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AFRIQUE: Le Swaziland en crise avec la réduction radicale des recettes de l’Union douanière

    By Mantoe Phakathi

    MBABANE, 15 fév (IPS) – En dehors de la menace des pertes d’emploi dans le secteur public du Swaziland, les petites et moyennes entreprises (PME) ont également évoqué des licenciements, suite à la décision du gouvernement de suspendre la passation des marchés pour les petites entreprises.

    Le gouvernement de la monarchie autocratique d’Afrique australe a été obligé de réduire les dépenses après la diminution de 60 pour cent de ses recettes provenant de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU).Les recettes de la SACU contribuent à plus de la moitié du revenu national du pays; en raison des changements dans la formule des recettes, la part du Swaziland a chuté de 741 millions de dollars à 281 millions de dollars.L’exercice inattendu du gouvernement dans la discipline fiscale vient après les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) pour que le gouvernement n’achète de nouveaux biens et services sauf s’il s’est déjà engagé, pour qu’il reporte tous les nouveaux projets d’investissement, et qu’il ralentisse la mise en œuvre de ceux existants conformément au financement disponible.Le cabinet du Swaziland a pris la décision selon laquelle tous les ministères qui ont besoin de financement pour tout matériel de base devraient écrire au ministre des Finances pour en demander l’autorisation.Une commission de trésorerie, comprenant le gouverneur de la banque centrale, le comptable général et le ministre des Finances, a été établie pour suivre le déroulement, a expliqué à IPS, le ministre des Finances, Majozi Sithole."C’est de telles évaluations qui permettent au ministère de décider quelles dépenses accepter et quelles dépenses ne pas accepter", a expliqué Sithole. La commission aide aussi à empêcher le gouvernement de trop s’engager, ce qui protège les fournisseurs contre le non-paiement des biens et services rendus.La majorité des PME dans le pays est soutenue par l’approvisionnement du gouvernement en papeterie, en matériau de construction et en vêtements de protection."Nous n’obtenons pas de contrats du gouvernement en ce moment même, sauf ceux relatifs aux fournitures pour l’éducation et la santé", a déclaré à IPS, Ezekiel Mabuza, vice-président de la Fédération des milieux d’affaires du Swaziland (FESBC).La FESBC a près de 300 membres, dont la majorité est dépendante des appels d’offres de l’Etat et qui perdent actuellement des millions de dollars.Les PME se sont retrouvées sans d’autre choix que de réduire leurs services. "Nous ne pouvons plus justifier le nombre de personnes que nous employons parce que nous ne gagnons pas autant d’affaires que nous en avions l’habitude", a déclaré Mabuza.La FESBC doit encore s’asseoir pour travailler sur le nombre de personnes dont les emplois sont en jeu. "Il serait difficile d’indiquer les chiffres pour l’instant", a déclaré Mabuza.Le président du démembrement de la FESBC à Mbabane, Titus Thwala, estime que la dépendance des PME est causée par la petite taille de l’économie du Swaziland: "le marché est trop petit. C’est pourquoi beaucoup de petites entreprises sont au service de l’Etat".C’est "triste", a-t-il dit, que le gouvernement n’ait pas consulté les hommes d’affaires avant de suspendre la passation des marchés. "Le gouvernement avait déjà exclu certains biens et services des appels d’offres. Nous avons été informés de la suspension seulement après avoir soumissionné aux appels d’offres", a expliqué Thwala.Mabuza a ajouté que le gouvernement connaissait les prochains défis fiscaux il y a plus de cinq ans, mais qu’il n’a rien fait pour préparer le milieu des affaires. Les rapports du FMI au cours des quelques dernières années ont aussi prévenu continuellement le gouvernement du Swaziland que les recettes de la SACU allaient baisser après 2010."Cela aurait été plus facile, si nous avions été mis au courant du problème au cours des années", a souligné Mabuza. "En ce moment même, nous sommes pris au dépourvu, c’est pourquoi beaucoup de nos travailleurs vont souffrir".Le ministre des Finances a rejeté en partie la responsabilité de la crise fiscale sur les hommes d’affaires qu’il a accusés d’être de connivence avec les fonctionnaires dans le pillage des ressources de l’Etat à travers de fausses ventes. Sithole a déclaré récemment au parlement que le gouvernement perd environ 5,7 millions de dollars par mois du fait de la corruption.Il a affirmé lors d’une réunion récente sur la crise fiscale que certaines entreprises approvisionnaient le gouvernement en fournitures inutiles juste pour avoir de l’argent "pour le week end". Si nous pouvions arrêter au moins la plus grande partie de la corruption qui draine nos ressources, le redressement serait plus rapide", a indiqué Sithole.L’Etat survit actuellement à travers des fonds empruntés pour payer les salaires, ce qui a laissé peu d’argent pour l’achat des biens et services."Le gouvernement doit minimiser le coût du crédit en empruntant seulement et en cas de nécessité l’argent. Cela demande une surveillance étroite ", a expliqué Sithole.Le Swaziland aurait emprunté 286 millions de dollars d’ici à la fin de l’année budgétaire en mars 2011, élevant la dette nationale à 357 millions de dollars. Le gouvernement a élevé le plafond de l’endettement de 143 millions de dollars à 428 millions de dollars.L’une des raisons de l’endettement du gouvernement du Swaziland à partir des sources nationales est que le FMI a refusé de lui donner le feu vert pour mobiliser des fonds de la Banque africaine de développement (BAD) jusqu’à ce qu’il mette de l’ordre dans sa maison.Bien que les banques locales soient d’accord pour prêter de l’argent au gouvernement, les PME ne sont pas si chanceuses. "Le risque est plus faible lorsque tu prêtes au gouvernement qu’à un entrepreneur."Cela défavorise les PME quand il s’agit de l’accès à des crédits", a déclaré Zodwa Mabuza, présidente directrice générale de 'Federation of Swaziland Business Employeurs' (Fédération des entreprises employeurs du Swaziand) et de la Chambre du commerce.Les PME ont toujours eu du mal à obtenir le financement des banques locales et elles n’ont pas de chance lorsqu’elles sont en concurrence avec le gouvernement, a-t-elle ajouté.

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