pas avoir l'intégration traditionnelle de genre où toutes les choses ont été déjà faites. Par conséquent, à chaque phase, nous faisons un audit sur le genre pour vérifier si nous répondons aux exigences juridiques nationales et internationales de la parité entre les sexes dans le processus d'intégration."Nous faisons le contraire et c'est pourquoi nous n’avons pas de bons résultats. Ainsi, à chaque stade, nous devons avoir un audit", a-t-elle déclaré à IPS.PartenariatsJusqu'à présent, les gouvernements de tous les cinq Etats partenaires sont favorables au processus de rédaction de l’avant-projet du protocole et s'engagent à garantir des chances égales aux femmes dans tous les secteurs. Ils ont également pris note de la nécessité d'intégrer les questions de genre dans le programme de développement, souligne, au nom du gouvernement ougandais, Alphonse Ojja-Andira, représentant du Protocole de marché commun à l’EAC.Wanyoto est d’accord: "Le gouvernement ougandais est très sensible. Bien sûr, comme tout les autres gouvernements, il est un peu lent. C'est pourquoi il nous incombe en tant que députés de pousser cela (le protocole) et d’en faire notre priorité. S’il y a la volonté et si les mentalités sont bonnes, il n’y a aucun doute que nous ferons bien les choses. Je ne suis pas uniquement optimiste. J’y travaille. Je suis une militante sur cette question".Akatsa-Bukachi reconnaît que le protocole de l’EAC a été inspiré par le Protocole sur le genre et le développement de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui a été approuvé en août 2008.Wanyoto sent que les pouvoirs législatifs contenus dans l’avant-projet de l’EAC le rendent plus définitif et plus direct que le protocole de la SADC.Selon Akatsa-Bukachi, l'objectif est d'obtenir l’approbation du protocole de l’EAC pendant la rencontre des chefs d'Etat en novembre prochain.

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                                          AFRIQUE DE L’OUEST: Une charte pour gérer les ressources du bassin de la Volta

                                            By Noël Kokou Tadégnon

                                            LOME, 7 jan (IPS) – Les pays membres de l’Autorité du bassin de la Volta viennent d’élaborer une charte pour une bonne gestion des ressources liées au fleuve Volta long de 1.850 kilomètres.

                                            Le bassin de la Volta a une superficie totale de 412.000 kilomètres carrés et couvre six pays d’Afrique de l’ouest : Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Bénin, Ghana, Mali et Togo.

                                            Bien que constituant l’un des bassins hydrographiques les plus importants de l’Afrique de l’ouest, ce bassin est resté pendant longtemps en marge du processus conventionnel de mise en place d’organisation de bassin sur le continent et dans la sous-région.«L’eau est transfrontalière et il faut des structures et des textes juridiques pour gérer cette ressource», a expliqué à IPS, Eléonore Bélemlilga, juriste à la direction générale des ressources en eau du Burkina Faso.«Il ne s’agit plus pour chaque pays de gérer à son niveau l’eau, mais il faut des actions concertées et c’est pourquoi nous élaborons ensemble nos règles pour gérer nos ressources», a-t-elle indiqué.En janvier 2007, lors d’un sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), les chefs d'Etat des six pays riverains ont signé une convention instituant le statut de la Volta et établissant l’Autorité du bassin de la Volta (ABV), une structure chargée de coordonner les actions.

                                            Cette convention est entrée en vigueur en août 2009 et stipule que l’ABV est chargée de promouvoir la gestion intégrée et durable des ressources du bassin de la Volta et de protéger l'environnement et l'écosystème du fleuve.Mais, elle n’est pas assez détaillée pour la gestion des ressources du bassin de la Volta alors que la zone est exposée aux changements climatiques, à l'érosion, à la pollution, à des crues extrêmes avec de nombreuses inondations et à une pression démographique.«Il est apparu indispensable d’aller au-delà de la convention en se dotant d’un outil pratique pour gérer au quotidien les ressources de sorte que les bénéfices soient partagés par l’ensemble des pays pour faire face aussi aux conflits qui peuvent naître à l’intérieur des Etats et entre les Etats», a déclaré Jérôme Tiombiano, conseiller technique principal du projet «Gestion intégrée des ressources en eau» (GIRE) du bassin de la Volta.C’est ce qui justifie l’élaboration de la nouvelle charte à l’occasion d’un atelier qui s’est déroulé la semaine dernière à Lomé, la capitale du Togo. «Cette charte qui traite d’une question aux enjeux multiples, est un protocole qui vient en addition à la convention», a–t-il ajouté.La charte vise à déterminer les règles d’utilisation des ressources en eau par les Etats membres de l’Autorité du bassin de la Volta. Elle fixe les principes et les modalités de répartition des ressources en eau du fleuve Volta entre les différents secteurs d’utilisation que sont notamment, l’agriculture, l’élevage, la pêche continentale, l’aquaculture, les mines, l’artisanat, la faune, la flore, l’énergie hydroélectrique, l’alimentation en eau potable et l’assainissement, la navigation et l’environnement.La charte définit également les modalités d’examen et d’approbation de nouveaux projets et harmonise les législations nationales en matière de ressources en eau.

                                            «Il s'agit de mesures pratiques pour que la réalisation d'ouvrages d'utilisation des ressources en eau du fleuve ne crée pas de conflits entre les Etats», a expliqué à IPS, Yao Samuel Attikpo, directeur général exécutif adjoint par intérim de l'ABV.Selon Attikpo, la création d'un barrage dans un des Etats, par exemple, peut créer des inondations ou des pénuries d'eau dans un des autres Etats membres. «Il s'agit de mesures pour éviter que les conflits potentiels, qui naissent de l'utilisation des ressources en eau de ce fleuve, ne deviennent des conflits ouverts», a-t-il souligné. «La charte va rentrer dans les détails et mettre des dispositions pratiques légales sur pied pour que cette gestion soit assez concrète».Selon un document de l'ABV, il existe déjà sur la Volta le barrage d’Akosombo réalisé au Ghana en 1964, avec plus de 60 milliards de mètres cubes de réserve d’eau utilisable et une capacité de stockage de 148 milliards de mètres cubes.Au Burkina Faso, il y a les barrages plus modestes de Bagré, Kompienga et Ziga. Le volume total de stockage dans ces barrages est de moins de quatre milliards de mètres cubes d’eau.

                                            Jusque-là, chaque pays installe et gère ses barrages, indique le document.«Nous nous sommes mis ensemble pour créer l’autorité de gestion du bassin de la Volta, mais pour qu’elle fonctionne, il faut qu’on élabore des règles», a indiqué Dr Michel Nguessan, directeur des ressources en eau de Côte d’Ivoire. «Tout ce que nous faisons entre dans la politique régionale de la CEDEAO et l’eau est un grand facteur d’intégration sous-régionale», a-t-il soutenu.

                                            L’adoption d’une charte de l’eau pour le bassin de la Volta s’inscrit dans le cadre du processus en cours en Afrique de l’ouest visant à doter les bassins partagés d’instruments plus opérationnels, a-t-il ajouté.«Je salue cette initiative visant une gestion efficace des ressources de nos pays et j’espère que les textes adoptés seront pleinement mis à profit», a déclaré Justin Afangbédji, un étudiant de l’Université de Lomé.

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                                            AFRIQUE DE L’EST: Pas de loi pour lutter contre le stigmate du VIH dans les écoles

                                              By Evelyn Matsamura Kiapi

                                              ARUSHA, 9 déc (IPS) – Bien qu'il soit né avec le virus, c'était seulement 15 ans après sa naissance que Robert* et sa famille ont découvert qu'il était séropositif.

                                              Sa mère, Flavia Kyomukama, a été terrassée par la découverte. Kyomukama est aussi séropositive et elle a immédiatement mis son fils adolescent sur la thérapie anti-rétrovirale. Elle est également la coordonnatrice nationale pour la Coalition mondiale des femmes contre le VIH/SIDA, une organisation non gouvernementale locale en Ouganda.Mais Robert, qui a maintenant 19 ans, a cessé de prendre les médicaments qui sauvent la vie il y a deux ans.Il s’est désintéressé de la vie après avoir été confronté à la stigmatisation à l'école. Ce n'était pas seulement les enfants qui lui ont rendu la vie difficile, il y a aussi l'infirmier et le directeur adjoint de l’école.Ses camarades de classe se demandaient pourquoi il était toujours malade et avalait régulièrement des comprimés. Certains camarades d'école ont même commencé à l'éviter."L'infirmier de l’école avait l'habitude de lui demander le type de médicament qu’il prenait et se demandait pourquoi il était toujours malade, parce qu'il était toujours au dispensaire de l'école."Et puis, le directeur adjoint a dit qu'il faisait semblant d'être malade et pourtant, il l’était vraiment. C'est ce qui l’a amené à décider de quitter l'internat", déclare Kyomukama.Son fils a ensuite complètement abandonné l'école. Il ne pouvait pas supporter le stigmate et a même cessé de prendre ses anti-rétroviraux (ARV), parce qu'il était fatigué des effets secondaires, explique-t-elle.L’histoire de Robert est l'une des nombreuses situations auxquelles les enfants vivant avec le VIH sont confrontés dans leurs communautés, y compris les écoles dans les pays de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC) comprenant l'Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda.C’était l’une des quelques informations présentées au cours d'une réunion consultative régionale sur une loi d’Afrique de l’est relative au VIH, tenue à Arusha, en Tanzanie. Les discussions ont porté sur l'élaboration d'une loi pour guider la réponse de la région au VIH/SIDA.Les Réseaux nationaux des organisations des services du SIDA d'Afrique de l'est ont souscrit un contrat avec le groupe de conseils, 'Africa Vision Integrated Strategies', pour examiner les lois existantes sur le VIH dans la région et donner des conseils sur un projet de loi en vue de la nouvelle loi.Des réactions sur les consultations de plusieurs communautés ont montré que la stigmatisation des élèves séropositifs affecte souvent leur capacité à terminer leurs études.Les enfants sont confrontés à la stigmatisation et la discrimination et il n'y a pas de lois ou de politiques pour les protéger dans la région. Il y a même des rapports indiquant que des directeurs d'école rejettent des élèves qui sont séropositifs."Lorsque les enfants sont stigmatisés, ils ne veulent pas aller à l'école. Même si vous les forcez à y aller – et ils n'aiment pas l’enseignant parce que l'enseignant a dit quelque chose qui les a touchés ou que la personne avec qui ils s'assoient les a stigmatisés ou insultés parce qu'ils ont perdu leur mère ou leur père – ils ne se concentreront pas en classe et cela affectera leurs résultats et leur maintien à l'école", indique Kyomukama.Elle affirme qu’il faut davantage de sensibilisation sur le VIH/SIDA dans les écoles. "Il devrait y avoir un accès accru aux services et là où les services ne sont pas disponibles, le gouvernement doit les fournir. Il devrait également exister une sensibilisation dans nos établissements d'enseignement et chez nos travailleurs sociaux".Les pays de l'EAC sont signataires de plusieurs accords internationaux sur la discrimination liée au VIH/SIDA, notamment la Déclaration universelle des droits de l'Homme et la Convention sur les droits de l'enfant. Au niveau national, les pays ont également des dispositions sur les droits de l'enfant.Toutefois, des écarts dans les droits humains par rapport aux enfants et au VIH existent encore, y compris le droit à la protection contre la discrimination. Les activistes contre le VIH/SIDA demandent maintenant l'intervention du gouvernement pour protéger les enfants contre le stigmate et la discrimination.Jérémie Nyegenye, qui fait partie du groupe d’élaboration de la nouvelle loi, déclare que l’équipe a examiné la façon dont l’EAC a fait mieux en termes de discrimination liée au VIH. "Globalement, nous dirions que ce n'est pas satisfaisant. Aucune des juridictions ne dispose de ce que nous appelons une loi complètement globale".Il dit que même dans les pays qui avaient des dispositions pour les enfants séropositifs, le stigmate continue toujours. "Malgré les dispositions, il existe la discrimination dans les écoles".Kyomukama affirme que la question des enfants séropositifs est une question critique qui devrait faire l’objet d’une législation."Dans certains centres de santé, nous n'avons même pas les doses d'ARV pour les enfants. Parfois, ils sont obligés de diviser la dose d'un adulte et cela n'est pas correct. Nous n'avons même pas de personnel qualifié dans le traitement des enfants vivant avec le VIH. Les conseillers et les services pédiatriques sont limités. Il y a nécessité d’accorder à cela l'attention qu'il mérite", souligne-t-elle.Allan Achesa Maleche de 'Africa Vision Integrated Strategies' est d’accord. "Il est important de prendre des dispositions spécifiques pour les enfants au moment de légiférer sur des questions liées au VIH. Cela est fondamental puisque les questions des enfants soulèvent des préoccupations particulières comparativement à celles des adultes".Il est donc impératif d'avoir des clauses spécifiques qui abordent directement les préoccupations des droits humains des enfants dans le contexte du VIH/SIDA."Les principes de l'intérêt supérieur de l'enfant et la non-discrimination doivent être pris en compte", déclare Maleche.*Nom d’emprunt.

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                                              AFRIQUE DE L’OUEST: Renforcer la collaboration sanitaire dans les zones frontalières

                                                By Brahima Ouédraogo

                                                OUAGADOUGOU, 7 oct (IPS) – Au moment où les pays ouest-africains lancent la cinquième opération synchronisée de vaccination contre la poliomyélite, ils ont adopté des mesures pour une meilleure collaboration transfrontalière visant à mieux lutter contre les maladies transmissibles.

                                                Au terme d’une réunion à Ouagadougou, au Burkina Faso, au début de ce mois, les ministres de la Santé de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont décidé de mettre en place un fonds sous-régional facilement mobilisable pour la préparation et la riposte aux épidémies et autres catastrophes, y compris pour l’approvisionnement en vaccins, réactifs et médicaments d’urgence.Chaque Etat a élaboré avec ses voisins un plan harmonisé de mise en œuvre des stratégies de collaboration qui préconisent la mise en place d’un cadre de concertation et de coordination entre pays frontaliers, pour le renforcement de la surveillance épidémiologique et la riposte au niveau des frontières.La coopération entre les Etats devrait favoriser la conduite des activités d’information, d’éducation et de communication en faveur des populations, sur la surveillance et la riposte, et sur le renforcement de la couverture sanitaire aux frontières.

                                                «Les maladies transmissibles continuent de constituer des problèmes de santé publique que nous vivons dans nos Etats. Etant donné la proximité de ces pays, la similarité des pays et les mouvements de populations entre ces pays, tout ce que chaque pays fait individuellement peut être contrarié si les pays à côté ne font pas la même chose», explique à IPS, Dr Djamila Cabral, représentante de l’OMS au Burkina Faso.Après plusieurs années de mise en œuvre de stratégies au niveau national, on se rend compte que les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, constate Cabral.«Aujourd’hui, il semble très clair qu’il faut entamer des activités qui impliquent plusieurs pays à la fois. Cela va aider à surmonter les problèmes posés par les mouvements de populations, mettre en synergie les efforts des pays et permettre la circulation et l’échange d’informations entre les pays», ajoute Cabral.Les ministres de la Santé des pays de la sous-région se sont aussi engagés à relire le protocole d’accord de Ouagadougou du 25 octobre 1996 et assurer son application effective.Suite aux épidémies meurtrières de choléra, de méningite, de rougeole et des fièvres virales enregistrées entre 1995 et 1996, les ministres de la Santé et ceux en charge de l’Intérieur des pays de l’Afrique de l’ouest, de l’Algérie et du Tchad, ont signé, en octobre 1996 à Ouagadougou, un protocole de coopération visant à renforcer la surveillance épidémiologique et la gestion des épidémies dans les zones frontalières.Mais, ce protocole est resté lettre morte jusqu’à ce jour.«Ici à Ouagadougou en 1996, il y a eu une réunion restée dans les couloirs; cette fois, nous allons assurer un suivi, voilà pourquoi l’OOAS (Organisation ouest-africaine de la santé) a été interpellée pour jouer un rôle dans la coordination, la préparation et la réponse aux épidémies dans notre espace», souligne Dr Germaine Austin, directrice des soins et santé primaires à l’OOAS basée à Ouagadougou, la capitale burkinabé. «Cette fois, nous voulons assurer un suivi de la rencontre».L’OOAS doit mobiliser dès 2010 un fonds sous-régional pour la préparation et la réponse aux épidémies et autres catastrophes, y compris pour l’approvisionnement en vaccins, réactifs et médicaments d’urgence, ont annoncé les ministres de la Santé des pays membres de la CEDEAO.Dr Austin confirme que l’OOAS est en train de travailler avec les partenaires au développement pour asseoir un cadre de concertation et de coordination des différentes interventions dans la sous-région.

