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BURKINA FASO: Un nouveau programme pour la gouvernance forestière

    By Brahima Ouédraogo

    OUAGADOUGOU, 25 juin (IPS) – Pour renforcer les acquis de plusieurs décennies de lutte contre la déforestation, le Burkina Faso, vient de bénéficier d’une subvention de 30 millions de dollars dans le cadre du Programme d’investissement forestier (PIF).

    Pour ce pays sahélien d’Afrique de l’ouest, le PIF doit permettre l’amélioration de la gestion des forêts grâce à une participation des communautés locales.

    "L’épine dorsale de ce programme, c’est l’implication des communautés à la base qui doivent être régulièrement consultées. C’est un processus itératif", Déclare Samuel Yéyé, coordonateur du PIF/REDD (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts).

    Le PIF mis en place dans le cadre du fonds pour le climat, doit aider le Burkina Faso à réduire la déforestation et la dégradation de ses forêts et renforcer leur capacité de séquestration de carbone en diminuant les pressions sur les écosystèmes forestiers. Ce résultat sera obtenu grâce à une meilleure gouvernance, un développement socio-économique local basé sur une gestion durable des ressources forestières et des espaces boisés, qui permet de lutter contre la pauvreté, explique Yéyé à IPS.

    Des forêts domaniales ou classées de l’Etat, et des forêts communales des collectivités, dans les régions de l’Est, du Centre-Ouest, du Sud-Ouest et de la Boucle du Mouhoun (ouest du Burkina), bénéficieront du programme.

    "L’important n’est plus de planter, la solution c’est la gouvernance des forêts qui sont les réserves (de l’Etat), et les forêts communales. Le gouvernement doit mieux responsabiliser les communautés dans le cadre de la décentralisation dans la gestion des forêts", affirme Luc Konditamdé, le directeur de l’ONG 'Tree Aid' pour le Burkina et le Niger.

    Selon Yéyé, des études préalables ont été réalisées sur la préservation des forêts de ces régions, leur capacité à séquestrer le carbone, mais aussi sur la lutte contre la pauvreté, à travers l’exploitation des produits non-ligneux dont on est sûr qu’ils contribuent à lutter contre la pauvreté.

    "Les populations doivent apporter leur contribution pour la préservation des forêts et nous devons créer des activités de lutte contre la pauvreté pour que les populations ne retournent pas un jour détruire les forêts encore en cherchant des ressources pour lutter contre leur pauvreté", souligne Yéyé.

    Une évaluation économique, faite en 2009 par le ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, a montré que les investissements de ce type peuvent conduire à une augmentation des revenus des exploitants agricoles de 25 à 40 pour cent.

    A terme, le PIF devrait aboutir à la réduction des émissions de CO2 causées par la déforestation et la dégradation des terres d’environ 30 à 70 millions de tonnes sur une période de 10 ans au Burkina Faso.

    En outre, le programme propose de soutenir la restauration de 700.000 hectares par le reboisement et la plantation au Burkina.

    Selon Rasmané Ouédraogo, coordonnateur de l’Initiative pauvreté environnement (IPE), l’effet des forêts est très important pour lutter contre les effets de serre, car 80 pour cent de la population vit des ressources naturelles.

    Les autorités attendent également du PIF une réduction du coût économique de la dégradation environnementale, actuellement estimé à 780 milliards de francs CFA (environ 1,56 milliard de dollars), soit 21 pour cent du produit intérieur brut (PIB) du Burkina, ainsi que de celui de ses effets sur l’homme, qui est de 53.000 FCFA (106 dollars) par ménage.

    "A notre niveau, il fallait convaincre les politiques, notamment les acteurs chargés de l’économie et des finances, que la contribution de l’environnement à l’économie nationale est importante. On est passé de trois pour cent du PIB à plus de 6,48 pour cent entre 2002 et 2008", indique Ouédraogo.

    En Afrique, en dehors du Burkina, seul pays sahélien éligible, deux autres – la République démocratique du Congo et le Ghana – bénéficient déjà du PIF. Les autres pays bénéficiaires sont le Brésil, le Mexique, le Pérou, l’Indonésie, et le Laos.

    "C’est un clin d’œil pour saluer les efforts faits depuis ces 30 dernières années au Burkina en matière d’aménagements forestiers, d’agroforesterie, de reforestation", estime Yéyé, indiquant que "l’Etat a mené des activités, mais on constate une rupture des ressources pour aller de l’avant".

    Une étude du ministère de l’Environnement et du Développement durable, réalisée en 2009, souligne que malgré la mise en terre de 11 millions d’arbres chaque année au Burkina, 110.000 hectares de forêts étaient perdus à la même période.

    "Dans la gestion des forêts, il y a la préservation, la conservation…

    ", indique Konditamdé qui regrette cependant qu’on ait mis l’accent sur le bois et le charbon en oubliant la valorisation des produits non-ligneux.

    Le Burkina Faso est situé dans la bande sahélienne semi-aride en Afrique subsaharienne et représente le biome de la forêt tropicale sèche. Les experts du PIF espèrent répliquer les résultats de son expérience dans les zones tropicales et les écosystèmes semi-arides similaires qui s’étendent sur plus de 500 millions d’hectares dans toute la bande sahélienne, mais aussi dans les zones semi-arides de l’Afrique de l’est.

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