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AFRIQUE DE L’OUEST: Maintenir l’appui aux petits producteurs malgré les bonnes perspectives

    By Brahima Ouédraogo

    OUAGADOUGOU, 28 sep (IPS) – Malgré une abondance des pluies qui annonce de bonnes récoltes agricoles pour la campagne 2012-2013, des organisations non gouvernementales (ONG) et de paysans appellent à maintenir l’appui aux petits producteurs en vue d’une éradication de l’insécurité alimentaire.

    Selon le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), la production céréalière attendue dans la région Sahel et Afrique de l’ouest, pour la campagne agricole 2012-2013, se situerait entre 57 millions et 64 millions de tonnes, ce qui correspondrait à un accroissement de cinq pour cent à 17 pour cent par rapport à la saison dernière.

    "Selon certaines études, environ 30 pour cent des productions céréalières sont perdues pendant et après les récoltes du fait des techniques inappropriées de récolte, de battage et de conservation; on comprend donc mieux notre position d’optimisme modéré", affirme Roland Béranger Béréhoudougou, responsable régional des catastrophes et réponses humanitaires de l’ONG Plan International basé à Dakar, au Sénégal.

    L’ONG Oxfam basée en Grande-Bretagne et le Réseau des organisations paysannes et de producteurs en Afrique de l’ouest déclarent que c'est la troisième crise alimentaire de grande ampleur qui frappe la région en moins d'une décennie.

    Pour éviter que la prochaine sécheresse ne se transforme en une urgence humanitaire, les bailleurs et les Etats doivent soutenir l'investissement dans les capacités de production des petits producteurs, les réserves alimentaires qui permettraient de réagir rapidement aux crises futures et d’aider les communautés à gérer la volatilité, soulignent ces ONG.

    Oxfam rappelle que, même pendant une "bonne année" agricole, 20 pour cent de la population souffre de malnutrition et de faim tandis que 230.000 enfants meurent de causes liées à la faim dans les pays du Sahel.

    En outre, l'instabilité au Mali risque d’entraîner une baisse de la production de riz dans le nord du pays de 30 pour cent par rapport à une année normale, et la moitié de tout le cheptel pourrait être perdue dans certaines régions, prévient Oxfam.

    "Une année sur deux, nous sommes en… crise, donc même si l’année est bonne, 20 pour cent de la population du Sahel connaissent toujours des problèmes d’insécurité alimentaire; donc il faut soutenir les petits producteurs pour augmenter leur résilience; donc l’accès aux semences, aux intrants devrait être le point focal", explique à IPS, Issiaka Ouandaogo, responsable humanitaire au bureau de Oxfam au Burkina Faso.

    Du fait des crises alimentaires successives, certains ménages ruraux sont souvent très endettés et une partie de la production céréalière ira directement au remboursement des dettes rurales avec des taux de change défavorables à ces ménages, indique Béréhoudougou à IPS.

    Dans certains villages de la région de Tillaberi (ouest du Niger), les paysans se sont endettés auprès des commerçants locaux en vendant par avance leur production de mil à 5.000 ou 7.000 francs CFA (environ 14 dollars) le sac alors que le prix réel du sac immédiatement après la récolte est de l’ordre de 10.000 à 15.000 FCFA (entre 20 et 30 dollars), selon Béréhoudougou. "Le même sac peut même aller jusqu’à 36.000 FCFA (72 dollars) pendant la période de soudure".

    "Il faut pouvoir mettre fin au cycle infernal d’endettement des ménages ruraux par des actions diverses comme le cash transfert, le cash for work, la micro-finance, les banques de céréales…

    ", suggère-t-il.

    "Au Burkina Faso, il y a des appuis mais qui ne répondent pas à l’attente des producteurs sur le terrain. Car il faut responsabiliser les petits producteurs sur la gestion des semences améliorées et engrais subventionnés", plaide Bassiaka Dao, président de la Confédération paysanne du Faso.

    Selon Dao, 80 pour cent des petits producteurs n’ont pas accès à ces appuis distribués par des structures étatiques. Ce sont des engrais et semences annoncés chaque fois en début de saison pour les producteurs, mais qui ne reçoivent rien ou une très petite quantité (un ou deux sacs) d'engrais pour toute la campagne, affirme Dao à IPS.

    Dans l’ouest du Burkina, Oxfam a aidé, sous forme de petits prêts, les paysans à accéder à des quantités d’engrais et de semences améliorées à travers un fonds de roulement qui a commencé en 2010 avec 10 millions FCFA (20.000 dollars).

    Selon Dao, le système d’Oxfam a permis d’aider 120 producteurs dans l’ouest du Burkina en 2010 grâce à ce fonds. Aujourd’hui, ce sont 184 producteurs qui bénéficient d’une aide de 23 millions FCFA (46.000 dollars) pour acheter les intrants agricoles après le remboursement de l’aide par les premiers bénéficiaires.

    "Ces personnes arrivent à produire 2.000 tonnes de céréales aujourd’hui. Certains ont pu s’acheter des animaux et sortir de la pauvreté", souligne Dao qui préconise un système de crédit adapté aux revenus des petits producteurs.

    "Aucune des banques classiques ou des institutions de micro-finance ne correspond à nos conditions de crédit…

    " que Dao considère plus souples pour les petits producteurs.

    Par exemple, dit-il, pour un hectare, il faut un crédit de 20.000 à 30.000 FCFA (de 40 à 60 dollars), et pour deux hectares, entre 100.000 et 115.000 FCFA (entre 200 et 230 dollars), en fonction du type de sols et de cultures.

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