                                                «Il y a des choses qui se passent mais de façon dispersée, où chaque bailleur de fonds travaille de façon isolée. Nous voulons cette fois des actions concrètes dans les pays et entre les pays parce que les efforts nationaux peuvent porter dans les pays, mais entre les pays, c’est là où se situe le déficit», explique Austin.Selon l’OMS, les flambées de méningite et de rougeole cette année en Afrique de l’ouest – Nigeria, Niger, Burkina Faso – et la résurgence des cas de poliovirus sauvage dans la région africaine avec 915 cas notifiés par 13 pays dont six d’Afrique de l’ouest, militent en faveur d’une coopération urgente entre les Etats frontaliers pour éradiquer les maladies transmissibles.Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo, qui étaient indemnes de poliomyélite depuis trois ans, ont enregistré des cas. Pendant les cinq premiers mois de cette année, 352 cas de poliovirus sauvage ont été enregistrés dans la sous-région, dont 288 au Nigeria, 19 au Bénin, 10 au Burkina Faso, 14 en Côte d’Ivoire et six cas au Togo. La Guinée, le Mali et le Niger ont enregistré chacun un cas dans la même période.Au moment où se tenait la rencontre de Ouagadougou, l’OMS et l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) ont lancé une campagne synchronisée de vaccination contre la poliomyélite au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Libéria, au Mali et en Sierra Leone.En dehors de la poliomyélite, les maladies prioritaires pour les districts frontaliers incluent la méningite, le paludisme, le VIH/SIDA et la rougeole.«Nous avons compris qu’il faut se mettre ensemble pour aboutir à des résultats concrets. Nous allons finaliser bientôt notre plan pour les bailleurs de fonds. Maintenant, la coopération et le cadre de coordination sont formalisés», ajoute Austin de l’OOAS.

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                                                AFRIQUE DE L’OUEST: Le changement climatique et les droits de l’Homme

                                                  By Noël Kokou Tadégnon

                                                  LOME, 23 sep (IPS) – Des représentant des pays d’Afrique de l’ouest et des institutions internationales basées dans la sous-région souhaitent l’utilisation d’une approche basée sur les droits de l’Homme pour répondre aux défis des changements climatiques.

                                                  Pour étudier la prise en compte des droits de l’Homme dans les problèmes de changements climatiques, les pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et les Nations Unies ont organisé une conférence internationale à la mi-septembre à Lomé, la capitale du Togo.

                                                  Environ 80 experts représentant des gouvernements et des institutions internationales ont recommandé la mise en place de mesures pour la protection des diverses catégories de populations victimes des changements climatiques, y compris les migrants, et en particulier les femmes, les jeunes, les enfants, les personnes vivant avec un handicap et d’autres groupes vulnérables afin de préserver la pleine jouissance de leurs droits humains fondamentaux.L'Afrique de l'ouest figure parmi les zones les plus exposées aux effets des changements climatiques, selon des experts de la sous-région. «La terre est gravement malade, et ce, de notre fait», déclare Rosine Coulibaly, la coordonnatrice résidente du système des Nations Unies au Togo.

                                                  «L’évolution récente des émissions de gaz à effet de serre est préoccupante», dit–elle, ajoutant que les énergies fossiles, les ressources naturelles s’épuisent, et le nombre de réfugiés climatiques ne cesse d’augmenter.«Selon le groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), l’Afrique est l’un des continents les plus vulnérables à la variabilité et au changement climatiques, à cause des multiples pressions qu’elle subit et de sa faible capacité d’adaptation», a souligné Coulibaly.Les inondations, la sécheresse, la déforestation et l'assèchement des zones lacustres ont des impacts sur la vie de millions de personnes.

                                                  «Actuellement, nous avons, d'après nos chiffres, plus de 700.000 personnes qui ont été affectées par les inondations en Afrique de l'ouest cette année, plus de 160 morts, environ 25.000 habitations ou maisons ont été détruites, et… les dégâts humains et matériels sont importants», a indiqué à IPS, Hervé De Lys, responsable du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Afrique de l'ouest.Abye Makonnen, représentant régional de l’Organisation internationale des migrations (OIM) a reconnu également que l’Afrique de l’ouest est une des régions les plus vulnérables aux changements climatiques, avec la perte de terres cultivables et habitables, des conflits liés au foncier et aux ressources en eau à l’intérieur ou aux frontières, et l’accélération des mouvements de populations.

                                                  Et les populations de la sous-région voient ainsi leurs droits bafoués. «Le débat a pendant longtemps porté principalement sur les conséquences physiques et naturelles du changement climatique», a reconnu Daniel Eklu, directeur du département des affaires humanitaires et sociales de la CEDEAO. Selon lui, le temps est venu de mieux tenir compte des implications pour les sociétés humaines.«Les changements climatiques ont des répercussions sur les fondements de la vie humaine et touchent directement toute une gamme de droits fondamentaux de la personne tels que le droit à la vie, à la sécurité, à l’alimentation et à l’eau, au logement, à la santé et à un environnement sain, entre autres», a déclaré à IPS, Eklu, qui souligne l’interdépendance entre les droits de l’Homme et le développement durable.Scott Campbell, chef de la division Afrique du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, a également expliqué à IPS que le droit à la vie, à l’alimentation, à l'eau, à la santé, à un logement convenable constituent les droits les plus affectés par les changements climatiques.

                                                  Les participants à la rencontre de Lomé, parmi lesquels des ministres de l’Environnement et des Droits de l’Homme, ont recommandé, par ailleurs, la création d’un fonds spécial pour répondre à l’impact induit du changement climatique sur les populations affectées.Ils ont proposé en outre la rédaction d'un nouvel instrument juridique visant à protéger les personnes déplacées par les effets du changement climatique et qui se retrouvent parfois hors de leur pays d'origine.

                                                  «Cette initiative s’inscrit dans une nouvelle donne qui nous permet de mettre désormais la personne humaine au centre de toutes nos actions», a déclaré à IPS, Hamdou Yakoubou, le ministre des Droits de l’Homme du Togo.«Nous étudions aussi comment nous pouvons nous adapter à cette situation de changement climatique car l'adaptation est pour nous une préoccupation majeure», a indiqué Johnson Boanuh, directeur de l'environnement de la CEDEAO.

                                                  Les recommandations de la rencontre de Lomé seront ajoutées aux propositions communes des pays africains en vue des négociations mondiales sur le changement climatique, prévues en décembre à Copenhague, au Danemark.

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                                                  AFRIQUE DE L’EST: Monter la barre pour l’égalité de genre

                                                    NAIROBI, 16 juillet (IPS) – La mention de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC) suscite d’habitude des réflexions sur le commerce régional, mais une campagne est en cours pour utiliser cet organisation régionale pour promouvoir l’égalité de genre.

                                                    Le traité qui a réinstauré l’EAC en 1999 contient des protocoles sur le rôle des femmes dans le développement de la société. Par exemple, l’article 121 exige que les cinq Etats partenaires élaborent les lois nécessaires pour soutenir "l’implication et la participation totales des femmes dans toutes les étapes de développement, notamment dans la prise de décisions".

                                                    Une décennie après la signature de ce traité, le Rwanda mène le peloton pour assurer la participation équitable des femmes et des hommes au parlement, alors que l’Ouganda, la Tanzanie et le Burundi ont amélioré la participation des femmes à la politique à travers des dispositions constitutionnelles. Le Kenya a fait des progrès insignifiants.

                                                    La campagne pour une Déclaration de l’Afrique de l’est sur l’égalité de genre souhaite que tous les cinq pays soient égaux en termes de lois sur l’égalité de genre et leur application. Elle recherche un seul instrument juridique obligatoire pour régler les lacunes dans les sphères de prise de décisions telles que le parlement à travers la région. Cette campagne est en train d’être menée par l’Initiative sous-régionale d’appui de l’Afrique de l’est (EASSI), une organisation des droits des femmes dont le siège est à Kampala, en Ouganda.

                                                    "Nous voulons rassembler ces préoccupations et faire du lobbying auprès des gouvernements d’Afrique de l’est sur la nécessité d’adopter un tel document s’ils sont sérieux sur le fait d’assurer l’égalité de genre", a déclaré Marren Akatsa-Bukachi, la directrice exécutive de l’EASSI.

                                                    "Il ne s’agira pas seulement d’un document commun spécifiant l’égalité de genre: il est important qu’il oblige les Etats à mettre en place des mesures pour la mise en œuvre de telles spécifications".

                                                    Des experts juridiques, venus de tous les cinq Etats, devraient commencer la rédaction de la déclaration sur l’égalité de genre dans ce mois.

                                                    "Nous espérons que d’ici à la fin de deux années, nos gouvernements vont au moins accepter cette déclaration sur le genre, qui va galvaniser la mise en œuvre des instruments de promotion de l’égalité de genre conformément à l’article 121", a confié Akatsa-Bukachi à IPS.

                                                    L’EASSI est en train de poursuivre sa campagne en faisant pression sur les ministres en charge du Genre, opérant à travers différents canaux, organisant des réunions régionales des activistes des droits des femmes. La plus récente de ces rencontres, tenue à Nairobi, au Kenya à la fin du mois de juin, a critiqué la façon dont les gouvernements avaient ratifié plusieurs directives visant à assurer l’égalité de genre, notamment à divers niveaux de prise de décisions, mais ont refusé de les mettre en œuvre.

                                                    Ces engagements comprennent la Déclaration de Beijing et la Plateforme pour l’action, adoptées par les dirigeants du monde suite à la Conférence des femmes de Beijing, tenue en Chine il y a 14 ans, et le troisième Objectif du millénaire pour le développement de l’ONU. Les deux stipulent l’établissement d’initiatives promouvant un niveau de 50/50 de l’égalité de genre dans tous les secteurs de prise de décisions, avec le dernier portant une échéance de 2015.

                                                    Il faut des progrès en termes de la législation nationale également. Par exemple, en Ouganda, le taux des femmes au parlement est juste au-delà de 30 pour cent, conformément aux exigences constitutionnelles du pays pour la représentation des femmes au parlement et dans le service public. Toutefois, cela est toujours en dessous des objectifs de l’ONU et de la Plateforme de Beijing.

                                                    Les observateurs disent que l’harmonisation des normes nécessite une attention plus grande.

                                                    "Qui est là pour suivre; pour s’assurer que les lois que nous avons en place riment avec les instruments internationaux de promotion de la parité de genre? Tant qu’il n’existe aucun suivi pour voir si ce que notre constitution offre est mis en œuvre en tandem avec les instruments internationaux, la loi demeurera comme l’encre sur papier", a déclaré Béatrice Ngonzi de la section de la Fédération des femmes avocates de l’Ouganda.

                                                    Les taux des femmes parlementaires en Tanzanie et au Burundi s’élèvent respectivement à 30,4 et 30,5 pour cent, selon l’Union interparlementaire. Sur les cinq pays d’Afrique de l’est, le Kenya a le taux le plus bas des femmes au parlement, seulement 9,8 pour cent.

                                                    Le Rwanda a actuellement le taux le plus élevé de femmes parlementaires au monde – 56,3 pour cent – grâce aux lois qui garantissent des sièges pour les femmes au parlement. Eloquemment, le Rwanda a aussi installé un organe de suivi au début de cette année : l’Observatoire du genre est mandaté pour assurer que la parité de genre est soutenue à tous les niveaux du gouvernement.

                                                    Les pas positifs que le Rwanda a faits dans la réalisation de l’égalité de genre l’ont été largement grâce aux programmes massifs de sensibilisation du public menés par le gouvernement et des organisations de la société civile.

                                                    "Il y a eu beaucoup de sensibilisation du public pour soutenir le leadership féminin à tous les niveaux. Nous avons été impliquées dans l’organisation de certaines de ces activités au cours des années", a indiqué Jane Abatoni, la deuxième vice-présidente de 'Profemme Twese Hamwe' ("vers la promotion des femmes" en Kinyarwandara), une organisme faîtier de plus de 50 organisations impliquées dans le plaidoyer pour les droits des femmes.

                                                    Pendant que le Rwanda a fait de pas géants vers la réalisation de l’égalité, le Kenya est à la fin de l’autre éventail. Ce pays n’a voté aucune loi pour soutenir l’égalité. Des analystes disent que de nombreuses déclarations verbales sur la promotion de l’égalité de genre faites par le gouvernement, mais sans force de loi, font peu pour tenir les dirigeants responsables. Par exemple, aucune action n’a suivi une directive du président selon laquelle les femmes doivent constituer 30 pour cent de tous les fonctionnaires nouvellement recrutés.

                                                    "Il y a nécessité d’assurer que de telles directives soient sauvegardées par la loi, ou il doit y avoir certaines méthodes pour surveiller leur mise en œuvre. Sans une législation sur l’égalité de genre dans chaque sphère, nous ne sommes pas du tout en sécurité", a expliqué à IPS, dans un entretien, Wanjiku Kabira, présidente de l’Alliance politique des femmes.

                                                    La campagne pour une Déclaration de l’Afrique de l’est sur l’égalité de genre soutient que le fait d’avoir plus de femmes à des postes critiques de prise de décisions, constitue le début de réparation d’autres injustices liées au genre.

                                                    "Les choses peuvent changer avec un certain nombre de femmes au parlement. Une loi a été votée l’année dernière au Rwanda, prévoyant une punition stricte des auteurs des violences basées sur le genre. Le grand nombre de femmes a assuré le vote de cette loi en douceur, sans problème", a déclaré Abatoni. (FIN/IPS/2009)

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                                                    AFRIQUE DE L’EST: Monter la barre pour l’égalité de genre

                                                      By Joyce Mulama

                                                      NAIROBI, 15 juil (IPS) – La mention de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC) suscite d’habitude des réflexions sur le commerce régional, mais une campagne est en cours pour utiliser cet organisation régionale pour promouvoir l’égalité de genre.

                                                      Le traité qui a réinstauré l’EAC en 1999 contient des protocoles sur le rôle des femmes dans le développement de la société. Par exemple, l’article 121 exige que les cinq Etats partenaires élaborent les lois nécessaires pour soutenir "l’implication et la participation totales des femmes dans toutes les étapes de développement, notamment dans la prise de décisions".

                                                      Une décennie après la signature de ce traité, le Rwanda mène le peloton pour assurer la participation équitable des femmes et des hommes au parlement, alors que l’Ouganda, la Tanzanie et le Burundi ont amélioré la participation des femmes à la politique à travers des dispositions constitutionnelles. Le Kenya a fait des progrès insignifiants.La campagne pour une Déclaration de l’Afrique de l’est sur l’égalité de genre souhaite que tous les cinq pays soient égaux en termes de lois sur l’égalité de genre et leur application. Elle recherche un seul instrument juridique obligatoire pour régler les lacunes dans les sphères de prise de décisions telles que le parlement à travers la région. Cette campagne est en train d’être menée par l’Initiative sous-régionale d’appui de l’Afrique de l’est (EASSI), une organisation des droits des femmes dont le siège est à Kampala, en Ouganda."Nous voulons rassembler ces préoccupations et faire du lobbying auprès des gouvernements d’Afrique de l’est sur la nécessité d’adopter un tel document s’ils sont sérieux sur le fait d’assurer l’égalité de genre", a déclaré Marren Akatsa-Bukachi, la directrice exécutive de l’EASSI.

