Home » Amerique Latine, Developpement, Environnement, Headlines, Reportage d'Afrique »

ANGOLA: Des élections "libres et équitables" pourraient être contestées

    By Louise Redvers

    LUANDA, 4 sep (IPS) – Des doutes planent sur la légitimité des élections générales en Angola alors que José Eduardo dos Santos, le deuxième dirigeant d’Afrique en fonction depuis longtemps, a été réélu pour un mandat de cinq ans après une victoire écrasante de son parti.

    Le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) – qui dirige le pays depuis son indépendance à l’égard du Portugal en 1975 – a obtenu la majorité parlementaire avec un peu moins de 72 pour cent des voix.

    Son ancien ennemi dans la guerre civile, l'Union pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), est deuxième avec près de 19 pour cent, doublant presque son score de 2008. Le parti 'Large convergence du salut de l’Angola' (CASA-CE), nouvellement créé, est troisième avec six pour cent des suffrages, selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale (CNE) le lundi 3 septembre.

    Mais tandis que le MPLA – dont la somptueuse campagne aurait coûté plus de 70 millions de dollars – célèbre sa victoire, on comprend que l'UNITA, la CASA-CE et des groupes de la société civile soient en train de travailler sur des recours pour contester les résultats.

    Une fois les résultats définitifs publiés, les partis disposent de 48 heures pour déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle des pays d’Afrique australe.

    Dans un communiqué publié le 3 septembre, l'UNITA a déclaré qu'il effectuait son propre comptage parallèle et suivait les résultats provisoires qui étaient en train d’être présentés par la CNE.

    L'UNITA a accusé la CNE d'avoir utilisé des agents de sécurité publique pour diriger des bureaux de vote, a mis en cause ses processus de transmission des données, et s’est plaint de ce que bon nombre de délégués de parti et d’observateurs n'avaient pas pu obtenir l’accréditation pour suivre le déroulement du scrutin.

    Le parti critique la CNE et sa préparation pour ces élections depuis quelques mois, accusant le MPLA de manipulation frauduleuse. Les plaintes ont porté sur les listes électorales, la façon dont elles ont été compilées, vérifiées et réparties.

    L'UNITA affirme que des milliers d'électeurs fantômes ont été ajoutés aux listes et que le retard dans la publication de la liste définitive empêcherait beaucoup de gens de voter.

    "Nous ne tolérons pas que la moindre fraude se produise et nous ne reconnaîtrons pas la légitimité d'un gouvernement issu d'élections tenues en dehors de la loi", a indiqué le chef de l'UNITA, Isaas Samakuva, une semaine avant la tenue du scrutin.

    Le 31 août, le jour des élections, beaucoup de gens, dont le nombre exact n’est pas connu, n’ont pas pu voter parce qu'ils étaient incapables de trouver leurs noms sur la liste électorale. Il a été dit à certains qu'ils ont été en réalité enregistrés pour voter à plusieurs centaines de kilomètres plus loin dans une autre province.

    Les résultats provisoires de la CNE indiquent que le taux de participation a considérablement baissé, de 80 pour cent en 2008 à 60 pour cent cette année. Le taux de participation était sensiblement plus faible à Luanda, la capitale, autour de 50 pour cent.

    Cependant, les équipes de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), de l'Union africaine (UA) et de la Communauté des pays de langue portugaise ont félicité la CNE angolaise pour la manière dont elle a organisé les élections.

    Le chef de la mission de l'UA, l'ancien président du Cap-Vert, Pedro Pires, a noté quelques problèmes avec l’accréditation tardive des délégations de partis et des observateurs, l'accès inéquitable à l'espace des médias publics et le refus d’autoriser le vote de la diaspora. Toutefois, Pires a affirmé que les élections ont été globalement "libres, équitables, transparentes et crédibles".

    Bernand Membe, le ministre des Affaires étrangères de la Tanzanie, qui a dirigé la mission de la SADC, a reconnu certaines des revendications formulées par les partis d'opposition, mais a déclaré: "Nous sommes d'avis que bien que certaines des questions soulevées soient pertinentes, elles n'étaient cependant pas si importantes pour affecter la crédibilité de l'ensemble du processus électoral".

    Luaty Beirao, un musicien et activiste angolais, qui s’est impliqué dans diverses manifestations de rue contre le gouvernement et a aidé à la création d’un site web qui publie les plaintes du public par rapport aux élections, a déclaré à IPS qu'il était très déçu du point de vue des missions d'observation.

    "Comment ces élections peuvent-elles être considérées comme étant équitables?", a-t-il demandé. "Comment pouvez-vous dire que les choses se sont bien passées juste parce qu'il n'y a pas eu d’affrontements et que les gens n’ont pas lancé des choses sur des voitures ou brûlé des pneus dans la rue?".

    "(Le côté) pacifique n’est pas la seule façon de voir si une élection a été libre et équitable. Nous devons analyser le nombre élevé de personnes qui n'ont pas pu voter".

    Beirao, qui a été emprisonné à plusieurs reprises pour son activisme, a ajouté: "Ces élections ont été truquées et ce gouvernement n'est pas légitime".

    La CNE a nié toute malversation et le MPLA a accusé l'opposition d’inventer des allégations de fraude pour distraire les gens de leurs mauvais résultats.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa