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AFRIQUE DU SUD: Le pays envisage d’interdire les remorques de bicyclette

    By Gail Jennings

    LE CAP, Afrique du Sud, 10 août (IPS) – La route entre les chutes Victoria au Zimbabwe et Livingstone, en Zambie, est bien empruntée, sillonnée par des cyclistes qui tractent des remorques de pain et d'autres denrées, avec leurs rayons renforcés pour supporter le poids supplémentaire.

    Si vous avez une bicyclette, vous pouvez être riche, a dit un transporteur de marchandises à vélo sur la route située juste au-delà des chutes, pendant qu’il a arrêté de pédaler et poussait sa charge transportée sur une remorque. C'est ainsi que nous faisons du commerce".Bien qu'elles soient rudimentaires, les remorques sont savamment conçues et souvent fabriquées dans les quartiers, ont deux roues et sont attachées à la bicyclette par l'intermédiaire d'un nœud derrière la selle. Elles peuvent transporter jusqu'à près de 200 kilogrammes de marchandises, de l'eau ou, moins souvent, des gens. Ce sont des poids considérablement plus élevés pour être transportés par la tête, les charrettes à bras ou dans des sacs à dos.En Zambie, Namibie et, plus récemment, au Congo-Brazzaville, les remorques de vélo sauvent non seulement les moyens de subsistance, mais aussi des vies. Les remorques de bicyclette, 'Zambulances', dotées d’un matelas, un voile pour protéger l’intimité, et du matériel médical de base, ont remplacé la marche ou le fait de se faire pousser dans une brouette pour de nombreux malades ou femmes enceintes des zones rurales qui vivent à une certaine distance des centres de santé.Conçues et produites par 'Zambikes', l’entreprise qui a gagné en 2012 le prix international MobiPrize d'entrepreneuriat social lié à la mobilité, ces remorques, constate-t-on, sauvent une vie tous les neuf jours qu’elles sont utilisées.L’Afrique du Sud a été plus lente que ses voisins pour embrasser ce vélo comme un exemple évident de mobilité à faible coût et à faible émission de carbone. Mais lentement, des micro-entrepreneurs et touristes à vélo découvrent l'occasion facile et économique qu’une remorque de bicyclette peut offrir en tant que moyen de transport de marchandises et de passagers.Malibongwe* vit à Khayelitsha, un quartier à faible revenu à la périphérie du Cap, en Afrique du Sud. Il gagne sa vie en achetant de la crème glacée qu’il vend avec sa remorque de bicyclette de fortune et arrive à subvenir aux besoins de toute sa famille. Récemment, il a été déclaré séropositif et utilise maintenant son vélo pour faire le voyage mensuel pour aller chercher ses médicaments anti-rétroviraux aussi.C'était donc avec consternation que Malibongwe a appris que son entreprise est en danger, à partir d'une source surprenante. Malgré le projet de politique sur les transports non motorisés (TNM) du pays qui vise à accroître le rôle des TNM comme un mode de transport clé et à allouer un financement suffisant et durable pour leur développement et leur promotion, le ministère des Transports (NDoT) d’Afrique du Sud envisage d'interdire l'utilisation des remorques de bicyclette sur les voies publiques.Toutefois, le ministère reconnaît que bien qu'il y ait une croissance dans le transport motorisé dans des pays en développement tels que l'Afrique du Sud, une grande partie de la population dépend de formes de transport non motorisé. Il est probable que non seulement cela se poursuivra, mais augmentera aussi à la suite des tendances mondiales de la hausse des prix du carburant et de la nécessité du transport à faibles émissions de carbone.Des solutions de transport local telles que les remorques, charrettes à bras ou les vélos pourraient aider les communautés pauvres et rurales à les rendre plus efficaces avec de petites affaires et tâches ménagères, a indiqué le projet de politique sur les TNM.Il a également noté que les effets des systèmes de transport inefficaces dans les régions rurales d'Afrique, qui dépendent des transports non motorisés dans leurs formes les plus élémentaires, se manifestent par un manque d'intégration de marché, une fourniture insuffisante de l'éducation et des services de santé, une productivité basse et de faibles taux d'activités économiques régionales et locales.Pourtant en juin, le NDoT a publié une intention de modifier les Règles de la circulation sur les routes nationales, proposant que personne ne doit conduire, sur une voie publique, une bicyclette en train de tirer ou tracter une remorque ou quoi que ce soit.Malibongwe a déclaré à IPS qu'il est très préoccupé par cette nouvelle loi, puisque "si elle est adoptée, je n'aurai aucun moyen pour subvenir aux besoins de ma famille". Il est l'un de quelques cyclistes qui ont adressé une pétition au NDoT en juillet, exigeant que la proposition soit reconsidérée.Kyle Mason-Jones, un ingénieur chimiste dont les travaux portent sur la réduction des émissions de carbone, et qui fait aussi la navette sur 15 kilomètres à vélo presque tous les jours pour se rendre au Cap, en est un autre.En limitant la capacité des bicyclettes à transporter des marchandises et des passagers, ce règlement sapera leur potentiel en tant que principal mode de transport pour des individus et pour la plupart des petites entreprises, a-t-il indiqué à IPS.Pour les pauvres, cela détruira une possibilité très prometteuse pour un transport abordable et anéantira de nombreuses opportunités pour les petites entreprises. Pour les citoyens plus riches, il rendra la possession d’une voiture une nécessité de la vie, éliminant bon nombre des avantages du transport centré sur le vélo.Des inquiétudes concernant la sécurité routière figuraient parmi les raisons qui motivent les amendements proposés, a déclaré l'un des décideurs, qui travaille au NDoT. "Nous savons que nous avons un faible niveau de sécurité; près de la moitié des décès sur nos routes sont des piétons et des cyclistes", a-t-il expliqué à IPS, requérant l'anonymat.L’Afrique du Sud présente l’un des taux les plus élevés de décès sur les routes dans le monde. Au cours de la période des congés, du 1er décembre 2011 au 10 janvier 2012, 1.475 personnes ont été tuées dans des accidents de la route, selon le NDoT. Cela contraste fortement avec le Royaume-Uni, par exemple, où le nombre de décès pour toute l'année 2010 était de 1.857.Les activistes de la sécurité routière ont porté à notre attention que dans les zones essentiellement rurales, les gens se faisaient transporter par ces remorques, et nous étions préoccupés par la vitesse du transport sur les descentes, a déclaré la source.*Le nom a été retiré sur demande.

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