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AFRIQUE DE L’OUEST: Les panneaux solaires éclairent les villages reculés

    By Koffigan E. Adigbli

    DAKAR, 19 oct (IPS) – Les coupures intempestives de l’électricité, associées à une mauvaise politique de l’éclairage rural dans certains pays de l’Afrique de l’ouest, ont amené certains citoyens des zones rurales, au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, à utiliser des panneaux solaires dans leurs maisons.

    L’énergie solaire est également utilisée pour éclairer des écoles, selon les responsables de l’entreprise de fabrication de panneaux solaires en Afrique de l’ouest, 'Sustainable Power Electric Company' (SPEC), basée au Sénégal. Elle est également au Mali à côté d’un autre fournisseur, Sahel Energie.

    Au Sénégal, plus de 80 villages bénéficient déjà de l’éclairage solaire, alors qu’ils sont plus de 150 au Mali, selon les promoteurs de cette énergie dans ces deux pays voisins.La photovoltaïque, communément appelée panneau solaire est donc une solution d’éclairage pour les ruraux de ces pays depuis quelques années, affirme la SPEC. Même si les populations trouvent le coût de l’installation du kit photovoltaïque trop élevé, elles se réjouissent du rôle de désenclavement qu’il joue dans leur communauté.

    Mamadou Saliou Sow, directeur de la SPEC, explique que l’avenir énergétique du monde ne pouvait se concevoir sans les énergies renouvelables en général et sans le solaire en particulier. Selon lui, l’utilisation de l’énergie solaire augmente considérablement la durée de vie de tous les appareils électriques, notamment ceux qui ont des composants électroniques.

    «C’est vrai, le mètre carré de photovoltaïque était vendu à 650.000 francs CFA (environ 1.354 dollars), mais avec une subvention de l’Etat de plus de quatre milliards FCFA (environ 8,3 millions de dollars), nous l’avons réduit et, avec 300.000 ou 250.000 FCFA (520 ou 625 dollars), le citoyen peut avoir les panneaux avec ses appareils d’installation», indique Sow à IPS. «Les panneaux solaires ont aussi une durée de vie longue suivant leur entretien; cela peut faire huit à dix ans et plus».

    Selon Sow, les panneaux ayant une puissance de 50 à plus de 300 watts permettent de répondre à la quasi-totalité des besoins (rural, urbain, professionnel, et mini-centrales solaires).

    «L’énergie solaire peut contribuer efficacement à la réduction de la facture énergétique. Dans les villages, les cultivateurs cotisent pour avoir de panneaux solaires. C’est le cas du village de Kidira, dans l’est du Sénégal, non loin de la frontière avec le Mali», dit-il.

    Selon Amadou Dia, enseignant à l’école secondaire de Kidira, les éleveurs étaient confrontés au vol de leur bétail la nuit, et il a fallu installer des panneaux solaires qui éclairent les enclos pour que ces vols cessent.

    «Les gens sont en majorité des éleveurs, mais il y a eu des séries de vols de bétail. Tous les éleveurs ont préféré mettre la main à la poche, en cotisant 50.000 FCFA (environ 104 dollars) par foyer, pour avoir de l’éclairage solaire. Ainsi les enclos des bêtes sont éclairés», explique-t-il à IPS.

    Mais certains ont payé beaucoup plus pour obtenir leur kit photovoltaïque individuel. Shakir Sow, éleveur dans cette même localité, indique qu’il a dépensé plus d’un million de francs CFA (plus de 2.083 dollars) pour l’installation des panneaux solaires chez lui, mais il ne se plaint pas.

    «Avec l’installation du kit photovoltaïque, mes bêtes sont protégées; ensuite mes enfants qui vont à l’école apprennent avec l’éclairage et on a un poste téléviseur pour suivre les informations. Ce qu’on n’avait pas avant. Je suis un éleveur moderne», déclare-t-il, tout joyeux.

    A Dindiéri, une commune située dans l’est du Mali, presque toutes les habitations jouissent de l’énergie solaire, faisant la fierté de ses habitants.

    «J’ai dépensé 680.000 FCFA (1.417 dollars) pour avoir mes panneaux solaires. Cela éclaire toute notre maison, plus un bar, deux postes téléviseurs, les lampes et deux réfrigérateurs», souligne Moutakilou Bangoura, un jeune commerçant de Dindiéri.

    A Kayes, une ville de l’ouest du Mali, près de la frontière du Sénégal, bien qu’elle soit électrifiée, certaines familles préfèrent utiliser des panneaux solaires, parce qu’ils seraient moins coûteux, selon eux, et cette énergie protègerait les appareils électriques.

    Khalidou Soumaré, agent de la mairie de Kayes, affirme à IPS qu’il utilise depuis 10 ans les panneaux solaires pour l’éclairage de sa maison.

    «A l’époque, les gens pensaient que c’était du luxe; j’étais simplement énervé par les coupures intempestives de l’électricité et cela endommageait mes appareils. J’ai opté pour le solaire et je n’ai pas regretté. Je n’ai plus de facture à payer», explique Soumaré.

    «Ce qui dérange des fois, se sont les pièces de rechange de l’appareil qui emmagasine de l’électricité. Avant, c’est à Bamako (la capitale malienne) qu’on les achetait, maintenant on les a ici, même si parfois, certains vendeurs font de la surenchère», ajoute-t-il à IPS.

    Selon Soumaré, à part les habitants, des organisations non gouvernementales (ONG) s’activent dans l’éclairage public des zones rurales subsahariennes. Par exemple, la Croix-Rouge monégasque a installé en 2009 une mini-centrale solaire composée de 12 panneaux photovoltaïques de 50 watts, dans la comune de Kayes, pour permettre le rechargement de 400 lampes solaires individuelles dans des familles.

    «Chaque utilisateur, qui reçoit une lampe, pourra la recharger à volonté à la centrale pour un abonnement mensuel de 700 FCFA (1,45 dollar). Les revenus de la centrale permettent d’employer un technicien et d’assurer la maintenance. Cette approche présente l’avantage de rendre immédiatement accessible l’éclairage solaire aux familles qui n’ont pas les moyens d’acheter un kit photovoltaïque», explique-t-il.

    Au Burkina Faso, des ONG s’activent encore plus dans l’éclairage des zones rurales. Par exemple, à Boulsa, un village de la commune de Koupèla (sud du pays), l’ONG française Soleil et développement a permis à 102 femmes d’avoir de l’électricité solaire dans leurs maisons en 2009. Elles forment une coopérative de transformation des produits céréaliers qu’elles commercialisent.

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