Home » Afrique, Developpement, Economie et Travail, Headlines, Reportage d'Afrique »

AMERIQUE CENTRALE: Se tourner vers un développement durable

    By Danilo Valladares

    GUATEMALA CITY, 17 mars (IPS) – L’Amérique centrale, un isthme tropical étroit entouré de l'océan Pacifique et la mer des Caraïbes, a subi 259 évènements extrêmes liés aux conditions météorologiques entre 1930 et 2009, alors que les effets cumulatifs d’innombrables catastrophes plus petites n'ont même pas été enregistrés.

    Ces catastrophes ont augmenté de cinq pour cent par an en fréquence au cours des trois dernières décennies, selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).

    L'économie régionale elle-même, basée sur la monoculture et dépendante des combustibles fossiles, exacerbe le problème.

    Durement touchés par la sécheresse, les inondations et les ouragans, qui se sont aggravés avec le réchauffement climatique, les sept pays d'Amérique centrale, avec leur population combinée de 47 millions d’habitants, ont été obligés d'essayer quelque chose de différent et se tournent vers le développement durable.

    "Nous avons une scierie, une plantation d'agroforesterie, et sommes en train de développer des projets productifs comme la pisciculture et l'élevage de poules pondeuses", a déclaré à IPS, Nubie Sosa, directrice de l'Association forestière intégrale de San Andrés Petén dans le nord du Guatemala.

    Depuis 1999, l'association a une concession auprès du Conseil national des aires protégées du gouvernement pour exploiter environ 52.000 hectares de forêt dans la biosphère de Maya, où ses membres ont pu se faire une vie durable.

    "Il est très important d'avoir des alternatives qui combinent les aspects économiques et environnementaux à la fois", a souligné Sosa. Son association a remporté le Prix Sasakawa 2011 décerné par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) aux initiatives qui préservent la biodiversité tout en luttant contre la pauvreté.

    L’Amérique centrale et le reste des pays baignés par la mer des Caraïbes partagent une vulnérabilité naturelle, qui a été aggravée par les changements climatiques.

    La dernière catastrophe naturelle à avoir frappé la région était la dépression tropicale 12E, qui a affecté quelque 2,6 millions de personnes au Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras et au Nicaragua en octobre 2011.

    Les pertes d'infrastructure et de cultures s'élevaient à près de deux milliards de dollars, selon la CEPALC.

    Et la région n'avait même pas encore récupéré de la dévastation causée par les ouragans Mitch en 1998, Stan en 2005, et Agatha en 2010. En outre, elle a été frappée par une forte sécheresse en 2009, en particulier au Nicaragua, Honduras, El Salvador et au Guatemala.

    La rareté et la hausse des prix des céréales et des légumes, les dommages causés aux infrastructures et au secteur productif, ainsi que la flambée des prix des importations de pétrole ont forcé la région à commencer à se tourner vers des alternatives durables.

    "Pour faire face à cette crise mondiale, il est essentiel d'intégrer un développement économique responsable, les pratiques respectueuses de l'environnement utilisées par les agriculteurs et les entreprises, et l'utilisation d’outils de production éco-efficients plus propres", a affirmé à IPS, Mauricio Chacón, du Programme de développement économique durable en Amérique centrale.

    Cette initiative, financée par l'Agence d'Etat allemande de coopération technique (GTZ), a établi un catalogue des "entreprises vertes" en Amérique centrale qui sera mis en ligne pour fournir aux sociétés des informations sur les nouveaux marchés, les opportunités d'affaires, le crédit et d'autres aspects.

    Ces entreprises sont une source importante de production respectueuse de l'environnement dans des industries comme les aliments biologiques, les énergies renouvelables et le tourisme durable, a expliqué Chacón.

    Les énergies renouvelables constituent l'un des domaines en pleine expansion, avec une variété de projets éoliens, solaires et d'énergie hydroélectrique lancés par des alliances entre les secteurs public et privé et des donateurs internationaux.

    Au Guatemala, par exemple, la Banque centre-américaine d'intégration économique a signé un contrat avec une banque privée en février pour administrer une ligne de crédit de 30 millions de dollars afin de financer des projets pour développer et produire des énergies renouvelables.

    Au niveau régional, les pays ont également mis en œuvre des initiatives visant à protéger la production agricole, telles que le Programme régional de recherche et d'innovation pour les chaînes de valeur, qui travaille sur la production de tomates, manioc, pommes de terre et d’avocats.

    L'objectif est de renforcer la disponibilité des denrées alimentaires, qui ont été durement frappées par des événements météorologiques et aggravées parce que le régime alimentaire dans les zones rurales, où la pauvreté est concentrée, est basé sur la production de maïs en monoculture.

    Le programme est réalisé par l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture et financé à hauteur de 7,6 millions de dollars par l'Union européenne.

    Mario Ardón de l'Association des conseillers pour une agriculture durable, écologique et humaine – une organisation non gouvernementale – a déclaré à IPS que si la région ne cherche pas des formes alternatives de production, l'avenir sera celui des "crises sociales, économiques et alimentaires".

    Quant à l'impact des changements climatiques, les perspectives sont tout sauf prometteuses pour l'Amérique centrale.

    Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter au rythme actuel, le coût cumulé du réchauffement climatique d'ici à 2100 pourrait atteindre 73 milliards de dollars, équivalant à 54 pour cent du produit intérieur brut combiné de la région pour 2008, selon le rapport 'Economie des changements climatiques en Amérique latine et des Caraïbes', publié par la CEPALC à la fin de 2010.

    Dans ce scénario, la température augmenterait de 3,6 à 4,7 degrés, selon le pays, avec une baisse moyenne de 28 pour cent des précipitations.

    "Pour cette raison, notre stratégie est axée sur la petite agriculture familiale, afin de produire des aliments tout au long de l'année, utiliser la biomasse, et préserver l'humidité dans le sol, tout ceci fait d’elle l'alternative clé par rapport aux changements climatiques", a indiqué Ardón.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa