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ANGOLA: Des inquiétudes au sujet de la préparation des élections

    By Louise Redvers

    JOHANNESBURG, 10 juil (IPS) – Les préparatifs pour les deuxièmes élections organisées par l’Angola en temps de paix prévues en août sont éclipsés par des allégations de fraude électorale, la partialité des médias d'Etat et des inquiétudes croissantes au sujet d'une répression violente contre des activistes et manifestants.

    'Human Rights Watch' (HRW) a critiqué le gouvernement pour sa réaction arbitraire aux manifestations de rue organisées par d'anciens soldats exigeant des pensions militaires impayées, et le groupe de pression a indiqué qu'il était préoccupé par une série d’attaques violentes contre des groupes de jeunes connus pour leurs critiques à l’égard du gouvernement."La récente vague de violations graves contre les manifestants est un signe alarmant que le gouvernement angolais ne tolérera pas les désaccords pacifiques", a déclaré Leslie Lefkow, directrice adjointe de HRW pour l'Afrique."Le gouvernement devrait arrêter d'essayer d’étouffer ces protestations et se concentrer sur l'amélioration de l'environnement électoral", a-t-elle ajouté.Pendant ce temps, des groupes d'opposition sont mécontents de la façon dont les élections, qui sont prévues pour le 31 août, s’organisent. Plusieurs partis à qui il était complètement interdit, le vendredi 6 juillet, de se présenter aux élections – soi-disant en raison d'irrégularités dans les documents – crient à l'injustice.Sur les 27 partis et coalitions qui ont demandé à participer aux élections, seulement neuf ont été formellement approuvés par la Cour constitutionnelle.Parmi ceux qui ont été rejetés, figurent le Bloc démocratique (BD), dirigé par l’intellectuel influent et ancien membre du parti au pouvoir, Justino Pinto de Andrade; et le Parti populaire, qui a été formé par l’avocat des droits humains, David Mendes, très respecté."C'est un symptôme de la démocratie angolaise. Ils ont délibérément bloqué les partis qui luttent pour les droits humains et font preuve de solidarité pour les causes sociales", a indiqué à IPS, Filomeno Viera Lopes, secrétaire général du BD.Le plus grand parti d'opposition, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), a été autorisé à se présenter, mais il reste très critique par rapport à divers aspects du processus électoral, en particulier autour de l’attribution des appels d'offres pour des services tels que l'impression des bulletins de vote.Il demande également à savoir si c'est vraiment la Commission électorale nationale (CNE) qui est chargée de l'organisation des élections ou le parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA).La CNE a réfuté les allégations d'actes répréhensibles et son président, André da Silva Neto, a déclaré que le scrutin sera organisé dans "l'exemption, l'impartialité, la transparence et l'équité".Le MPLA a également nié les accusations de fraude et les plaintes selon lesquelles il est en train de cibler des militants critiques. Plusieurs personnalités, dont le président José Eduardo dos Santos lui-même, ont déclaré publiquement que le parti était trop grand et trop populaire pour avoir besoin de tricher."D'un point de vue juridique, nous avons beaucoup de problèmes parce que la commission électorale continue de violer la loi électorale et nous envisageons de porter plainte officiellement auprès des juridictions constitutionnelles au sujet d'un certain nombre de questions", a affirmé le porte-parole de l'UNITA, Alcides Sakala.Il s'est plaint de la partialité des médias d'Etat pour le parti au pouvoir. Il a également cité un changement de dernière minute pour autoriser la diaspora à voter, malgré le fait que l'enregistrement pour les élections à l'étranger avait été limité au personnel des ambassades et aux partisans du MPLA.Sakala a également exprimé son inquiétude par rapport à un plan visant à autoriser les policiers et l'armée à voter avant le jour du scrutin."Comment ce processus sera-t-il surveillé?", a-t-il demandé. "Personne ne sera en mesure de contrôler cela et cette situation soulève beaucoup d'inquiétudes de notre côté".Alors que l'UNITA demeure le plus grand parti avec 16 sièges au parlement, il est confronté à une rude concurrence de la part du nouveau petit sur le départ, le parti, Large convergence du salut de l’Angola (CASA-CE).Formée il y a quelques mois par Abel Chivukuvuku, très apprécié, lui-même ancien membre de l'UNITA et ayant des liens étroits avec le défunt leader en temps de guerre, Jonas Savimbi, la CASA-CE apporte une nouvelle dynamique à la scène politique angolaise.Markus Weimer, un expert angolais de 'Chatham House', un groupe de réflexion basé à Londres, a déclaré que, bien que la CASA-CE ne puisse espérer obtenir que quelques sièges au parlement, cette formation constitue des plumes qui se hérissent au sein du MPLA."Je pense que le MPLA est inquiété par la CASA-CE parce qu’elle est un inconnu", a-t-il dit. "Le parti est venu apparemment de nulle part et de rien et ils ne savent pas exactement comment y faire face".Weimer a dit qu'il était confiant que le MPLA, qui a une forte emprise sur l'économie et les médias du pays, tant publics que privés, gagnerait le scrutin. Il a ajouté qu'il était crucial que les doutes sur le processus de vote soient levés."Le processus doit être considéré comme légitime par tout le monde pour que la victoire du MPLA soit acceptée", a-t-il expliqué."Le MPLA sera prêt à perdre des sièges si l'élection est considérée comme crédible et légitime".L'expérience de l'Angola dans les élections est limitée, pour avoir en organisé seulement deux précédemment depuis l'indépendance du pays à l’égard du Portugal en 1975.Les élections de 2008 ont été organisées dans le calme malgré de nombreuses allégations de trucage électoral, mais le scrutin de 1992 a été abandonné à mi-chemin et a déclenché une deuxième phase de la guerre civile qui a duré jusqu'en 2002. La première guerre civile a commencé après l'indépendance en 1975 jusqu'en 1991.Il y a des craintes que si les partis d'opposition n’ont pas le sentiment que le scrutin est organisé de façon impartiale, cela puisse déclencher des manifestations et entraîner des troubles."Nous voulons garder une approche positive et éviter cela", a déclaré Sakala de l'UNITA.

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