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AFRIQUE DU SUD: Les sites nationaux d’assurance santé sous-financés

    By Laura Lopez Gonzalez

    LE CAP, 18 juil (IPS) – Des experts estiment que les sites pilotes de soins de santé universelle sous-financés, à créer par l'Afrique du Sud, dans le cadre de son projet d’assurance maladie nationale, peuvent être voués à l'échec puisque le débat fait rage sur la façon dont le passage aux soins de santé plus équitables sera financé.

    En mars, l'Afrique du Sud avait annoncé 10 districts à travers le pays qui piloteront les soins de santé universelle sous son projet d’assurance maladie nationale (NHI).Les sites pilotes n’ont reçu que 11 millions de rands supplémentaires (soit 1,3 million de dollars) pour mettre en œuvre la NHI, selon Di McIntyre, professeur à la Faculté de la santé publique et la médecine familiale à l'Université du Cap, en Afrique du Sud."La NHI porte en réalité sur une réforme globale du système de santé. Vous ne pouvez rien faire avec 11 millions de rands", a déclaré McIntyre, s'exprimant à l'Assemblée nationale sud-africaine sur la santé au Cap, le 6 juillet. "Nous devons faire pression sur le trésor national pour qu’il commence vraiment à financer la reconstruction du système de santé publique".Daygen Eagan, un chercheur à l’organisation d’élaboration de lois et de promotion des droits humains en Afrique du Sud, SECTION27, a estimé que les sites pilotes pourraient avoir besoin d'au moins plusieurs centaines de millions de rands pour introduire les améliorations des soins de santé nécessaires dans le cadre du projet-pilote, y compris les interventions au niveau des districts pour réduire la mortalité maternelle et infantile, ainsi qu'un service de santé scolaire élargi.L’Afrique du Sud a publié un projet de document politique sur la NHI en août 2011, et espère que les soins de santé universelle augmenteront non seulement l'accès, mais amélioreront aussi les résultats dans la santé et la valeur de l'argent.Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Afrique du Sud dépense environ 400 dollars par personne sur les soins de santé, à peu près le même montant que Cuba, mais enregistre des résultats beaucoup plus mauvais pour cet investissement que cette nation insulaire.La mortalité maternelle en Afrique du Sud, par exemple, est environ sept fois plus élevée qu’à Cuba, selon l'OMS. Aujourd’hui, des chercheurs disent que non seulement les sites pilotes sont sous-financés, mais qu'ils ont aussi de graves inquiétudes quant à la façon dont le pays financera la NHI.Qui paiera la facture?Le gouvernement a proposé que la NHI soit financée à travers un Fonds national d'assurance maladie, une entité publique en dehors du ministère de la Santé, mais responsable devant le gouvernement. Cette cagnotte d'argent peut être financée par l'augmentation des allocations budgétaires à la santé à partir de l'impôt général, ou bien par l’augmentation de l'impôt sur le revenu des particuliers ou la taxe sur valeur ajoutée (TVA) appliquée sur la plupart des produits achetés, ce qui, selon plusieurs personnes, permettrait au pays d'exploiter son énorme économie informelle.Cependant, McIntyre a averti que l’augmentation de la TVA déplacerait le fardeau du financement de la NHI vers les ménages les plus pauvres, alors que la classe moyenne et les riches ont enregistré des réductions successives dans l'impôt sur le revenu des particuliers depuis que le pays a adopté le régime démocratique en 1994.Dick Forslund, un hercheur associé au 'Alternative Information and Development Centre' (Centre d'informations alternatives et de développement) au Cap, a publié un avertissement similaire concernant l'introduction éventuelle d'un impôt sur les salaires. Alors que des taxes comme celles-ci reposent au début sur les ressources du secteur privé, les employeurs commencent rapidement à tenir compte de ces genres d'impôts dans les négociations salariales, transférant ces taxes sur les employés.McIntyre a estimé que le projet de document politique du gouvernement, ou le Livre vert, est délibérément ambigu sur la question du financement de la NHI, en grande partie parce que le Trésor national – et non le ministère de la Santé – décidera finalement de la façon dont les soins de santé universelle seront financés. Elle a demandé aux activistes de la santé d’être stratégiques dans le plaidoyer autour de la NHI."Le trésor va tuer la NHI, alors (nous) devons être stratégiques", a-t-elle indiqué à IPS. "Au minimum, nous devrions être en train de demander qu’il n’y ait aucune autre réduction d’impôt".Rompre avec les règlesMcIntyre et Forslund ont estimé qu’une grande partie pourrait provenir de l’assiette fiscale existante d’Afrique du Sud."Pour la plupart des pays, 70 pour cent, ou plus, des coûts de soins de santé proviennent des fonds publics", a souligné McIntyre à IPS."En Afrique du Sud, environ 40 pour cent de l'argent dépensé sur les soins de santé proviennent des fonds publics avec des contributions des compagnies d'assurance privées représentant une petite part ou une portion plus grande et il y en a encore un peu qui sort des poches (des malades)".Malgré la signature de la Déclaration d'Abuja en 2001, dans laquelle les gouvernements africains se sont engagés à affecter 15 pour cent du budget national à la santé, l'Afrique du Sud consacre actuellement environ 12 pour cent de son budget national au secteur.Si l'Afrique du Sud va augmenter la mise pour la santé, Forslund a dit que le pays devra abandonner les politiques économiques néolibérales introduites comme faisant partie de sa décision négociée dans le cadre de sa transition vers la démocratie.Ces politiques dictent que les recettes fiscales ne devraient pas dépasser 25 pour cent du produit intérieur brut du pays, a déclaré Forslund, affirmant que ce qu'il appelait la "règle des 25 pour cent" était une stratégie de l’ancien gouvernement de l'apartheid pour s’assurer que la révolution politique n'était pas devenue économique.

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