                                                      "Il ne s’agira pas seulement d’un document commun spécifiant l’égalité de genre: il est important qu’il oblige les Etats à mettre en place des mesures pour la mise en œuvre de telles spécifications".Des experts juridiques, venus de tous les cinq Etats, devraient commencer la rédaction de la déclaration sur l’égalité de genre dans ce mois.

                                                      "Nous espérons que d’ici à la fin de deux années, nos gouvernements vont au moins accepter cette déclaration sur le genre, qui va galvaniser la mise en œuvre des instruments de promotion de l’égalité de genre conformément à l’article 121", a confié Akatsa-Bukachi à IPS.

                                                      L’EASSI est en train de poursuivre sa campagne en faisant pression sur les ministres en charge du Genre, opérant à travers différents canaux, organisant des réunions régionales des activistes des droits des femmes. La plus récente de ces rencontres, tenue à Nairobi, au Kenya à la fin du mois de juin, a critiqué la façon dont les gouvernements avaient ratifié plusieurs directives visant à assurer l’égalité de genre, notamment à divers niveaux de prise de décisions, mais ont refusé de les mettre en œuvre.Ces engagements comprennent la Déclaration de Beijing et la Plateforme pour l’action, adoptées par les dirigeants du monde suite à la Conférence des femmes de Beijing, tenue en Chine il y a 14 ans, et le troisième Objectif du millénaire pour le développement de l’ONU. Les deux stipulent l’établissement d’initiatives promouvant un niveau de 50/50 de l’égalité de genre dans tous les secteurs de prise de décisions, avec le dernier portant une échéance de 2015.Il faut des progrès en termes de la législation nationale également. Par exemple, en Ouganda, le taux des femmes au parlement est juste au-delà de 30 pour cent, conformément aux exigences constitutionnelles du pays pour la représentation des femmes au parlement et dans le service public. Toutefois, cela est toujours en dessous des objectifs de l’ONU et de la Plateforme de Beijing.Les observateurs disent que l’harmonisation des normes nécessite une attention plus grande.

                                                      "Qui est là pour suivre; pour s’assurer que les lois que nous avons en place riment avec les instruments internationaux de promotion de la parité de genre? Tant qu’il n’existe aucun suivi pour voir si ce que notre constitution offre est mis en œuvre en tandem avec les instruments internationaux, la loi demeurera comme l’encre sur papier", a déclaré Béatrice Ngonzi de la section de la Fédération des femmes avocates de l’Ouganda.

                                                      Les taux des femmes parlementaires en Tanzanie et au Burundi s’élèvent respectivement à 30,4 et 30,5 pour cent, selon l’Union interparlementaire. Sur les cinq pays d’Afrique de l’est, le Kenya a le taux le plus bas des femmes au parlement, seulement 9,8 pour cent.

                                                      Le Rwanda a actuellement le taux le plus élevé de femmes parlementaires au monde – 56,3 pour cent – grâce aux lois qui garantissent des sièges pour les femmes au parlement. Eloquemment, le Rwanda a aussi installé un organe de suivi au début de cette année : l’Observatoire du genre est mandaté pour assurer que la parité de genre est soutenue à tous les niveaux du gouvernement.Les pas positifs que le Rwanda a faits dans la réalisation de l’égalité de genre l’ont été largement grâce aux programmes massifs de sensibilisation du public menés par le gouvernement et des organisations de la société civile.

                                                      "Il y a eu beaucoup de sensibilisation du public pour soutenir le leadership féminin à tous les niveaux. Nous avons été impliquées dans l’organisation de certaines de ces activités au cours des années", a indiqué Jane Abatoni, la deuxième vice-présidente de 'Profemme Twese Hamwe' ("vers la promotion des femmes" en Kinyarwandara), une organisme faîtier de plus de 50 organisations impliquées dans le plaidoyer pour les droits des femmes.

                                                      Pendant que le Rwanda a fait de pas géants vers la réalisation de l’égalité, le Kenya est à la fin de l’autre éventail. Ce pays n’a voté aucune loi pour soutenir l’égalité. Des analystes disent que de nombreuses déclarations verbales sur la promotion de l’égalité de genre faites par le gouvernement, mais sans force de loi, font peu pour tenir les dirigeants responsables. Par exemple, aucune action n’a suivi une directive du président selon laquelle les femmes doivent constituer 30 pour cent de tous les fonctionnaires nouvellement recrutés.

                                                      "Il y a nécessité d’assurer que de telles directives soient sauvegardées par la loi, ou il doit y avoir certaines méthodes pour surveiller leur mise en œuvre. Sans une législation sur l’égalité de genre dans chaque sphère, nous ne sommes pas du tout en sécurité", a expliqué à IPS, dans un entretien, Wanjiku Kabira, présidente de l’Alliance politique des femmes.

                                                      La campagne pour une Déclaration de l’Afrique de l’est sur l’égalité de genre soutient que le fait d’avoir plus de femmes à des postes critiques de prise de décisions, constitue le début de réparation d’autres injustices liées au genre.

                                                      "Les choses peuvent changer avec un certain nombre de femmes au parlement. Une loi a été votée l’année dernière au Rwanda, prévoyant une punition stricte des auteurs des violences basées sur le genre. Le grand nombre de femmes a assuré le vote de cette loi en douceur, sans problème", a déclaré Abatoni.

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                                                      AFRIQUE DE L’OUEST: Des forêts communales pour mieux préserver les ressources

                                                        MEGUET, 13 juillet (IPS) – Harouna Sawadogo, l’un des membres du comité de gestion de la forêt communale de Méguet, une localité de l’ouest du Burkina Faso, est fier des 350 hectares qu’ils ont réussi à transformer en sanctuaire d’animaux et d’espèces végétales en voie de disparition.

                                                        «Nous avons choisi 16 personnes dont six femmes qui font la ronde chaque jour pour surveiller la forêt afin que personne n’y rentre», affirme à IPS, Sawadogo dont la localité est située à 145 kilomètres à l’est de Ouagadougou, la capitale burkinabé. «C’est seulement la peur des feux aux alentours qui oblige cette ronde», ajoute-t-il, visiblement heureux d’expliquer comment l’implication de la communauté a permis de réaliser un exemple de forêt communale.

                                                        La forêt de Méguet a été découverte par le grand public lors du premier congrès des pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et du Cameroun, en vue de susciter et d’accompagner le développement des forêts communales dans ces pays.

                                                        La rencontre qui s’est déroulée fin-juin à Ouagadougou, était organisée par la Fédération des communes forestières de France (FNCOFOR) et placée sous l’égide de la CEDEAO. Elle s’inscrivait dans le contexte de la décentralisation et du transfert aux collectivités locales des compétences en matière de ressources naturelles.

                                                        «C’était une forêt banale au départ et la commune, avec l’apport des partenaires du nord, ont travaillé pour en faire une forêt protégée après que les populations se sont organisées en comité de gestion avec l’aide des services des eaux et forêts», explique le ministre burkinabé de l’Environnement et du Cadre de Vie, Salifou Sawadogo.

                                                        La forêt appartient aux 20 villages de la commune de Méguet dont les populations s’occupent du reboisement et de l’introduction des espèces. La touffe (des plantes ayant bien poussé) a même fait revenir des animaux comme les biches et guibs ainsi que d’autres espèces de plantes qui avaient tendance à disparaître.

                                                        «Nous nous sommes compris et personne n’y entre, pas de divagation d’animaux ni de coupe abusive de bois», affirme Harouna Sawadogo.

                                                        Les communes vont jouer un rôle important dans la gestion des ressources forestières en vue d’accompagner la décentralisation qui est de plus en plus effective dans les pays de la CEDEAO, explique à IPS Léko, chargé de programme principal pour la forêt à la direction de l’environnement dans l’organisation régionale.

                                                        «Avec cette nouvelle approche de gestion de forêts, les transferts de compétences inscrits dans les textes de la décentralisation vont devenir réalité. Et avec ça, les plans de développement des communes vont accorder plus d’intérêt à la gestion des ressources forestières dans leur planification», ajoute Léko. «La commune constitue l’entité la plus proche des populations, donc des communautés locales».

                                                        Les forêts constituent la principale source d’énergie domestique pour environ 80 pour cent des populations de la CEDEAO, mais également une source pour la pharmacopée traditionnelle, l’alimentation, et une source de revenu.

                                                        La CEDEAO constate cependant que la dégradation des ressources forestières, dans la région, est l’un des plus fortes au monde car 900.000 hectares de forêts et terres boisées représentant 1,17 pour cent y sont détruits par an.

                                                        A l’issue de la rencontre, la CEDEAO a décidé d’apporter un appui politique et technique aux communes et faire un lobbying auprès des Etats, des partenaires techniques et financiers pour un soutien aux initiatives locales visant à préserver les forêts.

                                                        «Ce qui est important, c’est cette volonté de commencer tout de suite, d’une façon concrète, à faire des démonstrations que la gestion des forêts communales peut se faire dans chacun des pays», déclare à IPS, Jean Claude Monin, président de la Fédération internationale des communes forestières et président de la FNCOFOR.

                                                        La FNCOFOR regroupe près de 5.000 communes françaises propriétaires de forêts couvrant près de 2,5 millions d’hectares et produisant près de 20 millions de mètres cubes de bois par an.

                                                        «Nous sommes heureux de pouvoir contribuer à cette émergence de la responsabilité organisée des élus locaux de l’ensemble des pays d’Afrique de l’ouest pour ce qui concerne les forêts», ajoute Monin.

                                                        La commune de Mayahi, dans la région de Maradi au Niger, a déjà une petite expérience dans la gestion de la forêt communale et reconnaît que les avantages sont aujourd’hui évidents après les premières difficultés liées à la mobilisation des populations et à la définition des frontières des communes.

                                                        Selon Abdou Neino, maire de la commune urbaine de Mayahi qui a été la première à expérimenter cette gestion décentralisée des forêts au Niger, l’initiative a consisté à diviser les plantations de doums qui s’étendent sur 70 kilomètres entre les quatre communes, en collaboration avec les chefs traditionnels, l’administration et les élus locaux.

                                                        «Chaque commune connaît les limites de son territoire, et depuis ce temps, avec la chefferie et l’administration, on a balisé pour séparer les aires cultivables et l’aire pastorale pour gérer les conflits. Pendant hivernage, l’éleveur connaît où se limiter… et celui qui entre dans le domaine de l’autre est arrêté», indique Neino, affirmant que les conflits sont devenus rares dans sa région.

                                                        «La responsabilisation des communes est une bonne chose car les forestiers ne sont pas en nombre suffisant pour gérer les ressources forestières; or il faut une gestion rapprochée pour préserver les forêts», explique à IPS, Adama Doulkom, directeur des forêts du Burkina.

                                                        Selon Doulkom, le code forestier et le code des collectivités du Burkina prévoient la création des forêts communales. Plus de 300 forêts communales, dont les superficies varient de 100 à 1.000 hectares, attendent d’être cédées aux collectivités lors de la mise en œuvre des textes de la décentralisation.

                                                        Après la rencontre de Ouagadougou, des sites pilotes ont été créés en Côte d’Ivoire, au Burkina et en Gambie, qui pourraient faire école pour les autres pays de la sous-région.

                                                        La FNCOFOR, qui suscitera et appuiera les programmes forestiers des communes réunies en association dans le cadre de la coopération décentralisée, soutient déjà des programmes au Cameroun et au Bénin. Au Bénin, un programme d’appui aux forêts communales est en cours d’élaboration avec l’appui technique de l’Agence française de développement.

                                                        Au Cameroun, un programme de 13 millions d’euros permettra la création de 50 forêts communales sur 1,2 million d’hectares dans les provinces de l’est (site de Bertoua), du centre et du sud (site de Yaoundé), et de l’ouest (site de Foumbam). (FIN/IPS/2009)

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                                                        AFRIQUE DE L’OUEST: Des forêts communales pour mieux préserver les ressources

                                                          By Brahima Ouédraogo

                                                          MEGUET, Burkina Faso, 10 juil (IPS) – Harouna Sawadogo, l’un des membres du comité de gestion de la forêt communale de Méguet, une localité de l’ouest du Burkina Faso, est fier des 350 hectares qu’ils ont réussi à transformer en sanctuaire d’animaux et d’espèces végétales en voie de disparition.

                                                          «Nous avons choisi 16 personnes dont six femmes qui font la ronde chaque jour pour surveiller la forêt afin que personne n’y rentre», affirme à IPS, Sawadogo dont la localité est située à 145 kilomètres à l’est de Ouagadougou, la capitale burkinabé. «C’est seulement la peur des feux aux alentours qui oblige cette ronde», ajoute-t-il, visiblement heureux d’expliquer comment l’implication de la communauté a permis de réaliser un exemple de forêt communale.

                                                          La forêt de Méguet a été découverte par le grand public lors du premier congrès des pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et du Cameroun, en vue de susciter et d’accompagner le développement des forêts communales dans ces pays.

                                                          La rencontre qui s’est déroulée fin-juin à Ouagadougou, était organisée par la Fédération des communes forestières de France (FNCOFOR) et placée sous l’égide de la CEDEAO. Elle s’inscrivait dans le contexte de la décentralisation et du transfert aux collectivités locales des compétences en matière de ressources naturelles.«C’était une forêt banale au départ et la commune, avec l’apport des partenaires du nord, ont travaillé pour en faire une forêt protégée après que les populations se sont organisées en comité de gestion avec l’aide des services des eaux et forêts», explique le ministre burkinabé de l’Environnement et du Cadre de Vie, Salifou Sawadogo.La forêt appartient aux 20 villages de la commune de Méguet dont les populations s’occupent du reboisement et de l’introduction des espèces. La touffe (des plantes ayant bien poussé) a même fait revenir des animaux comme les biches et guibs ainsi que d’autres espèces de plantes qui avaient tendance à disparaître.«Nous nous sommes compris et personne n’y entre, pas de divagation d’animaux ni de coupe abusive de bois», affirme Harouna Sawadogo.Les communes vont jouer un rôle important dans la gestion des ressources forestières en vue d’accompagner la décentralisation qui est de plus en plus effective dans les pays de la CEDEAO, explique à IPS Léko, chargé de programme principal pour la forêt à la direction de l’environnement dans l’organisation régionale.

                                                          «Avec cette nouvelle approche de gestion de forêts, les transferts de compétences inscrits dans les textes de la décentralisation vont devenir réalité. Et avec ça, les plans de développement des communes vont accorder plus d’intérêt à la gestion des ressources forestières dans leur planification», ajoute Léko. «La commune constitue l’entité la plus proche des populations, donc des communautés locales».Les forêts constituent la principale source d’énergie domestique pour environ 80 pour cent des populations de la CEDEAO, mais également une source pour la pharmacopée traditionnelle, l’alimentation, et une source de revenu.La CEDEAO constate cependant que la dégradation des ressources forestières, dans la région, est l’un des plus fortes au monde car 900.000 hectares de forêts et terres boisées représentant 1,17 pour cent y sont détruits par an.A l’issue de la rencontre, la CEDEAO a décidé d’apporter un appui politique et technique aux communes et faire un lobbying auprès des Etats, des partenaires techniques et financiers pour un soutien aux initiatives locales visant à préserver les forêts.

                                                          «Ce qui est important, c’est cette volonté de commencer tout de suite, d’une façon concrète, à faire des démonstrations que la gestion des forêts communales peut se faire dans chacun des pays», déclare à IPS, Jean Claude Monin, président de la Fédération internationale des communes forestières et président de la FNCOFOR.La FNCOFOR regroupe près de 5.000 communes françaises propriétaires de forêts couvrant près de 2,5 millions d’hectares et produisant près de 20 millions de mètres cubes de bois par an.«Nous sommes heureux de pouvoir contribuer à cette émergence de la responsabilité organisée des élus locaux de l’ensemble des pays d’Afrique de l’ouest pour ce qui concerne les forêts», ajoute Monin.La commune de Mayahi, dans la région de Maradi au Niger, a déjà une petite expérience dans la gestion de la forêt communale et reconnaît que les avantages sont aujourd’hui évidents après les premières difficultés liées à la mobilisation des populations et à la définition des frontières des communes.

