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CAMEROUN: Progrès dans la prévention de la transmission du VIH mère-enfant

    By Anne Mireille Nzouankeu

    YAOUNDE, 28 juil (IPS) – Depuis deux ans presque, aucun enfant porteur du VIH n’est né à l’hôpital de la Cité-Verte, un quartier de Yaoundé, la capitale du Cameroun. C’est le résultat de l’action combinée des groupes de soutien communautaires et du personnel médical, affirme Dr Emilien Fouda, le directeur de l’hôpital.

    «Lors de la consultation prénatale, les femmes sont informées de la possibilité d’éviter la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Mais pour cela, la première étape est le test de dépistage», explique Dr Fouda à IPS.En 2005, alors qu’elle était à quatre mois de grossesse, Philomène Manga, une ménagère de 35 ans, avait fait ce test de dépistage du VIH. «Lorsque j’ai informé mon mari que le test était positif, il m’a demandé de pratiquer un avortement pour ne pas accoucher d’un enfant malade», affirme Manga à IPS.Heureusement, elle a reçu des conseils de l’association 'No Limit for Woman Project' (NOLFOWOP), un groupe de soutien aux femmes séropositives, basé à Yaoundé. L’association, dont les membres viennent en appui deux fois par semaine au personnel de santé de l’hôpital de la Cité-Verte, existe depuis 2000 et reçoit l’appui matériel et financier du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) depuis 2009, dans le cadre du Programme enfant VIH et SIDA.«J’ai pris un traitement médical pour que mon enfant ne contracte pas le VIH. J’ai aujourd’hui deux enfants sains, âgés respectivement de six ans et de deux ans et demi. J’envisage d’en faire un troisième», souligne Manga, rassurée.«Durant toute ma première grossesse, mon mari était très inquiet. Il n’a été rassuré qu’après que le test de dépistage du VIH de l’enfant s’est révélé négatif. C’est d’ailleurs pourquoi il a consenti à faire un autre enfant», ajoute Manga.Selon des statistiques publiées en juin 2012 par le bureau de l’UNICEF au Cameroun, 20 pour cent des cas de transmission du VIH de la mère à l’enfant se font pendant la grossesse, 65 pour cent au moment de l’accouchement et 15 pour cent pendant la période de l’allaitement. Le taux de séroprévalence parmi les femmes enceintes est de 7,6 pour cent dans ce pays d’Afrique centrale.Comme Manga, toutes les femmes séropositives doivent suivre un programme de «Prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant» (PTME), gratuitement offert dans les unités de soins maternels et infantiles des hôpitaux publics camerounais.La PTME comprend «la sensibilisation, le dépistage volontaire et confidentiel du VIH, le dépistage et le traitement des infections sexuellement transmissibles, la pratique de l’accouchement à moindre risque», explique Dr Fouda à IPS. «On administre également des antirétroviraux aux femmes et enfants séropositifs. On leur donne des conseils en alimentation et leur apporte un appui psychosocial».Selon un rapport du Comité national de lutte contre le SIDA, un organisme officiel, publié en mars 2012, seulement 81 pour cent des femmes, qui vont en consultations prénatales, acceptent de faire un test de dépistage du VIH.Le gouvernement a dû prendre des dispositions pour que les femmes, qui ne veulent pas faire ce test, ne mettent plus au monde des enfants infectés. «Nous avons reçu des instructions fermes. En salle d’accouchement, nous dépistons systématiquement toutes les femmes dont le statut sérologique n’est pas connu et leur administrons immédiatement la PTME si nécessaire», révèle Dr Fouda.En juin 2012 par exemple, explique le médecin, 14 femmes enceintes ont été dépistées en salle d’accouchement. «A l’hôpital de la Cité-Verte, aucun enfant n’est né infecté au VIH au cours de l’année 2011, ni depuis au début de cette année», rassure Dr Fouda.La large diffusion de la PTME rencontre cependant quelques obstacles dus au fait que toutes les femmes enceintes ne vont pas en consultations prénatales et beaucoup accouchent dans des cliniques privées ou dans de petits centres de santé des zones défavorisées.Selon l’UNICEF, 995.533 femmes étaient attendues en consultation prénatale en 2011. Seulement 363.673 femmes, soit 36,56 pour cent, y sont allées. Dans ces cas de non-fréquentation des centres médicaux, l’action des groupes de soutien communautaires est également salutaire.«Nous essayons de toucher le plus grand nombre de femmes en prenant part aux réunions des associations féminines. Nous orientons ces femmes vers les hôpitaux publics et gardons le contact avec elles à travers des visites à domicile», indique Odette Etamè, la présidente de NOLFOWOP.

    Ce type de sensibilisation aide aussi les femmes qui se savent séropositives, qui ont le désir de procréer mais hésitent. «Après la sensibilisation et grâce à la PTME, j’ai aujourd’hui un garçon de deux ans qui est séronégatif», confie, heureuse, Martiale T., une femme séropositive de 32 ans.Les groupes de soutien communautaire n’existent que dans quelques hôpitaux du pays. Les dépistages des femmes dans les salles d’accouchement ne sont donc pas systématiques dans tous les hôpitaux. Mais le modèle de l’hôpital de la Cité-Verte pourrait être vulgarisé dans tout le pays, selon Etamè."Il est prévu la création d'au moins un groupe de soutien communautaire dans chacun des 179 districts de santé que compte le Cameroun. Le processus est en cours dans quelques districts de santé, mais ce n'est pas encore effectif partout", rassure Etamè.

    Son association reçoit des aides de plusieurs institutions dont le ministère de la Santé, Care International, et l'UNICEF qui apporte un appui financier pour couvrir, par exemple, les frais de taxi lors des visites à domicile.

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