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AGRICULTURE-RDC: Un petit jardin à Kinshasa exporte ses légumes à Bruxelles

    Anselme Nkinsi

    KINSHASA, 04 septembre (IPS) – Un ancien cimetière public situé dans le centre de la capitale congolaise Kinshasa est aujourd'hui devenu un jardin très rentable. « Nous exportons même nos légumes à Bruxelles et à Paris », précise l'un des jardiniers congolais.

    Sur un terrain de huit hectares à Kasa-Vubu, dans le cœur historique de Kinshasa, certaines personnes font pousser différentes sortes de légumes comme de l'amarante, des tomates, des choux, des épinards ou de l'oseille.

    Antoine Musho du service national des semences explique que la ville de Kinshasa connaît tradictionnellement deux saisons des pluies. Et comme qu'il y a tout au long de l'année une grande demande pour les légumes, certains habitants ont décidé de faire de la culture des terres en milieu urbain leur principale activité, même pendant la saison sèche. Afin d'avoir accès à de l'eau en dehors de la saison des pluies, les agriculteurs de la zone n'ont pas hésité à faire jaillir des puits.

    Un poste de police dans cette partie de la municipalité est responsable de la sécurité des plantations. « Nous avons assigné cet endroit à certains jardiniers qui sont chargés d'en prendre soin », précise le capitaine de police Denis Ngombo.

    Malgré la présence policière, les jardiniers préfèrent garder leur matériel à domicile. Tous les matins, ils reviennent dans le jardin pour déverser leurs légumes et attendre les clients. D'autres résidents transportent des engrais organiques sur le site qu'ils vendent aux jardiniers en guise de compost.

    Feuilles de manioc

    Richard Biema est un ingénieur du Service national pour les engrais. Il raconte que le terrain du quartier de Kasa-Vubu est très sablonneux et que donc les cultures ne poussent pas bien sans engrais. Il est préférable d'utiliser de la compost naturel, sans engrais chimiques, pour obtenir de bons résultats.

    Les jardiniers ont appris la manière d'utiliser la compost de maïs grâce à Cornellie Niongo, un agronome du Service national pour les huiles végétales en milieu urbain. « J'ai entraîné ce groupe de jardiniers depuis 2011. Je les encourage à toujours avoir de l'engrais naturel car cela ne provoque aucun danger pour la santé. »

    C'est Adolphine Misenga qui réglemente l'achat de déchets organiques en compost. Elle explique qu'elle achète environ quatre camions de feuilles séchées et de tiges de manioc aux ménages et aux restaurants. Misenga pense aussi que le compost naturel améliore la récolte.

    « Nous sommes maintenant en mesure de produire d'ici quelques semaines 25 à 30 tonnes d'amarante par hectare alors que nous devions auparavant patienter plus de six semaines pour seulement 10 hectares ».

    L'un des jardiniers, Nathalie Mayato, confirme ce constat : « Ce jardin urbain est une mine d'or verte. Elle me procure un bon revenu. »

    Centre commercial

    Philémon Mulekita, qui entretient des contacts avec la police locale, pense de la même manière. « Je ne regrette pas d'avoir quitté mon emploi précédent où j'étais constamment en voyage d'affaires car ce travail est beaucoup plus rentable. »

    «Nous ne vendons pas seulement sur les marchés autour de la capitale congolaise car environ cinq tonnes de notre production part mensuellement à l'exportation vers Paris et Bruxelles. »

    Pourtant, il semble que la chance risque d'être de courte durée. « Le jardin est convoité par de riches entrepreneurs qui veulent y construire un centre commercial. Mais pour l'instant nous sommes ici et nous nous servons de la faveur que la police nous a donné pour profiter de notre travail», conclut Mulekita.

    (FIN/IPS/2012)

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