Home » Amerique Latine, Developpement, Economie et Travail, Environnement, Headlines, Reportage d'Afrique »

ANGOLA: Lenteur dans la réponse à la sécheresse alors que des gens meurent de faim

    By Louise Redvers

    DUBAI, 15 juil (IPS) – Groupes religieux, ONG locales et organisations humanitaires internationales ont lancé des appels visant à obtenir des vivres pour le sud de l'Angola touché par la sécheresse, où on signale que des gens meurent par manque de nourriture et d'eau. On estime qu'entre un demi-million et 800.000 personnes ont été touchées.

    La sécheresse a détruit des milliers d'hectares de pâturages pour l’agriculture et le bétail dans les provinces les plus durement touchées de Cunene, Namibe, Huila et Kuando Kubango dans le sud de l'Angola, où, en plus des personnes, des cultures et animaux sont également en train de mourir.

    "Nous avons besoin d'une aide urgente. Les gens meurent de faim et tombent malades après avoir bu de l'eau insalubre", a déclaré à IPS, Pascoal Baptistiny, directeur de Mbakita, une petite ONG angolaise basée à Menongue, la capitale de la province de Kuando Kubango.

    "Les gens qui disposent encore de cultures ne vont pas au champ parce qu'ils ont faim ou sont malades, et les enfants abandonnent l'école, en partie à cause de la faim, mais aussi parce que leurs parents les envoient chercher de l'eau pour les animaux".

    Les lits des rivières et les puits artésiens ont tari et de vastes étendues de terres arables sont tombées en friche.

    Le manque de vivres ordinaires a forcé beaucoup de gens à manger des feuilles et des racines, qu'ils mélangent avec du sel et de l'huile pour faire une pâte, ainsi que des baies d'arbres, a-t-il été indiqué à IPS.

    Le gouvernement de ce pays d'Afrique australe a créé un comité d'intervention d'urgence, mais beaucoup disent que l'aide n’arrive pas assez rapidement et que plus d’effort doit être fait pour aider les gens qui sont dans le besoin.

    En mai, le gouvernement a créé une commission interministérielle pour aborder la sécheresse. Selon les médias d'Etat, des centaines de tonnes d'aide alimentaire ont été mobilisés, ainsi que des citernes de fourniture d'eau d'urgence, à différentes communautés.

    A la fin-juin, un nouveau système de fourniture d’eau a été annoncé pour la municipalité de Gambos, l'une des pires zones touchées dans la province de Huila.

    Mais Père Jacinto Pio Wakussanga, généralement appelé Père Pio, et directeur de 'Associação Construindo Comunidades', une ONG basée à Huila, a affirmé que la réponse officielle était insuffisante, et l'a qualifiée de trop peu trop tard.

    "Je sais qu'il y a eu des réunions de haut niveau et diverses missions d'information, mais pas assez d'effort qui se fait sur le terrain. Dans mes paroisses, les gens meurent", a-t-il déclaré à IPS.

    "A mon avis, c'est plus qu'une situation alimentaire, il s'agit de repenser pour le long terme afin que les gens plantent des cultures plus résistantes et aient un meilleur accès à l'eau à travers l'irrigation, pour qu'ils soient moins vulnérables aux situations de sécheresse".

    "Nous avons beaucoup d'eau sous notre sol; nous devons donner aux gens un moyen de l'obtenir".

    Bien que l'agriculture représente seulement une infime partie du produit intérieur brut de l'Angola riche en pétrole, elle est la principale source d'emploi dans ce pays où des millions de personnes vivent au jour le jour de l'agriculture de subsistance qui dépend de la pluie.

    C'est la deuxième année consécutive que l'Angola est touché par la sécheresse après plusieurs saisons de fortes pluies et d’inondations.

    En 2012, certaines régions du pays avaient enregistré 60 pour cent de précipitations en moins par rapport à la moyenne et le ministère de l'Agriculture a indiqué que 1,8 million de personnes, près de 10 pour cent de la population estimée à 19,2 millions d’habitants, étaient touchées par des pénuries alimentaires et des échecs de cultures.

    En collaboration avec le gouvernement, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a mis en place des centres d'alimentation d'urgence dans quatre provinces centrales où les rendements agricoles ont été durement touchés et où des cas de malnutrition sévère de nourrissons ont bondi à plus de 500.000.

    Cependant, il semble que maintenant, le problème s'est déplacé vers le sud.

    Selon un rapport sur la Surveillance des ressources agricoles, réalisé pour la Commission européenne et publié en juin, les provinces de Cunene et de Namibe ont eu leurs périodes les plus sèches de janvier à avril pendant 25 ans.

    Huila, ainsi que les provinces de Benguela et de Kuando Kubango, dans le sud-ouest, ont également connu de baisses significatives des précipitations, entraînant des échecs de cultures, un manque d'eau et des problèmes de sécurité alimentaire.

    IPS n'a pas pu accéder aux estimations de l'UNICEF pour les taux de malnutrition infantile dans ces zones, mais les agents communautaires dressent un tableau inquiétant.

    Caritas-Angola, une organisation financée par l’église catholique, a qualifié la situation de "critique" et a exhorté les gens à donner de l'argent à un fonds qu’elle était en train de créer pour aider à soutenir les plus vulnérables.

    L'Alliance ACT, un réseau de groupes d'églises protestantes et orthodoxes, basé à Genève, qui a effectué une évaluation rapide en Angola au début de juin, a également lancé un appel d'urgence.

    Elle affirme qu'elle a besoin de mobiliser 700.000 dollars pour fournir des vivres, de l'eau et un appui communautaire aux personnes touchées par la sécheresse à Huila et à Cunene.

    Mairo Retief, coordinateur des situations d'urgence en Afrique orientale et centrale pour la Fédération luthérienne mondiale, qui est membre de l'Alliance ACT, a déclaré à IPS: "Les agences humanitaires devront agir rapidement pour s’assurer que ni l'Angola, ni la Namibie ne se transforment en une situation de sécheresse comme au Sahel".

    Les partis d'opposition ont également critiqué la réponse du gouvernement, affirmant que les communautés qui soutiennent le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), le parti au pouvoir, bénéficiaient d’un traitement prioritaire et que les sections locales et les responsables du parti faisaient leur propre promotion à travers la distribution de l'aide.

    comment closed

    Tag Cloud

    Africa Centrale Asia/Pacifico Culture, Religion, Sport East Africa Education Energy Global Affairs Orient Peace and conflict Population, Refugies Science, Technologie Southern Africa Spécial Culture,Religion et Genre Travail West Africa