                                                          Selon Abdou Neino, maire de la commune urbaine de Mayahi qui a été la première à expérimenter cette gestion décentralisée des forêts au Niger, l’initiative a consisté à diviser les plantations de doums qui s’étendent sur 70 kilomètres entre les quatre communes, en collaboration avec les chefs traditionnels, l’administration et les élus locaux.«Chaque commune connaît les limites de son territoire, et depuis ce temps, avec la chefferie et l’administration, on a balisé pour séparer les aires cultivables et l’aire pastorale pour gérer les conflits. Pendant hivernage, l’éleveur connaît où se limiter… et celui qui entre dans le domaine de l’autre est arrêté», indique Neino, affirmant que les conflits sont devenus rares dans sa région.«La responsabilisation des communes est une bonne chose car les forestiers ne sont pas en nombre suffisant pour gérer les ressources forestières; or il faut une gestion rapprochée pour préserver les forêts», explique à IPS, Adama Doulkom, directeur des forêts du Burkina.Selon Doulkom, le code forestier et le code des collectivités du Burkina prévoient la création des forêts communales. Plus de 300 forêts communales, dont les superficies varient de 100 à 1.000 hectares, attendent d’être cédées aux collectivités lors de la mise en œuvre des textes de la décentralisation.Après la rencontre de Ouagadougou, des sites pilotes ont été créés en Côte d’Ivoire, au Burkina et en Gambie, qui pourraient faire école pour les autres pays de la sous-région.La FNCOFOR, qui suscitera et appuiera les programmes forestiers des communes réunies en association dans le cadre de la coopération décentralisée, soutient déjà des programmes au Cameroun et au Bénin. Au Bénin, un programme d’appui aux forêts communales est en cours d’élaboration avec l’appui technique de l’Agence française de développement.Au Cameroun, un programme de 13 millions d’euros permettra la création de 50 forêts communales sur 1,2 million d’hectares dans les provinces de l’est (site de Bertoua), du centre et du sud (site de Yaoundé), et de l’ouest (site de Foumbam).

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                                                          AFRIQUE DE L’OUEST: Un plan quinquennal commun de l’emploi pour contenir le chômage

                                                            By Fulgence Zamblé

                                                            GRAND-BASSAM, Côte d’Ivoire, 14 avr (IPS) – Face à un chômage qui touche près de 80 pour cent de leur population en âge de travailler, les pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont convenu de mettre en place un plan quinquennal commun de création d’emploi.

                                                            Ce plan, qui a été présenté, discuté et adopté à une conférence des ministres du Travail et de l’Emploi de la zone CEDEAO, la semaine dernière à Grand-Bassam, près d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, souligne que la proportion élevée du chômage oblige 60 pour cent des 290 millions habitants de la communauté à vivre avec moins d’un dollar par jour."Les Etats membres de notre région ont des points communs pas reluisants en matière d’emploi", a déclaré Adrienne Diop, commissaire du développement humain et du genre à la CEDEAO, citant le faible niveau d’instruction et de compétence des gens, le taux de chômage et de sous-emploi significatifs, et le vaste secteur informel alors que, dit-elle, la migration de travail est croissante. "C’est un sombre tableau auquel il fallait faire face avec un plan bien défini pour contenir le mal".Le plan, qui s’articule autour de douze programmes prioritaires – élaboré en collaboration avec des syndicats de travailleurs, des organisations patronales et les organisations non gouvernementales -, présente aux Etats le cadre de création d’un environnement propice à l’investissement dans le capital humain et l’amélioration de l’employabilité des demandeurs d’emploi, en particulier les jeunes."Par le passé, il y avait un ensemble de mesures politiques sur la question, mais il est resté sans effet pour des raisons diverses. Sans doute parce qu’il n’associait pas toutes les parties impliquées dans le domaine de l’emploi", a estimé Babacar Cissé, un expert sénégalais. Il a participé aux travaux de confection de la politique d’emploi, au cours de la conférence ministérielle des la zone CEDEAO, qui s’est tenue à Grand-Bassam, 30 kilomètres au sud-est de la capitale économique ivoirienne.La CEDEAO comprend 15 Etats membres : Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo."Aujourd’hui, il nous faut des entreprises durables, porteuses de croissance et un appui important à l’esprit d’entreprise. De nombreux jeunes dans notre zone sont pleins d’initiatives, mais manque de soutien financier ou matériel. Il faut parer très vite à cela", a indiqué Cissé à IPS.

                                                            Selon Cissé, la dernière enquête en date sur la question de l’emploi des jeunes au Sénégal remonte à 2001 et indiquait un taux de chômage de 51 pour cent des jeunes et 87 pour cent sans qualification professionnelle ou n’ont pas de formation adaptée aux besoins des structures de la place.

                                                            "Ces dernières années, les chiffres sont en hausse. Et avec la crise financière, nous sommes désormais dans un environnement difficile, mais pas impossible. Le plus dur était d’avoir un plan, maintenant que nous l’avons, les gouvernants doivent le mettre en place très rapidement", estime Cissé.Son homologue du Nigeria, Jessie Okpuno, a soutenu, pour sa part, que des centres pour l’emploi doivent être créés dans tous les pays de la CEDEAO, les programmes scolaires doivent être réformés pour mettre l’accent sur les compétences techniques, professionnelles et l’entreprenariat afin de réussir l’intégration sous-régionale en matière d’emploi."Au Nigeria, le gouvernement fédéral a adopté, en mars dernier, un plan d’urgence pour la création de 11 millions d’emplois cette année. Le contenu de ce plan, dont certains éléments ont été proposés aux ministres ouest-africains et pris en compte, doit nous permettre de contrer le trafic des enfants ou encore l’exode massif vers l’Europe", a-t-elle affirmé à IPS. "Le taux de chômage des jeunes au Nigeria avoisine les 35 pour cent".Bernard Ahissou, un expert béninois, souligne que "ce qui est aussi important, c’est que tout le monde a compris que les gouvernements ne peuvent pas être les seuls pourvoyeurs d’emploi. Un appel a donc été lancé aux entrepreneurs privés afin qu’ils mettent la main en pâte, de même que les investisseurs internationaux", a-t-il expliqué à IPS."Nous sommes prêts à jouer notre partition, mais pas à n’importe quel prix", a réagi Moustapha Bakayoko, responsable d’entreprise et membre de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, une organisation patronale basée à Abidjan.

                                                            "De nombreuses contraintes fiscales et surtout l’environnement de crise ne peuvent jamais favoriser les affaires. Si nos gouvernements l’ont compris, alors, ils savent quoi faire afin de nous aider à créer des emplois et sortir des millions de familles de la pauvreté", a indiqué Bakayoko à IPS.De son côté Mathurin Agnissan, membre d’un syndicat libre des travailleurs de Côte d’Ivoire, a souligné qu’il était, certes, intéressant de songer à la création des emplois, "mais il ne faut pas occulter la protection sociale de l’employé et sa retraite, ainsi que la promotion du dialogue social tripartite"."Rien ne peut se faire sans le travailleur. Dans nos Etats, généralement, les décisions se prennent sans qu’on consulte ceux qui sont chargés de son exécution. Il est tout à fait normal qu’elles ne produisent pas l’effet escompté", a affirmé Agnissan."Toutes les préoccupations ont été prises en compte. Au niveau des ministres, nous savons que des conditions sont nécessaires pour l’exécution du plan", a reconnu le ministre ivoirien de la Fonction publique et de l’Emploi, Hubert Oulaye. "Il s’agit particulièrement de la volonté politique de chaque Etat membre; avec de la volonté, nous y parviendrons", a-t-il ajouté.

                                                            Mais, le plan quinquennal de la CEDEAO n’indique pas de coût financier global, et au ministère ivoirien en charge de l’emploi, on explique que le plan d’action devrait conduire les Etats membres à augmenter, selon leurs moyens, leurs budgets consacrés à la formation et à l’emploi. De même, ils devraient accorder des exonérations ou facilités fiscales aux entreprises créatrices d’emplois.

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                                                            AFRIQUE DE L’EST: La guerre du commerce du lait à travers l’Ouganda et le Kenya

                                                              By Wambi Michael

                                                              KAMPALA, 17 mars (IPS) – Des exportateurs ougandais de produits laitiers vers le Kenya sont amers. Ils accusent leur plus grand voisin d’imposer des barrières commerciales non tarifaires pour empêcher leur produit d’entrer dans des marchés au Kenya et ailleurs.

                                                              Les transformateurs du lait ougandais se plaignent que le Kenya maintienne trop de règlements d’importation complexes sur des produits laitiers, qui présentent l’effet de mettre à la porte les produits d’importation laitiers en provenance de l’Ouganda. Cela fait échouer les objectifs de l’Union douanière de l’Afrique de l’est.'Sameer Agriculture and Livestock Ltd', la plus grande société de fabrication de lait en Ouganda, a déposé des plaintes contre plusieurs barrières non tarifaires qui "méprisent" des directives de la Communauté de l’Afrique de l’est (EAC) et du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA).

                                                              Le directeur général de cette société, Anup Sharma, a déclaré à IPS que "Les autorités kenyanes continuent d’introduire des barrières non tarifaires utilisant toutes sortes d’excuses, et au mépris des règles de l’EAC. Ils s’accrochent au thé de l’Ouganda et le libèrent seulement après que la vente aux enchères de Mombassa est fermée. Ils ont interdit quatre camions à essieu afin de 'protéger leurs routes'.

                                                              "Il ont rejeté le lait tanzanien et récemment le Bureau des normes du Kenya a introduit de nouvelles mesures d’évaluation de la conformité (CAI) pour le lait en poudre insistant sur 34 pour cent des niveaux de protéine dans la poudre de lait entier.

                                                              "Cela est impossible à réaliser parce que lorsque vous séchez le lait brut en poudre, le niveau de protéine que vous pouvez obtenir du lait de vache est de 25 à 26 pour cent. Cela visait la protection des usines laitières kenyanes", a souligné Sharma.

                                                              Il a affirmé que le personnel de l’Administration fiscale du Kenya garde le lait ougandais au niveau des frontières pendant longtemps, même lorsque les marchandises ont tous les documents d’exportation requis. "Pendant que je parle, nous avons des marchandises qui sont restées à la frontière pendant deux semaines. Nos transporteurs sont stressés, alors ils ne prennent pas nos produits."Et cela n’est pas le premier incident. Dans le passé, il a fallu beaucoup de suivi et de persuasion du gouvernement ougandais avant que les marchandises n’aient été libérées".

                                                              Il a ajouté que "comme conséquence, les transporteurs sont perdants parce que les véhicules sont bloqués aux frontières. Nous ne livrons pas aussi les commandes à temps. Alors, d’une manière, cela nous décourage".Les produits laitiers devraient circuler sans obstacles au sein des blocs commerciaux régionaux, mais les transformateurs du lait ougandais estiment que l’accès au marché kenyan a été touché par des restrictions imposées par l’Administration fiscale du Kenya.Sharma a affirmé que ces restrictions ont même affecté des exportations au-delà du marché kenyan. Sa société exporte également du lait en poudre vers le Rwanda, le Burundi, le Congo, la Tanzanie, l’île Maurice, Dubaï et certaines parties d’Europe.Le président de l’Association des transformateurs de l’Ouganda, Gideon Badagawa, a confirmé que les restrictions des autorités kenyanes ont affecté d’autres produits d’exportation en dehors du lait."Si nous devons aller vers une intégration régionale totale, la question des barrières non tarifaires doit être résolue. Nous avons soulevé cela au gouvernement et au secrétariat de l’EAC. L’Ouganda a ouvert ses frontières au Kenya, mais le Kenya n’a pas fait de même."Pensez aux cinq vols des compagnies aériennes du Kenya vers Entebbe tous les jours, avec chaque vol rempli de poussins d’un jour qui y entrent. L’Ouganda n’arrête pas ces poussins, mais le Kenya continue de bloquer les poussins ougandais, et maintenant le lait", a-t-il dit.

                                                              Badagawa était déçu que les autorités aient attendu si longtemps pour répondre à ces plaintes. "Lorsque nous acceptons au niveau de l’EAC de supprimer des barrières non tarifaires, tous les Etats membres devraient mettre cela en œuvre afin qu’aucun Etat partenaire ne prenne l’avantage de l’autre.

                                                              "Nous nous sommes plaints au gouvernement de l’Ouganda et au siège de l’EAC à Arusha, mais nous n’avons pas reçu une solution concrète", a-t-il expliqué.

                                                              Un membre de l’Association des régulateurs des produits laitiers d’Afrique orientale, Agnes Audax Baguma, a confirmé, dans un entretien avec IPS, que son association a reçu des plaintes de 'Sameer Agricultural Livestock Ltd' et d’autres sociétés de transformation de lait en Ouganda et en Tanzanie."Cette question continue de se poser. Avant, nous l’avions réglée au cours de notre réunion à Kigali lorsque la Tanzanie a cité les barrières non tarifaires comme des formalités douanières et administratives excessives. Le Kenya avait aussi annoncé un quota spécifique pour les Tanzaniens", a-t-elle déclaré.

                                                              Baguma a ajouté que "le commerce du lait au sein de l’EAC est supposé être hors taxe et que d’autres barrières ne devraient pas être imposées mais, comme (la société de Sharma), la Tanzanie s’est plainte que les autorités du Kenya exigent des tests sur le lait au niveau des frontières avant de l’autoriser à aller vers le marché".

                                                              Aucun pays ne doit mener de tels tests si des bureaux des normes ont déjà certifié les produits d’exportation, a expliqué Baguma, qui est la directrice des services de régulation et de qualité de l’Autorité de développement des produits laitiers de l’Ouganda."Nous avons convenu qu’une fois que le Bureau des normes de l’Ouganda ou d’autres bureaux de normes des Etats membres ont examiné les marchandises et sont satisfaits de la qualité, aucun autre Etat membre ne devrait remettre en cause cette qualité".

                                                              Le président des transformateurs des produits laitiers de l’Ouganda, Tom Opio Oming, a réitéré le problème des barrières non tarifaires dans un entretien avec IPS, ajoutant que les transformateurs des produits laitiers ougandais ont ciblé le marché kenyan, qui a la plus grande consommation de lait dans la région.

                                                              'Sameer Agricultural Livestock Limited' a réduit le prix d’achat payé aux vendeurs du lait frais, d’environ un dollar à environ 0,4 dollar. Sharma a déclaré à IPS que "nous n’avons aucune option que de réduire les prix d’achat du lait frais afin que nous continuions par collecter le lait".Selon un Sharma désespéré, cette réduction est aussi liée à la crise financière mondiale qui est en train de toucher les produits d’exportation laitiers de l’Ouganda vers d’autres pays en dehors de l’Afrique de l’est. "Lorsque nous avons démarré l’usine l’année dernière, le prix était d’environ six dollars par kilo de lait en poudre.

                                                              "Aujourd’hui, ce prix est d’environ 1,85 dollar. Le coût du lait seul dans cette poudre est d’environ 2,50 dollars et nous n’avons pas ajouté le coût de la transformation ainsi que d’autres frais. Alors, c’est une question importante. Par conséquent, nous avons été obligés de réduire notre capacité à l’usine de lait.

                                                              "Nous travaillons seulement de 10 à 20 pour cent de notre capacité. Alors que nous pouvons produire beaucoup plus, les prix ne sont pas vraiment viables", se plaignait-il.

                                                              Il y a quelque 2,5 millions de petits producteurs de produits laitiers en Ouganda, qui produisent environ 1,5 million litres de lait quotidiennement. Seulement 20 pour cent de ce rendement sont transformés, conduisant au gaspillage.

                                                              La demande pour le lait est faible à cause des modes de vie des Ougandais qui n’ont pas une culture de consommation de lait. Le coût du lait met aussi le produit hors de la portée de la population dans certaines parties de l’Ouganda.Actuellement, une campagne de 70.000 dollars, financée par le département de l’Agriculture des Etats-Unis, fait la promotion de la consommation locale du lait en Ouganda.

