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AFRIQUE DU SUD: Une coopérative de recyclage prône l’économie verte

    By Kristin Palitza

    LE CAP, 19 avr (IPS) – Nokwanda Sotyantya est assise parmi des tas d'ordures et les fouille patiemment, séparant les déchets en carton, plastique, verre, papier et en métal, morceau par morceau. Les tas de déchets recyclés sont ensuite pesés et vendus aux fabricants d'emballages en Afrique du Sud qui les réutilisent pour créer de nouveaux produits.

    Sotyantya appartient au premier groupe de petits entrepreneurs dans le pays, qui ont bénéficié de la décision du gouvernement d’aller vers une économie verte. C'est une stratégie visant à créer la durabilité environnementale, l'équité sociale, et la croissance économique; le gouvernement veut créer 300.000 emplois en une décennie dans ce secteur.Pour Sotyantya, 48 ans, qui est membre d'une coopérative locale de recyclage et vit à Imizamo Yethu, une banlieue à l’extérieur du Cap, en Afrique du Sud, la décision d’aller vers une économie verte a transformé sa vie. Précédemment au chômage et luttant pour survivre, elle dit qu’elle gagne maintenant en moyenne 250 dollars par mois à partir de son travail – assez pour prendre soin d'elle-même et de ses quatre enfants."Plus les gens prennent conscience des avantages du recyclage, plus de déchets sont déversés au centre des ordures de 'Hout Bay'. Pour moi, cela se traduit par plus d'argent", explique Sotyantya.La Coopérative de recyclage de 'Hout Bay' à laquelle elle appartient est basée sur le site municipal de dépôt des ordures à 'Hout Bay'. Ici, Sotyantya et d'autres membres de la coopérative trient et vendent le matériel recyclé.Sa coopérative de six hommes et femmes auparavant sans emploi et pauvres, recycle actuellement 25 tonnes de déchets tous les mois. Et cette quantité augmente graduellement.La coopérative a reçu un coup de pouce lorsque 'Thrive', un incubateur d'entreprise sociale qui aide les initiatives vertes à devenir des entreprises viables et compétitives, a décidé d'aider la coopérative à améliorer sa stratégie d'affaires et son expertise de gestion."Nous nous concentrons sur la création d'emplois qui aident à minimiser les déchets, augmenter les sources renouvelables, protéger et restaurer la biodiversité locale, réduire les demandes d'énergie et de l'eau et à créer un réseau alimentaire local", indique le directeur général de 'Thrive', Iming Lin.C’est beaucoup plus que développer des modèles d'affaires traditionnels, ajoute-t-elle; il s’agit d'intégrer les avantages sociaux, environnementaux et économiques.Bien qu'elle fonctionne depuis juillet 2011 seulement, le travail de 'Thrive' n'est pas passé inaperçu. L'Initiative SEED du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a salué le travail de l'organisation en la sélectionnant pour l'un de ses prix 2011 de développement durable, qui sont décernés chaque année à 35 entrepreneurs de base en Afrique qui sont dans l'économie verte."Sur ce continent, les entreprises et les pays, des petites communautés aux chefs d'Etat, se rendent compte tout à coup de l'importance de l'économie verte", a déclaré le porte-parole du PNUE, Nick Nuttall.Le développement économique et la durabilité environnementale et sociale ne peuvent pas marcher isolement, dit-il."Devenir vert ne signifie pas que c'est bon et doux. Il existe quelques chiffres économiques difficiles derrière cela, aussi".La création d'une économie verte n'est plus une option, mais une exigence, affirme Nuttall. "Nous vivons dans un monde de sept milliards d’habitants, en augmentation pour être au-delà de neuf milliards d’ici à 2050. Si nous ne changeons pas notre façon de consommer les biens et services et de penser aux limites environnementales, alors nous sommes en difficulté"."Mais c'est un monde d’opportunités aussi", déclare Nuttal, ajoutant qu’"il existe de plus en plus d’exemples de petites entreprises qui sont en train de résoudre de grands problèmes et de créer des moyens de subsistance".C'est une occasion que le gouvernement sud-africain veut saisir au cours des quelques prochaines années. En novembre, il a signé un Accord économique vert qui stipule un investissement national actif dans l'économie verte."L'économie verte peut créer beaucoup d’emplois, fournir un stimulant pour l'industrialisation et aider à créer un avenir durable pour les générations présentes et futures", a indiqué le ministre du Développement économique, Ebrahim Patel, après l’annonce de l'accord.Cet accord fait partie d'un plan visant à se tourner vers une économie à intensité de carbone plus faible, tout en créant des emplois et en promouvant le développement industriel.Mais le gouvernement seul ne peut pas gérer et financer la transition d’Afrique du Sud vers une économie verte, indique Patel. Le secteur des entreprises, les syndicats et les organisations de la société civile doivent également jouer un rôle.C'est pourquoi des organisations comme 'Thrive' ont commencé à parler et à collaborer avec différents ministères, tels que ceux des Affaires environnementales, du Commerce et de l'Industrie, des Déchets solides ou des Travaux publics, pour développer conjointement des moyens de donner un coup de pouce à l'économie verte locale.

    "Les entreprises sociales constituent un modèle croissant. Nous voulons développer des modèles d'affaires viables, évolutifs indépendants des donateurs, qui lient l'économie et l'environnement et qui peuvent être introduits dans plusieurs communautés, voire à l'échelle nationale", affirme Lin. "Le gouvernement a été d’un grand appui pour ce que nous faisons".En dehors du fait qu’elle appuie la coopérative de recyclage, 'Thrive' essaie d'amener un certain nombre d'autres entreprises innovantes de l'économie verte à décoller.

    L'une d'elles est 'TrashBack', un système de recyclage à bicyclette qui ramasse les matières réutilisables dans les restaurants, entreprises et complexes de logements résidentiels, qui ne sont pas actuellement exploitées par la municipalité. Pour huit clients – ou 4.800 kilogrammes d'ordures – 'TrashBack' peut créer un emploi à temps plein, explique Lin."Nous voulons montrer aux gens comment toutes ces choses sont liées: les déchets, l’eau, les aliments, les emplois et de meilleurs moyens de subsistance pour tous", déclare Lin. "Nous ne pouvons pas ne pas avoir une économie verte".

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