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AFRIQUE: La hausse des investissements ne profite qu’á certains Etats pauvres

    By Isolda Agazzi

    GENEVE, 12 mai (IPS) – Bien que l’investissement étranger direct dans les pays les moins avancés (PMA) en Afrique ait nettement augmenté au cours de la dernière décennie, la majeure partie est allée vers des économies riches en ressources et a eu peu d’impact sur la création d’emplois.

    A la veille de la quatrième conférence des Nations Unies sur les PMA, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a lancé une étude sur les effets de développement de l’investissement étranger direct (IED), adopté à la conférence de 2001 sur les PMA comme l’un des outils pour favoriser le développement dans les pays pauvres.Cette étude, appelée “L’IED dans les PMA: Leçons tirées de la décennie 2001-2010″, montre que les résultats sont au mieux mitigés.En termes de constitution de capital, les chiffres sont encourageants: malgré une interruption brusque en 2009 du fait de la crise économique, les flux des IED vers les PMA ont augmenté au taux de 15 pour cent pendant la dernière décennie pour atteindre 24 milliards de dollars en 2010.Cela est important par rapport aux 7,1 milliards de dollars d’afflux des IED en 2001. Dans la comparaison internationale, la part des PMA – dans ces IED – sur les flux mondiaux a presque doublé, allant de 0,9 pour cent à plus de deux pour cent pendant la même période de temps.”L’IED provenant des économies en développement et en transition est en augmentation. (Les économies émergentes) fournissent aux PMA plus d’opportunités pour attirer l’investissement”, déclare James Zhan, directeur de la division de la CNUCED sur l’investissement et l’entreprise.L’Union européenne est toujours le plus grand investisseur, mais les sociétés transnationales (STN) des économies émergentes – notamment le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud – deviennent de plus en plus importantes, particulièrement pour de nombreux PMA africains. Près de la moitié de tous les afflux provenait de ces économies en 2010, par rapport au quart en 2003, souligne Zhan.Les afflux des IDE sont meilleurs par rapport à l’Aide publique au développement bilatérale depuis 2006. Mais, il y avait une baisse de 12 pour cent des IDE en 2009 et de 14 pour cent en 2010.

    Pour la CNUCED, “c’est un sujet de grande préoccupation, en particulier lorsqu’on prend en compte l’augmentation mondiale des IED”.Malgré la croissance globale, l’investissement étranger n’a pas répondu aux grandes attentes en termes de développement, qui ont été créées il y a 10 ans. Avec une valeur de plus de 80 pour cent de flux d’IED allant vers des économies riches en ressources en Afrique, les effets sur la création d’emplois ont été plus faibles que prévus, et le transfert de technologie et des compétences a été limité.”En conséquence, les PMA demeurent en marge de la chaîne de valeur mondiale. La prédominance des IED a renforcé la dépendance aux produits de base de certains PMA et aggravé leur vulnérabilité aux chocs extérieurs”, prévient Zhan.Aussi, la concentration géographique des flux des IED a-t-elle augmenté, contribuant à plus de divergences en matière de performance économique.Toutefois, le tableau n’est pas entièrement mauvais et beaucoup de PMA ont également réussi à attirer des formes d’investissement plus diverses en matière d’activités à valeur ajoutée, comme les télécommunications, le système bancaire, le tourisme, le commerce, l’alimentation, les boissons et l’agriculture.L’insuffisance d’infrastructures physiques entrave le développement des capacités productives qui sont essentielles au développement durable.Par conséquent, la CNUCED propose un plan d’action qui prévoit la libéralisation prudente du secteur des infrastructures tout en établissant, au même moment, un cadre réglementaire – notamment dans les secteurs d’électricité, des télécoms, du transport et de l’eau.Concrètement, elle suggère la création d’un fonds de développement des infrastructures des PMA pour soutenir les partenariats public-privé et accorder une assurance risque aux investisseurs privés.Une autre idée est d’accroître l’aide pour la capacité productive.

    “Le principal obstacle qui empêche de tirer des avantages des échanges commerciaux n’est pas seulement les règles, mais aussi la capacité de produire”, commente Zhan. “Par conséquent, nous suggérons la création d’un fonds pour les capacités productives afin d’accroître l’investissement, entre autres, dans la formation professionnelle”.La troisième mesure vise à permettre aux entreprises de toutes tailles (et non pas seulement les STN) de saisir les opportunités d’investissement dans les PMA.”Les grandes entreprises peuvent considérer les marchés des PMA comme étant limités, mais d’autres peuvent voir des opportunités dans des secteurs comme l’énergie solaire. L’énergie solaire ne nécessite pas des infrastructures de réseau et le prix de l’équipement de l’énergie solaire a chuté. Ce n’est plus la haute technologie, mais une énergie mûre”, explique Zhan.”Nous avons besoin de nouvelles idées pour les STN. Comment pouvons-nous changer la mentalité des entreprises? D’habitude, les sociétés regardent les taux du PIB (produit intérieur brut) et la taille des marchés. Mais, nous voyons des opportunités d’affaires même au bas de la pyramide. Il y a davantage d’entrepreneurs sociaux, mais nous devons les éduquer sur le concept d’investissement durable”.La CNUCED veut puiser dans le groupe croissant des “investisseurs d’impact”. Masataka Fujita, directeur de la branche des tendances et des questions d’investissement de la CNUCED, explique que le concept “investissement d’impact” semble avoir émergé d’une variété de sources, mais principalement de la communauté des investisseurs elle-même.”Ces sources et initiatives convergent maintenant pour mieux définir le concept, et peut-être aller même vers une sorte de cadre réglementaire.

    Le département d’Etat américain a apprécié le concept et cherche maintenant à le développer à travers des partenariats”, explique-t-il.Le ‘Global Impact Investing Network’ est une initiative basée aux Etats-Unis visant à fournir un cadre pour “l’investissement d’impact”, y compris à travers l’initiative ‘impact reporting and investment standards’ (normes d’évaluation de l’impact et des investissements – IRIS), une tentative pour élaborer un ensemble d’outils en vue de mesurer les impacts social et environnemental.”Le réseau se concentre fortement sur les Etats-Unis, mais il semble qu’il cherche à s’élargir au plan mondial”, ajoute-t-il.

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