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AFRIQUE: Les demandes de sièges au Conseil de sécurité toujours dans l’incertitude

    By Thalif Deen

    NATIONS UNIES, 17 oct (IPS) – Après 20 longues années de négociations sur une proposition d'extension du Conseil de sécurité des Nations Unies, les pays africains continuent d'être laissés dans le froid.

    Cette situation se développe alors même que les dirigeants africains se plaignent de ce que la communauté internationale n'a pas réussi à répondre à leurs demandes de deux sièges permanents dans l’organe le plus puissant des Nations Unies.

    Lorsque les chefs d'Etat ont pris la parole lors des sessions de l'Assemblée générale en septembre, une majorité écrasante de plus de 40 dirigeants politiques africains a critiqué la marginalisation de leur continent.

    Les intervenants qui se sont succédé ont déploré l'absence continue de l'Afrique parmi les pays qui occupent les cinq sièges permanents (P5) du Conseil de sécurité – les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine et la Russie.

    La demande de longue date de l'Afrique d’au moins deux sièges permanents avec droit de veto et de cinq sièges non permanents, comme convenu par les chefs d'Etat africains en mars 2005, est encore loin de la réalité.

    Mais il y a une raison à cela, explique Dr Kwame Akonor, professeur agrégé des sciences politiques à l'Université de Seton Hall, à New York, qui a beaucoup écrit sur la politique et l'économie du continent.

    "Dire que les relations d’appartenance et de pouvoir du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) sont anachroniques et inéquitables, compte tenu des réalités géopolitiques du 21ème siècle, est irréfutable", a-t-il déclaré à IPS.

    Mais toute réforme significative visant à changer la composition ou les procédures du CSNU connaîtra une résistance farouche des cinq membres permanents ayant le droit de veto, qui sont peu susceptibles de renoncer facilement à leurs droits, a indiqué Akonor, qui est également le directeur du Centre des études africaines et de l'Institut de développement africain, un groupe de réflexions basé à New York.

    S'adressant aux sessions de l'Assemblée générale en septembre, Joyce Banda, la présidente du Malawi, a affirmé que l'Afrique constitue la seule région la plus vaste au sein des Nations Unies, et qu’une proportion très importante des questions examinées au Conseil de sécurité concerne le continent africain.

    Mais cependant, a-t-elle souligné, la demande de longue date de l’Afrique est dans l’incertitude.

    Robert Mugabe, le président de longue date du Zimbabwe, a été l'un des plus véhéments à exiger cette représentation au sein du Conseil de sécurité.

    "Pendant combien de temps la communauté internationale continuera-t-elle d'ignorer les aspirations de tout un continent de 54 pays?" a-t-il demandé.

    "Est-ce la bonne gouvernance? Est-ce la démocratie? Et est-ce la justice?" a-t-il poursuivi. "Nous ne pourrons pas être achetés par des promesses vaines, nous n’accepterons pas non plus quelques retouches cosmétiques déguisées en réforme du Conseil de sécurité".

    Le président de la Gambie, Yahya Jammeh, a déclaré: "Notre sécurité collective continuera d'être compromise par des considérations géopolitiques et jusqu'à ce que nous trouvions le courage de réformer le Conseil de sécurité".

    Cette demande d’une représentation permanente dans le CSNU est également venue de plusieurs autres dirigeants et responsables venus d'Afrique, notamment la Guinée Equatoriale, la République centrafricaine et la Tanzanie.

    Lors d'une réunion des dirigeants africains en Ethiopie, en mars 2005, l'Union africaine (UA), qui représente la quasi-totalité des Etats du continent, a adopté une résolution demandant deux sièges permanents et cinq sièges non permanents.

    Mais l'UA n'a pas identifié les deux pays pour les sièges permanents parce que cette question continue de créer la division, avec au moins trois pays faisant des demandes: Afrique du Sud, Nigeria et Egypte, entre autres.

    La résolution a fixé les conditions suivantes: Même si l'Afrique est opposée par principe au veto, elle est d'avis que tant qu'il existe, et en tant qu’une question de justice commune, il devrait être mis à la disposition de tous les membres permanents du Conseil de sécurité.

    Deuxièmement, l'UA devrait être chargée de la sélection des représentants de l'Afrique au Conseil de sécurité, et plus important encore, la question des critères du choix des membres africains du Conseil de sécurité devrait être une affaire à déterminer par l'UA, tenant compte de la nature représentative et de la capacité de ceux qui sont retenus.

    Akonor a confié à IPS que pour l'Afrique, la question de la représentation est plus difficile parce qu'elle ne peut pas sembler s'entendre sur le (ou les) pays pour la représenter au Conseil de sécurité.

    "La paralysie, parmi les dirigeants africains, quand il s'agit de la façon dont il sera représenté, a contribué à la marginalisation du continent dans les discussions sur toutes les mesures plausibles de réforme", a-t-il souligné.

    Une solution, a-t-il estimé, c'est que les Etats africains prennent au sérieux le concept de 'Pax Africana' et comptent sur eux-mêmes quand il s'agit de l’établissement, du renforcement et de la consolidation de leur propre paix et sécurité.

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