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AFRIQUE: Des regards anxieux sur le Fonds vert pour le climat

    By Nastasya Tay

    JOHANNESBURG, 1 avr (IPS) – La Banque africaine de développement (BAD) déclare qu’elle est préoccupée par les retards administratifs qui entravent les progrès relatifs au Fonds vert pour le climat – l’un des plus importants acquis des négociations sur le climat à Cancùn, au Mexique.

    "Nous sommes très frustrés par la lenteur dans la mise en place des structures devant réfléchir sur le Fonds vert", a souligné Donald Kaberuka, directeur exécutif de cette Banque régionale. Mais j’espère que nous pourrons rattraper rapidement les choses, et nous espérons que la Commission pourra écouter les doléances de l’Afrique, les préoccupations de l’Afrique", a-t-il ajouté.L’une des nouvelles échéances fermes fixées à Cancùn était une rencontre entre 40 pays de la Commission transitoire chargée de concevoir le Fonds vert pour le climat à la fin du mois de mars 2011. Cette réunion a été désormais reportée jusqu’à fin avril, à cause des désaccords sur la représentation régionale.

    Un accord doit être conclu au cours de la prochaine Conférence des parties (COP), qui se tiendra à Durban, en Afrique du Sud, en décembre 2011, a indiqué Kaberuka."Pour nous, Africains, la 17ème COP doit aboutir à un accord concret sur le fonds, son administration, et bien sûr, s’assurer qu’il y a de l’argent", a estimé Kaberuka."J’espère que ces retards sont temporaires et administratifs, et non quelque chose lié à la politique ou autre", a-t-il ajouté.Aucune raison de s’inquiéterMais d’autres observateurs disent que ces retards sont compréhensibles, et ne devraient pas être considérés comme un déclin de la volonté politique.Belynda Petrie, directrice générale du groupe de réflexion sur le climat, 'OneWorld', affirme que les retards étaient prévus, et qu’ils ont été causés par les négociations autour de la représentation appropriée de chaque région."Plusieurs pays veulent avoir leur mot à dire, et obtenir un accord sur la représentation n’est pas totalement facile, mais je pense que nous avons fait de très bons progrès en Afrique", a déclaré Petrie."Comme les réunions débuteront en avril, il y a eu déjà une certaine discussion sur le fonds", a-t-elle confié à IPS, "et si elle se poursuit, elle pourrait connaître une avancée"."Mais c’est à l’œuvre qu’on connaît l’artisan", a prévenu Petrie. "Les pays en développement demeurent raisonnablement confiants par rapport à l’avancement de la mise en place du fonds, mais il reste à voir si les pays développés seront d’accord".

    Les modalités du fonds, ainsi qu’un accord équilibré sur l’importance relative accordée à l’adaptation et à l’atténuation, ne sont pas encore convenus, a indiqué Petrie.Le Fonds vert pour le climat, destiné à aider à la consolidation, la gestion et au décaissement de l’argent pour permettre d’atténuer et de s’adapter aux changements climatiques, a été proposé à Copenhague, au Danemark, et officialisé à Cancùn. Il est censé gérer jusqu’à 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020.Financer l’adaptation en AfriqueEn plus de ce fonds, déclare Kaberuka, l’Afrique a besoin d’un instrument financier propre à elle.Le mécanisme proposé, le Fonds vert pour l’Afrique, serait géré par la BAD, afin d’acheminer une partie des fonds mobilisés à travers l’instrument international, vers le continent africain."Les pays africains ont eu des problèmes spécifiques, et nous n’avons pas bénéficié autant du mécanisme conformément au Protocole de Kyoto", a expliqué Kaberuka, "et la question était donc de savoir si nous pouvons simplement avoir une petite part du Fonds vert, qui peut être géré par la Banque africaine de développement pour s’occuper des questions spécifiques à l’Afrique".Kaberuka a incité à l’optimisme autour des conclusions du prochain cycle des négociations sur le climat en décembre. "Je pense que Copenhague a suscité beaucoup d’espoir. A Cancùn, l’issue [de la réunion] était très bonne, mais un peu décevante. Je pense que nous étions allés à Cancùn avec de faibles attentes, et nous les avons dépassées", a-t-il indiqué."Pour nous en Afrique, cela devient plus que jamais urgent. Et je pense que nous pouvons parvenir à un accord, parce que les questions qui nous divisaient ne sont pas aussi grandes qu’elles l’étaient", a souligné Kaberuka.

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