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                                                              AFRIQUE DE L’OUEST: Former des gens pour lutter contre le blanchiment d’argent

                                                                By Ignace Fanou

                                                                COTONOU, 17 mars (IPS) – Un programme de formation, destiné aux Cellules de renseignements financiers (CRF) pour la lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest, a été organisé la semaine dernière à Cotonou, la capitale économique du Bénin.

                                                                Cette formation devrait aider les Etats concernés dans la mise en œuvre des cadres de lutte contre le blanchiment d’argent en renforçant les capacités des agents chargés de la création ou du renforcement de CRF dans leurs pays respectifs. C’est un atelier organisée par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme en Afrique de l’ouest (GIABA), en collaboration avec le secrétariat du Commonwealth et le Bureau américain d’assistance technique.

                                                                «Au Sénégal, la lutte contre le blanchiment d’argent est extrêmement avancée. Nous avons des résultats assez significatifs. Le Sénégal a été le premier pays de la CEDEAO à mettre en place sa cellule depuis 2005 et qui continue de travailler dans le cadre du blanchiment», a déclaré à IPS, Seydi Ahmed Tidiane Dieng, représentant du président du CRF Sénégal. «C’est un problème qui est réel dans tous nos Etats. Nous n’avons pas les mêmes cadres juridiques», a-t-il déploré. La CEDEAO est la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest.

                                                                Selon Dieng, les problèmes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent sont nombreux. «Ce sont d’abord des questions de confidentialité qui se posent. Il y a aussi des problèmes de moyens des organes qui sont chargés de mener cette lutte contre le blanchiment des capitaux. Il y a également un problème de disponibilité de ressources et de moyens humains», a-t-il ajouté.Pour Soulé Mana Lawani, ministre des Finances et de l’Economie du Bénin, les Cellules de renseignements financiers sont aujourd’hui confrontées à une série de défis sans précédents. «Le champ de leurs compétences est étendu aux activités de financement du terrorisme, en plus du blanchiment de capitaux et des infractions qui s’y rattachent», a-t-il expliqué au cours de l’atelier.Cette étendue des compétences, a ajouté Lawani, «pose le problème des méthodes d’analyse et de formation du personnel des Cellules de renseignements financiers, eu égard à la variété et la complexité des renseignements financiers qui ont trait aux infractions ainsi qu’à l’étendue des entités qui ont l’obligation de communiquer ces informations».

                                                                Depuis 2005, des cellules de renseignements sont en train d’être mises en place dans différents Etats de la sous-région. Après le Sénégal, la Côte d’Ivoire, beaucoup d’autres pays ont suivi le mouvement, comme le Bénin qui a mis récemment en place une Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). La loi uniforme de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a été ratifiée au Bénin en 2006.Au Burkina Faso, la loi relative à la lutte contre le blanchiment d’argent a été adoptée également en 2006, puis en 2007, le gouvernement a pris un décret portant attribution et fonctionnement de la CNTIF, et un an après, il a nommé les six membres statutaires de la cellule. «Au niveau de l’UEMOA, on a adopté une approche régionale de la lutte. Nos attentes, c’est de capitaliser les expériences des pays tels que les Etats-Unis, l’île Maurice, les pays européens qui sont dans le domaine, il y a longtemps», a confié à IPS, Robert Tonde, président de la CNTIF du Burkina Faso.Les participants ont noté une spécificité au niveau de la Côte d’Ivoire où la loi sur la lutte contre le blanchiment des capitaux a été adoptée en 2005. Mais, a souligné Norbert Kouamé Kouassi, un magistrat membre de la CNTIF Côte d’Ivoire, «Nous sommes dans un contexte particulier à cause de la guerre».

                                                                «Il y a une partie du territoire qui est vulnérable au blanchiment d’argent. Notre travail se trouve doublement compliqué, mais nous y parvenons. A ce jour, nous avons reçu un certain nombre de déclarations de soupçons», a expliqué Kouamé Kouassi à IPS, faisant allusion à la région nord occupée par les ex-rebelles. «Nous partons d’ici avec les expériences des experts internationaux de haut niveau. Le blanchiment d’argent est un phénomène transnational et la solution doit être nationale», a-t-il dit.«Au niveau des pays de l’UEMOA, nous sommes régis par la même loi. Entre nous, on n’a pas besoin d’un accord particulier pour s’entraider. La Côte d’Ivoire peut déjà formuler des demandes d’information au Bénin et vice-versa», a affirmé Kouamé Kouassi, ajoutant : «Nous n’avons pas besoin de passer par les règles strictes de la coopération judiciaire, nous intervenons directement entre CRF. On nous a donné des pistes pour la coopération internationale et nous entendons en profiter pour vaincre le phénomène dans la sous-région».Selon les participants, la formation a permis de comprendre les complexités du fonctionnement d’une cellule de renseignements efficace et, en particulier, ses principales fonctions que sont la collecte, l’analyse et la diffusion de renseignements financiers et d’autres informations.«L’objectif principal de cet atelier est de fournir une assistance aux Etats membres du GIABA en vue de la mise en œuvre d’un cadre complet de lutte contre le blanchiment d’argent par le renforcement des capacités du personnel des CRF dans leurs pays respectifs, et de leur donner une formation pour assurer un fonctionnement effectif et efficace des cellules opérationnelles», a souligné Vivian Houénou, présidente de la CENTIF Bénin.La formation a regroupé les participants du Liberia, du Nigeria, du Sénégal, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Niger, de la Sierra Leone, du Ghana, du Mali et du Cameroun.Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme en Afrique de l’ouest comprend tous les pays membres de la CEDEAO. D’après le Rapport 2007 du GIABA, le crime organisé transnational est l’une des principales menaces à la paix et à la sécurité internationales. Et le blanchiment d’argent ainsi que le financement du terrorisme font partie des manifestations de cette menace.

                                                                «En Afrique de l’ouest, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ne sont plus des phénomènes nouveaux. Alors que les typologies ont montré un bon nombre de cas de blanchiment d’argent dans la région, il reste à démontrer des cas de financement du terrorisme», souligne le document.

                                                                «Cela n’exclut pas cependant la menace potentielle que ce phénomène représente pour la région», indique le rapport qui ajoute : «Les Etats de la région doivent agir de concert avec les autres nations et les organismes internationaux concernés pour combattre ces phénomènes, non seulement dans le cadre de la protection des économies du monde, contre les infiltrations criminelles, mais aussi pour renforcer l’Etat de droit, approfondir l’intégration régionale et promouvoir la paix et la sécurité internationales».

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                                                                Home » Afrique, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

                                                                AFRIQUE DE L’OUEST: Davantage de moyens pour mieux gérer le contentieux électoral

                                                                  By Noël Kokou Tadégnon

                                                                  LOME, 12 mars- (IPS) – Des présidents et membres des Cours et Conseils constitutionnels de cinq pays d’Afrique de l’ouest ont souhaité que les Etats mettent plus de moyens financiers, logistiques et humains à la disposition de leurs institutions pour une gestion efficace du contentieux électoral pendant les scrutins.

                                                                  Réunis à Lomé, la capitale togolaise la semaine dernière, les responsables des hautes juridictions constitutionnelles du Bénin, du Burkina Faso, du Niger, du Mali et du Togo ont diagnostiqué les maux qui gangrènent les consultations électorales. Ils ont ensuite établi des mécanismes clairs et fiables permettant d’éviter, lors des scrutins à venir, tous les dysfonctionnements pouvant entacher la crédibilité et la transparence des résultats des élections.

                                                                  Ils ont notamment partagé leurs expériences et expertises sur les stratégies relatives aux contentieux électoral en vue d’améliorer l’organisation des opérations électorales dans leurs pays respectifs.

                                                                  Selon les participants, le contentieux électoral peut se définir comme étant un litige portant sur les opérations électorales et porté devant une juridiction pour obtenir le redressement ou l’annulation des résultats d’une élection.

                                                                  «Le contentieux des consultations électorales apparaît comme le point d’équilibre entre le principe démocratique qui exige le respect des conditions de légitimité et d’acceptation des résultats des élections, et celui de la protection des libertés des citoyens», a expliqué à IPS, Abdou Assouma, le président de la Cour constitutionnelle du Togo.

                                                                  Assouma a rappelé que partout en Afrique, les années 1990 ont été le point de départ de la libéralisation de l’espace politique conduisant à l’organisation des élections pluralistes. Mais très vite, a-t-il indiqué, les élections ont été les lieux de contestations entre les acteurs politiques.

                                                                  «Les controverses sur la fiabilité des opérations électorales, leur forme juridique, leur gestion et la régularité des résultats font partie de façon constante de la vie politique de plusieurs pays africains», a regretté Assouma.Selon Assouma, les difficultés rencontrées lors des scrutins donnant naissance à des contentieux, sont pour la plupart dues aux problèmes d’éducation à la citoyenneté des populations. «En général, le vote ne devient une préoccupation que lorsque les échéances électorales s’approchent», a-t-il dit, ajoutant : «Ni le gouvernement, ni les formations politiques ne s’attardent en amont sur cet aspect de la formation des citoyens».Pour Salifou Sampinbogo, magistrat et conseiller à la Cour constitutionnelle du Burkina Faso, tous les pays vivent les mêmes difficultés. «Ces difficultés sont inhérentes à notre état de sous-développement», a-t-il dit à IPS, ajoutant que «le problème de fond qui se pose pour nous les Africains, se situe d’abord au niveau de nos mentalités».

                                                                  Pour sa part, Conceptia Ouinsou, experte et ancienne présidente de la Cour constitutionnelle du Bénin, a déploré le fait que les élections en Afrique conduisent souvent à des problèmes. «C’est une affaire de culture démocratique, de culture institutionnelle, et il y a encore cette faiblesse de la culture démocratique chez nous en Afrique», a-t-elle déclaré à IPS.

                                                                  Elle a relevé également la part de responsabilité des Etats et des gouvernements dans les problèmes liés aux élections en Afrique.

                                                                  Selon Ouinsou, les gouvernements ne se prennent pas très tôt pour lancer le processus d’organisation des élections. «On a parfois l’impression que les gouvernements oublient toujours les élections et c’est au moment où ces élections approchent qu’ils se mettent à courir dans tous les sens, on fait appel aux bailleurs de fonds internationaux pour régler les problèmes», a-t-elle souligné. Elle suggère qu’il faut donner des moyens aux institutions chargées de régler le processus électoral.

                                                                  Elle est soutenue sur ce point par Mipamb Nahm-Tougli, juge et membre à la Cour constitutionnelle du Togo, qui pense qu’il faudra plus de moyens financiers et logistiques pour l’efficacité des Cours constitutionnelles et, par ricochet, la réussite des processus électoraux.

                                                                  Par ailleurs, se référant aux dysfonctionnements observés lors des élections législatives du 14 octobre 2007 au Togo, Nahm-Tougli a indiqué à IPS qu’après la proclamation des résultats provisoires, s’est ouverte la dernière phase du processus électoral qui a révélé les faiblesses des acteurs politiques et administratifs.

                                                                  «Il y a la méconnaissance du délai de recours contentieux, la méconnaissance, par les candidats, des mécanismes de fonctionnement de la haute juridiction en période électorale», a-t-il souligné. «Il y a des difficultés sur le plan pratique et sur le plan de l’interprétation des textes», a-t-il ajouté, suggérant une amélioration des textes réglementaires. Il pense également qu’il faudrait passer par tous les moyens pour faire connaître ces textes à tout le monde.Les participants à la rencontre de Lomé estiment qu’en plus des moyens que les Etats doivent fournir pour une bonne organisation des élections et une meilleure gestion du contentieux électoral, les différents acteurs doivent faire preuve d’efficacité, d’impartialité, de responsabilité pour que les scrutins ne soient pas sources de conflits.«C’est l’ensemble des efforts conjugués de tous les partenaires qui concourent à une élection réussie, et les organisateurs des élections, les partis politiques et les candidats doivent bien jouer leur jeu pour aboutir à une élection sans problème», a déclaré Hamadou Tadjoudjine, un participant membre d’une organisation de la société civile togolaise.

                                                                  Leave a comment

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                                                                  Home » Afrique, Developpement, Headlines, Reportage d'Afrique, Santé »

                                                                  AFRIQUE DE L’OUEST: Appliquer les conventions sur les droits de la femme

                                                                    By Noël Kokou Tadégnon

                                                                    LOME, 19 fév (IPS) – Des parlementaires ouest-africains réunis du 16 au 18 février à Lomé, la capitale du Togo, ont appelé les Etats de la sous-région à mettre en application les différentes conventions sur les droits de la femme qu’ils ont ratifiées.

                                                                    «Il y a beaucoup de conventions que nos pays ratifient, mais l’application pose problème», a regretté Oumou Sow, une participante du Sénégal, à la rencontre organisée par l’Union inter-parlementaire (UIP) et qui s’est achevée mercredi. Elle a regroupé des parlementaires de six pays ouest-africains : Bénin, Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal et Togo.Pour Mathurin Coffi Nago, président du parlement béninois et membre du conseil exécutif de l’UIP, la ratification d’un traité engage un Etat dans sa totalité. «Nous avons la responsabilité de mettre en œuvre et de faire respecter les droits inclus dans les traités auxquels l’Etat est partie et ce, à travers nos fonctions législatives, représentatives, budgétaires et de contrôle de l’exécutif», a-t-il déclaré aux participants.Selon plusieurs analystes, la non-application des instruments relatifs aux droits de la femme, freine leur promotion et leur présence dans la vie politique.Nago a déploré également qu’en Afrique de l’ouest, les femmes parlementaires représentent moins de 19 pour cent des effectifs. Au Bénin, elles sont neuf femmes sur 83 députés, neuf sur 81 au Togo, 17 sur 111 au Burkina Faso, 15 femmes sur 147 députés au Mali, 15 sur 113 au Niger et 45 femmes sur 150 au Sénégal, selon les documents de la conférence.Selon Nago, il est normal que les femmes, qui représentent environ la moitié – parfois plus – de la population, puissent aspirer à une représentation plus équitable dans les institutions de gouvernance des Etats.Au cours de la rencontre dont le thème est "Pour une meilleure promotion des droits de la femme : quel rôle pour les parlementaires de la sous-région ouest-africaine", les participants ont été informés sur le principe de l'égalité des sexes énoncé dans les instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits des femmes.

                                                                    Une attention particulière a été accordée à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), adoptée le 18 décembre 1979 par l’Assemblée générale des Nations Unies, le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, relatif aux droits des femmes, adopté par l’Union africaine à Maputo, au Mozambique, le 11 juillet 2003.Les participants ont dressé un bilan maigre de l'application de ces instruments dans la sous-région ouest-africaine francophone, comparé leurs expériences en la matière et identifié les mesures nécessaires à leur mise en œuvre. Les parlementaires ont donc été exhortés à s’informer sur le contenu des instruments relatifs aux droits de la femme, à agir au niveau législatif pour mettre en conformité les lois nationales avec les instruments internationaux ratifiés par leurs pays respectifs.«Les assises de Lomé se tiennent à un moment où nos sociétés, en quête de progrès et de justice, prennent progressivement conscience du rôle incontournable de la femme dans toute politique de développement», a dit Nago. «Nous avons également l’impérieux devoir de renforcer l’action de nos parlements … pour promouvoir les droits des femmes et respecter nos engagements internationaux dans ce domaine».Pour Safiatou Touré-Traoré une députée du Mali, la grande partie de la lutte revient aux femmes elles-mêmes, notamment celles qui sont au parlement. «C’est à nous femmes de mener ce combat pour que les instruments ratifiés soit appliqués, il faut y croire et s’y mettre», a-t-elle affirmé à IPS. Elle espère que les actions menées porteront leurs fruits pour que le parlement malien atteigne bientôt 30 pour cent de femmes députées.«Il faut que nous qui avons cette chance d’être au parlement, nous luttions afin qu’il y ait beaucoup de voix au parlement et dans les instances de décisions pour faire avancer les choses pour plus de présence féminine en politique», a souligné Zeynabou Drabo, une députée du Burkina Faso.«Nous devons faire en sorte que nos sœurs, qui n’ont pas embrassé la politique l’aiment et s’y adonnent, ceci par notre comportement, notre manière de faire. Par notre approche, elles se verront d’abord impliquées dans les sphères politiques et elles seront actives politiquement et prétendre après à des postes», a-t-elle expliqué à IPS.

