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AFRIQUE DU SUD: 67 minutes de honte pour l’anniversaire de l’icône africaine, Nelson Mandela

    By Jedi Ramapala

    JOHANNESBURG, 19 juil (IPS) – Wendy Hlophe* continue visiblement de faire le deuil de son amie de longue date, Sanna Supa, 28 ans, qui a été abattue et tuée devant sa maison à Braamficherville, un township d’Afrique du Sud, il y a deux semaines.

    Tragiquement, Hlophe se reproche la mort prématurée de Supa. Supa, une lesbienne qui a révélé son orientation sexuelle il y a trois ans, était l'une des rares femmes ouvertement lesbiennes vivant dans le township. Elle était une administratrice d'école à 'Snake Park High School', à Dobsonville, à Soweto, et a été tuée alors qu'elle garait sa voiture à la maison le 1er juillet.Hlophe a déclaré à IPS qu'elle se considérable responsable de la mort de Supa parce qu'elle est connue comme une femme ouvertement lesbienne dans son township et elle a soutenu Supa quand elle s’est déclarée publiquement. Hlophe craint que leur intimité ait pu avoir fait de Supa une cible."Nous avons grandi dans la même rue et étions souvent vues ensemble", a-t-elle déclaré à IPS."J'ai été choquée, et je ne pouvais pas croire qu'elle était morte. Elle était une personne si charmante", a-t-elle ajouté.Au moment de la mort de Supa, le Forum pour l'autonomisation des femmes (FEW) avait cru que le mobile du crime était basé sur son orientation sexuelle, puisque ni son véhicule ni ses biens n’ont été volés."Sommes-nous les seules personnes dans ce pays à remarquer que ces meurtres sont des gens qui sont en train d’être tués comme n’étant pas assez humains ou pas suffisamment des citoyens?", ont demandé quelques personnes dans une déclaration à l'époque.Ce crime n'est certainement pas nouveau en Afrique du Sud. Supa est l'une des 10 lesbiennes qui ont été tuées à travers l'Afrique du Sud au cours du mois passé, en raison de leur orientation sexuelle, a indiqué Jabu Pereira, une activiste des droits humains et de l’égalité entre les sexes. Les personnes gays sont persécutées quotidiennement à travers l'Afrique du Sud, ont affirmé des activistes.En février, quatre hommes sud-africains ont été condamnés à 18 ans de prison pour avoir lapidé et poignardé à mort Zoliswa Nkonyana, 19 ans, une adolescente ouvertement lesbienne, en 2006. Des violences contre les lesbiennes sont fréquentes ici, avec de fortes incidences de "viol correctif", au cours duquel les hommes croient qu'ils peuvent "guérir" les lesbiennes de leur orientation sexuelle.Ainsi, alors que le 18 juillet marquait le 94ème anniversaire du premier président démocratiquement élu d'Afrique du Sud et icône mondiale, Nelson Mandela, les militants des droits des personnes homosexuelles ici ont dit qu'ils n’avaient rien à célébrer.Et les 67 minutes que les Sud-Africains étaient encouragés à accorder, en retour, dans le service communautaire le jour de l’anniversaire, un symbole des 67 ans que Mandela a passés dans la lutte pour la liberté de son peuple, ont été considérées comme un échec.Des militants pour l’égalité de genre et des organisations de défense des droits humains ont qualifié l'anniversaire d’une journée de honte pour le gouvernement sud-africain et le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), dont Nelson Mandela est toujours membre, pour n’avoir pas pu stopper les crimes motivés par la haine contre les lesbiennes, gays, les personnes bisexuelles et transgenres (LGBT).Les activistes ont accusé le gouvernement actuel d’avoir tourné le dos à tout ce que l'ancien président Mandela soutient, lors d’une manifestation pacifique à 'Library Gardens' au centre-ville de Johannesburg, le 18 juillet.Plus d'une centaine de LGBT, et diverses organisations de défense des droits civils et humains se sont réunis pour protester contre la montée des violences, le viol, l'intolérance et l'incapacité du gouvernement à régler le problème. Ils ont dit que le silence du gouvernement, au milieu de la vague croissante de crimes motivés par la haine, a exacerbé la situation."Nous avons honte de nos dirigeants, sommes malades et fatigués de leur silence", a déclaré Pereira, se référant à l'inaction du gouvernement.Les organisateurs de la manifestation ont également condamné les propos homophobes tenus par Nkosi Holomisa Patekile, un député de l'ANC, à la suite d'une plaidoirie faite par la Chambre des chefs traditionnels à la Commission parlementaire de révision constitutionnelle qui a proposé la suppression des dispositions constitutionnelles protégeant les personnes contre la discrimination fondée sur leur orientation sexuelle ou identité de genre.Holomisa est un avocat à la Cour suprême, chef traditionnel, président de la Commission conjointe de révision constitutionnelle et président du Congrès des chefs traditionnels d'Afrique du Sud.Holomisa a déclaré dans une interview accordée en mai 2012: "L’ANC sait que la grande majorité des Sud-Africains ne veulent pas promouvoir ou protéger les droits des gays et des lesbiennes".Dans l'interview, il a dit qu'il ne voulait pas retirer ses propos et que "l’endroit d’où je viens, ces choses ne sont pas soutenues, ni tolérées".Le parti au pouvoir a, cependant, pris ses distances avec ces points de vue. "L'ANC croit que toute loi qui prive les gens du droit à leur expression sexuelle les dévalorise dans notre société en général et, en tant que telle, constitue un affront à leur dignité et une violation de l'article 9 de notre constitution".Pendant ce temps, Wandile Ntubeni* était assis en marge de 'Library Gardens' en train de regarder le groupe de manifestants chanter et jouer autour de la place.Ntubeni, 35 ans, père de trois enfants, a déclaré que ce qu'il a entendu au sujet de la discrimination et des violences contre les personnes homosexuelles lui fait mal. Il est un travailleur migrant originaire de la province du Cap oriental, où, a-t-il dit, il n'a aucun contact avec les gays et les lesbiennes. Mais il a affirmé à IPS qu'il est injuste que le gouvernement continue de se taire sur la question."J’accuse le gouvernement, il doit jouer un rôle de premier plan dans la discussion sur la façon d'aborder la question et nous aider à comprendre comment y faire face. Parce que certaines choses peuvent être seulement acceptées si le gouvernement ou le parti au pouvoir nous donne le leadership".Une veillée a été organisée le 18 juillet au musée 'Women's Gaol', à la Cour constitutionnelle du pays, à Johannesburg.C’était un moment de se souvenir de tous ceux/celles qui ont été tué(e)s dans des crimes vicieux motivés par la haine de 2001 à juillet 2012:Ivan Johannes, Zoliswa Nkonyana, Madoe Mafubedu, Simangele Nhlapho, Sizakele Sigasa, Salome Massoa, Thokozane Qwade, Waldo Bester, Eudy Simelane, Khanyiswa Loyi Hani, Desmond "Daisy" Dube, Neil Daniels, Sibongile Mphelo, Girly S'Gelane Nkosi, Noxolo Magwaza, Nqobile Khumalo, non identifié, Nontsikelelo Tyatyeka, non identifié, Thapelo Makhutle, Phumeza Nkolozi, Sasha Lee Gordon, Andrithat Thapelo Morifi, et Sanna Supa.*Les noms marqués ont été modifiés pour protéger l’identité des personnes.

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