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AFRIQUE DU SUD: Les contribuables devraient-ils subventionner les robots fabriquant de voiture?

    By John Fraser

    JOHANNESBURG, 23 avr (IPS) – Si la création d'emplois est la principale priorité sociale et économique de l'Afrique du Sud, le pays doit investir dans les ressources humaines plutôt que dans les robots qui peuplent le secteur très automatisé de la fabrication automobile du pays, selon les économistes locaux.

    Le secteur de la fabrication automobile en Afrique du Sud est le domaine phare d'appui industriel du pays, avec environ deux milliards de dollars injectés dans le secteur à travers une série de programmes de subvention. Cependant, comme cette industrie est à forte intensité de capital, certains commentateurs craignent que le gouvernement sud-africain n’aide un secteur qui ne fait pas assez pour la création d'emplois.

    "Si nous regardons le grand tableau, il y a d'autres industries qui feraient plus pour la création d'emplois que le secteur automobile – tels que le textile, l'agriculture, la transformation des aliments, la fabrication de meubles et le tourisme", a déclaré à IPS, Mike Schussler, un économiste indépendant et directeur général du cabinet-conseils 'economists.co.za'.

    L'aide a traditionnellement été acheminée à travers le Programme de développement de l'industrie automobile établi depuis longtemps, qui a été actualisé et rebaptisé Programme de développement de la production automobile (APDP, son sigle en anglais) en 2013.

    "Les besoins en capitaux de l'industrie automobile sont très élevés, et nous devons donc accorder beaucoup de subventions pour attirer l’investissement. C'est un problème quand vous avez une industrie où vous employez des robots pour des chaînes de montage, pas des personnes", a souligné Schussler.

    Alors que les travailleurs du secteur de l’automobile doivent être hautement qualifiés et formés, il existe d'autres industries où une main-d'œuvre moins sophistiquée est nécessaire, a-t-il expliqué.

    "Nous pouvons créer des emplois à moindre coût et dans les zones rurales où ils sont vraiment nécessaires, dans des secteurs tels que le tourisme", a-t-il dit.

    Bien que Duane Newman, un consultant des questions de commerce et d'investissement à la société 'Cova Advisory' ait déclaré à IPS qu'il était important que l'Afrique du Sud dispose d'un secteur de l'automobile mondialement respecté, et que le gouvernement avait raison de maintenir un programme d’appui à l'industrie, il a affirmé qu'on pourrait estimer que l'industrie a bénéficié de plus d’appui qu’il fallait.

    Il a indiqué que l’appui à l'industrie était d'environ deux milliards de dollars par an – près de 20 pour cent du soutien que le gouvernement sud-africain accorde à toutes les industries locales.

    "De toute évidence, le secteur automobile ne représente pas 20 pour cent du PIB (produit intérieur brut) de l'Afrique du Sud – c'est plus près de six pour cent – alors on pourrait affirmer que l'industrie bénéfice du triple de l’appui qu'elle devrait recevoir".

    "Cependant, les principaux acteurs dans le secteur automobile soutiennent que l'industrie est beaucoup plus grande que sa composante montage de voitures seulement, et que son importance pour le pays est beaucoup plus grande que son rôle en tant qu'employeur", a-t-il dit.

    Johan Van Zyl, président de Toyota en Afrique du Sud et directeur général Toyota-Afrique, a déclaré à IPS que l’appui du gouvernement a été crucial pour l'expansion de l'industrie depuis la fin de l'apartheid en 1994.

    "Nous croyons que l’appui du gouvernement – réglementaire et autre – était crucial pour permettre à un secteur inefficace et focalisé sur l’intérieur de se moderniser et de faire la concurrence sur une échelle mondiale. Une grande partie de l'inefficacité de l'époque pré-démocratique était due à la régulation", a indiqué Van Zyl, qui est également président de l'Association nationale des constructeurs automobiles d'Afrique du Sud.

    "L'industrie automobile est le plus important secteur de fabrication en Afrique du Sud. C’est une source importante de nouvelles technologies et d'investissement et, surtout, d’emplois qualifiés", a affirmé Van Zyl, ajoutant que cela s'aligne parfaitement avec les objectifs du gouvernement de développer l'économie loin des domaines traditionnels où il y a peu de transfert de connaissances locales et de valeur ajoutée.

    Il a rejeté la déclaration de Schussler selon laquelle trop peu d'emplois sont créés dans l'industrie.

    "Des emplois et des opportunités sont créés le long de la chaîne de valeur. Il faut aussi considérer le fait que l'emploi dans cette industrie est resté stable malgré le ralentissement économique, je dirais donc que la critique n'est pas fondée".

    Jeff Osborne, le directeur général de l'Association des détaillants de l’industrie automobile, qui représente les concessionnaires automobiles, carrossiers et d'autres branches axées sur les consommateurs du secteur automobile, a approuvé ce point de vue.

    "Nous avons vu des niveaux élevés d'investissement de la part des constructeurs automobiles en Afrique du Sud, et cela peut être considéré comme un vote de confiance dans le pays", a-t-il déclaré à IPS.

    "Au total 14 pour cent des exportations sud-africaines sont constituées de produits automobiles et connexes – et c'est plus élevé que la valeur de nos exportations d'or", a-t-il affirmé.

    Il a indiqué que bien que la fabrication automobile représente environ 25.000 emplois, le secteur de la composante automobile emploie 60.000 personnes, et le côté de la vente au détail du commerce automobile fournit de l’emploi à 30.000 autres travailleurs.

    "Vous devez considérer l'ensemble de l'industrie lorsque vous discutez de la création d'emplois, et non limiter cela seulement à la fabrication", a-t-il insisté.

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