                                                                    Selon Drabo, «La politique est vue négativement pour les femmes dans certains milieux où nous sommes accusées de tous les maux», et où, ajoute-t-elle, des hommes disent qu’ils ne vont pas laisser leurs femmes faire de la politique.Christine Mensah-Atoeme, une députée du Togo, propose une vaste campagne de sensibilisation à travers les pays pour faire prendre conscience aux femmes qu’il leur revient d’arracher des droits en s’engageant politiquement. «Ce que nous allons faire, c’est de conscientiser les autres femmes qui hésitent encore à venir en politique», a-t-elle dit à IPS.

                                                                    Pour sa part, Selom Komi Klassou, vice-président de l’Assemblée nationale du Togo, a estimé qu’il était important que plusieurs actions soient menées pour plus de présence féminine en politique en se basant, par exemple, sur le Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples, relatif aux droits des femmes.

                                                                    Ce protocole met l'accent sur le droit de participation de la femme au processus politique et à la prise de décisions, appelant les États à entreprendre des «actions positives spécifiques pour promouvoir la gouvernance participative et la participation paritaire des femmes dans la vie politique de leurs pays».Selon le protocole, les femmes doivent participer à toutes les élections sans aucune discrimination, et être représentées en parité avec les hommes, à tous les niveaux, dans les processus électoraux, et dans l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques et programmes de développement de l’État.«Au Togo, lors des dernières élections législatives (octobre 2007), des dispositions appropriées ont été prises pour encourager les partis politiques à privilégier les candidatures féminines», a affirmé Klassou à IPS.

                                                                    Le gouvernement togolais a également réduit de 25 pour cent la caution fixée à 400 dollars environ, pour les femmes candidates aux législatives, la ramenant à 300 dollars. Mais ces deux mesures n’ont pas encore favorisé l’élection d’un grand nombre de femmes au parlement.

                                                                    Leave a comment

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                                                                    AFRIQUE DE L’OUEST: Les producteurs agricoles veulent un tarif extérieur commun protecteur

                                                                      By Brahima Ouédraogo

                                                                      OUAGADOUGOU, 18 fév (IPS) – Le Réseau des organisations paysannes et des producteurs d’Afrique de l’ouest (ROPPA) appellent a l’adoption, par les dirigeants des pays membres de la CEDEAO, d’un tarif extérieur commun (TEC) régional d’au moins 50 pour cent pour mieux protéger leur agriculture.

                                                                      Réunis la semaine dernière à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, les producteurs ont rejeté le taux de 35 pour cent proposé par le comité conjoint de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Et ils proposent un taux minimum de 50 pour cent pour le TEC qui, selon eux, permettra également le développement de leurs productions agricoles.Le TEC est une taxe payée par les importateurs pour tout produit entrant dans la zone UEMOA qui comprend huit : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

                                                                      Les producteurs ouest-africains justifient leur refus des 35 pour cent qu’ils trouvent trop inférieurs aux 60 pour cent que les pays d’Afrique de l’est appliquent au lait importé et l’Union européenne (UE) dont les produits alimentaires de base (céréales, produits laitiers et viande) sont taxés à plus de 50 pour cent en moyenne.«Tout ce que nous avons vécu avec le TEC-UEMOA (de 25 pour cent au maximum) ne nous a pas permis de protéger notre agriculture et de concrétiser notre marché régional», regrette Bassi Ka Dao, président de la Confédération paysanne du Faso (CPF), une organisation membre du ROPPA.Une étude du ROPPA en 2008 sur cinq produits sensibles comme les céréales, les oléagineux et la viande bovine, a montré que seul un taux de 50 pour cent de droit de douane pouvait mieux protéger ces produits.

                                                                      «Lorsque l’on va relever le tarif extérieur commun, les produits venant de l’extérieur seront surtaxés pour permettre à nos producteurs ruraux de jouir du fruit de leur labeur et de voir leur produit coûter le prix et l’effort qu’ils investissent», estime Jacques Bono, le vice-président du ROPPA.Depuis le 12 janvier 2006, un tarif extérieur commun calqué sur celui de l’UEMOA a été mis en place. Il comporte quatre bandes dont la plus élevée est 25 pour cent. Mais en janvier 2008, les chefs d’Etat ont demandé à la Commission de la CEDEAO d’instaurer une nouvelle bande tarifaire dont le taux devrait être plus élevé que le taux le plus élevé de l’UEMOA.«Nous estimons que l’agriculture est actuellement mal protégée, notamment avec le TEC de l’UEMOA en cours de la région qui a été pris avant qu’il y ait une politique sectorielle, notamment la politique agricole de la CEDEAO», explique Babacar Ndao, un technicien du ROPPA.Selon Ndao, une nouvelle bande tarifaire devrait mieux protéger les produits sensibles, «ceux qui sont concurrencés de manière injuste sur notre marché alors qu’ils contribuent à l’alimentation du paysan, au développement rural, à une préservation de nos valeurs et normes culturelles».Ces produits d'exportation sensibles des pays de la CEDEAO sont, entre autres, le coton, le café, l'arachide, l'oignon, la tomate, le niébé. La CEDEAO compte 15 Etats de la sous-région.Le ROPPA considère le TEC actuel comme minant la mise en œuvre effective de la politique agricole ouest-africaine. La politique agricole adoptée en 2005 par les chefs d’Etat des 15 pays membres de la CEDEAO avait pour but de réduire la dépendance alimentaire, et d’assurer la sécurité alimentaire de la sous-région.Selon le ROPPA, seule l’adoption d’un nouveau TEC et de mesures de sauvegardes appropriées permettra de réaliser la souveraineté alimentaire sous-régionale. Les producteurs estiment que les produits, définis comme «sensibles» dans le cadre de la libéralisation avec l’UE, sont libéralisés dans le cadre du TEC appliqué à l’ensemble des partenaires.

                                                                      «Les éléments de politique communautaire pour protéger notre agriculture sont en déphasage avec la réalité, alors maintenant, nous avons une chance de corriger cette politique au niveau de la CEDEAO», estime Ndao.Les producteurs ouest-africains demandent l’enregistrement de l’union douanière de la CEDEAO comme personnalité juridique de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour négocier au nom des 15 Etats membres.

                                                                      Selon les organisations paysannes de la sous-région, un TEC élevé permettrait d’exclure de la libéralisation plus de 60 pour cent des produits agricoles vivriers et plus de 80 pour cent des produits alimentaires à base de céréales. La bande tarifaire élevée permettrait également de protéger plus de 60 pour cent des produits des filières cacao, café et confiserie, 58 pour cent des produits animaux et 77 pour cent es lignes correspondant aux produits textiles.Les chefs d’Etat de la CEDEAO avaient reconnu l’année dernière, lors de leur conférence ordinaire, que le TEC est un instrument de développement et devrait être établi en fonction des besoins de sécurisation des secteurs de production agricole.En dehors d’une nouvelle bande tarifaire, le ROPPA demande une amélioration des «mesures complémentaires» de la CEDEAO, qui pourraient être utilisées dans des situations conjoncturelles.

                                                                      Le réseau souhaite une période d’ajustement de plus de dix ans pour la taxe dégressive de protection de la CEDEAO pour permettre la restructuration et l’amélioration de la compétitivité des secteurs de production.Il souhaite également l’extension de six mois à un an de la taxe de sauvegarde à l’importation, et qu’on ramène le seuil de déclenchement du mécanisme de sauvegarde de 50 pour cent à 10 pour cent du volume importé et de 25 pour cent à 15 pour cent du produit importé.

                                                                      Selon les producteurs ouest-africains, ces mesures devraient permettre la création d’un marché sous-régional pour les produits locaux. «Toute agriculture qui n’a pas de marché ne peut pas se développer», affirme Ousséni Ouédraogo, chargé de programme au ROPPA.«C’est un essor important pour le développement des filières», dit-il à IPS, ajoutant qu’il faut «une préférence communautaire en mettant un TEC qui protège suffisamment et qui crée cette préférence communautaire pour réussir le développement de l’agriculture».Citant la FAO, les producteurs ouest-africains regrettent que les atouts n’aient pas pu entraîner un boom agricole dans la sous-région où la valeur ajoutée par travailleur ne dépasse pas 523 dollars, et qui importe des produits vivriers pour un montant de plus de quatre milliards de dollars par an.La région ouest-africaine couvre une superficie cultivable de plus de 197 millions d’hectares, dont seulement 54 millions sont emblavés et 120 millions d’hectares de pâturages, selon des documents de la CEDEAO.

                                                                      Leave a comment

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                                                                      Home » Afrique, Droits de L'Homme, Headlines, Internationale, Santé »

                                                                      AFRIQUE DE L’OUEST: La mutilation génitale féminine ne connaît pas de frontières

                                                                        PRETORIA, 11 février (IPS) – Des lois contre la mutilation génitale féminine (MGF) sont en train de conduire la pratique sous terre et à travers les frontières, déclare une étude du Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes (UNIFEM).

                                                                        Cette étude publiée l’année dernière, a examiné le flux de filles voyageant pour être excisées entre le Burkina Faso et ses voisins : Mali, Niger, Ghana et Côte d’Ivoire. Excepté le Mali, tous les quatre pays concernés par l’étude disposent de lois contre la MGF, bien que la mise en vigueur varie largement.

                                                                        La proscription de cette pratique a "profondément influencé le discours sur l’excision féminine", indique l’étude. Dans des enquêtes, entretiens et des conversations informelles, les gens nient que cette pratique continue. Les excisions de groupe ne sont plus annoncées dans le marché. Mais la pratique se produit toujours, et voyage partout où les gens pensent qu’elle ne sera pas punie ou remarquée.

                                                                        "Nous pensons qu’elle s’aggrave", a affirmé Francis Bogie Boogere, un spécialiste en violences sexuelles à l’UNIFEM au Burkina Faso.

                                                                        L’étude constate qu’en plus de la législation anti-MGF, les liens ethniques à travers les frontières étayent des réseaux sociaux et culturels qui facilitent l’excision transfrontalière. Les Peuls se déplacent entre les frontières du Burkina Faso et le Niger, les Gourmantchés entre le Burkina et le Niger, les Dagara et les Lobi entre le Burkina et le Ghana, pendant que des travailleurs burkinabé en Côte d’Ivoire vont au pays pour exciser les filles puis retournent.

                                                                        Lorsque le nord de la Côte d’Ivoire est devenu sans loi durant la guerre civile, la mutilation génitale féminine a prospéré là.

                                                                        Les communautés mossi et yagse venues du Burkina Faso découvrent au Mali "la situation idéale pour exciser leurs filles à la vue de tous", souligne l’étude. Entre juillet et novembre, lorsque des milliers de jeunes Burkinabé traversent la frontière à pied, par des charrettes à bœufs, à bicyclette ou en bus pour ramasser du coton au Mali, et pendant les vacances scolaires, des filles se mêlent à ce flux.

                                                                        Boogere a détecté la preuve anecdotique du trafic de clitoris coupés pour la sorcellerie en Côte d’Ivoire. "Des exciseuses au Bénin et au Togo connaissent des guérisseurs traditionnels qui connaissent des hommes riches en Côte d’Ivoire qui croient que ces fétiches les rendront plus riches", a-t-il confié à IPS. Ce commerce pourrait saper les efforts pour mettre fin à cette pratique nuisible infligée à des milliers de filles en Afrique de l’ouest chaque année, s’inquiète-t-il.

                                                                        Puisque les nationaux ouest-africains n’ont pas besoin de passeports et de visas pour voyager dans la région, les familles peuvent facilement amener les filles en traversant la frontière. Certaines exciseuses possèdent des maisons d’accueil rudimentaires pour leurs visiteurs. Ou l’exciseuse voyage pour faire une excision de masse, ou des familles et l’exciseuse se rencontrent à la frontière.

                                                                        Les exciseuses du groupe ethnique mossi sont réputées être les meilleures. L’étude décrit comment les communautés nomades mossi organisent secrètement le voyage des célèbres exciseuses vers le Ghana et, à travers un système complexe d’informations et d’alertes codées, les cachent et les font sortir si elles risquent d’être arrêtées.

                                                                        Effet boomerang
                                                                        Les lois anti-MGF permettent de sensibiliser les gens sur le danger de l’excision, mais provoquent également "une mutation négative en un phénomène clandestin", indique l’étude. Les conditions secrètes de la pratique compliquent les estimations, mais il semble que les filles sont excisées dès leur plus jeune âge, selon Boogere.

                                                                        Au Burkina Faso, qui a interdit l’excision des filles en 1996, "la clandestinité est une conséquence imprévue de la loi", a déclaré Alice Tiendrebeogo, une historienne enseignante burkinabé, et une ancienne ministre de l’Education.

                                                                        C’est pourquoi le Mali, où environ 80 pour cent des filles sont excisées, est en train de prendre "la voie douce" pour convaincre les gens d’abandonner cette pratique à travers des campagnes communautaires, a expliqué Diarra Affusatou Thiero, un juge à la Cour suprême et ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, entre 1997 et 2002.

                                                                        "Nous ne voulons pas voter une loi juste pour dire que nous en avons une si elle ne sera pas respectée et appliquée", a-t-elle dit à IPS.

                                                                        "Nos belles-mères, nos grand-mères et nos mères amènent nos enfants pour les exciser pendant que nous sommes au travail ou en voyage. Comment puis-je amener ma belle-mère devant les tribunaux? Je perdrais mon mari, ma famille. Je serais déshonorée. C’est compliqué. C’est mieux de sensibiliser pour amener un changement", a-t-elle ajouté.

                                                                        Cependant, parce que justement le Mali "ne dispose pas de mécanismes répressifs autour de l’excision, le pays demeure un El Dorado pour des pratiquants burkinabé", indique l’étude.

                                                                        La région n’a pas de mécanismes pour faire face à la MGF transfrontalière. Seule la loi du Ghana autorise des poursuites judiciaires si l’excision est faite à l’extérieur du pays. Ailleurs, des législateurs n’ont pas prévu la stratégie transfrontalière des personnes qui résistent au changement.

                                                                        En novembre, lors d’une rencontre avec des Premières dames de sept pays d’Afrique de l’ouest, l’UNIFEM et des gouvernements ont lancé un plan d’action régional dans des régions frontalières impliquant des gouverneurs, la police et des organisations non gouvernementales.

                                                                        "La question fondamentale est que les deux côtés de la frontière doivent être vigilants", a souligné Tiendrebeogo.

                                                                        Néanmoins, indique l’étude, la solution ne réside pas dans la répression, mais dans la capacité à convaincre les gens d’abandonner la pratique. Les stations de radios communautaires constituent la clé pour cette approche, puisqu’elles atteignent les populations dans leur propre langue et diffusent à travers des frontières.

                                                                        Important également, c’est l’engagement public plus grand des leaders politiques, religieux et traditionnels, que l’étude juge "faible". Jusque-là, les campagnes restent sporadiques, non participatives et faiblement adaptées à leur cible. "L’excision transfrontalière est une conséquence inattendue et perverse… et la preuve de l’inefficacité des approches et stratégies utilisées", conclut l’étude. (FIN/IPS/2009)

                                                                        Leave a comment

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                                                                        AFRIQUE DE L’OUEST: La mutilation génitale féminine ne connaît pas de frontières

                                                                          By Mercedes Sayagues

                                                                          PRETORIA, 10 fév (IPS) – Des lois contre la mutilation génitale féminine (MGF) sont en train de conduire la pratique sous terre et à travers les frontières, déclare une étude du Fonds de développement des Nations Unies pour les femmes (UNIFEM).

