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AFRIQUE DE l’EST: Une intégration financière lente depuis le début

    By Miriam Gathigah

    NAIROBI, 28 juil (IPS) – Depuis des mois maintenant, les gens d’Afrique de l'est attendent dans l'expectative le début d’une révolution économique, puisqu’ils prévoient le lancement d'un nouveau système de paiement standardisé qui intègrera le transfert électronique d'argent dans la région.

    Mais les retards constants dans le lancement du système amènent les économistes à craindre que la faiblesse des infrastructures financières ici n’entrave sa mise en œuvre.Ce système, une copie de l’Espace unique européen de paiement en euros (SEPA), permettra de faire tous les paiements électroniques dans tous les systèmes nationaux de la Communauté d’Afrique de l’est (EAC) à travers des lois, politiques et règlementations harmonisées au sein de la région.Bien que les gens continuent d’effectuer des paiements électroniques à travers la région, cela n’est souvent pas sûr. Actuellement, les transferts transfrontaliers en Afrique de l'est mettent aussi des jours pour être traités.Mais lorsqu’il sera finalement lancé, le système sera sans précédent en Afrique. Pas même l’Union douanière d'Afrique australe, la plus vieille union au monde, ne dispose d'un système de paiement électronique commun en place. Des sources indiquent qu'il finira par conduire à la création d'une banque centrale unique pour le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi, les pays impliqués dans la formation du système."Ce système est un pas en avant vers la création d'une banque centrale dans la région, ainsi qu'une monnaie commune", a déclaré à IPS, Dr Danson Mwangangi, un économiste et analyste des marchés en Afrique orientale.Il s’agit également de l’intégration des échanges commerciaux."Il s'agit de transferts électroniques. Une méthode de paiement qui devient de plus en plus commune puisque la Communauté d’Afrique de l’est continue d’intégrer les échanges commerciaux", a expliqué un économiste et analyste des politiques à la Banque centrale du Kenya, impliquée dans le processus, et qui a requis l’anonymat.Mais cet avenir semble bien loin. Bien que le système de paiement soit censé avoir été lancé en avril, il n'est pas encore effectif. Et la Banque centrale du Kenya, l'un des architectes du projet, a refusé de divulguer des informations sur ses progrès ou de fixer une nouvelle date de lancement.Toutefois, Dr George Ntawagira, un économiste rwandais travaillant au Kenya, a indiqué à IPS que ce retard pourrait être dû au fait que l’économie basée sur les paiements en espèces de la région est caractérisée par de faibles infrastructures financières. Au moins 60 pour cent de tous les paiements dans l’EAC sont effectués en espèces, un système qui est encombrant, risqué et souvent inefficace.Ntawagira a ajouté que le système bancaire reste risqué dans la région puisqu’un nombre important de banques au Kenya perdent des millions de shillings chaque année à cause des retraits illégaux par des criminels calés en informatique."Ces genres de risques doivent être réduits au minimum. Pourtant, les gens d’Afrique de l'est espèrent beaucoup pour ce système et il y a eu une inquiétude par rapport au retard dans sa création"."Mais cette situation doit être prévue, les infrastructures financières sont encore trop faibles pour soutenir ce système. L’un des plus grands défis, ce sont les divergences dans les cadres réglementaires et de surveillance".Pendant ce temps, Ntawagira a affirmé que la plupart des banques à travers l'Afrique de l’est ont encore des régimes fiscaux différents qui entravent l'intégration financière.Il a ajouté qu’une surveillance attentive de toutes les banques de la région serait essentielle pour la réussite du système."Bien qu'il soit rare de trouver des superviseurs à travers des banques en train de se scruter, ceci est un aspect important de l'intégration régionale parce que les faiblesses dans une institution financière peuvent être corrigées pour l'empêcher de mettre l'ensemble du système en péril".Ntawagira a rapidement souligné que même le M-PESA, un système de téléphone mobile par lequel au maximum 500 dollars peuvent être transférés à partir de téléphones mobiles pour payer des factures et des comptes et même pour acheter des temps d'antenne, qui a connu un grand succès, a été confronté à de nombreux problèmes lorsqu’il a été lancé pour la première fois en 2007. Cela comprenait des questions de connectivité du réseau et de l'intégration financière.Mais, selon la Banque mondiale, il est devenu depuis ce temps une histoire à succès pour l'Afrique et les paiements des services font au total près de 320 millions de dollars par mois dans la région.Et les économistes croient toujours que ce nouveau système de paiement électronique changera considérablement la façon dont l'argent circule à travers les frontières de la région. Ce système devrait être non seulement plus sûr que le système bancaire actuel, mais aussi moins cher et plus efficace."Actuellement, si vous vous déplacez vers un autre pays en Afrique de l’est, même temporairement, vous devrez passer par un certain nombre de procédures complexes avant que vous ne puissiez ouvrir un nouveau compte dans votre nouveau pays".Avec le nouveau système de paiement électronique, les résidents d'Afrique de l’est pourront continuer à utiliser leurs comptes bancaires existants à partir de leur pays d'origine tout en habitant ailleurs dans la région.On espère également que le système entraînera une augmentation des investissements."L’EAC a continué à avoir de difficultés dans sa tentative d'attirer l'investissement étranger direct (IED). Cela a été en grande partie dû à l'insuffisance des infrastructures dans tous les secteurs, qu'il s'agisse des routes, des finances, ainsi de suite. Ce système pourrait accroître l’IED", a déclaré à IPS, par téléphone depuis la Tanzanie, Titus Mwakazi, un analyste économique.

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