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AFRIQUE: Un projet pour prévenir les catastrophes naturelles dans les villes

    By Brahima Ouédraogo

    OUAGADOUGOU, 9 fév (IPS) – Un projet pour réduire la vulnérabilité des villes africaines face aux effets des changements climatiques, s’appuiera sur des recherches dans cinq villes du continent dont Saint-Louis (Sénégal), Douala (Cameroun), Addis-Abeba (Ethiopie) et Dar-Es-Salaam en Tanzanie.

    Selon Guy Weets, le coordonnateur du projet, ces cinq villes représentent cinq types climat. Une rencontre a eu lieu à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, pour le lancement du projet, à la fin janvier 2011.

    «Une ville comme Ouagadougou fait face à des inondations, qui ne sont pas isolées de la sécheresse car quand il y a une sécheresse, l’inondation qui suit est plus violente, les risques sont liés», explique Weets à IPS, pour justifier le choix de Ouagadougou qui, ajoute-t-il, a un climat sahélien avec des alternances de sécheresses et d’inondations.A l’opposé, Saint-Louis, dans le nord du Sénégal, est une ville côtière confrontée au désert et qui est aussi l’embouchure d’un fleuve, tandis que Douala, au Cameroun, est une ville côtière qui est menacée par des inondations et le niveau de la mer, indique Weets.

    Selon Weets, alors que Dar-Es-Salaam voit ses infrastructures menacées par des tempêtes et des cyclones de plus en plus fréquents, Addis-Abeba qui est un haut plateau et qui n’est pas vraiment menacé par des inondations, a cependant son environnement économique menacé par des sécheresses qui rendraient l’alimentation de la cité difficile, pouvant entraîner un problème de survie de la ville dans ces conditions.«Avec l’augmentation de la température globale de la terre, on peut arriver avec des points très chauds à la limite du supportable, et nous envisageons… de créer des couloirs de verdure dans ces villes pour diminuer la température et ses effets néfastes comme essentiellement la désertification, l’inondation et la sécheresse», explique-t-il.Ce projet dénommé Changement climatique et vulnérabilité urbaine en Africaine (CLUVA), durera trois ans et doit déboucher sur des propositions et solutions qui seront destinées aux décideurs locaux, aux maires, pour anticiper et atténuer l’impact des catastrophes naturelles, déclare à IPS, le professeur Halidou Touré, coordinateur du projet au Burkina.«C’est une approche pluridisciplinaire pour réfléchir sur les changements climatiques, leur impact, les risques et les aspects de vulnérabilité de nos villes, comme les problèmes de la désertification, des inondations, de pollution et leur impact sur la santé publique et l’ensemble des conséquences socioéconomiques», souligne Touré.De son côté, l’ONG Oxfam citant différentes estimations, insiste que si rien n’est fait pour réduire les émissions, la température globale augmentera de 1,4°C à 5,8°C avant le siècle prochain. Pourtant, la température à la surface de la terre n’a augmenté que d’un seul degré depuis l’aube de la civilisation humaine, dit-elle.L’impact du réchauffement de la planète sur les ressources d’eau, l’agriculture, le niveau des mers et sur l’écosystème sera catastrophique pour des milliards d’êtres humains, prévient Oxfam.Deux milliards de personnes vont être touchées par une pénurie d’eau et tout le sud du continent africain devra faire face à des années de dures sécheresses, ajoute l’ONG.«La capacité alimentaire planétaire va devenir insuffisante, la famine et la malnutrition tueront environ trois millions de personnes chaque année. Plusieurs milliards d’autres seront contraintes à l’exode puisque des régions telles que l’Australie ou le sud de l’Afrique seront tellement affectées par la sécheresse qu’il sera impossible d’y faire pousser quoique ce soit», souligne Oxfam.Selon Oxfam, les habitants pauvres des pays en développement n’émettent que très peu de gaz à effet de serre, mais ce sont eux qui en souffrent le plus. Environ 80 pour cent des gaz relâchés dans l’atmosphère sont émis par les habitants des pays riches, principalement à cause de leur consommation en énergie fossile pour leurs besoins multiples, explique Oxfam.Pour le professeur Touré, en attendant des politiques drastiques pour minimiser l’impact du changement climatique, il faut arriver à sauvegarder et à préserver les espaces pour maintenir l’écosystème et avoir une qualité de vie dans les villes africaines.«Dar-Es-Salaam est chaud et humide et les températures se situent dans la fourchette de 26 et 34 degrés. Le principal risque, ce sont les inondations pendant la saison pluvieuse, les épidémies, en raison de la contamination des eaux», souligne le Professeur Gabriel Kassenga de l’Université de Dar-Es-Salaam.«Nous avons aussi l’érosion maritime et la montée des eaux de mer qui détruit les maisons et les routes qui sont proches de la côte», ajoute Kassenga.Selon Weets, le coordonnateur du projet, les chercheurs africains ont jusqu’à 2050 comme horizon pour donner des éléments en vue d’ajuster les politiques en fonction des prévisions climatiques.

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