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CENTRAFRIQUE: L’Afrique se prépare pour un déploiement dans le pays

    By Jacey Fortin

    ADDIS-ABEBA, 11 déc (IPS) – L'Union africaine se prépare à déployer des milliers de troupes en République centrafricaine (RCA) car un conflit meurtrier s’intensifie dans le pays sans être maîtrisé.

    Le 9 décembre le vice-président de l'Union africaine (UA), Erastus Mwencha, a rencontré des diplomates au siège de l’organisation à Addis-

    Abeba, en Ethiopie, pour mettre au point les détails par rapport au déploiement des troupes de l'UA, à la logistique et au financement. Après cette réunion, il a déclaré à IPS que le Burundi est le seul fournisseur de troupes confirmé jusque-là, mais que plusieurs autres pays, dont le Rwanda et la République du Congo, discutent de l’envoi des forces également.

    Les troupes françaises ont déjà commencé à se déployer dans la capitale, Bangui, qui a été prise en mars par une coalition rebelle appelée Séléka. Depuis le début de leur avancée à travers le pays en décembre 2012, les combattants de la Séléka ont semé des troubles dans les campagnes, déstabilisant davantage des régions déjà en proie à une pauvreté endémique et à l'insécurité alimentaire.

    A Bangui, la situation est particulièrement désastreuse depuis le 5 décembre, a indiqué à IPS, Amy Martin, chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies à Bangui. "Des armes lourdes étaient tirées, des armes légères étaient tirées, et les tensions demeurent très élevées dans certains quartiers" a-t-elle expliqué, ajoutant que les problèmes sont tout aussi graves à l'extérieur de la capitale.

    "A l'intérieur [du pays], des unités de la Séléka ont pris le contrôle de certains territoires, et toute personne qui était le commandant fait la loi dans chaque ville. Ces gens, n'ayant aucun soutien du gouvernement central, vivent essentiellement de la population, en partie à travers des taxes illégales. Alors, vous vous retrouvez avec un tas de seigneurs de guerre et de gangs criminels".

    Une résolution de l'ONU adoptée il y a une semaine a approuvé le déploiement de jusqu'à 1.200 soldats français et de 3.500 troupes africaines pour aider à stabiliser ce pays de 4,6 millions d'habitants. Mais à la suite de la récente flambée des violences, qui ont déjà tué au moins 400 personnes à Bangui depuis jeudi, selon la Croix-Rouge, les dirigeants africains et européens ont convenu lors du Sommet de l’Elysée à Paris du 6 au 7 décembre d’augmenter l’effectif des troupes françaises à 1.600, et celui des forces africaines à 6.000.

    Concernant le financement, Mwencha a souligné que "nous sommes heureux que les Etats-Unis et l'Union européenne aient déjà indiqué qu’ils appuieront ces opérations, et nous essayons également de coordonner les choses pour voir comment leur appui peut être canalisé afin de soutenir cette mission".

    La Mission internationale de soutien à la République centrafricaine (MISCA), sera entièrement déployée dès que possible. Elle rejoindra les forces africaines qui étaient déjà en RCA dans le cadre de la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (MICOPAX), un groupe de maintien de la paix premièrement stationné là-bas à l'initiative de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale.

    "La MISCA va être une mission africaine, donc toutes les troupes [seront] sous le commandement des forces africaines, mais il y aura bien sûr une transition", a souligné Mwencha. "Il y avait la MICOPAX et il y a les Français, mais toutes ces missions convergeront avec les forces africaines dès que nous serons sur le terrain".

    Mais la crise en RCA a soulevé des doutes sur la capacité des troupes africaines à maîtriser la violence sur le continent, selon Thierry Vircoulon, directeur de projets de 'International Crisis Group' pour l'Afrique centrale. "Malheureusement, les Français sont les seuls désireux et capables de faire le travail à ce stade. La force africaine de maintien de la paix a démontré son inefficacité à sécuriser Bangui", a-

    t-il déclaré à IPS, notant que le déploiement des troupes françaises était salué par la RCA et ses voisins lors du sommet des Nations Unies.

    Lors du sommet de Paris, les dirigeants ont discuté des perspectives de la création d'une force africaine permanente capable d'intervenir de façon indépendante en temps de crise, au lieu de puiser dans la logistique de chacun des déploiements chaque fois que des crises surviennent.

    "Les pays africains doivent maintenant atteindre le plafond des 6.000 troupes pour la MISCA, et tout le monde se demande s’ils peuvent le faire, et à quelle vitesse", a déclaré Vircoulon. "La crise en RCA a renforcé le scepticisme par rapport à l'architecture de la paix et la sécurité, pour ne pas dire plus".

    Pendant que les soldats africains se préparent pour le déploiement, la situation humanitaire en RCA se dégrade de jour en jour. Des centaines de milliers de personnes – environ 10 pour cent de la population – ont été déplacées et environ 25 pour cent ont besoin d'aide alimentaire, selon l’ONU. Les rebelles de la Séléka ont été accusés d'avoir commis de graves violations des droits humains contre les hommes, les femmes et les enfants au cours de 2012.

    La Séléka s’est d’abord constituée pour des raisons politiques – ses leaders cherchaient à évincer l'ancien président, François Bozizé. L’ancien commandant de la Séléka, Michel Djotodia, a pris le pouvoir en tant que président de la RCA et a promis d'organiser les élections dans l’intervalle de 18 mois. Il a officiellement dissous en septembre sa coalition rebelle déjà en désintégration mais n’a pas réussi à faire régner le droit et l'ordre.

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