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AFRIQUE: Les commerçants transfrontaliers informels encouragent l’entreprenariat

    By Rebekah Kendal* – IPS/Street News Service

    LE CAP, 6 oct (IPS) – Les commerçants transfrontaliers informels incarnent l'esprit d'entreprenariat africain. Ils forment une armée de commerçants informels constituant une partie cruciale, quoique souvent négligée, de l'économie du continent.

    Ces commerçants transfrontaliers informels, qui sont souvent poussés par un manque d'opportunités d'emploi formel offrant des heures et salaires réguliers, réussissent dans des conditions difficiles grâce à une forte détermination et un sens averti des affaires.

    Si l'Afrique doit soutenir et développer l'entrepreneuriat – dans les secteurs formel et informel à la fois – le commerce intra-régional est indispensable, mais cela a été éclipsé par les exportations internationales.Avec l’expansion des franchises sud-africaines bien connues à travers la région, ce serait facile de supposer que le commerce intra-régional en Afrique – ou du moins en Afrique subsaharienne – est en plein essor. Cependant, cela est loin de la réalité.L’Afrique du Sud liste fièrement l’Afrique comme sa quatrième plus grande destination des exportations, affirmant que le commerce avec le reste du continent est passé d'environ 6,17 milliards de dollars en 2001 à 13,3 milliards de dollars en 2007, et que les échanges avec d'autres pays de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) représentent 8,4 milliards de dollars de ce total.L'anomalie est la suivante: selon le 'CIA World Factbook', aucun pays africain ne figure parmi les cinq premiers partenaires d'Afrique du Sud en exportation ou en importation. En outre, selon un rapport de 2009 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, "le commerce intra-africain s’est accru de près de 14 pour cent en moyenne par an entre 1999 et 2006, tandis que les échanges commerciaux avec les Etats-Unis et la Chine ont progressé de 26 pour cent et 61 pour cent, respectivement".Pourquoi les niveaux de commerce intra-régional en Afrique sont alors si bas? Simon Freemantle, un analyste principal à la 'African Political Economy Unit' (Unité de l’économie politique africaine) de la 'Standard Bank', estime que le plus grand obstacle, c’est le manque d'infrastructures."L'Afrique a les coûts de transport les plus élevés au monde et il est souvent moins cher d'expédier des marchandises de Dar es Salaam vers l'Europe que de les exporter par la route vers la RDC (République démocratique du Congo).

    En outre, jusqu'à récemment, les marchés en Afrique n’étaient pas souvent d'une taille suffisante pour une pénétration de marché. Cela est en train de changer et les améliorations des infrastructures traînent toujours. Les pays africains enclavés sont les plus vulnérables, car ils dépendent des infrastructures souvent vétustes des pays africains voisins pour l'accès à tous les marchés mondiaux".Freemantle croit également que d'autres facteurs qui entravent le commerce transfrontalier comprennent la corruption au niveau des frontières – augmentant les coûts et entraînant des retards – et l'inadaptation de certains produits eux-mêmes."Trop souvent, les produits d'exportation sont développés principalement pour les économies avancées et ne sont pas adaptés aux goûts et budgets locaux – un vestige obtenu en grande partie de la période coloniale. En conséquence, il n'existe aucun marché d’appui lorsque la demande baisse dans ces économies avancées", explique-t-il."L'Afrique a toujours cherché à l'extérieur les moyens de la croissance économique, et structurellement parlant, les pays doivent commencer à se tourner vers les facteurs nationaux et régionaux lors de la détermination des produits".Protocole de libre-échangeL'importance du commerce intra-régional est qu'il crée une faculté de reprise économique plus grande, fournit à la région un certain niveau de protection et, bien sûr, se développe et appuie l'entrepreneuriat africain.Des communautés économiques régionales, telles que la SADC, existent en raison de l'importance du commerce intra-régional. Le Protocole de libre-échange signé par les pays membres de la SADC vise à créer une Zone de libre-échange en Afrique australe. Bien que les pays de la SADC aient signé ce protocole de libre-échange, li n’est pas encore complètement en vigueur.

    Actuellement, des accords entre les différents pays autorisent des réductions tarifaires et des contingentements en franchise sur l'importation et l'exportation de certaines marchandises. Cependant, cela ne s'applique pas au secteur informel."Les petits commerçants transfrontaliers, ou du secteur informel sont généralement exclus de l'accès à toute réduction du contingentement tarifaire puisqu’ils ne demandent pas à en faire partie", explique Sally Peberdy, maître de conférences au Département de géographie à l'Université du Cape occidental."Ils paient des droits en fonction des biens et des réductions personnelles pour certains produits. Une étude menée par le 'Southern African Migration Project' (Projet sur les migrations en Afrique australe) montre que bien que beaucoup évitent de payer des droits et ne peuvent payer des droits que sur certaines des marchandises qu'ils transportent, les commerçants du secteur informel apportent une contribution significative aux droits perçus au niveau des frontières dans la région".Pourtant, le rôle que les commerçants transfrontaliers informels jouent dans la contribution à l'économie formelle – renforçant le commerce intra-régional et encourageant l'entreprenariat en Afrique – est souvent négligé.Selon la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, le commerce informel est la principale source de création d'emplois en Afrique, représentant 20 à 75 pour cent des emplois dans la plupart des pays. Une exception notable est l'Afrique du Sud, où les derniers chiffres disponibles en 2005 indiquaient qu'il ne représente que près de 12 pour cent.Un article de recherche publié en 2002 par Peberdy, intitulé "Obstacles au commerce? La politique d'immigration en Afrique du Sud et les commerçants transfrontaliers informels de la SADC", estime que dans certains cas, les volumes de commerce transfrontalier informel peuvent même dépasser le volume des échanges commerciaux formels entre certains pays. Le commerce informel, motivé par des niveaux élevés de chômage et une pénurie de biens de première nécessité dans la région, parvient à combler le vide laissé par un secteur formel inadéquat.*Publié en vertu d’un accord avec 'Street News Service'.

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