                                                                          Cette étude publiée l’année dernière, a examiné le flux de filles voyageant pour être excisées entre le Burkina Faso et ses voisins : Mali, Niger, Ghana et Côte d’Ivoire. Excepté le Mali, tous les quatre pays concernés par l’étude disposent de lois contre la MGF, bien que la mise en vigueur varie largement.

                                                                          La proscription de cette pratique a "profondément influencé le discours sur l’excision féminine", indique l’étude. Dans des enquêtes, entretiens et des conversations informelles, les gens nient que cette pratique continue. Les excisions de groupe ne sont plus annoncées dans le marché. Mais la pratique se produit toujours, et voyage partout où les gens pensent qu’elle ne sera pas punie ou remarquée.

                                                                          "Nous pensons qu’elle s’aggrave", a affirmé Francis Bogie Boogere, un spécialiste en violences sexuelles à l’UNIFEM au Burkina Faso.L’étude constate qu’en plus de la législation anti-MGF, les liens ethniques à travers les frontières étayent des réseaux sociaux et culturels qui facilitent l’excision transfrontalière. Les Peuls se déplacent entre les frontières du Burkina Faso et le Niger, les Gourmantchés entre le Burkina et le Niger, les Dagara et les Lobi entre le Burkina et le Ghana, pendant que des travailleurs burkinabé en Côte d’Ivoire vont au pays pour exciser les filles puis retournent.

                                                                          Lorsque le nord de la Côte d’Ivoire est devenu sans loi durant la guerre civile, la mutilation génitale féminine a prospéré là.

                                                                          Les communautés mossi et yagse venues du Burkina Faso découvrent au Mali "la situation idéale pour exciser leurs filles à la vue de tous", souligne l’étude. Entre juillet et novembre, lorsque des milliers de jeunes Burkinabé traversent la frontière à pied, par des charrettes à bœufs, à bicyclette ou en bus pour ramasser du coton au Mali, et pendant les vacances scolaires, des filles se mêlent à ce flux.

                                                                          Boogere a détecté la preuve anecdotique du trafic de clitoris coupés pour la sorcellerie en Côte d’Ivoire. "Des exciseuses au Bénin et au Togo connaissent des guérisseurs traditionnels qui connaissent des hommes riches en Côte d’Ivoire qui croient que ces fétiches les rendront plus riches", a-t-il confié à IPS. Ce commerce pourrait saper les efforts pour mettre fin à cette pratique nuisible infligée à des milliers de filles en Afrique de l’ouest chaque année, s’inquiète-t-il.Puisque les nationaux ouest-africains n’ont pas besoin de passeports et de visas pour voyager dans la région, les familles peuvent facilement amener les filles en traversant la frontière. Certaines exciseuses possèdent des maisons d’accueil rudimentaires pour leurs visiteurs. Ou l’exciseuse voyage pour faire une excision de masse, ou des familles et l’exciseuse se rencontrent à la frontière.

                                                                          Les exciseuses du groupe ethnique mossi sont réputées être les meilleures. L’étude décrit comment les communautés nomades mossi organisent secrètement le voyage des célèbres exciseuses vers le Ghana et, à travers un système complexe d’informations et d’alertes codées, les cachent et les font sortir si elles risquent d’être arrêtées.

                                                                          Effet boomerangLes lois anti-MGF permettent de sensibiliser les gens sur le danger de l’excision, mais provoquent également "une mutation négative en un phénomène clandestin", indique l’étude. Les conditions secrètes de la pratique compliquent les estimations, mais il semble que les filles sont excisées dès leur plus jeune âge, selon Boogere.

                                                                          Au Burkina Faso, qui a interdit l’excision des filles en 1996, "la clandestinité est une conséquence imprévue de la loi", a déclaré Alice Tiendrebeogo, une historienne enseignante burkinabé, et une ancienne ministre de l’Education.C’est pourquoi le Mali, où environ 80 pour cent des filles sont excisées, est en train de prendre "la voie douce" pour convaincre les gens d’abandonner cette pratique à travers des campagnes communautaires, a expliqué Diarra Affusatou Thiero, un juge à la Cour suprême et ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, entre 1997 et 2002.

                                                                          "Nous ne voulons pas voter une loi juste pour dire que nous en avons une si elle ne sera pas respectée et appliquée", a-t-elle dit à IPS.

                                                                          "Nos belles-mères, nos grand-mères et nos mères amènent nos enfants pour les exciser pendant que nous sommes au travail ou en voyage. Comment puis-je amener ma belle-mère devant les tribunaux? Je perdrais mon mari, ma famille. Je serais déshonorée. C’est compliqué. C’est mieux de sensibiliser pour amener un changement", a-t-elle ajouté.

                                                                          Cependant, parce que justement le Mali "ne dispose pas de mécanismes répressifs autour de l’excision, le pays demeure un El Dorado pour des pratiquants burkinabé", indique l’étude.

                                                                          La région n’a pas de mécanismes pour faire face à la MGF transfrontalière. Seule la loi du Ghana autorise des poursuites judiciaires si l’excision est faite à l’extérieur du pays. Ailleurs, des législateurs n’ont pas prévu la stratégie transfrontalière des personnes qui résistent au changement.

                                                                          En novembre, lors d’une rencontre avec des Premières dames de sept pays d’Afrique de l’ouest, l’UNIFEM et des gouvernements ont lancé un plan d’action régional dans des régions frontalières impliquant des gouverneurs, la police et des organisations non gouvernementales."La question fondamentale est que les deux côtés de la frontière doivent être vigilants", a souligné Tiendrebeogo.Néanmoins, indique l’étude, la solution ne réside pas dans la répression, mais dans la capacité à convaincre les gens d’abandonner la pratique. Les stations de radios communautaires constituent la clé pour cette approche, puisqu’elles atteignent les populations dans leur propre langue et diffusent à travers des frontières.

                                                                          Important également, c’est l’engagement public plus grand des leaders politiques, religieux et traditionnels, que l’étude juge "faible". Jusque-là, les campagnes restent sporadiques, non participatives et faiblement adaptées à leur cible. "L’excision transfrontalière est une conséquence inattendue et perverse… et la preuve de l’inefficacité des approches et stratégies utilisées", conclut l’étude.

                                                                          Leave a comment

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                                                                          Home » Afrique, Headlines, Politique, Reportage d'Afrique »

                                                                          AFRIQUE DE L’EST: Accroître la participation des femmes au gouvernement

                                                                            By Joyce Mulama

                                                                            NAIROBI, 3 fév (IPS) – Le faible record du Kenya à améliorer le pourcentage des femmes dans des positions de prise de décisions a fait l’objet d’un examen, mais ses voisins sont en train de faire beaucoup mieux.

                                                                            En 2007, un amendement constitutionnel, qui aurait créé 50 sièges spéciaux pour les femmes au parlement, a été rejeté pour faute de quorum pour le mettre au vote.Le pays était sur le point de voter une loi réservant des positions aux femmes à tous les niveaux de prise de décisions lorsque de telles dispositions avaient été incluses dans un avant-projet de la constitution établi par une Conférence constitutionnelle nationale en 2003 et 2004. Mais le document avant-projet a été rejeté dans un référendum en 2005 – du fait d’une large insatisfaction avec le gouvernement de Kibaki d’alors plutôt qu’une opposition spécifique aux clauses sur les femmes.

                                                                            Pendant que le Kenya continue lamentablement de faire des progrès en matière d’augmentation du nombre des femmes dans des positions clé de leadership, l’Ouganda et la Tanzanie voisins ont fait de pas géants dans ce domaine.

                                                                            La constitution de l’Ouganda a sauvegardé une mesure de discrimination positive pour accroître la représentation des femmes au sein du gouvernement et dans le service public. A travers le système établi en 1995, des sièges spéciaux pour les femmes ont été créés au sein du parlement, augmentant le pourcentage des femmes législatrices à environ 25 pour cent, selon des chiffres du gouvernement. Le même système prévoit que les femmes soient représentées à 30 pour cent dans le service public.

                                                                            Une initiative similaire a été prouvée en Tanzanie où le parlement a voté en 2000 une loi pour accroître les sièges des femmes au parlement et dans le service public à 30 pour cent au moins.

                                                                            Le cas du Rwanda a été le plus spectaculaire, qui présente actuellement le taux le plus élevé de femmes au parlement – 56 pour cent – dans le monde. La constitution du pays prévoit un système de quota qui réserve aux femmes 24 sièges sur 80 à la Chambre basse et six sièges sur 20 à la Chambre haute. La constitution demande également que les femmes occupent 30 pour cent des postes de prise de décisions dans le service public."Je pense qu’au Rwanda, l’écart qui existait entre l’homme et la femme est en train de se réduire; comme vous pouvez le remarquer, nos pourcentages sont chaque fois élevés, comparativement aux années antérieures, alors pour nous, nous sommes en train de gagner la lutte pour l’égalité", affirme Winnie Muhumuza du Réseau des femmes du Rwanda.L’expérience du Rwanda démontre que les quotas constituent un point de départ pour mettre un pont sur le vide de l’inégalité de genre dans le leadership.Malgré cette leçon, les autorités kenyanes ont manqué à leur promesse de réserver des quotas pour les femmes dans le service public ainsi qu’au parlement. En 2006, une déclaration du président, selon laquelle 30 pour cent des nominations dans le service public seraient attribuées aux femmes, ne s’est pas concrétisée.

                                                                            Trois années plus tard, des femmes leaders sont en train d’accuser les autorités de manque d’engagement à atteindre ce chiffre. Leur mécontentement s’est intensifié suite à la nomination d’une équipe de 12 membres pour aider dans la résolution des disputes qui ont submergé le gouvernement de coalition au pouvoir. Une équipe composée uniquement d’hommes a été nommée par le président le 15 janvier à la déception des femmes leaders qui se sont plaintes d’être marginalisées. Depuis, deux femmes ont été ajoutées à la liste suite à un tollé général.

                                                                            Mais il existe encore de l’insatisfaction, puisque cela est encore en dessous de l’objectif des 30 pour cent promis."Il y une la nécessité que la directive du président soit traduite en une loi, et des mécanismes pour sa mise en œuvre clairement définis", a souligné le professeur Wanjiku Kabira, un consultant en genre au Centre de collaboration pour le genre et le développement, basé à Nairobi.

                                                                            "Jusqu’à ce que cela se produise, la nomination des femmes dépendra de la bonne volonté de ceux qui sont au pouvoir. Le nombre de femmes dans le gouvernement est parle de lui-même", a-t-elle ajouté. Actuellement, seuls sept des 37 ministres sont des femmes tandis que sur les 53 ministres délégués, seuls six sont des femmes.

                                                                            S’inspirant du Rwanda, de la Tanzanie et de l’Ouganda, des femmes parlementaires et des femmes activistes au Kenya veulent réintroduire le débat sur une discrimination positive qu’elles ont déposé sur la table du parlement. "Nous voulons le présenter comme un projet de loi mais avant cela, nous devrions mettre la pression sur nos homologues afin qu’elles soutiennent une telle initiative", a déclaré à IPS, la députée Millie Odhiambo.

                                                                            Voter une telle loi, disent des analystes, demeure une attente monumentale étant donné que la majorité des députés sont des hommes. De tous les 222 députés, seulement 21 sont des femmes, une augmentation par rapport aux 18 femmes membres du parlement précédent.

                                                                            Le Kenya a d’abord tenté d’introduire une législation de discrimination positive en 2000, dans une loi qui a été par la suite rejetée par l’ancien président Daniel Arap Moï.

                                                                            Comme le débat sur une discrimination positive en faveur des femmes monte, il devient plus clair qu’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) – qui demandent l’égalité de genre dans le domaine politique – peut ne pas être une tâche facile pour le Kenya."Avec seulement une poignée de femmes en politique, nous n’avons fait aucun progrès dans la réalisation de l’OMD 3. C’est triste et honteux que nous traînions derrière nos voisins, qui ont tous fait de pas géants dans ce domaine", a indiqué Monica Amolo, directrice exécutive du ‘Kenya Women Shadow Parliament’ (Parlement fantôme des femmes du Kenya).

                                                                            L’OMD en question est l’un des huit objectifs des Nations Unies et vise à promouvoir l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes. Aux termes de cet objectif, les pays doivent développer une législation et des politiques qui assurent une représentation équitable entre l’homme et la femme à tous les niveaux de prise de décisions, y compris en politique.Certains députés ainsi que des activistes ont déclaré que la création de sièges spéciaux aux femmes au sein du parlement n’assure pas totalement une égalité politique entre les sexes, affirmant que les femmes doivent lutter pour gagner plus de postes électifs.

                                                                            "Les femmes doivent être encouragées à rechercher des postes électifs bien qu’elles soient confrontées à de graves défis comparativement aux politiciens hommes", a dit Amolo.Mais les femmes candidates qui ont tenté cela au Kenya, y compris Amolo, rencontrent tout un tas d’obstacles, notamment un manque de ressources pour faire campagne, et la façon traditionnelle dont les femmes sont perçues, qui autorisent peu d’activités en dehors du foyer.(Eunice Wanjiru à Kigali a contribué à ce reportage).

                                                                            Leave a comment

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                                                                            AFRIQUE DE L’EST: Même les têtes de poissons sont maintenant inabordables

                                                                              By Wambi Michael

                                                                              JINJA, Ouganda, 23 jan (IPS) – Le commerce illégal et la surpêche sur le lac Victoria ont entraîné des pénuries de poissons en Ouganda, au Kenya et en Tanzanie. De grandes quantités de poissons non traités et illégalement commercialisés, notamment la perche et le tilapia du Nil, peuvent être en train de trouver leur chemin vers des marchés d’exportation de l’Union européenne (UE).

                                                                              La diminution du poisson le plus commercialisé du lac, la perche du Nil, fait monter également les prix au niveau local, ce qui menace les moyens d’existence de près de 40 millions de personnes en Afrique de l’est.

                                                                              La prédatrice perche du Nil a été introduite dans le lac Victoria par des officiers coloniaux britanniques afin de le repeupler dans les années 1950, et a depuis causé des dégâts environnementaux en tuant les espèces locales dans le lac.

                                                                              L’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie ont exporté des tonnes de perche du Nil vers l’Europe. Les exportations de poisson ont, en termes de recettes d’exportations, dépassé des cultures commerciales telles que le café et le coton.

                                                                              La surpêche de la perche du Nil dans beaucoup de réceptacles du lac a été condamnée ainsi que beaucoup de pêcheurs utilisant de mauvaises méthodes de pêche. L’Ouganda possède plus de 20 usines de poisson exportant annuellement plus de 30.000 tonnes de poissons, faisant entrer des recettes extérieures intéressantes de 150 millions de dollars chaque année.

                                                                              Cependant, cela a atteint un prix, puisque les exportations massives ont conduit à la rareté du poisson et le prix augmente sur le marché local. Plus de 10 usines autour du lac Victoria ont fermé et les 25 restantes tournent en dessous de leur capacité, selon l’Organisation des pêches du lac Victoria (LVFO), basée à Jinja, en Ouganda. La LVFO a été créée à travers une convention signée par l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya sous la Communauté des Etats d’Afrique de l’est en 1994 pour gérer les ressources de pêche dans le lac Victoria.

                                                                              Le secrétaire exécutif de la LVFO, Dickson Nyeko, a confié à IPS que "le nombre de bateaux de pêche enregistrés sur le lac Victoria a augmenté de 16 pour cent depuis décembre 2005. Les bateaux voyagent plus loin, utilisant un équipement illégal dans un effort de satisfaire les usines de traitement de poisson qui restent encore sur le lac".

                                                                              Nyeko a estimé que les décideurs en Afrique de l’est devraient consolider et conserver des réserves de poissons dans tous les systèmes d’eau de la Communauté des Etats d’Afrique de l’est parce que des réserves dans la région sont actuellement menacées.Nyeko a souligné que la réserve de la perche du Nil dans la région souffre d’une pêche non régulée. "La perche du Nil est un produit de pêches internationalement très commercialisé. Sa baisse suscite une inquiétude particulière pour les moyens d’existence de millions de personnes autour du lac et dans la région".

