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AGRICULTURE-BURKINA-FASO: Une nouvelle variété de maïs fait du bien au Burkina Faso

    IPS

    OUAGADOUGOU, 29 août (IPS) – Au Burkina Faso, le gouvernement avait décidé de soutenir le développement de nouvelles variétés de maïs. Les agriculteurs de ce pays ouest-africain récolte aujourd'hui les fruits de ce projet.

    De nouvelles variétés de cultures vivrières ont vu le jour à l'Institut local pour l'environnement et la recherche agricole, mis en place dans le cadre d'un programme gouvernemental visant à assurer la sécurité alimentaire du Burkina Faso.

    « Si nous voulons témoigner de notre propre nourriture, nous avons besoin de semences de qualité et nous devons donc augmenter la capacité des producteurs », explique André Bationo, chercheur à l'Université de Ouagadougou.

    Mathieu Kabré a été l'un des premiers agriculteurs à tester la nouvelle variété de maïs baptisée « Bondofa », un nom qui signifie en langue locale dioula « remplir le grenier ». Il se laissa convaincre d'abandonner les variétés traditionnelles. Sur 10 acres cultivés, Kabré a pu retirer 90 tonnes de maïs Bondofa en 2010 et même 100 tonnes en 2011.

    Grand rendement

    L'expert en agriculture Inoussa Balboné confirme que "le Bondofa peu livrer jusqu'à 12 tonnes de maïs par hectare, comparativement aux 5 à 7 tonnes pour les variétés traditionnelles, le cycle de croissance ne dure que 70 jours, alors que les semences traditionnelles ont besoin de 90 jours.».

    Issaka Kaboré, un immigré originaire de Côte-d'Ivoire voisine, a aussi adopté il y a deux ans la nouvelle variété. Il avait loué un lopin de terre de 6 acres qui lui a livré en 2009 un peu plus de 30 tonnes de maïs de semences traditionnelles. L'an dernier, il était déjà à 57 tonnes avec la nouvelle variété et cette année il espère atteindre les 60 tonnes.

    Kabré et Kaboré ont rejoint il y a deux ans l'Union nationale des producteurs de semences. Cette organisation coordonne depuis 2006 la production et la commercialisation des semences et agit en tant qu'intermédiaire entre ses quatre mille membres et le gouvernement du Burkina-Faso.

    Le Bondofa ne représente qu'une des douzaines de nouvelles variétés créées par l'Institut pour l'environnement et la recherche agricole. « Notre ambition est de faire de ce pays un exportateur de semences dans la région », explique Robert Ouedraogo du ministère de l'Agriculture.

    Le ministère soutient les agriculteurs avec de nouvelles graines. Non seulement il organise des formations et des conseils mais il achète aussi du maïs des producteurs qui utilisent les nouvelles semences et les revend aux consommateurs à un prix bas.

    L'Empire des semences

    Les agriculteurs sont satisfaits. Kaboré a dépensé environ 4.500 euros pour la fertilisation et les salaires des travailleurs pendant le semence et la récolte. Après avoir déduit ces coûts, il disposait encore de 50 tonnes de maïs qui représentent un gain net de 6.000 euros. L'année suivante, il a pu épargner 55 tonnes équivalent 7.000 euros.

    Kabré gagne aussi bien sa vie et veut investir ses bénéfices dans ses activités. « J'ai gagné 9.000 euros au cours des deux dernières années. Je compte aider mon petit frère pour qu'il puisse également devenir agriculteur comme moi ». Pour cela, il a acheté 5 hectares de terrain à environ 1.500 euros.

    Il veut aussi envoyer son fils Jacob dans un lycée agricole basé au Ghana. « Je veux que mon fils puisse devenir l'héritier d'un futur empire de semences », conclut Kabré.

    (FIN/IPS/2012)

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