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AFRIQUE DU SUD: Une femme naviguant dans un système politique difficile

    By Fidelis Zvomuya

    ESCORT, Afrique du Sud, 24 mai (IPS) – Victoria Zanele KaMagwaza-Msibi admet qu’elle n’est pas un ange. Mais, pendant 30 ans, elle a navigué dans le paysage politique difficile de l’Afrique du Sud, principalement comme membre d’un parti dominé par des hommes, et maintenant comme leader de son propre parti politique.

    "J’insiste sur l’idée selon laquelle la démocratie et le progrès des femmes doivent être promus au sein d’une organisation politique", indique KaMagwaza-Msibi.Ce sont les mots d’une femme sud-africaine forte, qui est maintenant leader du 'National Freedom Party' (Parti national de la liberté – NFP) nouvellement créé. KaMagwaza-Msibi, 49 ans, a quitté le parti nationaliste zoulou, le 'Inkatha Freedom Party' (Parti de la liberté Inkatha – IFP) et son poste de présidente nationale dans des circonstances acrimonieuses en janvier pour créer le NFP.Elle a navigué dans un système politique difficile et a ouvert les portes pour la promotion des femmes.Elle s’est fait un nom en devenant la première femme présidente de l’IFP, un parti dominé par des hommes. Elle a également ouvert les portes aux femmes à travers la mise en œuvre de projets destinés à améliorer le bien-être financier des femmes dans la municipalité de Zululand, où elle était maire.Mais cela n’a pas été une ascension facile pour KaMagwaza-Msibi."Quand une femme essaie de passer à une fonction plus élevée, elle risque de perdre les avantages de son statut de super bénévole au niveau local. Elle est perçue comme personnellement ambitieuse plutôt qu’un fonctionnaire d’esprit élevé et dévoué. Vous êtes prise dans les filets de votre féminité", explique-t-elle.KaMagwaza-Msibi a embrassé ses vertus de femme, se faufilant dans le réseau des anciens copains, faisant des affaires dans les salles enfumées et promouvant les causes économiques et sociales affectant les femmes."C’est vrai, le meilleur homme pour le travail est toujours une femme. Ce sont les femmes qui subissent le harcèlement sexuel au travail, la violence à la maison, (et) qui sont toujours les premières donneuses de soins. Si nous voulons avoir un gouvernement représentatif, nous devons avoir des femmes dans de hautes fonctions", déclare-t-elle.L’IFP a déjà eu des femmes leaders, telles que les deux anciennes ministres de l’Education (MEC), Faith Gasa et Eileen kaNkosi-Shandu. Mais KaMagwaza-Msibi a parcouru un long chemin en défiant les stéréotypes réels et imaginaires au sujet de l’IFP.Elle a été désignée première femme candidate au poste de gouverneur pour le KwaZulu-Natal avant les élections de 2009. Mais le parti n’a pas gagné la majorité au KwaZulu-Natal et elle n’a pas été élue à ce poste.Mais plus tard, sa relation avec l’IFP s’est détériorée et KaMagwaza-Msibi a été accusée de semer la division au sein du parti quand ses partisans ont commencé à faire campagne pour qu’elle dirige l’IFP. En janvier, elle a perdu un recours en justice visant à obliger l’IFP à tenir une conférence élective et à empêcher le parti de la conduire vers une enquête disciplinaire. Cela a entraîné le lancement du NFP.La plupart des membres de l’IFP déclarent que le leadership de KaMagwaza-Msibi n’est pas seulement un symbole et une déclaration, mais aussi une percée."Elle est une femme étonnante. Elle a brisé une barrière énorme, qui inclut le défi contre la domination masculine dans l’IFP", affirme Rosemary Mmantombi Ngubane, une candidate du NFP aux récentes élections municipales à Mhlabuyalingana."(Elle est) une source d’inspiration pour les femmes à travers le pays, même (pendant) ses moments où elle était présidente nationale de l’IFP et maire de Zululand. Sa vision, son dévouement au travail ont ouvert la voie à l’amélioration de l’accès des femmes à la fonction politique et à la réduction de la discrimination statistique", ajoute Ngubane.KaMagwaza-Msibi ne croit pas à une présentation des candidatures féminines juste pour répondre au système de quota entre les sexes. Elle souligne que ces quotas renforcent les stéréotypes selon lesquels les femmes ne sont pas dignes d’être élues selon leurs mérites.Mais KaMagwaza-Msibi ajoute que la représentation des femmes, au niveau du gouvernement local, est très importante puisque les femmes pourront faire passer d’abord les besoins des électrices. Elle affirme que "les femmes sont toujours confrontées à plusieurs obstacles à la fois comme candidates et électrices"."Les électrices jouent un rôle important (et continuent) d’élire des conseillers hommes à cause des préjugés intériorisés contre les femmes politiciennes, comme une conséquence de la socialisation. Très souvent, le favoritisme joue un rôle dans l’élection des conseillers locaux comme une récompense pour la loyauté aux partis ou aux groupes ethniques. C’est ce que le NFP va supprimer", indique-t-elle."Ce qu’elle (KaMagwaza-Msibi) a d’unique, c’est sa façon de procéder. La plupart des leaders des partis séparés ont créé des structures de direction intérimaires et ont mis des gens à des postes temporairement. Cela, comme nous l’avons connu avec Cope, fait que les gens refusent de quitter ces postes après", explique Nathi Mazibuko, un analyste politique de l’Université de KwaZulu-Natal.Mazibuko affirme que le NFP n’a pas fait cela, mais a plutôt créé des branches."Il a créé des branches dans l’intention de laisser ces branches élire la direction à un stade ultérieur. Cela le distingue des autres (partis) et cela donne à cette nouvelle initiative un certain semblant de démocratie", déclare Mazibuko.Il note également que KaMagwaza-Msibi est un leader très populaire, quoique principalement dans les régions rurales."J’ai toujours voulu servir les autres, éclairer les plus sombres moments des gens. Il s’agit de comprendre les profondeurs de la colère et du désespoir des gens", explique KaMagwaza-Msibi. "Vous savez, je suis en colère aussi. Je comprends l’anxiété, non seulement au KwaZulu-Natal, mais aussi dans toute l’Afrique du Sud".

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