                                                                              Le commissaire du ministère des Pêches de l’Ouganda, Wilson Mwanja, a dit que d’année en année, les recettes des exportations du poisson ont baissé de 19,4 millions de dollars en 2007. Les prévisions des exportations du poisson pour l’exercice budgétaire 2008-2009 font ressortir une baisse de plus de 60 millions de dollars à partir de 2005.

                                                                              Les usines de traitement de poisson restantes "opèrent maintenant à entre 30 et 50 pour cent de leur capacité de traitement et cela se produit à un moment où les frais de transport et le coût de l’essence ont augmenté", a indiqué Mwanja.Il y a déjà une crise alimentaire marquée par l’augmentation des prix des denrées à des niveaux qui ne sont pas abordables pour beaucoup.A Kampala, la capitale de l’Ouganda, un kilogramme de perche du Nil, qui coûtait environ 0,5 dollar, coûte actuellement 3,50 dollars. Beaucoup de personnes ont dû recourir aux têtes et arêtes de poisson vendues dans les usines de poisson après que le filet de poisson a été retiré pour l’exportation vers l’UE.

                                                                              Mais actuellement, même la peau du poisson, les arêtes et la tête – communément appelées mugongowazi (en swahili "personne à dos ouvert ou sans chair") – commencent par devenir rares parce que des commerçants ont découvert de nouveaux marchés pour ces produits en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et dans le sud du Soudan.Mugisha Kanywani, porte-parole au marché de poisson de Gaba et au site de débarquement sur le lac Victoria, a reconnu que le commerce des arêtes, de la peau et des têtes de poisson avec des pays voisins prospère alors que des locaux ne peuvent plus acheter ces produits.

                                                                              "Parlez moins de mugongowazi! Même ces peaux, enroulées, sont de bonnes nourritures pour des Congolais et les gens au Tchad. Nous avons de l’argent maintenant. Ne voyez-vous pas comment nous avons construit (développé) cette zone?", a-t-il dit dans un entretien avec IPS.Dirisa Walusimbi Gamweru, président de l’Unité de gestion de la plage de Gaba, a déclaré à IPS qu’"il y a 10 ans, un pêcheur utilisant 50 filets attraperait au moins 100 kg de perche du Nil par jour. Maintenant, avec le même nombre de filets, vous pouvez obtenir seulement entre 20 et 30 kg".

                                                                              Des femmes sur le site de débarquement de Gaba survivent du commerce du poisson comme des vendeuses. Mais la baisse des réserves de poisson est en train de produire directement un impact sur elles. Certaines ont dû recourir à la vente du bois de chauffe coupé dans les îles du lac Victoria.

                                                                              Sauda Namwanje, l’une des vendeuses de bois de chauffe et du charbon, a déclaré à IPS que son fonds de roulement ne pourrait plus soutenir longtemps le commerce du poisson, alors, elle était obligée de se tourner vers le commerce du bois.

                                                                              La pénurie de poisson a pris une dimension régionale comme une source potentielle de conflit. Des pêcheurs traversent au-delà des frontières de l’Etat à la recherche du poisson. Dans le passé, des pêcheurs kenyans ont été arrêtés et détenus en Ouganda. On estime que plus de 300 pêcheurs kenyans vont jusqu’en Ouganda tous les jours.

                                                                              Le territoire de l’Ouganda occupe 43 pour cent du lac Victoria et celui de la Tanzanie 51 pour cent.Des bateaux de patrouille traversent maintenant le lac puisque l’Ouganda accuse le Kenya et la Tanzanie de leur incapacité à appliquer des accords relatifs au partage des ressources du lac. Un rapport du Projet de recherche sur les pêches dans le lac Victoria, indique que plusieurs lois et accords sur l’utilisation du lac sont en train d’être violés.Le rapport affirme que la surpêche du côté du Kenya est en train de forcer ses pêcheurs à déborder dans des eaux des pays voisins. Il ajoute que "bien que les eaux territoriales du Kenya couvrent seulement six pour cent du lac, il possède plus de bateaux et de pêcheurs" que les autres pays.

                                                                              Cette question a été débattue en octobre dernier par le Conseil des ministres de la LVFO. Les ministres des trois pays ont recommandé aux Etats membres de créer des mécanismes pour régler des conflits de pêche, lutter contre des pratiques de pêche illégales et fournir un financement adéquat pour des activités de pêche.Ils ont également demandé aux Etats membres de déclarer officiellement certaines zones du lac comme des zones protégées interdites à la pêche pour permettre la régénération des réserves.

                                                                              Leave a comment

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                                                                              Home » Afrique, Developpement, Economie et Travail, Headlines, Internationale, Politique »

                                                                              AFRIQUE DE L’OUEST-COMMERCE: UE : « Pas de report pour les Accords de partenariat économique »

                                                                                BRUXELLES, 24 octobre (IPS) – L’Union européenne a rejeté l’appel lancé par les Etats de l’Afrique de l’Ouest qui souhaitaient postposer la date fixée pour la conclusion des Accords de partenariat économique (APE).

                                                                                Au début de ce mois, les différents gouvernements des Etats de l’Afrique de l’Ouest avaient pourtant exhorté l’Union européenne à ne pas imposer la date butoir du 31 décembre 2007 pour la conclusion de ces nouveaux accords commerciaux.

                                                                                Ablasse Ouedrago, haut représentant en matière de commerce pour la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avait estimé que la région n’était pas prête, à ce stade des négociations, à signer un accord de libre-échange avec l’UE.

                                                                                « Les paysans de la région, déjà appauvris, et les industries naissantes risquent d’être sérieusement affectés s’ils doivent entrer en concurrence avec le flux de denrées bon marché en provenance de l’Europe », avait-il indiqué.

                                                                                Dans l’intervalle, les Etats de l’Ouest africain proposaient donc une solution alternative : que le système préférentiel, qui permet à ces pays d’importer leurs marchandises sur le Vieux Continent, soit maintenu pendant au moins deux ans. Mais ce régime préférentiel entre cependant en contradiction avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et doit être supprimé au début de l’année 2008.

                                                                                La Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, refuse cependant de répondre à la demande des Etats de l’Afrique de l’Ouest, qui souhaitent que l’Europe obtienne l’accord de l’OMC pour une prolongation temporaire de ce système préférentiel.

                                                                                Dans une lettre datée du 11 octobre, signée par le Commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, et son homologue au Développement, Louis Michel, la Commission européenne estime en effet que cette démarche n’aurait aucune base légale et que toute initiative allant dans ce sens pourrait ternir la réputation de l’UE et de l’Afrique de l’Ouest.

                                                                                « Nous sommes à présent en bout de course et demander un report entacherait notre crédibilité au niveau international », précise le document, dont IPS a pu obtenir une copie. « Nous avons eu sept années pour conclure les négociations autour des APE. La Commission européenne ne peut pas maintenir un régime illégal auquel nous avons communément convenu de mettre fin il y a sept ans », poursuit cette lettre, envoyée à seize gouvernements ouest-africains, dont celui du Ghana, du Nigeria, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Bénin et du Mali.

                                                                                Les préférences en matière de commerce datent des Accords de Cotonou, conclus en 2000 entre l’Union européenne et près de 80 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Pour les deux commissaires européens, prolonger ce système pourrait avoir des conséquences pour les pays pauvres qui ne font pas partie du bloc ACP.

                                                                                Les producteurs de bananes d’Amérique latine, par exemple, sont mécontents du système de tarification douanière préférentielle dont bénéficient les producteurs de fruit de la région Afrique-Caraïbes-Pacifique. Et les tarifs préférentiels pour les producteurs de bananes risquent d’être jugés contraires aux règles de l’OMC dès l’an prochain, soulignent encore les deux commissaires européens. Ils affirment cependant être disposés à signer un APE moins ambitieux. Mais un accord en matière de commerce de marchandises « doit au moins » être signé cette année, précisent-ils. « Il s’agirait d’un premier pas important vers la conclusion d’un Accord de partenariat économique complet, pour lequel des négociations se poursuivront en 2008 », concluent-ils.

                                                                                Jusqu’à récemment, l’Union européenne estimait que les Accords de partenariat économique devaient couvrir une série de domaines. Outre le commerce de biens, ces nouveaux arrangements devaient aborder les questions relatives à la libéralisation des services, à la concurrence, aux investissements ou à la propriété intellectuelle.

                                                                                Pour les activistes de la lutte contre la pauvreté, un accord qui se limiterait à envisager le commerce des biens pourrait entraver les efforts et les progrès socio-économiques des pays du bloc ACP. « Un accord sur le commerce des biens pourrait forcer une libéralisation qui n’est pas voulue », explique Alexander Woollcombe, qui milite au sein de l’organisation non gouvernementale Oxfam.

                                                                                « La date butoir ne doit pas être utilisée pour mettre sous pression les pays du bloc ACP et les forcer à signer un texte qui va à l’encontre de leurs propres intérêts. La priorité devrait être de signer un accord équitable et non de parvenir à un accord à tout prix d’ici à la fin de l’année », ajoute-t-il.

                                                                                Pour Mariano Iossa, chargé des questions relatives au commerce pour l’ONG internationale ActionAid, un accord centré sur le commerce des biens risque de miner les petits producteurs. Incapables de faire face à la concurrence des denrées européennes, ces petits paysans ne seront plus en mesure de nourrir leur famille. Or, ce serait aller à l’encontre d’un droit fondamental, le droit à l’alimentation, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme (1948), souligne-t-il.

                                                                                « Ce type d’accord ne rencontrerait pas les préoccupations des producteurs dans les économies agraires. Or, l’agriculture est la principale source de revenus pour une majorité de paysans d’Afrique. Et il ne prendrait pas en compte le fait que le droit à l’alimentation serait ainsi bafoué », ajoute Iossa.

                                                                                L’Afrique de l’Ouest est l’une des quatre régions du continent africain impliquées dans des négociations en vue de la conclusion d’Accords de partenariat économique, aux côtés de l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et du Sud, et la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC).

                                                                                Bien que le Commissaire européen Peter Mandelson ait récemment déclaré que l’Afrique centrale serait en mesure de signer un Accord de partenariat économique couvrant à la fois le commerce des biens et des services, le doute subsiste pour les autres régions concernées.

                                                                                Dernièrement, le ministre sud-africain en charge du commerce, Rob Davies, a indiqué que son pays n’avait pas l’intention de signer un accord qui serait incompatible avec les objectifs de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC). Celle-ci voudrait en effet renforcer ses services avant de conclure un accord de libre-échange, afin d’être en mesure de concurrencer les Européens. La crainte du ministre est en effet que des firmes étrangères envahissent des secteurs comme les transports, les télécommunications et les services financiers en Afrique.

                                                                                Quant à l’Afrique de l’Est et du Sud, ses négociateurs se sont principalement concentrés sur les questions relatives au commerce des biens et au développement. Jusqu’à présent, les différentes rencontres ont peu abordé les thématiques liées à la libéralisation des services, par exemple.

                                                                                Le 15 octobre, les chefs de gouvernement des 27 Etats membres de l’UE se sont mis d’accord pour dégager, jusqu’en 2010, deux milliards d’euros par an d’« Aide au commerce ». Environ la moitié de cette enveloppe est destinée aux pays du bloc ACP, afin que ceux-ci puissent s’adapter au libre-échange.

                                                                                Mais pour Berhane Gebre-Christos, ambassadeur de l’Ethiopie auprès de l’Union européenne, le développement va bien au-delà des aides commerciales. « Beaucoup de pays ACP n’ont pas été en mesure de retirer des avantages du système préférentiel mis en place par l’UE à cause des contraintes qu’il impose et du manque de capacités », rappelle-t-il. Pour cet observateur, « l’engagement politique en faveur de la signature des accords cette année est réel au sein du bloc ACP, mais nombre de questions qui sont aujourd’hui sur la table doivent encore être réglées », souligne-t-il. (FIN/IPS/ 2007) MDG8 MDG1

                                                                                Leave a comment

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                                                                                  By Joyce Mulama

                                                                                  NAIROBI, 24 avr (IPS) – La fracture numérique entre les régions urbaines et rurales en Afrique de l'est — et entre les riches et les pauvres –continue de s’élargir, soulignant le besoin d'initiatives qui permettront à tous de bénéficier des technologies de l'information et de la communication (TIC).

                                                                                  ''En même temps que nous nous attaquons aux défis provoqués par la révolution des TIC, restons sensibles aux implications des disparités multiples entre les riches et les pauvres (et) entre les populations rurales et urbaines'', a noté plus tôt, ce mois, John Waweru, directeur général de 'Communications Commission of Kenya' (Commission des communications du Kenya).Waweru a fait cette déclaration au cours d’une réunion organisée sous les auspices de la 'East African Regulators, Postal and Telecommunications' (Organisations de régulation des postes et télécommunications d'Afrique de l'est), à Nairobi, la capitale kényane. La rencontre était une première étape vers l'harmonisation des politiques des TIC dans la région pour assurer une augmentation de l'utilisation des nouvelles technologies.Juste un cinquième de la population kényane — sept millions sur 34 millions — a accès aux lignes de téléphones fixes et mobiles; la plupart de ces utilisateurs sont dans des villes et cités, selon Waweru.La situation est analogue à celle de la Tanzanie voisine, où environ sept millions sur les 35 millions d'habitants du pays possèdent de lignes de téléphones fixes ou mobiles — une fois encore, pour la plupart dans des zones urbaines, a souligné John Nkoma, directeur général de l'Autorité de régulation des communications de la Tanzanie. (D'une façon plus positive, Nkoma a dit, dans un entretien avec IPS, qu'il y environ trois ans, le nombre d'utilisateurs était estimé à juste deux millions).De la même façon, des études de la Banque mondiale ont indiqué que plus de 50 pour cent des services des TIC en Afrique sont concentrés dans des zones urbaines, bien que celles-ci abritent moins de 30 pour cent de la population du continent.L'Ouganda attire l'attention sur comment les choses peuvent être faites différemment.Un fonds des TIC, créé il y a quatre ans dans ce pays, a aidé à installer des cybercafés et des centres de téléphonie, des installations postales et de distribution de courriers dans des zones rurales. Le 'Rural Communications Development Fund' (Fonds de développement des télécommunications rurales) accorde des subventions aux compagnies pour créer des centres de TIC même dans les parties les plus reculées en vue d'assurer un large accès aux technologies de l'information.''Nous espérons que chaque école primaire aura accès à l'Internet d'ici à 2010. Nous mettons actuellement en place un service de téléphonie payant dans chaque école communale'', a déclaré à IPS, Patrick Masambu, directeur exécutif de la Commission des communications de l'Ouganda.

                                                                                  Le fonds est toujours cité comme un exemple de meilleure pratique pour avoir permis aux communautés pauvres et rurales en Afrique d'utiliser les TIC. Un projet similaire est actuellement à l'étude pour le Kenya.Même si ces initiatives sont les bienvenues, elles ne constituent pas le seul moyen d'attirer les investisseurs dans les zones rurales. Selon le Centre de recherche sur le développement international, une organisation gouvernementale canadienne, la libéralisation du marché a également un rôle à jouer. Par ailleurs, l'infrastructure doit être amenée au même niveau.''Nous devons rénover notre infrastructure; l'électrification rurale est capitale'', a dit à IPS, Chali Tumelo, un haut conseiller à l'Union internationale des télécommunications. Au Kenya, 85 pour cent de la population n'a pas accès à l'électricité, selon des statistiques gouvernementales.

                                                                                  Toutefois, obtenir que tous les éléments soient en place — services des TIC communautaires, l'électricité pour les faire marcher — pourrait ne pas être suffisant.''Si les gens doivent atteindre les zones rurales et éloignées, ils doivent avoir en esprit le fait que la plupart de ces personnes pourraient ne pas comprendre les instructions des TIC, qui sont pour la plupart en anglais. Il est nécessaire que cette information soit préparée dans des langues locales ou dans une langue régionale qui peut être facilement comprise'', a souligné Tumelo.

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