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AFRIQUE: Surveiller les changements climatiques

    By Isaiah Esipisu

    NAIROBI, 20 avr (IPS) – La crise environnementale menaçante, introduite par le réchauffement climatique, fait des informations et de la prévision météorologiques une question d'urgence.

    Comme les fermiers africains en viennent aux prises avec les problèmes d'adaptation aux changements climatiques, la meilleure façon de les équiper est peut-être de les impliquer directement dans la collecte des données.Les preuves présentées à la première conférence des ministres responsables de la Météorologie en Afrique, tenue à Nairobi, au Kenya, du 12 au 16 avril, montrent que les pays qui ont associé les communautés locales dans la surveillance des conditions climatiques ont des résultats nettement meilleurs en termes d'amélioration des rendements agricoles et de santé publique.Les gouvernements africains peuvent avoir besoin d’adapter les services météorologiques aux localités, par rapport au niveau de surveillance, à l'analyse des données et à la diffusion, afin que les informations météorologiques et climatiques aient un sens pour les gens qui en ont le plus besoin dans l'agriculture et les secteurs connexes.Le besoin d’informations est pressant."Pendant des années, les communautés africaines ont utilisé des méthodes traditionnelles de prévision des conditions climatiques. Mais suite aux changements climatiques, il ne leur est plus facile d'utiliser des indicateurs naturels pour le même but", a déclaré Issa Djire, le directeur de l'Office de la haute vallée du Niger (OHVN) basé à Bamako, la capitale du Mali.Les 40 dernières années ont connu à la fois une augmentation des inondations et de la désertification au Mali. Le programme national d'action pour l'adaptation du pays prévoit que les températures moyennes augmenteront de 1 à 3,5 degrés d'ici à 2060. Avec près de trois quarts de la population vivant dans les zones rurales, la gestion durable des terres est un défi majeur. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les effets du réchauffement de la planète ont déjà contribué à la migration massive vers les centres urbains.Au début du mois d’avril, la Croix-Rouge a indiqué qu'elle était en train de tripler presque l'aide alimentaire au Niger et au Mali. Elle a cité les estimations gouvernementales selon lesquelles plus de 250.000 personnes dans le nord du Mali sont confrontées à des pénuries alimentaires du fait de la sécheresse. La situation au Niger voisin est pire, avec la moitié des 16 millions d’habitants environs touchés par l'insécurité alimentaire.Il y a 12 ans, le Mali a adopté un nouveau système dans lequel la surveillance des pluies est entièrement réalisée au niveau local. Des milliers de pluviomètres sont installés dans les villages, et les membres de la communauté sont impliqués dans la collecte et l'analyse des précipitations.On fait circuler ensuite les informations au cours des réunions communautaires et à travers les stations de radio communautaires qui diffusent en langues locales."La collecte d'informations est extrêmement importante. Les agriculteurs ne les utiliseront avec précision que s’ils les comprennent totalement", a indiqué Djire à IPS lors de la conférence.La surveillance locale des précipitation a renforcé la préparation chez les agriculteurs; et à travers les agents de vulgarisation agricole, ils ont pu déterminer exactement le type de semences qu'ils devraient planter, le moment de les planter, et les insecticides qu’ils doivent acheter à l'avance", a déclaré Djiré.Améliorer la résistanceLes météorologues, à la conférence, veulent que d'autres gouvernements africains imitent la stratégie du Mali comme une méthode pour améliorer la résistance à l'impact des changements climatiques."La collecte de données météorologiques est extrêmement coûteuse. Toutefois, cela ne sert à rien si les informations ne profitent pas à l'utilisateur final, qui dans la plupart des cas, est un paysan dans un village isolé", a expliqué Alhassane Adama Diallo, le directeur général du Centre africain des applications de la météorologie au développement (ACMAD).Diallo a fait savoir que l'Afrique dispose seulement du huitième du nombre de stations météorologiques requis conformément aux normes de l'Organisation mondiale de la météorologie. Il a soutenu que les gouvernements doivent mettre de côté des fonds devant être utilisés au profit des services météorologiques dans le cadre du plan de gestion des catastrophes.Dr Joseph Mukabana, directeur du Département de la météorologie du Kenya, affirme que son pays se focalise maintenant sur la météorologie au niveau provincial. "Nous nous sommes rendus compte que nous n'obtenions pas des informations fiables lorsque nous surveillions au niveau national", a-t-il confié.Le Kenya a besoin d'environ 70 stations météorologiques pour fournir des prévisions exactes, mais il ne dispose actuellement que de 37.Pourtant, le Kenya est considéré comme l'un des leaders du continent dans la collecte d'informations météorologiques.Pour promouvoir les systèmes de surveillance de la météo et des climats en Afrique, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale ont accepté de fournir 155 millions de dollars à travers l'ACMAD."Nous avons déjà signé pour les premiers 30 millions de dollars, qui devraient être sur le terrain dans différents pays d’ici au mois prochain", a dit Diallo.L'argent sera utilisé pour former et recycler des experts à travers le continent à mieux traiter et analyser les informations climatiques, et à renforcer les stratégies de communication afin d’atteindre les agriculteurs dans un format qu'ils peuvent comprendre.L'importance des services météorologiques ne se limite pas à l'agriculture et à la sécurité alimentaire. Le climat est important pour le suivi et la gestion de la santé publique, par exemple, les endroits où des maladies telles que le paludisme peuvent se propager pour atteindre de nouvelles régions lorsque les températures et les précipitations moyennes changent.Le transport – en particulier l'industrie de l'aviation –, la gestion des ressources en eau, l'énergie et le tourisme constituent d’autres secteurs qui peuvent bénéficier de l’amélioration de l'observation et des rapports météorologiques.

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